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RÊVE ET &« PETITES PERCEPTIONS

guillotiné » est le type célèbre. Un insecte nous pique, et nous recevons en duel un coup d'épée. Nos couvertures sont tombées « et nous sommes exposés aux regards de la multitude dans un état indécent 1 ». — Nous avons imposé à notre main, avant le sommeil et pour toute la nuit, une position anormale; elle est le point de départ d’un rêve : nous subissons, voyons subir ou faisons subir à autrui quelque supplice de la main mal à l’aise #.

Je rêve, dit Delage, que mon cou sert de cale à une caisse ; et, quelques heures après le réveil, je sens les premières douleurs d’une angine. Les affections pulmonaires, gastriques, urinaires auraient chacune leur type de rêve et les plus intéressants sont les rêves prépathologiques, monitoires, antérieurs aux premiers symptômes de la maladie.

Macario, en insistant sur ses rêves « extra-craniens », s’étonnait que des sensations infimes pussent ainsi provoquer des rêves intenses ; et il concluait : « Il faut admettre que des impressions inaperçues pendant la veille acquièrent une intensité prodigieuse pendant le sommeil ». James, au contraire, à bien soin de laisser à ces sensations leur faiblesse et leur faible personnalité : « A sensation must be strong and distinct in order not to suggest an object, and, if it is a non descript feeling, really to seem one. The aurae of epilepsy, globs of light, fiery visions roarings in the ears, the sensations which electric currents give rise to when passed through the head, these are unfigured because they are strong. Weaker feelings of the same sort would probably suggest objects 18 ».

On peut s'étonner que le dormeur, prêt à capter des riens, néglige les innombrables excitations qui lui viennent sans cesse de son corps et du lit, ou puisse dormir sans rêve dans un salon plein de bruit et de lumière, alors qu'il fait des rêves avec des post-images inaperçues pendant la veille, ou les sensations encore futures d’une maladie. Ce dormeur, ce rêveur, dort pour des excitations vives, normalement génératrices de sensations fort nettes, et ouvre sa conscience à des excitations infimes dont la perception semblait exiger une veille très attentive.

116$ Macario, Ann. Mé&. Psycho, 1846, II, 180. — 16. Mourly Vold, U. den Traum, Leipzig, 1910. — 17. Ibid. — 18. Psychologie, II, 83-84.

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