‹ Études sur la maladie des vers à soieChapitre 35 sur 97 · Pas de corpuscules. 15. Pas de corpuscules · texte numérisé non relu

Pas de corpuscules. 15. Pas de corpuscules

Ainsi donc, l’observation faite aussitôt après la formation du cocon, n’a donné que 45 pour 100 de chrysalides corpusculeuses. Ces résultats, comparés à ceux de la deuxième expérience, ofirent un grand intéret, mais il importe extrêmement d’en bien saisir le sens et la portée.

L'examen de tous les vers dans les essais dont nous venons de par-ler a été fait avec un soin minutieux, tissu par tissu, organe par organe.Voulait-on, par exemple, rechercher les corpuscules dans le canal intestinal : le ver était fixé sur un liége au moyen de deux épingles, placées l’une à la tête et l’autre au dernier anneau; avec des ciseaux on incisait la peau dans toute la longueur du corps, puis on enlevait le canal intestinal, dont le contenu était séparé et Les tuniques transparentes examinées, en divers points, au microscope. On peut mème les laver doucement avec de Peau pure, car les corpuscules sont adhérents comme s’ils étaient dans l'épaisseur du tissu.

En opérant de cette manière, s’il existe des corpuscules, même en petit nombre, on parvient à les découvrir. Mais, supposons qu'au lieu d'agir ainsi, on ait broyé le ver tout entier dans un peu d’eau pour examiner ensuite une goutte de la bouillie au microscope. Ce serait miracle, dans de telles conditions, que d'y rencontrer les corpuscules, tant ils sont rares dans les premiers temps de leur développement. Eh bien, l'examen des chrysalides ne peut guère être fait qu'en les broyant intégralement, à cause

de la difficulté qu'il y aurait à séparer les divers organes, et de la longueur de la recherche quand elle a lieu tissu par tissu. La chrysalide, surtout dans les premiers temps de son existence, est comme un nouvel œuf, contenant une matière presque fluide où il n’y a pas encore de tissus bien déterminés et dont la dissection est très-difMlicile. Voilà pourquoi, dans notre troisième expérience, nous avons trouvé huit chrysalides dans lesquelles la présence des corpuscules a échappé à l’observation, mais toutes en contenaient. C’est par le même motif que celles qui en ont montré n’en ont offert que de un à cinq par champ.

La preuve évidente que toutes les chrysalides devaient renfermer des corpuscules, c’est qu’il yen avait dans tous dés vers. Le 17 mai, on a examiné deux des vers de lessai, pris quelconques dans ce lot, et tous deux renfermaient des corpuscules dans les tuniques de l’instestin, et en divers points de l'organe de la soie. Enfin, il est parfaitement établi par toutes les expériences de contagion que je rapporte dans cet Ouvrage, et dont je pourrais multiplier beaucoup les exemples, que la contagion est visible matériellement sur tous les vers au bout de quelques jours seulement, à la condition de rechercher les corpuscules, organe par organe, ainsi que je le disais tout à l'heure. Or l'examen des chrysalides a été fait le 24 mai, et la contagion avait eu lieu le 8, c’est-à-dire quatorze jours auparavant.

Pour surcroit de preuves, on peut ajouter que les résultats de la deuxième expérience démontrent qu'il eût sufl d'attendre quatre jours seulement pour trouver nos 15 chrysalides toutes corpusculeuses à 5o, 100 et 200 corpuscules par champ, puisqu'il ena été ainsi pour les quinze sujets examinés à la fin de cette deuxième expérience.

Ces faits etleurs conséquences pratiques deviendront plus clairs au fur et à mesure que nous avancerons dans l’exposé des résultats des observations.

Quatrième expérience. — Le 11 mai, je prélève sur le lot des Ldo vers qui nous a servi de lot témoin dans les deuxième et troisième expériences, 50 vers prêts à recevoir le quatrième repas

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après la quatrième mue. Les feuilles de ce repas sont mouillées au pinceau avec quelques gouttes d’eau dans lesquelles on a broyé un petit ver corpusculeux. On s'assure que tous les vers mangent bien ce repas. 3

Le 18, on trouve un ver mort-flat. 1[ ne présente pas de corpuscules même dans la tunique interne de lintestin; il est vrai qu'elle est très-opaque et très-fragile, comme cela arrive généralement dans les cas de flacherie et que l’étude en est difhcile.

La montée à la bruyère commence le 19 et finit le 21 à midi. Les cocons sont très-beaux et très-forts. Le 26, on examine 15 chrysalides. Voici le tableau des observations :

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