‹ Études sur la numismatique du Berry: notes et documents sur la Monnaie de BourgesChapitre 15 sur 38 · I. Roger de Sery · texte numérisé non relu

I. Roger de Sery

» Inlerrogé sy ce ne serai/ pas par néc'liffence à exécuter le rêole- » lucn/ Je lôgoen ne sizaillani pas les pièces /bibles que ce foiblage s'est » /retire.

)) Répond que sy on auroit pris quelque louis d'or de la dellivrance » du vingt-neul aoust au sortir de la dellivrance ou au sortir de la » Monnoye, on y aura pu trouver aucuns louis d'or foibles hors les » remèdes permis par l'édit, n'y ayant que neuf grains sur trente un » marcs au lieu de trente une fois douze grains par marcs de remède 1) permis par ledit et qu'ils ont toujours très exactement sizaillés » tous les louis d'or qui ne se trouvent pas du poids requis, lesquels » ils ont fait porter en fonte suivant le règlement de 1690. Au sur- » plus persiste en ses protestations contre lesd. sieurs Dagoret et » Loiseau en temps que besoin seroit; qui est tout ce qu'il a voulu ré- » pondre ; lecture à luy faite du présent interrogatoire et de ses ré- » ponses, a persisté en ses réponses comme véritables sans y vouloir » adjouxter ny diminuer et a signé avec nous

GuENOis Ravier

Bruère

Déposi/ion Je Pierre I)a<gore/

)) Du 50 may. heure de 4 de relevée au Palais.

1) Interro'gé sur son nom, aage, giiali/é e/ demeure après le serment )) de liiv pris e/ reçu au cas requis.

» Répond avoir nom Pierre Dagoret, cons^duRoy, lieutenant au » siège de l'élection de cette ville, juge-garde de la Monnoye de » cette ville, y demeurant, paroisse de Notre-Daine du Fourchault, » aagé de quarente-huit ans ou environ.

» Interrogé qu'elle est la principalle e/ essen/ielle fonc/ion d'unjuge- » garde dans l'in/cricur de la Mon)ioyc par rapor/ à l'in/éret du I^oy et I) du publique.

I) Répond que la principalle fonction est de s'y faire .aporter par » les monnoyeurs touttes les espèces monnoyées, de les véritlier, )) pezer. à la pièce, au marc, et en trois marcs et lorsqu'elles sont de )) la qualité requise, les comter et livrer au directeur dont il décharge » par un reçu sur un registre qui reste à la dellivrance et qu'ils en-

» voyent ensuite à Paris pour le compte du Roy à nos Seigneurs de » la Cour des Monnoyes. lequel registre est signé d'eux, du directeur, » du controUeur et de l'essayeur pour le titre.

I) Interroge quel quantilc de deniers de inontioyage les ji(i;es-!^'jrdes » sont (ihlii;és de mettre en hneste f>oitr le trar.iil de l' année.

» Répond qu'yls sont obligés de prendre de quatre cents pièces » d'or une et de soixante-douze marcs d'argent une pièce d'argent.

)) Interroj^é s'yls doivent les -prendre indi0éremment ou au choix.

» Répond qu'ils les doivent prendre indifleremment et sans af- » fectation.

)) Interrooé sv ces pièces ont toujours été mises dans une boisle » régulièrement lors des délivrances suivant l'ordonnance de /5)./ et n pcistérieure.

1) Répond qu'ils les mettent dans un coffre sous trois clef dillé- » rentes, dont l'une est es mains du directeur, l'autre entre les mains 1) de l'essayeur et la troisième entre nos mains.

» Interrogé en présence de quel officier elles doivent être mises.

» Répond qu'après l'année finie, au commencement de l'année » suivante, le procureur du Roy requiert ouverture du collre dont » chacun aporte sa clef, d'où l'on retire tous les deniers des boistes de » l'année, lesquels on met dans une boëte avec le registre et coppie ') du procès-verbal écrit par le greffier, le tout en présence desd. )) procureur du Roy, directeur, con""^ essayeur et d'eux; laquelle )) boëte estant cloutée, fisselée et cachetée des cachez desd. direc- )) teur, essayeur et deux juges-gardes, ils l'envoyent par le carosse à » Paris au S' Gensdre, greifier en chef de la Cour des .Monnoyes.

» Interrogé quel estais la fabrication des louis d'or faits en l'année )) 1/22 et l'empreinte.

» Répond quelle estois de vingt-cinq au mars avec remède de )) douze grains par mars à la représentation de roy Louis Quinze » pour la reste et pour la pille de 2 L. L.

)) Interrogé s'yls ont fait les pezées à la pièce ou au i>iarc.

» Répond qu'ils les ont faites à la pièce, au marc et aux trois » marcs.

