EN GRANDE MAJORITÉ C0RPUSGULEUX
Lot K. — Au début des éducations, je pris à Vorcppo, chez M. Louis Collcl, de jeunes vers éclos depuis quelques jours et dont la graine, venue de TArdèche, était de race japonaise reproduite. J*ai examiné successivement au microscope six séries composées chacune de trois vers : Tune était sans corpuscules, et les cinq autres étaient bien corpusculeuses. Plus tard, quand les vers périssaient à la troisième et à la quatrième mue, j ai pris quelques sujets et j'ai de nouveau constaté sur tous de nombreux corpuscules. Encore des morts-flats. Cette éducation de 3o grammes de graine a produit o^',Goo de cocons.
Lot L. — Vers le mois de mai, je me suis fait remettre un échantillon d'une graine que je savais très-répandue. L'examen microscopique m'a donné ce qui suit :
1^ dix graines ensemble, avec corpuscules;
3® dix » » »
3** huit » » »
4" huit B » pas de corpuscules;
5® huit B » »
6^ six • B »
On m'a ensuite donné les renseignements que n oici : l'échec des éducations faites avec ce lot a été très-général, les vers ont péri de la maladie des petits (pébrine). Sur environ 5o onces de cette graine on a pu cependant compter quelques rares chambrées qui ont réussi.
Lot M. — A la fin d'avril, j'ai examiné des jeunes vers provenant d'une éducation de M. Allard, à Sassenage : quatre essais, de chacun deux vers, ont montré chaque fois des corpuscules en nombre immense ; du reste, les papillons producteurs s'étuient montrés corpusculeux. Je dis alors que j'avais la conviction qu'une telle chambrée périrait de la pébrine, ou qu'elle donnerait, du moins, une perte importante, et que si telle était mon appréciation d'après le microscope, je désirais ce{)endant que les vers ne fussent pas jetés sur cette considération. Peu de jours après, les vers étaient très-inégaux, avaient une mauvaise apparence, et la personne qui conduisait la chambrée, fort au courant des prodromes de la maladie, était convaincue qu'il y aurait échec, et tout fut jeté.
Lot N. — Graine de Candie, dont on a élevé de nombreuses chambrées. Examen microscopique : six séries de lo graines chacune, trois n'ont pas pré-
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Voici r éaume r at iim ies rTSiiûat:^ jÉHeBBS :« id6^ et 1^69 : &i i^d. la nagnanme rei^us ie 9. ^te-ceor 19 d«.-àaiitiiIoBS à (^everan (^9iKii^ ^rpcoeffs : 1 4^ Jeramu ini:îëir e« 3 ^Ukim .t>aâaiiinès d'avance ; dans le» prpmû^rs. il «int ioane un rr^^^-ôiMi rr^tat. m seul a a pas tenu compléf<»nw*nt Ips Pïipéraoces .jn il :^eniûiail .idfrtr: mis vii ae sait que la meilleure grsrtfw* p^nt èfre compromise par :am ie oausesk presque toujours inexplic;»h|p«'f !>»» 5 lofa ju^és d'avance comme -Xïrpuscuieux ont complètement A^lOfié. Noiwi avons étevé aus^. en 186^. x *ots iont les papillons^ examinés pÉf rnoi »ii microseope et reconnus infet"^ de corpuscules, n'ont pas fourni
Outre les expériences faites, la môme année, sur les graines envoyées par M. Pasteur, d'autres semences n'ayant pas la môme origine ont été éprouvées.
Une graine (celle de Roux] m'avait été signalée, par l'éminent académicien, comme exempte de corpuscules ; l'essai précoce avait merveilleusement réussi et, moi-môme, à l'éducation normale, j'en obtins 4^ kilogrammes de beaux cocons pour une once de graine ; mais les reproducteurs soumis à l'examen microscopique présentèrent beaucoup de corpuscules, tandis que ceux du lot élevé précocement à la magnanerie expérimentale, soumis au môme examen, furent reconnus très-sains.
