Isis. 1837, p
3. lissais pour délerniiner l'influence qn'exerce la lumière dans la manifestation et le développement des végétaux et des animaux, dont l'origine aurait été attribuée à la génération directe, spontanée ou équivoque. — Observateur médical belge, 183i, et Annales des Sciences naturelles, 2" série, t. 3 et i. 1833.
i. Depuis la rédaction de ces lignes, en 18bS, nous avons vu, en I8.i9, la question de la génération spontanée donner lieu à de nouveaux ol vifs débals au seiu de l'Académie des sciences de Paris, à la suite de recherches soutenues de M. Pouchet, de Kouen. M. Pouchet, en refaisant les expériences de MM. Schultze et .Schwann, est arrivé à des eouclusions diamétralement opposées ù celles de ces savants. Bien qu'en thèse générale un résultat positif ne puisse être iulirnié par un résultat négatif, nous ne sommes point persuadés que les procédés de M. Pouchet aient suffi à éliminer toute erreur. Nous regrettons cependant qu'on ait, de certain côté, essayé de réfuter M. Pouchet, eu insistant particulièrement sur le caractère peu orthodoxe et biblique de ses résultats. Ceux qui, cpmnu; MM. Dojère, de Quatrefages, Milue Edwards, Payen, ont cherché h réfuter des arguments sérieux par d'autres d'un poids égal ou supéric!ur au point de vue scientifique, ont seuls suivi la bonne voie. En somme, malgré le débat académique auquel nous venons de faire allusion, on peut dire, en ISliO comme en 18,i3, que nulle preuve suffisante n'a été donnée en faveur de la génératiin spontanée. L'ouvrage remarquable de M. Darwin (on the Origln of Species. London, I8ri9), en donnant peut-être la clé de la formation des espèces, a même diminué l'importance de celte génération é(piivoque dans les époques géologi<|ues qu'a traversées notre globe. Son admission ne parait plus nécessaire que pour la première apparition des êtres organisés à la surface de la terre. Nous ne pouvons pas non plus passer ici sous silence un Mémoire publié par .M. Cienkuwski, sous le titre: Zar Gcnesis eincs ehizilUgenOrganismus^iU'moiie dansiequeWaateur pensait pouvoir donner des preuves évidentes en faveur de la génération primaire ou équivoque. Les observai ions de ce célèbre micrographe peuvent se résumer de la manière suivante : Un grain de fécule, abandonné à lui-même dans l'eau, s'entoure bientôt d'une enveloppe qui, d'abord exactement adhérente à la surface, se dilate ensuite de manière à laisser un espace libre entre elle et lui. Cette enveloppe produit souvent des prolongements tubuleux. Le grain de fécule se dissout graduellement de la phéripliérie au centre, et à sa place se forme une matière miicilagineusc qui remplit l'enveloppe. Des granules se pré(i|iitent bientôt à l'intérieur de ce mucilage et s'organisent en monades armées de deux tlagellum ; celles-ci percent la membrane enveloppante et vont s'agiter au dehors. Dans ce Mémoire, M. Cienkowski considérait l'enveloppe comme un organisme unicellulaiiv, et les corps monadiniformes coniinc des zoogonidies reproductrices.
Le nom seul d'un observateur aussi consciencieux que M. Cienkowski, devait forcément attirer l'attention des savants même les plus sceptiques. D'ailleurs, ces observations furent répétées et confirmées de tous points par M. Regel, M. Merkiin, et l'un des micrographes les plus distingués de l'époque actuelle, M. N;egeli. La doctrine déjà défaillante de la génération spontanée commençait à rebattre d'une aile.
Toutefois, M. Cienkowski lui-même (Veber mcinen Bcweis fiir die Genevalio priinaiia liiilletin de la classe physico-inalhémaliquc de l'Acad. de St-Pétersbourg, tome 17. l(So><), vient de nous donner la clé de ces singuliers phénomènes. La membiane qui enveloppe le grain de fécule est bien nn organisme unicellulaire ; mais cet organisme ne s'est point formé de tontes pièces autour du granule, lia précédenimeutvécu delà vie de monade. M. Cienkowski, en poursuivant de petites monades, a vu fréquemment comment l'une d'elles venait s'accoler à un grain d'amvluin, pour diflluer en quelque sorte et s'étendre en couche mince tout autour de celui-ci. La petite monade enveloppe le grain de fécule, dont la grosseur est relativement gigantesque, précisément de la même manière qu'un rhizopode enveloppe sa proie. La provenance de la membrane qui entoure le granule se trouvant ainsi expliquée, le reste du pliéuomène n'offre plus rien d'anormal. (IS'ote de 1S60).