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ces deux parties dans le filament expulsé ; mais nous ne voulons pas contester par là l'exactitude de l'observation de M. Allman, car chacun connaît aujourd'hui la supériorité de certains microscopes anglais pour les grossissements très-considérables qu'on est obligé d'employer ici.
M. Allman s'est laissé troubler dans ses déductions par les errements de l'école unicellulaire. Il hésite à assimiler complètement les organes découverts par lui aux cellules urticantes des Polypes, parce que leur origine histogénétique semble être toute différente de celle de ces dernières; en effet, si l'on admet la théorie de l'unicellularité des infusoires, il faut aussi admettre que les trichocystes se développent dans l'épaisseur même de la membrane de la cellule, et non pas dans l'intérieur de cellules spéciales, comme cela a lieu chez les Polypes. Heureusement que ceci ne nuit en rien à la découverte de M. Allman; mais ce savant aurait mieux fait, à notre avis, de reconnaître ingénument que les faits qu'il venait d'acquérir étaient un nouveau coup de sape dans les fondements de l'école.
Il est curieux de noter en passant que, dans certaines circonstances, dans certaines eaux, les trichocystes ne se développent pas. Il n'est pas rare, en particulier, de trouver le Paramecmm Anrclia entièiement dépourvu de trichocystes. Si l'on ne rencontrait qu'un individu isolé dans ce cas-là, on pourrait croire que la cause de l'absence de ces organes gît tout simplement dans ce que l'animal vient de les décharger. Mais, ordinairement, tous les individus d'une même eau sont munis de trichocystes ou en sont tous dépourvus. Nous croyons avoir remarqué que les trichocystes du Paramecium Aurélia manquent, en particulier, dans les eaux où cet animal prend une apparence hydropique et où le sillon destiné à conduire les aliments à la bouche perd de sa profondeur ou disparait tout-à-fait.
Les relations des trichocystes avec la cuticule ne sont pas encore suffisamment étudiées. Bien que logés dans le parenchyme du corps, ces organes sont intimement reliés à la cuticule, mais nous ne saurions affumer s'ils sont logés dans des espèces de sacs ou de follicules formés par des enfoncements de cette membrane. Nous avons vu une fois un Paramecmm Aurélia présenter une image curieuse : sous l'action d'une dissolution étendue d'acide chromique, sa cuticule s'était détachée du parenchyme en arrachant à celui-ci
tous les trichocystes. Ces organes formaient par suite comme autant de papilles fusiformes, faisant saillie à la surface interne de la membrane. Nous avons déjà cité plus haut un cas analogue, observé par M. Lachmann.
11 est fréquent de rencontrer dans le parenchyme de certains infusoires des granules de chlorophylle. Ces granules affectent alors une disposition assez particulière. L'existence de chlorophylle est connue dès longtemps chez certaines espèces où elle est fort habituelle, par exemple chez le Paramecium Bursaria; mais, comme la plupart des auteurs ont négligé de distinguer le parenchyme de la cavité du corps, il en est résulté qu'ils n'ont pas reconnu que les granules en question appartiennent au parenchyme. On a', par exemple, souvent parlé de la circulation des granules verts chez le Paramecium Bursaria, tandis que ces granules ne prennent jamais part au mouvement que chacun connaît chez cet animal, aussi longtemps du moins qu'ils occupent leur place normale, c'est-à-dire qu'ils sont logés dans le parenchyme. M. Cohn a été le premier à constater que les granules verts existent non seulement dans la masse en rotation, mais encore dans la partie solide, dans le parenchyme. Il est incontestable, en effet, que parfois on trouve aussi des 'granules de chlorophylle dans la masse en mouvement, mais il n'est pas démontré que ces granules-là doivent être assimilés aux autres ; ils ont été peut-être tout simplement avalés par l'animal avec d'autres particules nutritives.
Il est des infusoires qui sont tout particulièrement sujets à ce dépôt de chlorophylle dans le parenchyme du corps. Tels sont, en outre AnParamecium Bursaria, la Bursaria leucas, le Stentor polymorphus , VEuplotes patella, VEuplotcs C/iarou, la Coihurnia {Vaginicola Ehr.) cri/stal/ina, etc. Certaines espèces se rencontrent plus fréquemment avec que sans chlorophylle, ainsi le Paramecium Bursaria. D'autres se voient aussi souvent verts qu'incolores, tels que le Stentor pohjmorp.hus, le Leucophrys patula, la Bursaria leucas. M. Ehrenberg a même élevé la variété verte de ces deux dernières au rang d'espèces particulières, sous les noms de Spirostomum virens et de Bursaria vcrnalis. D'autres espèces du môme auteur, comme VEuplotcs virens, la Vorticella
1. V. Erdl. (Muller's Archiv, 1841, p. 280), et Perly, p. 65 (Parain. versiilum).
chlorostigma, etc., devront être sans doute aussi rayées du système, comme ne reposant que sur la formation de chlorophylle dans d'autres espèces déjà décrites sous des noms dilTérents.
Jusqu'ici il ne nous a pas été possible de déterminer quelle est la signification de ce dépôt de chlorophylle. Les granules paraissent souvent être des vésicules munies d'un nucléus plus clair.
Chez certains infusoires le parenchyme est coloré par des granules de pigment infiniment ténus, qui tantôt sont semés indifféremment dans toute la masse, tantôt sont disposés en lignes longitudinales plus ou moins régulières. La nuance la plus habituelle de ces particules pigmentaires est un blanc jaunâtre à la lumière incidente. Vus par transparence, ils apparaissent colorés d'un brun enfumé. C'est là la couleur qu'affectent, par exemple, VOxytricha fusca, VOxytricha Urostyla, le Paramccium Aurélia, divers Prorodon, etc. Une teinte plus ou moins bleuâtre se montre souvent chez le Stentor polymorphus et la Freia elegans. La Plagiotoma lateritia et certaines Nassula sont fréquemment colorées en rouge-brique. La Nassula aurea (Chilodon aureus Ehr.) possède, en général, une couleur jaune assez intense, etc., etc. Du reste, ces colorations diverses ne peuvent point être utilisées comme caractères spécifiques, à cause de leur peu de constance. La PlagUoma lateritia, par exemple, se montre aussi fréquemment incolore que couleur de brique. La Nassula rubens est tantôt incolore, tantôt rouge-brique, tantôt verte. Le Stentor polynwrplius est tantôt vert, tantôt incolore, bleuâtre ou enfumé, etc.
M. Carter' cite, dans le parenchyme de certains infusoires, des éléments anatomiques qu'il nomme cellules sphériqties (spherical cells), et qu'il a le mieux vus chez les infusoires dont il a fait le genre Otostoma (Ophryoglena?) Il compare ces cellules à celles qui tapissent la cavité digestive des turbellariés, et qui portent, chez ces vers, des cilsvibratiles. Nous n'avons pas réussi à rien voir de semblable.
I. Note on tlie Fresbwater Infiisoria of tlie Islaiid ofRonihay.— Aimais and Mag. of Nat. Hist. II Séries, 1836, p. 124.