‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes;Chapitre 45 sur 108 · Genre. -OPHRYDIUM · texte numérisé non relu

Genre. -OPHRYDIUM

Les Ophrydium appartiennent à la subdivision des Vorticellines cuirassées. M. Ehrenberg avait même choisi ce genre comme type de sa famille des Ophrydina, caractérisée par la présence d'une cuirasse. Cependant les Ophrydium sont précisément le seul genre de celte famille qui n'ait pas de véritable cuirasse. La seule espèce connue, VOp/trydium versatile, forme des masses gélatineuses, colorées en vert, que nous avons souvent trouvées, en grande abondance, dans les marais de Pichelsberg, près de Spandau. M. Ehrenberg admettait que ces masses, dont la grosseur dépasse souvent celle du poing, sont formées par une agglomération de fourreaux gélatineux. MM. Frantzius' et Stein ne partagent pas la manière de voir de M. Ehrenberg, et ils considèrent la substance gélatineuse comme formant une masse compacte sur laquelle les individus sont implantés, mais dans l'intérieur de laquelle ils ne peuvent jamais se retirer. Nous ne pouvons que nous ranger à l'avis de ces auteurs, sans toutefois vou-

I. Analecta ad Ophrydii vprsalilix liistoiiam naluraleni. Vralislavhe MDCCCXLIX.

loir contester, comme M. Stein, l'analogie de la masse gélatineuse avec le fourreau d'une Cothurnia, par exemple.

Chaque Ophrydium est porté par un pédoncule non contractile, qu'on peut poursuivre pendant un certain temps dans l'intérieur de la masse gélatineuse, avec laquelle il finit bientôt par se confondre. M. Frantzius admet que les pédicules se continuent jusqu'au centre de la masse, ce qui n'est pas improbable, bien que nous n'ayons jamais réussi (pas plus que lui-même) à les poursuivre jusque-là. Cet observateur pense, de plus, que, lorsqu'un Ophrydium se divise, la division s'étend aussi au pédoncule. C'est là une manière de voir à laquelle nous ne pouvons pas nous associer. Le pédoncule des Ophrydium n'est certainement pas plus soumis à la division spontanée que celui des autres Vorticellines. Supposé qu'à l'aide de certains réactifs chimiques, on' parvînt à démontrer dans l'intérieur de la masse gélatineuse des ramifications dichotomiques du pédoncule (et cela est fort probable, bien que cela ne nous ait pas encore réussi), cela ne prouverait point que ce pédoncule soit susceptible de division spontanée. Il est bien plus probable que les choses se passent ici comme chez les Epistylis et les autres genres à pédoncule ramifié.

M. Stein pense que le pédoncule des Ophrydium n'est qu'un produit artificiel {Kunst' prodîict), une condensation de la substance de la sphère gélatineuse dans une direction radiaire, condensation qui serait déterminée par les contractions fréquentes de l'animal sur son point d'insertion. Cette opinion se base sur ce que la masse gélatineuse, étant évidemment sécrétée par la partie postérieure du corps, doit être, elle-même, l'analogue du pédoncule des autres Vorticellines. Sans cela, dit-il, l'origine de cette substance serait complètement inexplicable.

Sur ce point, nous ne sommes pas d'accord avec M. Stein, et nous croyons que le pédoncule des Ophrydium a une existence anatomique aussi positive que celui des Epistylis. Sans doute le pédoncule et la masse gélatineuse sont tous deux sécrétés par la surface du corps, mais cela n'empêche point qu'ils soient, dès l'origine, distincts l'un de l'autre. Nous voyons plusieurs Cothurnies se former en même temps un pédoncule et un fourreau. La masse gélatineuse des Ophrydium est morphologiquement identique au fourreau des Cothurnies. Pédoncule et fourreau sont sans doute deux pro-

ET LES RllIZOPODES. 1 21

(ludions de même ordre; mais, puisqu'on les distingue chez les Cothurnies, il n'y a pas de raison pour les confondre chez les Ophrydium.

Nous ne décriions pas en détail Y Ophrydium versatile, qui a été suffisamment étudié par MM. Ehrenberg, Frantzius et Stein. (Voyez surtout la figure publiée par ce dernier : Infus., PI. IV, Fig. II).

8' Genre. — COTHURNIA.

Les Cothurnia sont des Vorticellines cuirassées possédant une véritable coque, fixée aux objets étrangers par sa partie postérieure.

M. Ehrenberg a caractérisé son genre Cothurnia d'une manière un peu différente que nous. Ses Cothurnia sont des Ophrydines à coque ou fourreau pédicellé, ce qui les distingue de ses Vaginicoles, dont la coque est sessile. M. Dujardin, remarquant avec raison que le fourreau de la Vafjinicola crystallina Ehr. est souvent porté par un pédoncule très-court, refuse d'admettre le genre Cothurnia de M. Ehrenberg. M. Stein, qui nous a fait connaître plusieurs Cothurnia nouvelles, appuie également sur le fait que l'existence ou l'absence du pédoncule ne peuvent nullement servir ici à la distinction des genres. Pour ce qui nous concerne, nous avons non seidement trouvé la coque de la Vayinicola crystallina Ehr. portée par un pédoncule très-court, mais encore nous avons vu parfois l'animal muni lui-même d'un pédicule assez long et non contractile dans l'intérieur de la coque. C'est cette variété-là dont M. Eichwald a fait une espèce particulière, sous le nom de Vaginicola pedimculata (3'*"' Nachtrag z. Infusorienkunde Russlands. — Moscau, 4852, p. 124., PI. VI, Fig. 12), et qu'il considère bien à tort comme un passage au genre Tintinnus. Chez la Cothurnia nodosa, nous avons toujours vu la coque pédicellée, mais l'animal lui-même était tantôt fixé directement au fond de celle-ci, tantôt porté lui-même par un pédicule assez long.

Il est donc impossible de conserver les deux genres Vaginicola et Cothurnia comme ils ont été établis par M. Ehrenberg. 11 faut par suite, ou bien rayer complètement le

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genre Cothurnia de la nomenclature, comme l'a fait M. Dujardin, et alors il faut changer le nom générique des nombreuses Cothurnies qu'a décrites M. Stein, ou bien il faut restreindre le nom de Vaginicola à la Vaf/micola decumbens Eiir., qui s'éloigne suffisamment des autres pour former un genre particulier ; et, dans ce cas, les deux autres espèces de Vaginicoles décrites par M. Ehrenberg deviennent des Cothurnies. Nous nous sommes décidés pour cette seconde alternative.

Parmi les espècel; de Cothurnies jusqu'ici décrites, celles qui ont le droit positif d'être considérées comme des formes indépendantes sont les suivantes :

i. Cothurnia crystallina ^=Va(jinicola crtjstallina^Xvc. Infus., p. 295, PI. XXX, Fig. V. — Duj. {Vaginicola). Infus., p. 563, PI. XVI bis, Fig. VI. — Stein {Vaginicola). infus., p. 35 et suiv.

î. Cothurnia imberbis Ehr. Infus., p. 207, PI. XXX, Fig. VII. — Stein. Infus., p. 85.

3. Cothurnia maritima Ehr. Infus., p. 298, PI. XXX, Fig. VIII. —Stein. Infus., p. 223.

4. Cothurnia Pu/pa Eichwald. 2'«'' Nachtrag zur Infusorienkunde Russlands, p. Wd, PI. IV, Fig. 24.

5. Cothurnia Aslaci Stein. Infus., p. 229, 231, PI. VI, Fig. 20-22.

6. Cothurnia Sieboldii Stein. Infus., p. 229 et suiv., PI. VI, Fig. 17-18.

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