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Études sur la numismatique du Berry: notes et documents sur la Monnaie de Bourges

On ne s'est pas occupé jusquici du personnel de la .Monnaie de Bourges et cependant nul sujet, en faisant connaître les noms et le nombre de ses officiers, n'apportera plus de renseignements sur l'histoire et l'importance de l'atelier ; on verra ainsi ce que, suivant les besoins du moment, son fonctionnement exigeait de monnayeurs ou d'agents de tout genre, et. d'après le milieu dans lequel ceux-ci se recrutaient, ainsi que les dignités dont ils étaient investis, on pourra juger en quelle considération ils étaient tenus.

Au lieu de quelques noms épars que l'on possédait seulement, on connaîtra maintenant ceux de plus de 380 personnes attachées à la Monnaie de Bourges, à des titres divers, de tout rang et de tout grade, employées à la fabrication des espèces ou appartenant à sa juridiction, et dont quelques-unes remontent jusqu'au milieu du XIV siècle. Pour montrer sous un autre aspect les résultats auxquels nous sommes arrivés dans nos recherches, nous dirons que l'on trouvera ici les listes de 54 maîtres particuliers ou directeurs de la Monnaie, de 29 gardes ou juges-gardes, de 14 contrôleurs contregardes, de 20 tailleurs ou graveurs, de 14 essayeurs, de 70 monnayeurs, de 35 ajusteurs, de 50 ouvriers divers dont plus de 21 ouvriers spéciaux, de 6 personnes ayant tenu les comptes de la Monnaie, de 5 fermiers de l'atelier, de 6 commissaires du Roi ou de la Cour des Monnaies, de 12 procureurs du Roi au siège, de 24 greffiers, de 14 huissiers, de 8 olticiers ne travaillant pas, enfin de 7 femmes attachées à l'atelier, sans préjudice de nombre d'autres officiers, dont la qualité ou la spécialité ne sont pas indiquées.

Si l'on suit avec attention les listes dont il vient d'être question, on rencontrera dans les noms qui y figurent, ceux des principales familles de la haute bourgeoisie de Bourges à la fin du Moyen Age et à l'époque de la Renaissance, dont la plupart étaient sur le point d'être anoblies pour services rendus à l'Etat ; à ce point de vue on peut citer les Alabat, les Estrelin, les Bouer, les Cœur, les Estevart, les Pllzdefàme, les Fradet, les Georges, les Gougnon, les de l'Hôpital, les Lallemant, les Lamoignon, les de la Loë, les Pellorde, les Ragueau, les Sauzay, les du Village, etc.

Dans les temps modernes, les noms de gentilshommes ne sont pas moins fréquents à la Monnaie de Bourges. C'est ainsi que l'on trouve ; Barret sieur de Ferrand, Bruère sieur des Quatre-Vents, Boyer sieur de Veaulce, Charnan sieur de Préneuf, Cosson sieur de Lassay, J.-B. Dagoret sieur des Vallées, F. Dagoret siéur des Robiniéres, Danjou sieur de Moison, Garnier sieur de Ligaudry, Gauldriot sieur de Chamgrue, Macé sieur de Battereau, Montagu sieur de la Brosse, Mosnier tieur de Sainte-Marie, etc.

U ne faudrait pas croire que les principaux dignitaires de la

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Monnaie fussent seuls recrutés dans le sein de ces grandes familles de la bourgeoisie locale, ces dernières fournissaient également une grande partie du personnel des oOices les plus modestes : tels furent les monnayeurs I^ouis Alahat, Etienne Hastard, Macé Douer, Jean de rilopital, Thomas Ronsard. Charles l'radct, Jean Georges, Ivtienne Gougnon et les ouvriers Giiles Estevart, Colin Georges, Colas Ragueau, etc.

L'empressement avec lequel dans ces familles on entrait dans la Monnaie du Roi, témoigne combien les fonctions que l'on y remplissait étaient en faveur, mais il est à présumer qu'on les considérait également comme avantageuses, ce qui n'empêchait pas ceux qui les possédaient, de chercher à accroître leurs salaires légitimes par des agissements qui les exposaient à l'application des sévérités édictées par les ordonnances sur les monnaies. C'est pour des motifs de ce genre que Baret de Ferrand. Jacques Cœur, {-"elorne le jeune, Jean Guirbal, Thomas Mosnier, Louis Pinon, Guerin Portier, Roger de Serry, Pierre 11 Ronsart, Guillaume de Sauzay et autres furent poursuivis, sans qu'il soit question ici des difficultés continuelles que l'interprétation des règlements spéciaux sur les monnaies, les conflits de privilèges ou de rivalités de métier suscitaient entre eux.

