‹ Études Sur la Bière: ses maladies, causes qui les provoquent, procédé pourChapitre 22 sur 186 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

iafusion dans plusieurs vases qu^on referme ensuile (ce qui soumet chaque portion du liquide aux seuls germes en suspen-> sion dans le volume d'air introduit) que si l'on abandonne Tinfusion à un volume illimité d'air ambiant. Très-souvent on saisit, par cette méthode, des germes qui arrivent, sans mélange d'autres, au contact du liquide nutritif et finissent par s'y multiplier, parce que d'autres productions plus vivaces ne viennent pas gêner leur nutrition lente et difficile.

Plus variées sont les productions auxquelles donnent lieu les infusions brutes, c'est-à-dire celles qu'on obtient à froid par la macération des matières organiques, feuilles, fruits, graines^ organes de plantes ou d'animaux. C'est que ces matières portent généralement, outre les poussières d'un air agité par les vents, les parasites microscopiques qui se plaisent à leur surface ou dans leur voisinage. Citons à cet égard quelques observations précises, car le sujet offre un grand intérêt.

Qu'on fasse bouillir une infusion de foin et qu'on l'expose ensuite au contact de l'air dans un appartement, toutes les productions, je viens de le dire, proviendront des germes qu'un air, relativement calme, peut charrier : aussi n'est-ce que trèsrarement qu'on verra, par exemple, apparaître des kolpodes, parce que les germes de ces infusoires, qui sont formés de kystes assez volumineux, ne peuvent guère exister en suspension dans l'air d'un lieu abrité, malgré leur prodigieuse diffusion dans la nature. Au contraire, on voit à peu près constamment les kolpodes se montrer dans la macération de foin brut. Cette différence s'explique aisément : les poussières répandues sur le foin, surtout s'il provient des lieux marécageux, contiennent beaucoup de kystes de kolpodes. Comment en serait-il autrement? La pluie tombe sur une prairie : de petites flaques d'eau ^e forment et séjournent un temps plus ou moins long au pied des diverses herbes qui la composent ; là pullulent bientôt une multitude d'infusoires et notamment des kolpodes. Arrive la sécheresse, les kolpodes s'enkystent et forment une poussière que les vents soulèvent sur les brins d'herbe, de telle sorte que le faucheur emportera chez lui, outre les plantes qui compo-

sent le foin, des myriades de kolpodes, de spores de mucédinées, etc. (i).

La macération du poivre donne des infusoires qu'on ne trouve !^ère dans d'autres infusions; la raison en est que là où le poivre a vécu, ces infusoires existent; en d'autres termes, leurs germes sont exotiques. Il n'est pas plus surprenant qu'une infusion d'une plante spéciale offre des infusoires spéciaux que de trouver sur une plante déterminée un parasite ou un insecte qu'on ne rencontre pas sur une -plante voisine, d'autre espèce que la première. C'est ainsi que les germes de la levure du raisin sont répandus à la surface des grains de raisin .et de leurs grappes. N'est-il pas naturel de trouver, pour habitat des germes d'un parasite, l'organe ou la plante qui servira plus tard de nourriture à ce parasite ?

§ II. — Expériences sur le sang et l'urine pris a l'état normal

ET exposés au contact DE L'AIR DÉPOUILLE DES POUSSIÈRES QU'iL TIENT EN SUSPENSION.

Recourir à l'application préalable de la chaleur est un excellent moyen, comme je viens de le rappeler, pour se procurer des liquides organiques vierges de tout germe d'altération ; mais, pour atteindre ce but, il existe une autre méthode plus remarquable et plus instructive, plus inattendue même, quoiqu'on puisse dire qu'elle ressort en quelque façon de la nature des choses. Cette méthode consiste à aller chercher la pureté dans des liquides naturels d'animaux ou de plantes. Ne serait-il pas difficile de comprendre que les liquides qui circulent dans les organes du corps des animaux, le sang, l'urine, le lait, l'eau de l'amnios, etc., pussent receler des germes d'organismes microscopiques? Combien ne seraient pas nombreuses les occasions où ces germes, s'ils existaient dans les liquides de l'éco-' nomie, pourraient se multiplier? Vraisemblablement, avec de

(i) Voir h. ce sujet les obseirations de M. Coste {Comptes rendus de V Académie, t. LIX, p. i49et 358; 1864 V

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