ST A UROPTER I S OL D U AM I A
fronde de S. oldhamia ont une masse libéro-ligneuse indéterminée, le plus souvent arrondie (faciès unipolaire), parfois allongée (faciès bipolaire).
11 est facile de les relier aux ramifications de la 4e catégorie à bois tripolaire. Prenons en effet un de ces rachis suffisamment épuisé, avec, ses trois pôles (A, fig. 8 du texte): 8g et 8g à droite, 8g et 8g confondus à gauche ; 8g, comme nous l’avons dit ci-dessus, représente en réalité les pôles 1 et 2 confondus, destinés à la demi-pièce sortante postérieure droite. Supposons que celle-ci s’isole, sans que les pôles 1 et 2 se soient séparés et sans qu'il y ait eu production des pôles 3 et 4: nous obtenons précisément une fine ramification à faciès unipolaire, c’est-à-dire à faisceau indéterminé avec trachées centrales et bois et liber concentriques (B, fig. 8 du texte).
Si la pièce principale après la libération de la double pièce sortante dédouble son pôle gauche 8g, 8g en ses 2 composants et régénère un pôle droit 8g, 8g, elle reprendra un faciès tripolaire. Mais on conçoit aussi que la masse ligneuse, si elle est suffisamment réduite, se divise simplement en trois masses 'unipolaires, équivalentes en apparence, deux d’entre elles étant accompagnées de deux sorties hâtives. De toute façon nous arrivons finalement à des masses indéterminées à pôle central {un., fig. 35 et 36, pl. VI).
On rencontre parfois des sections à faciès bipolaire. Elles paraissent être toujours des sections à faciès unipolaire en voie de division : la masse libéro-ligneuse s'allonge un peu et se coupe en deux masses à faciès unipolaire.
Chaque masse à faciès unipolaire paraît bien posséder un pôle trachéen, entouré d’un petit nombre d’éléments scalariformes, fig. 38 et 41, pl. VI ; fig. 51, pl. VII. Il n’y a plus à chercher ici le mode de ramification typique de S. oldhamia avec pièce principale, pièces sortantes et sorties hâtives. La masse libéro-ligneuse des fines ramifications s’épuise rapidement pour se terminer en pointe libre. On voit souvent des sections réduites à trois éléments ligneux ou à un seul
élément; cet élément estime trachée on bien un vaisseau scalariforme soumis à une forte élongation, ce qui lui fait prendre un aspect annelé.
En résumé, les masses libéro-ligneuses indéterminées des fines ramifications représentent les réduites extrêmes du quadruple de la fronde de Stauropteris oldhamia.
Sorties hâtives. Aphlebia. — C’est un des faits les plus frappants de l'émission de la pièce sortante de S. oldhamia , que la production de deux masses ligneuses, qui s’échappent rapidement l’une vers la face postérieure et l’autre vers la face antérieure du rachis. Ce sont toujours les pôles 2 de la double pièce sortante , les seconds formés par conséquent . qui donnent naissance a ces sorties hâtives un peu avant la libération complète de la double pièce sortante. Nous avons mis à. profit ce phénomène au cours de notre étude des diverses catégories de rachis, soit pour l’orientation des pétioles, soit pour la distinction des différentes parties entrant dans la composition d’une masse ligneuse complexe : la présence des deux sorties hâtives est aussi constante que celle des deux demi-pièces sortantes, qu’elles accompagnent.
La masse ligneuse destinée à la sortie hâtive est arrondie ; c'est une espèce de bourgeonnement d’éléments ligneux, qui se produit autour du pôle n° 2; à sa naissance elle a fréquemment l’aspect d’une masse indéterminée avec pôle central (ha et /?,„ fig. 21 et 22, pl. IV). Toutefois, il n’y a probable ment pas de trachées. Le volume de cette masse est variable ; elle est d'autant plus développée que le rachis qui l'a produite est plus gros ; elle comprend 8 ou 10 éléments ligneux sur les pétioles triangulaires de la 3me catégorie, beaucoup plus sur les gros pétioles ; leur nombre augmente à mesure qu'elle s’éloigne du pôle n° 2 dont elle dérive : fig. 40. pl. VIL Elle montre déjà des signes de division alors qu'elle est encore plongée dans le tissu fondamental du rachis support, fig. 46, pl. VIL Elle se divise très rapidement
ST AUR OPTERI S OLDHAMIA.
en masses plus petites, qui se rendent chacune dans une petite ramification où elles se divisent de nouveau.
Les sorties hâtives les plus fortes nous ont toujours paru être à l'état de faisceau indéterminé ; c'est en vain que nous avons essayé de les comparer au bois triangulaire tripolaire des petits rachis. Même lorsque la masse ligneuse est assez grosse, elle semble ne pas avoir de pôles et elle se fragmente bientôt en masses plus petites sans avoir pris une structure plus différenciée.
Comme nous Pavons indiqué, c/est le pôle n° 2 de la demipièce sortante qui prend seul part à la formation de la sortie hâtive ; il n’y a jamais émission sur le pôle n° 1 d'une pièce semblable. Néanmoins, nous pensons qu’il faut considérer cette formation comme une sortie hâtive réduite à une demipièce sortante. Si n est le numéro d’ordre du rachis principal, les sorties hâtives sont des ramifications d’ordre n -f- 2, car c’est sur la masse ligneuse destinée au rachis d’ordre n -j~ 1 . qu'elles s'attachent.
