Comparaison des Anhyr opter is aux Diplolubis
et aux Zygopteris.
Passons à la série 11. Elle renferme des types qui offrent à première vue de très grandes ressemblances avec les Ankyropleris ; ce sont les Diplolabis et les Zygopleris. Si nous choisissons en particulier V Ankyropleris bibractensis. va r . wes Ipha l iens is , et si nous faisons momentanément abstraction de l’absence de plan de symétrie accessoire, nous pourrons sans difficulté établir une comparaison très serrée avec les deux genres en question. Nous avons en effet de part et d’autre (fig. *23 du texte) :
Une apolaire médiane large et forte, courte chez Diplolabis ,
longue chez Zygopteris et chez A. westp ha lien sis,
Quatre antennes épaisses et longues,
rectilignes et inclinées à 45° sur les plans de symétrie chez Diplolabis et Zygopteris , fortement arquées chez A. westphaliensis .
Quatre renflements récepteurs courts et arrondis, saillants chez Diplolabis.
effacés, c’est-à-dire prolongeant exactement l’antenne chez Zygopleris et A. westphaliensis,
Quatre pôles fondamentaux, un devant chaque renflement récepteur dans les trois genres,
En outre dans les trois genres, la pièce sortante est tournée de 90° par rapport à la pièce mère et sa face antérieure
CLASSIFICATION DES ZYGOPTÈRIDÈES.
offre une réduction importante, consistant surtout dans 1 atrophie des organes récepteurs antérieurs (1).
Cette comparaison montre que les Ankyropteris sont, comme nous 1 avions annoncé, des Zygoptéridées bien caractérisées. La ressemblance est surtout frappante entre A. wes tphaliens is et Z.primaria et il peut paraître facile de passer de 1 un à 1 autre. Mais ces deux types offrent aussi
des différences, q n ‘il convient d’examiner soigneusement.
1° Chez A. westphaliensis , l’apolaire médiane est fortemenl courbée, les antennes antérieures sont beaucoup plus grandes que les antennes postérieures ; enfin, il n’y a que deux Lies de pièces sortantes au lieu de quatre. — Tout ceci est au fond la conséquence de la perte du plan de symétrie accessoire et ne saurait constituer une différence bien grande entre les deux genres : la pièce sortante A Ankyropteris est simplement équivalente à deux demi-pièces sortantes de Diplolabis7 ou , si l’on veut, la pièce sortante des Diylolabis ou des Zygopteris se divise par dichotomie en deux demi-pièces, qui sont pratiquement comparables à une pièce sortante unique A Ankyropteris.
2° Chez Zygopteris les pôles sont étalés ; ils constituent une bande trachéenne: au contraire chez Ankyropteris ils sont très condensés : il n'y a qu’un seul pointement trachéen, situé devant le renflement récepteur dans l’angle formé par la jonction du filament et de l’antenne. Ce caractère n’a pas non plus une grande valeur; il prouverait simplement que le second type est plus différencié que le premier, ce qui serait tout à fait normal, s’il en était dérivé comme nous le supposons en ce moment (2).
(1) Nous rappelons, que ce dernier caractère n’a pu être établi chez Diplolabis ei Zygopteris, que parce qu'il avait d’abord été démontré chez Ankyropteris.
Nous admettions ainsi, par anticipation que les Ankyropteris appartenaient bien à la famille des Zygoptéridées, comme tous les auteurs l’avaient admis avant nous.
(^) Le fait que le genre Zygopteris n’est connu que dans le Permien n'est pas un obstacle à cette dérivation ; il pourrait être en effet plus ancien, que nous ne le supposons.
3° Une différence beaucoup pins importante est l’existence de d eux filaments chez Ankyr opter is (fig. 23 du texte), donnant
Fig. 23. — Comparaison des organes récepteurs dans les genres Etapteris, Zygopteris et Anhyropteris.
A. Etapteris diupsilon. — B. Zygopteris primaria. — C. Anhyropteris westphal iensis.
B p, Rfl, pièces réceptrices proprement dites ou renflements récepteurs. Ant.p, Ant.a, pédoncules ou antennes.
A^, pôle fondamental" postérieur droit.
A^J, pôle fondamental antérieur droit.
Fi., filament.
lieu à la formation de deux boudes ligneuses périphériques , remplies de liber et très caractéristiques. C,hez Zygopteris comme chez Biplolabis , les sorties successives sont émises une à une ; elles sont nettement séparées les unes des autres; au contraire, chez A. ivestphaliensis et A. corrugata , rémission des segments ligneux destinés aux sorties successives a lieu d’une façon continue et ces segments restent unis entre eux pour former le filament. Au total, cela ne change rien au mode d’émission de la pièce sortante, qui, dans les trois genres considérés, prend naissance par moitié sur les renflements récepteurs, les deux moitiés culbutant bientôt de 90° et venant au bout d’un temps plus ou moins long se rencontrer sur l’axe de symétrie droite-gauche.
