I. Dujardin. Iiifiisnires, p. 42i
çoit que par instant, et dans certaines positions, les cornicules caractéristiques. La première assertion est lout-à-iait erronée ; le nombre des cirrlies marginaux et frontobuccaux est, il est viai, assez peu constant ; mais celui des pieds-crochets, des piedsrames et des soies, est complètement invariable. Quant au fait, qu'on ne voit les piedscrochets que par instants, cela rend, il est vrai, leur compte plus diOicile à faire; mais cela ne prou,ve rien quant à l'inconstance de leur nombre. Lorsque l'animal tourne sa face ventrale du côté de l'observateur, il arrive en effet souvent qu'on n'aperçoit pas les extrémités en question ; mais cela provient uniquement de ce que la face ventrale est en ce nioment-là précisément au foyer de l'instrument. En élevant alors légèrement le tube du microscope , on amène au foyer les extrémités en crochets, à l'aide desquelles l'animal marche sur la plaque de verre qui l'ecouvre la goutte d'eau en observation.
Un organe qui paraît être général chez les Stylonychies, mais qui n'a été aperçu par personne jusqu'ici, c'est une rangée de cirrhes longs et minces, placés sur le bord droit de la fosse buccale. Cette dernière est largement béante du côté du front, et va, se rétrécissant en arrière, de manière à se terminer en pointe à la place où est située la bouche. Les cirrhes du bord droit de cette fosse ont leur base dirigée vers la partie antérieure, tandis que leur pointe est dirigée vers la bouche. Ils ont pour fonction de retenir la proie qui est avalée par la Slylonychie. Il arrive en effet souvent que les vigoureux cirrhes fronto-buccaux font arriver dans la fosse buccale des infusoires déjà un peu trop gros pour pénétrer facilement dans le tube pharyngien, ainsi, par exemple, des CijcIidiumGlaucoma, depeùls Paramecium Colpoda, etc. Cesinfusoires sont arrêtés au fond de la fosse, et tentent de s'échapper ; mais les ciii'hes qui bordent le côté droit s'opposent à leur fuite et les compriment contre la bouche jusqu'à ce qu'ils pénètrent dans le pharynx, d'où ils sont expulsés dans la cavité du coips. — Un appareil de cirrhes, tout analogue, paraît exister chez beaucoup d'Oxytriques, peut-être même chez toutes les espèces. Chez les Euploles, par contre, nous n'avons jusqu'ici rien vu de semblable.
Le pharynx est un tube foit court, courbé de gauche à droite, de même que chez les Euplotes et les Oxytriques. La cavité du corps est loin de remplir tout l'animal. Elle s'étend en arrière à peu près jusqu'à la base des pieds-rames. Tout ce qui est en
ET LES RIIIZOPODKS. 157
arrière de ceux-ci est formé simplement par le parenchyme du corps. La partie antérieure de l'animal, là où se trouve la partie la plus large de la fosse buccale, n'est pas davantage occupée par la cavité du corps. Voilà pourquoi, soit l'extrémité antérieure, soit l'extrémité postérieure des Stylonycliies sont toujours transparentes. C'est là surtout le cas chez la Sti/lonuc/na Mytilus. En 1781 , le pasteur Eichorn ' dessinait déjà la partie antérieure du corps de tel infusoire, comme étant séparée du n^sto par une ligne tranchée, sur laquelle il implantait, par erreur, une rangée de cils.
L'anus est toujours placera la base des pieds natatoires. M. Ehrenberg l'a déjà constaté et indiqué sur ses planches'. M. Dujardin, fidèle à sa théorie, se contente de dire que les corps étrangers avalés par l'animal peuvent être excrétés ou expulsés au dehois , mais il ne parle pas d'un véritable anus. Il dit même, à propos des caractères généiaux de la famille des Kéroniens (p. 428), qu'il a vu, par une ouverture fortuite du conloui-, une excrétion véritable des substances avalées et quelque temps retenues dans les vésicules ou vacuoles à l'iiitérieur du corps. Il se peut que M. Dujardin ait raison en parlant ici d'une ouverture fortuite, en ce sens que lorsque les Slylonychies sont pressées entre deux plaques de verre, une déchirure se forme fréquemment à un jioinl quelconque du pourtour, pour livrer passage à une partie du contenu de la cavité du corps. Mais c'est là un accident tout pathologique ; toute excrétion normale se faitpai' louverture anale.
