‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes;Chapitre 78 sur 108 · V. Ehrenberg, InC, p. 50H · texte numérisé non relu

V. Ehrenberg, InC, p. 50H

ET LES RHIZOrODES. 379

clare avoir vu chez ces animaux une place claire qu'«7 a considérée commr la bouche. Cette place claire n'est pas autre chose que la vésicule contractile.

M. Ehrenberg et M. Stein ont donc été à deux doigts de la vérité, sans même l'entrevoir. Les Acinétinicns sont, on effet, bien réellement des animaux doués d'un grand nombre de suçoirs sétilbrmes rétractiles. Les renflements en bouton qu'on voit à l'extrémité de ces soi-disant soies, ne sont autre chose que des ventouses à l'aide desquelles ils sucent leur proie. De là, l'explication toute simple du fait que VHalteria grandinella reste si souvent suspendue aux rayons des Acinétiniens. Ses sauts imprudents et brusques l'amènent plus fréquemment peut-être qu'aucun autre infusoire en contact avec ces animalcules suceurs. De là, l'explication du fait également parfaitement bien observe par M. Stein, qu'un Paramecium qui n'a pu se libérer d'une Podoplirya attachée à son corps par ses ventouses, finit par se ralentir, s'arrêter et périr.

Lorsque quelque infusoire vient à rencontrer les suçoirs d'un Acinétinien, on voit ces organes, auparavant en apparence si raides, se recourber avec une grande célérité pour atteindre l'imprudent qui se hasarde dans leur voisinage. Cette manœuvre a-t-elle réussi, l'animal raccourcit ses suçoirs de manière à amener la capture à une distance peu considérable de son corps. Deux, trois ou quatre de ces suçoirs s'élargissent un peu en diamètre, surtout dans les espèces à rayons très-fins, comme VAcineta mijstaciiia, et l'on voit sans peine un courant s'établir au travers de ces tubes, de la proie à l'animal suceur. Les granules passent directement et d'ordinaire assez rapidement du corps de l'un dans celui de l'autre. Ces granules arrivés dans l'Acinétinien, contiiuient leur chemin, avec une rapidité assez notable, jusqu'à \\n point situé profondément dans le corps de l'animal. A partir de là, ils prennent part à la circulation lente du liquide contenu dans la cavité du corps de l'Acinétinien. — L'opération de la succion dure parfois plusieurs heures ; quelquefois aussi elle se termine plus tôt. On voit alors l'infusoire, dont l'Acinétinien a fait la proie, devenir de plus en plus incapable de mouvement; la vésicule contractile présente des pulsations de plus en plus rares; enfin, l'animal meurt, ses téguments s'affaissent et l'Acinétinien n'a plus, entre ses suçoirs, qu'une masse informe. Il abandonne alors la proie, étend de nouveau ses suçoirs au loin et attend paisiblement qu'un autre infusoire veuille bien venir lui servir de pâture.

Les Acinétiniens ont été jetés tantôt à droite, tantôt à gauche dans le système, et jusqu'ici leur position n'a pas été bien fixée, grâce à de nombreuses confusions avec des animaux qui n'ont rien à faire avec eux. Dans l'origine, M. Ehrenberg méconnut complètement les afïinités réciproques, non seulement des différents genres de cette famille, mais encore des différentes espèces d'un même genre. En effet, sous les noms iVAcineta et de Podophrya, il fonda deux genres contenant des animaux qu'il n'est pas possible de distinguer génériquement les uns des autres, et il relégua le premier parmi ses anentérés dans la famille des Bacillaria qui est formée à peu près exclusivement par des Diatomées, tandis qu'il assigna une place au second parmi ses infusoires entérodèles, dans la famille peu naturelle des Enchélyens (comprenant en outre des Podophrya, non seulement des Trachéliens et des Bursariens, mais encore des Rhizopodes, comme les Actinophrys et les Trichodiscus). Toutefois, il ne tarda pas à reconnaître, pendant l'impression même de son ouvrage, quelle entorse il avait donnée aux affmités naturelles, et il indiqua dans une note ' que les Acineta devaient être réunis aux Podophrya et au nouveau genre Dendrosoma, pour former une famille à part, à laquelle il donna le nom à'Acinetina. Par cette modification, M. Ehrenberg avait circonscrit le groupe des Acinétiniens dans des limites parfaitement naturelles. C'était un coup de main heureux, mais, en quelque sorte, inconscient, puisque M. Ehrenberg n'avait qu'une idée bien vague de l'organisation des Acinétiniens et qu'il ne connaissait pas en particulier l'abîme qui les sépare des Actinophrys.