Les formations aphlébioïdes sont fréquentes chez les plantes houillères ; il y en a de plusieurs sortes :
1 0 Les unes sont des expansions minces et plissées. souven I très grandes, en forme d’oreilles ou triangulaires et laciniéos, fixées sur la hase du rachis primaire au-dessus de la région d’insertion des pennes primaires normales. Nous citerons les exemples bien connus des Cyclopteris , qui couvraient la base du pétiole des N evropteris , et des Aphlebia très décou pées qui occupaient la même place sur le pétiole des Odontopteris.
2° Une autre sorte de formations aphlébioïdes est représentée par des pinnules semblables ou identiques aux pinnules normales de la feuille, et qui sont fixées sur le rachis primaire (ou plus généralement d’ordre n de la feuille) entre les points d’insertion de deux pennes primaires (ou rachis d’ordre n -(- 1). On observe ces pinnules aphlébioïdes chez le N evropteris gigantea Sternb. et chez le N. pseudogigantea Potonié.
3° Les formations aphlébioïdes de la 3me sorte sont diffé-
rentes des productions normales de la feuille. Elles sont très divisées, laciniées, et sont fixées sur les rachis d’ordre n, dans l’angle d’insertion des rachis d’ordre n -f- 1. Ce sont comme des stipules placées à la hase des rachis d’ordre n-\-\. Les aplilebia du Pecopteris dentata , des Corynepteris , etc., appartiennent à cette catégorie, et on les a rapprochées des aplilebia analogues comme forme et comme position que Ton trouve chez les Gleichéniées actuelles (les Mertensia par ex.). Ces aphlehia paraissent avoir la valeur de ramifications d’ordres 2, émises hâtivement par le rachis d’ordre w -f- 1 ? avant sa séparation complète d’avec le rachis d’ordre n. C/est à cette dernière catégorie qu'appartiennent les sorties hâtives du S. oldhamia.
Les aphlehia du Stauropteris constituent des houppes filamenteuses fixées tantôt sur le rachis d’ordre tantôt sur le rachis d’ordre n-\- La fig. 49, pl. VII, représente la sortie hâtive postérieure droite du gros rachis de la pl. V. Cette sortie est coupée bien transversalement ; on voit qu’elle comprend un grand nombre de petits éléments scalariformes tous semblables entre eux ; c/est une masse indéterminée sans trachées. La fig. 46, pl. VII, représente une sortie hâtive beaucoup plus grosse que la précédente; la masse ligneuse est lobée irrégulièrement, ce qui est dû aux divisions prochaines, qu'elle va subir, mais elle demeure néanmoins à l’état indéterminé. Enfin la fig. 59, pl. VIII, représente un gros rachis de Stauropteris burntislandica en voie de ramification avec les faisceaux de filaments résultant de la fragmentation des sorties hâtives ha, hv ; ces houppes s’insèrent exactement au-dessous du point de jonction des rachis secondaires et du rachis primaire. Sur la fig. 29, pl. V, nous voyons que la sortie hâtive, au lieu de demeurer attachée au rachis principal d’ordre n, a été entraînée sur le rachis d’ordre n-\- 1 , dans lequel s'est rendue la demi-pièce sortante antérieure. Très régulièrement l’une des ramifications de l’aphlebia est dirigée horizontalement et tend à s’enrouler autour du rachis d'ordre n.
STAFROPTERIS OLDHAMIA.
Conclusions du Chapitre IV.
I. — La masse libéro-ligneuse de tous les rachis de la fronde de Stauropteris oldhamia , quelque soit leur numéro d'ordre, tant qu’elle îrest pas tombée à l’état indéterminé, a une structure uniforme : c’est un quadruple, ou un ensemble de 4 massifs ligneux commandés chacun par un pôle intérieur: le quadruple ligneux est entouré de liber, qui forme deux maxima, l’un antérieur, l’autre postérieur et deux massifs latéraux. La figure du quadruple peut être masquée par une sortie en préparation sur l’un de ses flancs.
II. — Le mode de ramification demeure constant dans tous les rachis, tant que la masse libéro-ligneuse n’est pas tombée à l’état indéterminé : chaque rachis porte donc quatre files de ramifications émises par paires; les deux rachis latéraux d’une même paire sont plus ou moins coalescents à leur hase et accompagnés chacun d’une aphlehia. La ramification de la fronde du S. oldhamia est un phénomène dont toutes les phases sont parfaitement définies et se succèdent dans un ordre déterminé. Il est caractéristique de la plante chez laquelle on l’observe ; il dénote une plante extrêmement différenciée et très adaptée.
III. — Les rachis d’ordre n- f- 1 sont orientés parallèlement au rachis d’ordre n qui les porte.
IV. — La fronde du S. oldhamia est pourvue sur tous ses rachis V aphlehia formant des faisceaux de filaments ramifiés: ces aphlehia ont la valeur de ramifications d’ordre n -j- 'l. el s'insèrent soit sur le rachis d’ordre n7 à la base du rachis d’ordre u- f- 1 , soit sur la base même du rachis d’ordre n -|- 1 . Le système libéro -ligneux de ces aphlehia est toujours à l’état indéterminé.
V.— I ^es étapes successives de transformation du quadruple de S. oldhamia depuis le stipe, jusqu’aux fines ramifications sont les suivantes :