La vésicule contractile est placée constamment dans la paroi dorsale du côté gauche, à peu près au milieu de la longueur du corps. La position est la même chez les Oxytriques et les Stichochueta. M. Ehrenberg l'a déjà indiquée parfaitement exactement. M. Dujardin s'en est naturellement peu occupe. Il se contente de mentionner dans les caractèies généraux de ses Kéroniens une ou plusieurs vacuoles plus grandes et plus visiblement extensibles que les autres, et contractiles spontanément. Or, aucun des infusoires qu'il rapporte à la famille des Kéroniens ne renferme plus d'une vésicule contractile.
Les nucléus sont toujours au nombre de deux, de forme ovalaire, et placés l'un dans la moitié antérieure, l'autre dans la moitié postérieure .du corps. M. Dujardin
1. V. tieilrîpge zur Nalurgebcliiclile ilei- kliùn.slci] WassorUiieie. Bcilin iiiid SU;tliii, 1781. Tab. V. t.
2. C'esl sans doule par erreur que M. Ehrenberg Tinclique à la base du dernier |iied du côté gauche. Sur ions nos dessins, nous le Imiivons, an ciMilralre, nnlc- i\ la hase dii dernier pied du enté droit.
parle chez la Styloinjchia pustalata d'une partie ovalaire, en apparence moins molle et moins transparente que le reste, partie que M. Ehrenberg a voulu nommer le testicule. Or, M. Ehrenberg a déjà exactement constaté que le nucléus est double et non pas simple. En 1787, Kohler, et un peu plus tard Gruithuisen, savaient déjà mieux à quoi s'en tenir à ce sujet que M. Dujardin. — Lorsque l'animal est près de se reproduire par division transversale, les nucléus se partagent en travers, ce qui explique pourquoi l'on rencontre parfois des individus munis de quatre nucléus. Les deux nucléus de l'individu antérieur, qui résulte de la division, sont alors formés parles deux moitiés du nucléus antérieur de l'individu -parent, tandis que ceux de l'individu postérieur sont formés par le nucléus postérieur de l'individu-parent. Cela suffit à démontrer que les deux organes sont de la même valeur, et qu'il n'est pas probable que l'un soit, par exemple, un ovaire et l'autre un testicule.
ESPÈCES
P ^tijhniiclda MjjiUus. Ehr. Inf., p. .']70. PI. XLI, Fig. 9.
(V. PI. VI, Fig. 1.)
DiAGNOSE. Corps Irès-i'largi en avant. Les trois soies de la partie postérieure non ramifiées.
M. Ehi'cnberg a pris avec raison, cette espèce comme type du genre, sa grande taille rendant l'étude de sa constitution anatomique relativement plus facile; la description et les figures de cet auteur sont cependant loin d'être exactes. Il est inutile de dire que nous n'avons pu retrouver le canal alimentaire ramifié qu'il dessine sur ses planches. La manière dont il représente la bouche n'est pas non plus très en harmonie avec la nature. Il la figure comme une simple ouverture sur le bord de la rangée des cirrhes marginaux gauche, mais il ne dessine pas la fosse buccale, dont le bord droit lui a entièrement échappé. M. Ehrenberg indique bien 3 soies à l'extrémité postérieure du corps, et 5 styles, nombres parfaitement exacts, mais il compte 48 pieds-crochets disposés par paires sur le côté droit. Ce dernier chiffre est erroné aussi bien que les données relatives au mode de distribution des pieds. Il y a dans le fait en tout 13 pieds-crochets qui ne sont nullement disposés par paires. Ils forment deux groupes, dont l'un se compose de 8 crochets placés à la partie antérieure du corps et à droite de la fosse buccale, et'l'autre de 5, disposés sur les deux côtés de la ligne médiane, entre la bouche et les pieds-rames.
