‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 353 sur 422 · H. À. V. OU IMPULSION MOTRICE · texte numérisé non relu

H. À. V. OU IMPULSION MOTRICE

elle me fait prendre comme elle; quand elle parle, c’est moi qui parle... c’est moi qui dis les paroles qu’elle veut dire ».

Cet état a duré une dizaine de jours; après quoi, P... n’a plus rien dit ni rien fait qui permît de le considérer comme halluciné, même quand on tentait de l’amener sur ce terrain. Un mois plus tard environ, assez amélioré pour être interrogé avec quelque précision, il aflirme ne plus se rappeler ses propos hallucinatoires, il affirme n’avoir jamais rien entendu; par contre, il se souvient parfaitement de ses attitudes hallucinatoires et des circonstances où il les a prises. « Je tenais la tête comme ça parce que j'avais eu un officier qui me le faisait faire... parce que ça me faisait mal... je ne pouvais faire autrement, elle se levait toute seule ». A l’explication symbolique de la période aiguë, par des hallucinations auditives, des sensations exogènes, a succédé l'explication positive, par des impulsions verbales, motrices, orales, efficaces.

Nous avons souvent vu discuter, à propos de la matérialité ou de la spiritualité des hallucinations, les partisans de la perception sans objet et ceux de l’image baptisée perception, Ici, Noéphème a obtenu de M. T... l’abandon de ses « voix » au profit de sa voix; Opsophile n’aurait-il pas aussi aisément arraché à T... le sacrifice de ses impulsions motrices verbales en faveur de ses hallucinations auditives ?

Souvent, on à la vive impression que le malade hésite entre l’hallucination auditive et l’impulsion phonatoire; il soutient énergiquement avoir affaire à des paroles exogènes ; mais il ne nous dit pas avec une netteté spontanée si elles s'adressent à son oreille ou à sa bouche. L’observateur constate que le malade écoute et monologue à la fois, comme s’il avait à la fois une hallucination auditive et une impulsion verbale. Or le chronique, le stéréotypé, qui monologue toujours et qui écoute toujours, lui dit : « je n’entends pas de voix et mon comportement hallucinatoire est vide », Mais c’est un malade sétréotypé; son comportement d’halluciné de l’ouïe, aujourd’hui vide, l’a-t-il toujours été ? Oui, dit le malade aigu. Mais celui-ci a varié. C’est nous qui l’avons amené à nier ses hallucinations audi-

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