Les successeurs de M. Ehrenberg ont fait un pas en arrière en détruisant la famille naturelle des Acinétiniens. M. Dujardin en fait des Rhizopodes qu'il réunit aux Actitinophryens; il fit même d'une Podophrya (P. fixa Ehr.) une Actinophrys proprement dite sous le nom d'A. pedicellata (v. Duj., Inf., p. 266). Cette confusion s'est, dèslors, perpétuée, et nous la retrouvons, en particulier, dans les ouvrages de MM. Perty et Stein. Quelle distance, cependant, entre un Acinétinien armé de ses nombreux suçoirs portant chacun une ouverture buccale préformée et des Actinophrys susceptibles de prendre de la nourriture par un point quelconque de la surface de leur corps ! M. Stein considère la Podophrya, qu'il tient à tort pour une phase du développement

l. V. Ehrenberg, Inf., p. 316

de la Vorticella microstoma comme VAcdnop/injs Sol Ehr. Mais c'est là une grande erreur. VAct. Sol de M. Ehrenberg est un vrai Rhizopode, aussi bien que son Act. Eichhornii. Ce qu'il y a de curieux, c'est que M. Stein reconnaît à VAct. Eichhornii une véritable bouche qui, dans le fait, n'existe pas. L'organe qu'il prend pour l'ouverture buccale est la vésicule contractile, ici tout-à-fait superficielle et faisant saillie à la surface de l'animal. M. de Siebold avait déjà, dans son Traité d'Anatomie, reconnu la vraie portée de cet organe, ce qui n'a pas empêché MM. Kœlliker et Stein de la méconnaître plus tard. M. Stein refuse d'un côté, à ses Acineta, la faculté de prendre directement de la nourriture, et en cela il a tort, tandis que d'un autre côté il les assimile à certaines Actinophrys (A.Eichhomii) chez lesquelles il admet l'existence d'une ouverture buccale. C'est ce qui s'appelle avoir la main malheureuse, puisque ces Actinophrys ne possèdent, de fait, pas cette ouverture buccale, tandis que les Acineta en ont un grand nombre. M. Stein est obligé, par suite de cette confusion, de faire deux divisions parmi ses Actinophrys: les unes mangeant comme VAct. Eichhornii, et les autres ne mangeant pas comme son Acf. So/,qui n'est, en réalité, pas une Actinophrys, mais une Podophrya.

Les Acinétiniens, ainsi épurés des éléments étrangers qui jusqu'ici ont été confondus avec eux, forment un groupe trop compact pour que nous croyions nécessaire de le diviser en plusieurs familles. Nous allons donc passer de suite à l'examen des genres. Pour ce qui concerne les espèces, nous nous contenterons en général de donner de simples diagnoses, la troisième partie de ce travail devant renfermer les développements de ces diagnoses et les figures qui s'y rapportent.

Réparlilion des Acinéliniens en genres.

Un pédoncule i . PODOPHRYA.

Pas (le coin- \^ Pas de coque j lU,res 2. SPH.flROPHRYA.

< \ Suçoirs non \ Suçoirs non ) "ie rami- \ ^ ^^^ ^'^ pédoncule j g^^^ . xiilCHOPHRVA.

portés par < ramifiés

^ "\ une trompe

5 y f Animaux formant une colonie ramifiée 6. DENDROSOMA.

] fiée / I Un pédoncule 4. ACINETA.

/ ^ ^''"^ ™''"'' I Pas de pédoncule o. SOLENOPHRYA.

Suçoirs ramifiés 7. DENDROCOMETES.

Suçoirs portés par une longue trompe rétractile ^- OPHRYODENDHON.

ESPECES

i° Poclophrya Cijclopîim.

SïN. Acinete dcr Cyclopcn. Stciii, Inf., p. 'M-'j"!, PI. III, Fig. ô8-il. ,Acinele der Wasserlinsen. Stein, Inf., p. 60-fi4, PI. III, Fig. 52-53.

DiAGNOSE. Corps plus ou moins oviforme, létréci au lias, arrondi ou bosselé dans sa partie supérieure, où sont implantés de deux à quatre faisceaux de suçoirs. Une ou deux vésicules contractiles. Nucléus ovale. Pédoncule en général court.— Habite sur le Cyclops quadricoinis et sur des lentilles d'eau.

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