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Si l'on tire une ligne de la bouche au pied-rame médian, ligne qui coïncide à peu près avec l'axe du corps, on trouve que trois de ces crochets ventraux sont implantés à droite de cette ligne, et deux à gaucho.
On pourrait croire que nous avons eu sous les yeux une autre espèce que la Slijlomjchia Mytilus\\e. M. Ehrenberg, et que c'est là la cause unique dos différences relatives au nombre et à la position des extrémités, mais cela est improbable. En effet, la Stylonychie que nous décrivons est si commune, qu'il n'est pas possible d'admettre qu'elle ait échappé à M. Ehrenberg. Sa grande taille suffit à la distinguer dès l'abord de toutes les autres'.
Immédiatement en arrière des pieds-crochets pos térieurs se trouvent cinq piedsrames, déjà vus par M. Ehrenberg, qui en dessine assez exactement la position. Le second, à paitir de droite, est toujours implanté considérablement plus en arrière que les autres; c'est l'inverse de ce qu'on voit chez les Euplotes, dont le second pied-rame, à partir de gauche, est implanté plus en arrière que tous les autres. Les trois piedsrames suivants sont implantés chacun un peu plus en avant que celui qui le précède.
Les pieds-rames de la St. Mytilus paraissent être toujours dans l'état normal comme échevelés à l'extrémité. Cependant, les filaments qui les terminent ne forment pas un vrai pinceau terminal : les pieds sont tronqués obliquement du côté droit, et c'est ce côté-là seul qui se divise en fdaments. Cela s'explique tout simplement, par le fait que ces extrémités sont composées de fibres disposées parallèlement à l'axe de l'extrémité même; les fibres du côté gauche étant plus longues que les autres, s'étendent jusqu'à la pointe extrême du pied-rame. — Les pieds-rames ne sont du reste point cylindriques, mais larges et tout-à-fait plats.
Les trois soies roides qui sont placées à la partie postérieure du corps ont été déjà vues et figurées par M. Ehrenberg>.
M. Dujardin se contente de dire que cette Stylonychie est munie d'appendices trèslongs, formant une rangée de cils très-forts en avant (cirrhes frontaux), une seconde
I. l)';iilkMii>, .M. i:iiroiibeig, dans ses dénioiistrutiuiis |iiiiticulit'rcs, nous a iiioutri', sons smi propre microscope, celle même espèce comme étant sa St. Mytilus à lui.
raHf/i'w (le cirrhes recourbés en crochet, et des styles nombreux en arrière. Il ne fait aucune mention des soies.
Les deux rangées tic cirrlies marginaux sont de longueur très-inégale : celle de droite commence immédiatement au-dessous du front, tandis que celle de gauche ne prend son origine qu'un |)eu au-dessus du niveau de la bouche. La rangée gauche laisse la vésicule contractile sur la gauche; mais à mesure qu'elle s'avance vers la partie postérieure de l'animal, elle se rapproche du bord et elle cesse au moment où elle atteint la soie terminale gauche. Chez beaucoup d'individus la rangée droite cesse également au niveau de la seie terminale droite, mais chez d'autres, par exemple chez l'individu que nous avons représenté, elle passe outre et ne s'arrête qu'un peu plus loin. M. Ehrenberg, qui a confondu les rangées de cirrhes marginaux et de cirr'hes fronto-buccaux en une seule rangée faisant le tour de l'animal, dit avoir compté le nombre total de ces cirrhes périphériques chez dix individus et en avoir trouvé 122 à 144. Tout ce que nous pouvons dire à ce sujet, c'est que le nombre de ces cirrhes est fort inconstant. L'individu que nous avons représenté avait environ soixante cirrhes marginaux du côté droit et une trentaine du côté gauche, nombres qui doivent correspondre à peu près à ceux de M. Ehrenberg. Mais il n'est pas rare de trouver les cirrhes marginaux et surtout les cirrhes frontaux beaucoup moins nombreux.
Tout le long des côtés droit et gauche se trouve sur la face dorsale une rangée de soies courtes et roides {l'oi.r la plandw) , dont nous devons la connaissance à M. Lieberkûhu. Ces organes ne sont visibles que dans des conditions d'éclairage trèsfavorables.