En 1869, ces deux graines, de la môme provenance, mais de différente valeur, ont été élevées comparativement à l'époque des essais précoces, et pour que l'expérience fût plus concluante, M. Pasteur désira joindre à mon échantillon corpusculeux un autre échantillon ayant la môme origine, provenant de vers élevés dans une magnanerie éloignée de la mienne (Gilodes), vers qui avaient bien réussi , mais dont les reproducteurs étaient aussi reconnus malades.
Ces trois lots ont été, pendant toute l'éducation, placés côte à côte; des deux lots infectés, l'un a fait 4 cocons et l'autre i)as un seul ; tandis que le lot réputé sain a produit 98 cocons sur 100 vers élevés.
Avec les papillons issus de cette môme graine élevée à l'éducation normale en 1868, j'ai fait moi-môme un grainage par pontes isolées, qui, séparées, suivant le résultat de l'examen microscopique, ont été essayées celte année en 4 lots dont deux de chaque valeur : l'événement ûnal est venu encore confirmer le pronostic indiqué par le microscope.
Un grainage cellulaire a été fait aussi à la magnanerie expérimentale de Ganges, avec des papillons issus d'une semence des Basses-Alpes (Raybaud- Lange), essayée, en 1868, dans cet établissement; les pontes reconnues malades par le microscope ont échoué, tandis que les saines nous ont fourni 95 cocons sur 100 vers élevés.
M. Pasteur nous a encore adressé, cette année, 9 lots séparés et de différentes provenances, qui, tous, ont terminé leur tâche, conformément à l'examen microscopique auquel l'éminent académicien les avait préalablement soumis.
D'autres expériences faites avec des graines infectées à divers degrés nous ont donné des résultats tels, qu'il est permis de croire, à juste titre, que les savantes recherches de M. Pasteur sont appelées à rendre de grands services à la sériciculture.
33 octobre 18G9.
LETTRE DE M. GERNEZ SUR LES ÉDUCATIONS POUR GRAINE DANS LES BASSES ET HAUTES-ALPES, CHEZ M. RAYBAUD-LANGE, EN i869 (i).
Je lis dans votre dernier numéro des Momies (2), à propos des recherches de M. Pasteur sur les vers à soie : « En un mot, Téchec est si général sur les » graines des chambrées choisies au microscope que les adversaires du savant » académicien en ont été étonnés et affligés eux-mêmes. » En présence d'une assertion pareille, je crois utile de vous faire connaître le fait suivant. Un grand propriétaire des Basses-Alpes a fait l'an dernier, en appliquant presque rigoureusement le procédé de M. Pasteur, des graines de trois provenances différentes, qu'il a fait élever cette année dans deux cents cliambrées situées dans des localités diverses des Hautes et Basses-Alpes. J'ai visité une soixantaine de ces chambrées au moment où les vers faisaient leurs cocons, toutes promettaient une récolte magnifique. J'ai vu, depuis, les cocons des deux cents chambrées, et, à part trois ou quatre accidents de chauffage, toutes ont adniirablement réussi, et la moyenne de la récolte a dépassé 45 kilogrammes à l'once de aS grammes, c'est-à-dire le double du rendement moyen des époques de prospérité. Il y a plus, en les étudiant au microscope, j'en ai trouvé un certain nombre d'assez bonne qualité pour être livrées entièrement au grainage. Ainsi donc, sur deux cents chambrées, deux cents réussites : cela me paraît décisif, et c'est le résultat de l'application authentique et presque rigoureuse du procédé de M. Pasteur. Il serait à souhaiter que les personnes de bonne foi qui parlent légèrement du procédé prissent la peine d'étudier la question et de ne parler que de ce qu'elles ont observé elles-mêmes, plutôt que de se faire aveuglément l'écho de récriminations dont le mobile n'est un secret pour aucun de ceux qui ont vu les choses de près.
(1) Extrait du journal Les Mondes, 29 juillet 1869.
(2) Le jugement si erroné auquel M. Cernez fait allusion avait été adressé au journal Les M ondes , par M. E. de Masquard, marchand de graines de vers à soie, à Saint-Cézaire-lez-Nimes, auteur d'un Traité sur la maladie des vers à soie.