JOIE, FORCE, VERTUS EFFICACES
pête succède une paix délicieuse, et les effets se développent Ÿ. Même si elle reproche, la vision crée d’abord une joie; et sa puissance à faire des sentiments de force, son pouvoir euphorique se manifeste surtout quand elle surprend l’âme dans ses psychasthénies : Thérèse a perdu tous ses sentiments, dans ses visions passées elle ne voit que mensonge, elle doute si elle a la foi, elle ne comprend plus rien, plus rien ne la touche ; « en cet état, une seule parole, une vision me rend paix, santé, intelligence, vigueur et désir... ; J'en ai fait bien des fois l’expérience... et je ne crois pas que ce soit un effet de l’imagination, car j'y ai pris bien garde » %. Tous les livres, tous les directeurs, tous les efforts personnels sont impuissants, et « ne crains rien » communique une paix profonde Ÿ, Dans les tribulations les plus épuisantes, « que crains-tu ? » lui rend une neuve vigueur #. Lors de la fondation de Palencia, nous l'avons vue faible et sans confiance, vainement aiguillonnée par le confesseur et une prieure; mais Il parle; l’élan irrésistible est donné, l’œuvre entreprise et achevée *, La communion, l’eau bénite, les paroles rituelles ont parfois ce pouvoir de dissiper les ténèbres; et elle l’a nettement vérifié # : « Une communion enlève parfois comme avec la main des maux violents et manifestes qu’il lui eût été, à son avis, impossible de feindre » #. Mais ces magnifiques effets s’effacent devant l'efficacité souveraine d’une vision ou d’une voix : « Aux larmes dont je me trouvais inondée je voyais bien que ce n’avait pas été un songe » #.
Mais il ne faut pas — n'oublions jamais d’opposer les effets affectifs des visions à ceux des hallucinations — il ne faut pas que ce soient « les faibles larmes, les larmes de femme qui n’apportent pas la pureté » #, les vains sentiments de dévotion qui ne produisent aucun effet #, les intentions et les velléités qui n’iront pas aux actes. Si on a joui d’une vraie grâce, et non d’une illusion, le temps le fera connaître #. Ce qui vient de notre esprit est un premier mouvement de la pensée qui se perd et s’efface, ce qui vient de Dieu subsistera #. Les oublis et les rechutes
38. Vie, XXVI. — 39. Fondations, XXIIX. — 40. Vie, XXX, XXXI. — 41. Chemin, XXXIV. — 42 Vie, XIX. — 43 IX. — 44. XV. — 45. Pensées sur le Cantique, VI. — 46. Vie, XXV.