Les notices particulières que l'on trouvera plus loin, sur tous ceux qui firent partie du personnel de la Monnaie, feront connaître les charges importantes que nombre d'entre eux remplirent dans l'administration du royaume, mais dès maintenant il peut paraître intéressant de résumer la part considérable qu'ils prirent au gouvernement de Bourges et, comme plusieurs le firent successivement à des titres différents, leurs noms se rencontreront plus d'une fois.

Parmi les Prud'hommes, les plus anciens magistrats que l'on connaisse à la tète de la Communauté des habitants de Bourges, il y eut comme officiers de la .Monnaie, Etienne Pelorde, Macé Bastard, Filzdefàme l'aîné, Macé Bouer, Thomassin de Janoillac, Jean Bueille, Pierre Jobert, Guillaume P>adet, Jean Georges et Jean de l'Hôpital. Puis après l'institution des Maires et des Echevins. on trouve au nombre des .Maires Philippe Bouer, Jean de l'Hôpital, Pierre Jobert et au nombre des Echevins Jean de l'Hôpital, Jean

Georges, Colin Georges, Guillaume de Sauzay, Philippe Bouer, Pierre Jobert, Louis Alabat, Ursin de Sauzay, Aignan Rousseau, Thomas Ronsart, Pierre Filzdefàme le jeune. Bienaimé Georges, Pierre Alabat, Jean Lamoignon, Charles P'radet, Pierre Paulin, Hugues Esterlin, Jean du Chièvre, Etienne Gougnon, Jean de l'Espinasse, François iVlontagu, Jean Danjou, Busson de la Breuille, etc.

A côté des grandes familles de bourgeoisie, dont il vient d'être question, et qui avaient en quelque sorte le monopole des principaux offices de la Monnaie, certaines familles de petite bourgeoisie ou d'artisans, en concurrence parfois avec les premières, ainsi qu'on l'a vu, détenaient plus particulièrement les emplois modestes de l'Hôtel : tels furent les Augier, les Boileau, les Buisson, les Delobel, les Febvre, les Fleury, les Foucault, les Masson, les Migonnet, les Petit, les Prévost et autres. Leurs membres exerçaient en général des professions qui les rendaient particulièrement aptes à remplir des emplois de ce genre, ils travaillaient habituellement les métaux comme les mouleurs, les fondeurs, les serruriers, les ajusteurs et surtout les orfèvres. Ces derniers, par leurs connaissances techniques pour tout ce qui concernait l'art de hesoigner les métaux précieux, étaient désignés plus spécialement pour prendre part à la fabrication des espèces monnayées ; c'était parmi eux que se recrutaient ordinairement les tailleurs, les recuiteurs et autres spécialistes et même, à raison de leur compétence générale, les maîtres particuliers. Ursin Buisson, Claude Duru, Nicolas Lyon, Robert .Morel, Claude Robinet, Jean 'Villate, Jacques Augier étaient des orfèvres. Le dernier, tailleur de la Monnaie à partir de 1549, qui fit, comme on l'a dit ailleurs, souche d'une véritable dynastie d'orfèvres et d'officiers de la Monnaie, eut son fils. Jacques 11, et son gendre, Guillaume Merigot, tailleurs comme lui et deux autres de ses enfants, Pierre et Jacques III, maîtres particuliers.

C'était à la corporation des orfèvres qu'en cas de nécessité, d'urgence ou de surcharge dans le travail, on avait recours : ainsi en 1550, les généraux-maîtres autorisèrent les gardes-prévôts de Bourges, à cause du travail considérable qu'occasionnait la démonétisation des

anciennes espèces, à prendre des auxiliaires parmi les orfèvres et gens du pays capables d'apporter un concours utile'.

L'importance du personnel varia beaucoup : il était plus ou moins nombreux suivant que l'atelier avait plus ou moins de travail à exécuter et, à cet égard . on n'a pour se renseigner que quelques listes en faisant connaître la composition à différentes époques ; la comparaison de ces documents donnera donc des indications approximatives sur la marche et l'activité de la fabrication.

i-ISTE DE I^2v

(I Guillaume l-'radet. garde du scel.

» Jean Beuf, monnoyer.

») Phton Bouer. monnoyer et garde.

I) Jean de Beaumont, monnoyer et garde.

» Raoulin .Mercier, md. et essieur.

•) Raoulin [Hastiveau], tailleur et monnoyer.

» Ravant le Danois, monnoyer.

>) André de Lury, prévost des ouvriers.

» Simon de Buxy. prévost des monnoyers.

» Guillaume Fauvette, ouvrier.

» André de Byonnier.

» Colas Lombart, ouvrier.

» Gilles Estevart, ouvrier.

» Guillard prieur, ouvrier.

» Pierre Filzdetàme.

» Macé Bouer, monnoyer.

» Pierre Tainturier, monnoyer.

» Jean Chenu, monnoyer.

» Bourdon, monnoyer.

» Pierre Charon, monnoyer.

» Guillard de Crux, ouvrier.

» Guill. .Molin. ouvrier.

» Jean Pèlerin, ouvrier.

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