‹ Études Sur la Bière: ses maladies, causes qui les provoquent, procédé pourChapitre 117 sur 186 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

la lampe après qu'on y eut introduit une couche mince d'un jus sucré ensemencé avec une trace de levure pure.

Voici les données et les résultats d'une expérience : On a employé 60" d'eau de levure sucrée à 2 pour 100 avec trace de levure. Après quinze heures d'exposition à l'étuve à 23°, on a engagé la pointe effilée sous une cloche pleine de mercure et brisé celte pointe. Une portion du gaz s'est échappée et a été recueillie sous la cloche.

Pour 20^*^ de ce gaz on a eu, après l'absorption par la potasse, 20,6 et après l'absorption par l'acide pyrogallique, 17,3. En tenant compte du volume resté libre de la fiole qui était de 3i5", il en résulte une absorption de i4">5 de gaz oxygène. Quant au poids de levure, à l'état sec, il a été de oB'",o35.

En conséquence, pour la production de 33"^ de levure, on a une absorption de i4 à i5" d'oxygène, en supposant même que la levure se soit formée tout entière sous l'influence de ce gaz : cela n'équivaut pas à moins de 4*4" pour i^*" de levure (i). Tel est le volume considérable de gaz oxygène qui serait nécessaire, au minimum, pour suffire à la vie de i^' de levure, lorsqu'elle peut assimiler ce gaz librement comme ferait une moisissure ordinaire.

Reportons-nous maintenant à la première expérience de ce paragraphe, page 282, où un ballon de 3*^' rempli de liquide fermentescible a été mis en fermentation et a fourni 2*',2S de levure sans pouvoir utiliser un volume d'oxygène supérieur à 16", 5. D'après ce que nous venons de dire, si ces 2S'',25 de le\iire n'avaient pu vivre qu'avec de l'oxygène, en d'autres termes, si leurs cellules n'avaient pu se multiplier qu'en absorbant de l'oxygène libre, l'absorption n'eût pas été moindre que

(1) Ce nombre e^t probablement trop faible; car il n'est pas possible que la levure, même dans les conditions eiceptionncllcs où nous nous sommes placés, n'ait pas augmenté de poids, pour une partie du moins, en rivant sans air, parce que les cellules se recouvrent les unes les autres. Le poids de levure a deux origines, quoi qu'on fasse, celle de la vie avec air et celle de la vie sans air. On pourrait essayer de diminuer encore la durée de TexpéricDce, et l'on rapprocherait davantage la vie de la levure de la vie des moisissures vulgaires .

2*',25x4i4"> soit 981", 5. La plus grande partie des 2^*^,25 se sont donc évidemment multipliés à Tétat de plante anaérobie.

Les moisissures ordinaires exigent aussi des quantités d^oxygène considérables pour leur développement, ce dont il est facile de s'assurer en faisant pousser une moisissure dans un vase clos rempli d'air, pesant ensuite le poids de plante formée et mesurant le volume de gaz oxygène absorbé. A cet effet, on prend un ballon de la forme ci-jointe (fig, 66)^ d'une capacité

Fip. 66.

de Soo*^*^ environ, contenant un liquide propre à la vie des moisissures. On le fait bouillir, on ferme la pointe effilée après que la vapeur a chassé tout ou partie de l'air ; puis on l'ouvre dans un jardin ou dans un appartement. Si une spore de moisissure pénètre, et cela arrive toujours pour un certain nombre de ballons, à moins de circonstances particulières, elle s'y développe et absorbe peu à peu tout l'oxygène de l'air du ballon. Mesurant le volume de cet air, ce qui est facile, et pesant à l'état sec le poids de la plante formée, on sait ce qu'un poids déterminé d'un mycélium de moisissure ou d'un mycélium avec appareil de fructification absorbe de gaz oxygène libre. Dans un essai de cette nature, où la plante a été pesée une année après son développement, j'ai trouvé pour oS^'jOoS de mycélium, desséché à 100 degrés, une absorption qui ne s'élevait pas à moins de 43" de gaz oxygène à aS degrés. Ces nombres varient, du reste, sensiblement avec la nature des moisissures et aussi avec l'activité plus ou moins grande de leur dévelop-

Page 1