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L'HALLUCINATION AUDITIVE VERBALE

L’hallucinose. — Le délire hallucinatoire. — Les phénomènes associés : autres perceptions, impulsions, échos.

Nous abordons une zone bouleversée. La faute en est moins aux observateurs, commentateurs et critiques des hallucinations et des hallucinés qu’à ceux-ci. Les hallucinés visuels se prétendaient très souvent normaux, aussi normaux que leurs observateurs et parlaient souvent la même langue. Avec l’hallucination auditive verbale au contraire, le contingent des prétendants à la normale diminue fortement; l’halluciné qui entend des voix est d’ordinaire un fou.

Depuis un siècle, son opsiphilie est devenue suspecte de n'être pas sans mythomanie. A la fin de la période théologique, métaphysique ou mythique de l’hallucination, les psychiatres ont relevé en elle diverses étrangetés dont voici quelques-unes : l’halluciné qui prétend entendre des voix, les fait visiblement, en joue lui-même le rôle, parle, monologue, fait les demandes et les réponses, tient les propos qu’il attribue à Satan, à la Sainte Vierge, ou à des ennemis humains; il adopte souvent pour rien, sans rien entendre, et en disant tout le premier ne rien entendre, un comportement, des attitudes hallucinatoires parfaitement vides ; ses voix, dans un bon nombre de cas, par une disgrâce qui les exclut de la perception sans objet, perdent leur attribut décisif : le son; l’halluciné répète : « je recois, j'entends des voix » faute de pouvoir s'exprimer mieux, disait-on jadis ; pour fuir, tente-t-on de dire maintenant, son propre

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