Comparaison des Ankyropteris aux Clepsydropsis
et aux Asterochlœna.
Nous avons vu que la trace foliaire dans ces deux genres offrait entre autres caractères :
1° Deux boucles ligneuses périphériques permanentes, c'est-à-dire ne s’ouvrant jamais, même après la libération d’une sortie.
2° Une pièce sortante émise sous forme d’anneau fermé.
Ces deux caractères, que nous pouvons qualifier de primitifs, se rencontrent chez les Ankyropteris ; ils constituent précisément deux des trois différences importantes, qui les séparent de la série : Metacle psydropsis — Zygopteris. Inversement. ces mêmes caractères rapprochent étroitement les Ankyropteris des Clepsydropsis et des Asterochlœna.
De genre Asterochlœna se distingue du genre Clepsydropsis (voir les fig. 15 et 17 du texte, pages 127 et 130) :
1" par la perte du plan de symétrie accessoire.
CLASSIFICATION DES ZYGOPTERIDEES.
2° parce que les renflements récepteurs antérieurs sont plus volumineux que les renflements postérieurs,
3° parce que les boucles périphériques, au lieu d’être allongées suivant Taxe de symétrie droite-gauche, tendent à s’allonger verticalement, c’est-à-dire parallèlement à l’axe de symétrie principal.
Si nous remarquons, que ces trois caractères se retrouvent également chez Ankyropteris , s’ajoutant aux deux caractères communs déjà cités, nous serons portés à regarder ce dernier genre comme dérivé des Clepsydropsis par l’intermédiaire des Asterochlœna. Ceux-ci, il est vrai, ne sont connus actuellement que dans le Permien, mais les affinités étroites, qui les unissent aux Clepsydropsis , rendent extrêmement probable leur existence à une époque beaucoup plus ancienne. L’objection, qu’on peut élever contre cette dérivation, réside plutôt,
selon nous, dans la forme même de la trace foliaire des
Asterochlœna , qui présente cotte particularité: c’est que l’apolaire médiane est déjà passablement allongée, surtout chez A. rarnosa , tandis que les régions réceptrices restent encore peu différenciées. Chez Ankyropteris , le développement des pièces réceptrices paraît au contraire avoir marché de pair avec celui de l’apolaire médiane ; en outre la courbure de cette dernière est exactement inverse de ce qu’elle est chez Asterochlœna ; nous noterons encore que les rachis secondaires s’insèrent plutôt vers la face supérieure de la fronde, alors que chez Asterochlœna , les pièces sortantes s’échappent très nettement vers la face inférieure.
De toutes façons entre Clepsydropsis et Ankyropteris , il nous manque plusieurs types intermédiaires. En effet, tandis que la trace foliaire des Asterochlœna et des Clepsydropsis demeure très simple, très condensée, celle des Ankyropteris nous offre déjà un degré de différenciation, qui la rend comparable aux termes les plus perfectionnés de la série : Metaclepsydropsis — Zygopteris. Le genre Ankyropteris a sans doute renfermé beaucoup d’autres espèces, que celles qui nous ont été conservées, surtout si Ton songe, que ce genre
s’est maintenu depuis le Westphalien inférieur jusqu’au Permien.
Entre Clepsydropsis et Ankyropteris, nous relevons deux différences importantes :
1° Chez Clepsydropsis, l’arc ligneux externe, qui ferme la boucle périphérique, c’est-à-dire le filament, est épais et ne représente qu’une seule sortie ; chez Ankyropteris, le filament est mince et représente en général plusieurs sorties accumulées à la file.
2° Chez Clepsydropsis , les renflements récepteurs interviennent seuls dans l’émission de la pièce sortante. Chez Ankyropteris , les antennes ou à leur défaut les extrémités de l’apolaire médiane fournissent toute la région centrale de la pièce sortante ; les renflements récepteurs perdent de leur importance.
Les autres différences : nature des régions polaires, perte du plan de symétrie accessoire, différenciation plus accusée de tou tes les régions de la trace foliaire, s’expliquent aisément comme pour les autres séries de Zygoptéridées, dérivées de Clepsydropsis , et nous ne jugeons pas utile d’y insister davantage.
Sans entrer dans de grands détails, il est clair que l’on peut faire dériver les Ankyropteris des Clepsydropsis par un processus analogue à celui qui nous a conduit des Clepsydropsis aux Metaclepsydropsis et aux Zygopteris . 11 suffît d’imaginer que dans la trace foliaire des Clepsydropsis , l’apolaire médiane s’allonge un peu, que les régions réceptrices se développent de plus en plus, puis se différencient en antennes et renflements récepteurs ; les boucles périphériques permanentes subsistent, mais s’allongent dans le sens vertical ; les filaments s’amincissent et des contacts pourront s’établir entre eux et les antennes. A un moment quelconque, le plan de symétrie accessoire pourra disparaître. Nous réaliserons ainsi progressivement tous les caractères de la trace foliaire des Ankyropteris.
CLASSIFICATION DES ZYGOPTERIDEES.
il est à peu près impossible actuellement de dire quelle est la plus primitive des trois espèces éd Ankyropteris que nous avons étudiées. Nous rappellerons que ce genre a compté probablement un très grand nombre d’espèces.