‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 87 sur 138 · EC AU · texte numérisé non relu

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situation morale et intellectuelle de l'Amérique, la moins libre en réalité de toutes les régions du monde (1). »

On à pu remarquer, dans le dialogue singulier des Américains que Dickens a raillés tout-à-l'heure , quelques mots bizarrement appliqués, je suppute, je cal cule, je combine; ce sont des locutions particulières au dialecte anglo-amèricain. Les traits principaux de ce dialecte méritent d'être recueillis, To calculate (supputer) remplace les mots penser et supposer; to guess (deviner) est employé à tout moment au lieu de croire ou imaginer. Au lieu de directly (tout de suite), on vous répond : « tout droit devant vous, right away. » Ces étranges altérations peuvent être étudiées sur place, au moment même où elles s'opèrent, L'Amérique transforme en les conservant les vieux mots de la mère-patrie, comme l'Italie a changé le sens du mot virtu, dont elle a fait la science des arts, et la Grèce le sens du mot timé qui était autrefois « l'honneur» et qui est aujourd'hui « l'argent. » Ce qui peut paraître aussi fort logique, c’est que ce peuple d’avenir et d'attenie ne dit jamais « je conjecture, ou j'imagine v, mais j'atends. « Attendre, deviner et calculer » sont les trois mots sacramentels, Dans le wagon d'une machine à vapeur, dit M. Dickens, il est à peu près certain que vous serez accosté de la façon suivante :

« J'attends (je eonjecture) que les chemins de fer d'Angleterre sont semblables aux notes?

« Vous répondez : Non!

» — L’'Américain reprend avec l'accent interrogatif :

» Oui Et quelle différence y a-t-il entre les nôtres et les xôtres?

(4) Sober thoughts on the state of the times, p. 27; Boston, 1688.

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