PRÉFACE
Ce volume est ie résultat de recherches d’anatomie et d'histologie pathologiques, d'observations cliniques et d’expériences dont une partie a déjà été publiée par nous, soit isolément, soit en commun, sous la forme de thèses, de mémoires ou de leçons disséminés dans divers recueils. Nous avons pensé qu’il serait utile de les réunir, après avoir répété et vérifié à nouveau leur teneur, en ajoutant les données les plus essentielles de l’anatomie pathologique et en nous efforçant d'exposer la pathogénie, la physiologie et l’histologie pathologiques dans leur relation avec les symptômes observés. Pour arriver à la compréhension absolument claire de la pathologie du rein, il faudrait que sa physiologie fût complètement connue, et qu’il ne nous manquât aucun des chaînons qui relient son fonctionnement normal à ses déviations pathologiques. Gombien nous sommes encore loin d’une pareille perfection ! Mais n’est-ce pas déjà un progrès réel que de voir clair dans notre ignorance et de mettre à nu, par la critique des opinions et des faits, les lacunes qu’il reste à combler ?
Nous nous sommes étendus d’abord, après quelques considérations préliminaires touchant l'histologie normale, sur
Il PRÉFACE
l'analyse des lésions élémentaires des cellules épithéliales, sur la formation des cylindres, sur les lésions des tubes et de leurs parois, sur les glomérulites aiguës, subaiguës et chroniques, ete., dans toutes les maladies du rein. C’est là l’anatomie pathologique générale de cet organe. Dans la seconde partie de l'ouvrage, nous avons étudié les maladies du rein prises en particulier, les congestions rénales, les effets de la ligature des vaisseaux du rein et les infarctus observés chez l’homme. Nous avons abordé ensuite l’étude des diverses variétés de néphrites que nous avons divisées en deux grands groupes, les néphrites diffuses, qui peuvent être aiguës, subaiguës ou chroniques etles néphrites systématiques. Celles-ci, subaiguës ou chroniques d'emblée, portent primitivement soit sur l'élément glandulaire, soit sur l'élément vasculaire. Ces dernières correspondent à la cirrhose rénale d’origine artérielle. Telle est la classification des néphrites qui nous a paru la plus rationnelle et nous en avons longuement développé les raisons dans un chapitre de généralités sur les néphrites considérées. Puis nous avons décrit les dégénérescences graisseuses etamyloïdes du rein, en indiquant leurs relations avec les néphrites. Nous nous sommes peu étendus sur les néphrites suppuratives, sur le rein chirurgical, mais nous avons cependant indiqué le rôle des cystites calculeuses ou purulentes, et de l’oblitération des uretères dans les inflammations et lésions du rein observées, soit chez l’homme, soit chez les animaux, à la suite des expériences de ligature des uretères.
Nous avons enfin terminé ce volume par l’étude, bien imparfaite encore aujourd’hui, des micro-organismes observés dans les maladies du rein et de leur rôle étiologique.
Nous n'avons pas la prétention d’avoir tracé iei l’anatomie pathologique et la symptomatologie complètes des maladies du rein. Nous avons cherché seulement à exposer l'histologie pathologique de cet organe dans ce qu’elle a de plus général, en nous plaçant toujours au point de vue de la physiologie pathologique, et en indiquant chemin faisant les