4° En fait, chez A. corrugata , à part la non segmentation de la pièce sortante, corrélative de l’absence de surface de
CLASSIFICATION DES ZYGOPTERIDHES.
symétrie accessoire, l’émission de la sortie ne présente pas d’autre particularité. Mais chez A. mestphaXiensis et A. Wllliamsoni, il y a quelque chose de plus: c’est l’intervention des antennes dans l’élaboration de la sortie. Dans tons les genres de Zygoptéridées. que nous avons examinés jusqu’ici, les renflements récepteurs assument à eux seuls la tâche d’émettre les pièces sortantes ; les antennes n’ont qu’un rôlepassif: c’est d'unir les rendements récepteurs à l’apolaire médiane. Chez A. westphalknsis nous avons vu que la sortie prenait naissance par un mécanisme beaucoup plus compliqué; la conclusion de notre étude a été que l’antenne jouait un rôle réparateur très important, en fournissant toute la région centrale de la pièce sortante. Ce phénomène, surprenant au premier abord, peut s’expliquer cependant, si nous tenons compte des déformations de ta trace zygoptéridienne, auxquelles nous avons déjà assisté. Nous avons montré en effet, l’espèce de balancement, qui existe entre L'antenne et te rendement récepteur (fi g. 23 du texte) :
Chez Etapteris , pièce réceptrice proprement dite très différenciée, pédoncule grêle.
( liiez D. RÔmeri et Z. primarla , pièce réceptrice proprement dite réduite à l’état de rendement récepteur, pédoncule épaissi et allongé, devenant une antenne. Ankyr opter Is westphaliensis accentue simplement le caractère des ZygojXeris : la sortie reste volumineuse, pourlaid le rendement récepteur a encore diminué et n’apparaît plus que comme la terminaison, le sommet arrondi de l'antenne. Or le rendement récepteur joue le rôle de réservoir d’eau, interposé entre les pièces sortantes et l’antenne ; tant qu’il est suffisamment gros, il peut alimenter des rachis latéraux assez forts, mais quand il diminue, comme dans le cas actuel, la quantité d’eau fournie par l’antenne devant passer toute entière parmi point excessivement restreint, sera forcément réduite. Dans ces conditions l’antenne devient réceptrice à son tour et fournit des éléments ligneux (anneau réparateur interne), qui vont renforcer directement la sortie
sans subir de rotation de 90°. Chez A. corrugata où l’antenne reste inactive, F anneau sortant est très grêle. C’est donc bien une suppléance du renflement récepteur par l’antenne antérieure, qui est réalisée chez A. westphaliensk.
Les transformations, que nous venons devoir, nous ont conduit tout naturellement à donner le nomd 'organe récepteur ou de pièce réceptrice sans qualificatif à l’ensemble des deux régions, que nous avons appelées suivant les cas : antenne et renflement récepteur, ou pédoncule et pièce réceptrice proprement dite. L’ Ankyr opter Is westphaliensk a élargi notre conception de l’organe récepteur, en nous apprenant que les deux régions de cet organe peuvent exercer toutes les «leux la fonction réparatrice.
5° Enfin une dernière différence est à relever entre les genres Zygopterk et Ankyr opter k ; c’est que chez ce dernier la pièce sortante est émise sous forme d’un anneau fermé ; nous savons que chez Zygopterk et Dlplolabls , elle est émise sous forme d'un arc largement ouvert en avant, à concavité tournée vers la pièce mère. On peut remarquer que la forme annulaire de la pièce sortante chez Ankyropterk est précisément une conséquence de l’existence de boucles périphériques, la pièce sortante tendant à se pourvoir elle aussi de boucles périphériques à l’image de la pièce mère.
En résumé, il y a de grandes analogies entre la trace foliaire d* A. westphaliensk et celle de Z . primaria. Il y a aussi quelques différences; mais aucune ne paraît être, au moins à première vue, un obstacle à ce que le genre Ankyropterk soit dérivé du genre Zygopterk .
3. Comparaison d* Ankyropteris Williamsoni à Metaclepsydropsis duplex.
11 y a également une analogie très remarquable entre les traces foliaires de Metaclepsydropsis duplex (fi g. 90, pi. XI 11) et d'A. Williamsoni (fig. 07, pi. IX). Chez le premier en effet, les antennes sont très courtes ou même iront jamais
< :iassi fication des z ygo'pt krii > kes .
existé, de sorte que les renflements récepteurs 1res puissants s’insèrent directement sur l'apolaire médiane, qui constitue La partie étranglée de la masse ligneuse ; l’ensemble a la forme d’une clepsydre ou d’un sablier. La trace foliaire VA. Wüliamsoni revêt, elle aussi, cet aspect de trace en clepsydre ; la masse ligneuse, étranglée en son milieu, s’évase à ses extrémités pour recevoir directement l’insertion des renflements récepteurs; les antennes sont peu marquées; si elles existent, il faut admettre qu’elles sont fondues avec les extrémités de l’apolaire médiane. 11 suffit de placer côte à côte la trace de M. duplex et celle (VA. Wüliamsoni , pour s’assurer de la similitude qu’elles présentent et pour faire apparaître en même temps les différences suivantes :
D’abord les renflements récepteurs très volumineux, chez M. duplex , sont réduits à deux saillies, légèrement acuminées chez A. Wllllcumsoni.
En outre A. Wüliamsoni possède trois caractères importants qui font tout à fait défaut à M. duplex :