[1 est singulier que M. Dujardin ait nié l'existence des cirrhes marginaux de la Stylonijchin Mijtilus, cirrhes qui n'avaient pas même échapi)é à Eichhorn, quelque imparfaits que fussent les instruments du siècle dernier.
M. Ehrenberg estime à un cinquième de ligne la longueur des plus- grands individus de cette espèce. C'est en effet là environ le maximum, mais on trouve des individus fort différents les uns des autres quant à la taille , tellement qu'on peut forme r comme une échelle depuis la St. ptistu/ata jusqu'aux plus gros individus de la St. Mytilus,el qu'il est permis de se demander, comme nous le verrons plus loin, si ces deux espèces sont bien réellement difTérentes l'inie de l'autre.
KT i,i;s Riiiy.opoDKS. \m
M. Perly, qui parait n'avoir tHiulié les Stylonychies que d'une manière extrêmement impaifaite, prétend que le Sf. Mi/li/ns se rapproche déjà des Cobalines. Or, la famille des Cobalines renferme, d'après M. Pevly , <\efiP\ag\olomes fLmcophra Ànodoiitœ Ehv.J et les Opalines. Il est vrai ([uc M. Perty compte aussi parmi ses Cobalines le Kerona poljipnrHiH Khr. (Alaslot: Perty), qui appartient sans doute au groupe des Stylonychies. C'est un groupe peu naturel qu'une famille renfermant un Kéronien, des Plagiotomes, et des animaux privés de bouche, dont on ne sait pas même avec certitude si ce sont des infusoiies ou des larves de vers intestinaux.
1>" Sluloiiiiclna pustnIafM. Ehr. Int., p. :î7-2. l'I.XLIl, Fig. I. (V. PI. VI, Fig. 2.)
Dltr.NOSK. Corps non tUii';;! en .iv.nnl. Soii's non nimiliées.
Cet infusoire est un des plus connus vu sa fréquence dans toutes les eaux, mais néanmoins nous n'en possédons que des descriptions et des figures fort imparfaites. M. Ehrenberg compte sur la face ventrale tiois soies, cinq pieds-rames et quatorze piedscrochets. Ce dernier chiffre n'est pas tout-à-fait exact, ha Sty Ion i/chia pustidata ne \)ossède que treize pieds-crochets, exactement comme la St. Mytihis, et ceux-ci sont distribués parfaitement comme chez cette dernière. La plupart des figtu'es de M. Ehrenberg sont peu en rapport avec sa description. Les unes ont moins de cinq pieds-rames, d'autres n'en ont même point du tout; (;elles-ci sont privées complètement de pieds-crochets, celles-là en ont moins de quatorze; d'autres n'ont pas de soies; chez un grand nombre, la fosse buccale est représentée comme une simple fente longitudinale sur la ligne médiane, tout-à-fait indépendante des cirrhes frontaux. Du reste, M. Ehrenberg lui-même dit que la plupart de ces figures sont de vieille date, et que les figures 4, 3, 4 et 10 sont seules récentes (Tab.XLTI, I). Il aurait mieux fait de s'en tenir à ces dernières et de supprimer les autres. D'ailleurs, ces quatre figures-là sont elles-mêmes loin d'être exactes. La figure 16 n'a que quatre pieds-rames au lieu de cinq ; les figures 1 et 3 sont indiquées comme représentant la face ventrale, mais la figure 3 est renversée, représentant la rangée de cirrhes buccaux du côté droit, tandis qu'elle est - du côté gauche. Les pieds-crochets sont dans toutes les figures placés au hasard.
Les figures de M. Dujardin sont bien plus inexactes encore que celles de M. Elirenberg. 11 a confondu les pieds-rames et les soies avec les cirrhes marginaux. Dans la plupart des figures (PI. VI, figures 10, 11, 14 et 18), il n'indique pas de piedscrochets, et dans la seule on il les indique il en dessine beaucoup trop (PL 13, fig. 7), à savoir lu au lieu de 13.
