DU 5 FÉVRIER
Au Japon, les perspectives que le traité de Yeddo a ouvertes à notre commerce s'élargissent chaque année davantage. Malgré la guerre civile qui depuis plus d'un an trouble cet État, malgré les obstacles qu'elle a mis à l'ouverture des ports de Yeddo et de Neegata, nos nationaux étendent de plus en plus le cercle de leurs opérations ; ils exploitent maintenant les marchés d'Osaka et de Hiogo, et, sur ces deux points, un arrangement conclu avec le gouvernement du Mikado par les représentants des diverses puissances a déjà posé les bases de la future administration municipale des quartiers où les étrangers sont autorisés à résider.
(i) Compte rendu par M. de Rodez; Montpellier, i868.
Les ressources exceptionnelles qu'offre cette fertile contrée pour la régénération de nos races de vers à soie concourent à augmenter l'activité des échanges entre les deux pays. De cupides spéculateurs n'avaient pas craint de recourir à la fraude pour vendre on France, comme japonaises, des graines de vers à soie d'une autre origine, obtenues à vil prix; leurs manœuvres ont été déjouées par les dispositions qu'a prises la légation de l'Empereur à Yeddo, avec Tapprobation du département des Affaires étrangères. L'apposition d'un timbre officiel sur chaque carton présenté en chancellerie constate la provenance et fournit aux acheteurs un moyen efficace de contrôle. Ainsi a été rendu au commerce loyal, comme à la sériciculture française, un service dont Fimportance est attestée par le chiffre de près d'un million de cartons soumis, pendant la dernière saison, au timbre de notre légation.