IV. — Lymphatiques
Ludwig et Zavarikyn avaient cru démontrer, dans l’épaisseur du parenchyme rénal, l'existence de capillaires lymphatiques ‘. Ces vaisseaux seraient, d'après eux, en très grand nombre, et interposés entre les tubes rénaux, même dans les points où ceux-ci sont en rapport avec des capillaires sanguins. Ils s'appuyaient sur ce fait, qu'en poussant dans le parenchyme rénal, avec une seringue de Pravaz, une injection de nitrate d'argent, on rendait évidente, dans les espaces intertubulaires, la présence de cellules à contours festonnés.
Hortolès a montré que les dessins obtenus par les auteurs précédents ne se rapportent pas à un endothélium lymphatique, mais à la base d'implantation des cellules épithéliales striées des tubes contournés sur leur paroi anhiste. Les mêmes figures ont été retrouvées par cet expérimentateur, à la suite de l'injection d’une solution de nitrate d'argent par l’artère rénale : toujours les cellules imprégnées étaient situées à l’intérieur de la membrane basale des tubes, et ie contour fixé par l'argent pouvait être suivi dans toute la hauteur de la cellule.
M. Lépine ? s'était appuyé sur cette disposition spéciale des lymphatiques signalée par Ludwig et Zawarikyn, et admise également par Runeberg *, pour déclarer que toute transsudation du plasma sanguin ne pouvait passer des capillaires intertubulaires dans la lumière des tubes contournés en franchissant la paroi et l'épithélium. Le plasma transsudé rencontrant les vaisseaux lymphatiques serait immédiatement entrainé par la circulation Iymphathique. M. Lépine et Runeberg en concluaient que l’albuminurie ne pouvait s'expliquer que par un phénomène de transsudation glomérulaire symptomatique, très probablement, d'une altération de l’épithélium des anses du glomérule *.