La distribution des extrémités est parfaitement la même chez la St. pustulata que chez la St. Mytihis. Le bord droit de la fosse buccale est bordé de la même manière par des soies peu nombreuses, longues et fines. La taille et la forme de cette Stylonychie varient à l'infini. Le nombre des cirrhes marginaux est de même excessivement variable. — La forme (jue nous avons représentée est l'une des plus fréquentes, mais on en trouve d'autres qui sont ou plus courtes, ou de largeur moins uniforme. Les extrémités proprement dites, savoir les pieds-crochets et les pieds-rames, présentent aussi de grandes variations, sinon quant à leur nombre, qui est parfaitement constant, du moins quant à leurs dimensions. Il arrive fréquemment que les trois pieds-crochets antérieurs sont gigantesquement développés, tellement que les autres n'apparaissent que comme accessoires. Les pieds-rames sont tantôt larges et courts ; tantôt minces et longs; tantôt ils n'atteignent pas l'extrémité du corps, tantôt ils la dépassent considérablement. Des variétés analogues se voient chez les extrémités de la S/ylonychia Mytilus. Parfois les pieds-rames de la St. pustulata sont échevelés à leur extrémité, parfois aussi ils offrent un contour parfaitement net.
En face de toutes ces variations, on peut se demander si la Slylonychia Mytilus et la St. pustulata sont bien réellement différentes l'une de l'autre en tant qu'espèces*. Nous ne le pensons pas. La seule différence objective qu'on puisse alléguer, c'est l'élargissement considérable de la partie antérieure dans la grande Stylonychie ; mais le degré de cet élargissement est excessivement variable, et il se retrouve du reste fréquemment chez de petites variétés {St. Sihmts, Ehr. V). On trouve, il est vrai, de légères différences dans la position relative des huit pieds-crochets antérieurs chez les différentes Stylonychies, mais ces différences s'expliquent toutes par les variations de forme de
I. La .S(. puxtuluUi possède sur sa l'ace doisale Us iiiôiiics pelilt's soies maii^iiialcs roides (jne nous avons mentionnées coinnie ayant été découvertes par M. I.ielicrkidin, chez la SI. Mijlilus.
la moitié antérieure de ranimai; le plan fondamental de la distribution de ces pieds reste toujours le même.
Il est bon de conserver les deux noms de M. Elnenberg comme désignant deux types assez éloignés l'un de l'autre, mais il ne faut pas oublier que ces deux types sont réunis par toute une série de formes intermédiaires, et qu'on ne peut guère leur accorder une importance spécifique réelle.
La division spontanée, soit transversale, soit longitudinale, est connue dès longtemps chez la Styloinjchia pusttdata. M. Ehrenberg parle également d'un cas de bourgeonnement observé par lui. Ce cas semble pouvoir être rapporté, d'après la figure très-insuffisante qu'il en donne, à une division longitudinale, dont l'un des segments serait fort petit relativement à l'autre. Nous-même, nous avons vu un exemple de bourgeonnement un peu diiVérent, qu'on peut rapporter à une division transversale, dans laquelle l'individu postérieur serait relativement fort petit. La nouvelle rangée de cirrhes buccaux s'était formée plus en arrière que d'habitude, de telle sorte que l'individu postérieur se trouva formé uniquement par la partie de l'animal qui est située entre les pieds-rames et le bord gauche. Lorsque le bourgeon se détacha (Voy. PI. VI, fig. 3), il emporta avec lui les trois cirrhes marginaux gauches qui étaient les plus rapprochés de l'extrémité postérieure, et l'animal-mère resta pendant quelque temps orné d'une profonde échancrure à cette place. Dans la division transversale proprement dite, l'individu postérieur emporte avec lui les pieds-rames et les soies de l'individu primitif. Dans le cas de bourgeonnement en question, des pieds-rames et les soies restèrent à l 'individu-mère ; le bourgeon se sépara à un moment où il manquait totalement de .soies et de pieds-rames, et où les cinq crochets ventraux situés en arrière de la bouche faisaient encore défaut. Les huit crochets antérieurs étaient par contre déjà formés: les trois premiers bien développés, les cinq autres encore rudimentaires. Les cirrhes marginaux du côté droit étaient formés, mais en petit nombre seulement.