» Interrogé si liiy et son confrère n'ont passé en dellivrance que des I) louis dnr l'ahriqués d.ms le remède permis de douze "rains.

» Répond qu'yls n'en n'ont passé que de bons dans les remèdes » de poids, que cela est prouvé par leur registre envoyé au greffe de » la Cour et par le double registre qui leur reste.

)) Luy jvons représente qu'il nous déi;uise la vérité sur ce fait et n qu'il faut ahsoluiuent qu'yls eu aye esté passé de plus foihles ou que

n le directeur ave travaillé pour son compte puisque dans les pezées

» faittes au bureau de la Cour il s'est trouvé des pezées considérablement » /nibles hors des remèdes per)nis par Fordonnance.

i> Répond qu'yls n'en n'ont point passé qu'ils ne fussent dans les )) remèdes, qu'yl n'y eu que deux dellivrances de louis d'or en mil sept » 'cent vingt-deux, que la première a été laite en sa présence, qui est » du vingt-neuf may, par le sieur Loiseau controUeur, le sieur Bruère 1) son confrère estant pour lors à Paris. Ne pouvant les pezer luy-mesme » par raport à une grosse maladie qui l'avoit rendu impotant par rap- >i port aux violans remèdes qu'on luy avoit fais prendre, qu'à l'égard du » S' IJarret, directeur, il le croist trop honneste homme pour avoir tra- » vaille sur son compte n'ayant jamais eu en sa possession les clefs du » monnoyage, que s'il s'est trouvé des pezées faites à la Cour ce n'a pas I) esté que de quelques deniers courants diminués par le fret ou par I) l'ébarbure. Que les directeurs après la dellivrance à eux faites ont » continué à les mettre dans une grande peau lesquels ils ont fait I) sasser par deux hommes, ce qui diminue encore très considérable- » ment lesd. louis d'or, et qu'à l'égard de la seconde dellivrance qui » est du vingt-neuf aoust suivant, elle a esté faite seule par le » S' Bruère.

I) /,uv avons derechef représenté que ces pezées estant faites par » un de }f" en présence de la Cour et de M. le procureur, tant des deniers » de boiste que des deniers coura7its, temps par l'expert et raporte n'avoir I) frayé, la certitude du f'ihlaoc est incttntestable et que par conséquent, ils » )ie peuroit é^'itcr un /ui;emeut de condamnation.

» Répond qu'il ne peut y avoir aucun foiblage suivant les de- » niers de la boëte et leur registre, que s'yl y a de petites ébarbures

') OU souillures qui se font à la machine et au balansier, qui peuvent » fort aisemment s'emporter mesme sans avoir frayé, estant mis les )) uns avec les autres, qui peuvent rendre quelques louis d'or cou- » rants légers, et que sy la Cour s'arrestais à ses deniers courants au » lieu de s'arrêter à la certitude des registres et des deniers de boiste, » il n'y auroit jamais de juges-gardes, quant mesme tous les louis » d'or par eux dellivrés seroient droit de poids, qui puissent éviter » des condamnations par les moyens cy-dessus.

1) /ntci rooc sy se ne serois f^js né^lii^'ence à excciitci le rc<ylemcnt I) de mil six cent quatre vini{t-dix en ne siz.iill.7iit point les pièces foi- » blés que ce foihlage s'est trouvé.

» Repond qu'ils ont exécuté le règlement de 1690 exactement » qu'ils ont toujours cizaillés toutes les pièces d'or et d'argent foibles » hors les remèdes permis par les ordonnances et édits'. »

On connaît maintenant, par leurs réponses aux interrogatoires qu'ils subissaient, l'obéissance stricte et loyale des juges-gardes de la .Monnaie de Bourges aux prescriptions des ordonnances roj-ales et, d'une façon générale, les pratiques loyales qui étaient en usage dans l'atelier. Tout était donc réglé et prévu avec une minutie extrême, qui, loin d'être une protection pour les officiers de la .Monnaie, était pour eux une gêne et un danger de chaque jour, sans réussir d'ailleurs à empêcher la fraude de se produire. Parmi les indications qui s'y rencontrent, il en est une relative au pourcentage des deniers mis en boite pour les espèces d'or et d'argent, dont on devine l'utilité, pour déterminer approximativement le chiffre des monnaies émises par l'atelier dans les derniers temps de son fonctionnement.

A un autre point de vue, on voit se manifester clairement dans les dépositions des juges-gardes le peu de cordialité qui régnait entre les oiliciers de la .Monnaie, toujours prêts à se faire la guerre et obéissant à l'esprit du plus étroit formalisme. On assiste enfin à la dernière phase d'une grave affaire commencée en 1722 et qui durait encore en 1724, jetant depuis trois années le trouble dans la Monnaie de Bourges, affaire dont il a déjà été question ici, et qui débuta par un

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