Id., p
crobes observés dans le rein à la suite des affections rénales d'origine rhumatismale ne soient pas toujours les mêmes. Mais dans la série des observations faites jusqu'ici, et depuis si peu de temps, sur le siège et la nature des micro-organismes qu’on rencontre dans les néphrites albumineuses, nous devons enregistrer provisoirement et isolément les faits en attendant qu'ils soient assez nombreux pour les classer.
Abcès du rein dans la pyémie. — Les expériences par lesquelles Coze et Feltz ont déterminé des abcès métastatiques, celles de M. Pasteur qui a isolé et cultivé le microbe pyogène pris dans l'eau de Paris et qui l’injectait dans les veines d’un animal, produisant ainsi des abcès métastatiques dans tous les organes, la pyémie du lapin déterminée par Koch avec lesliquides contenant de la viande putréfée, toutes ces recherches concourent à nous montrer le microbe de la pyémie comme un micrococeus ou un diplococcus très petit, disposé parfois en chaînettes. Ce microbe se cultive dans le sang, adhère aux globules rouges et détermine par places, dans certains organes comme le foie et le rein, des thromboses vasculaires qui sont le point de départ d’abcès métastatiques. Il est difficile de se prononcer aujourd'hui sur la question de savoir si les bactéries de la pyémie qui suit les traumatismes et les grandes opérations chirurgicales, si celles de la fièvre puerpérale, des lymphangites, des pleurésies purulentes, des arthrites suppurées, du rhumatisme articulaire aigu et de l’endocardite appartiennent à la même espèce. Nous aurions pour notre compte une tendance à admettre l'identité des bactéries pyogènes dans les phleomons consécutifs aux traumatismes, dans les lymphangites superficielles suivies de suppuration, dans les accidents du même ordre consécutifs aux accouchements. Quoi qu'il en soit, dans les abcès métastatiques du rein à leur début, on trouve, dans le foyer de suppuration, des vaisseaux capillaires intercanaliculaires et des anses glomérulaires remplies de micrococci isolés ou réunis deux par deux, ou en zooglée; la circulation sanguine a été ralentie ou interceptée dans un territoire vasculaire plus ou moins considérable et consécutivement, le tissu périphérique, tissu conjonctif et tubuli ont été infiltrés de cellules migratrices ou se sont mortifiés {.
1. Pour étudier ces bactéries de la suppuration, il faut avoir recours aux
Les affections rénales que nous avons décrites jusqu'ici sont toutes aiguës ou subaiguës ; elles évoluent dans un espace de temps qui varie de 8 à 15 ou 30 jours. Mais il est très probable qu'elles peuvent durer plus longtemps et devenir le point de départ de néphrites chroniques albumineuses dans lesquelles les micro-organismes, qui en ont été la cause initiale, ont disparu plus ou moins complètement.
d. — Néphrites liées à la tuberculose rénale.
Nous n'avons pas l'intention de décrire ici d’une façon complète la tuberculose rénale pas plus que nous ne sommes entrés, dans ce livre, dans l’étude des tumeurs du rein ni des affections calculeuses. Mais dans ce chapitre consacré aux lésions du rein en rapport avec les diverses espèces de bactéries, nous avons cru devoir relater les altérations pathologiques en rapport avec les bacilles de la tuberculose.
On sait que la tuberculose rénale est tantôt consécutive à celle du poumon, tantôt liée à une tuberculose généralisée d’emblée, tantôt primitive ou prédominante. Des individus, de jeunes sujets en particulier, peuvent être atteints de tuberculose des deux reins, des calices, du bassinet, de la vessie et même de l’uretère avant toute manifestation pulmonaire. Cette maladie primitivement rénale a de la tendance à se propager aux organes génitaux chez l’homme comme chez la femme.
Anatomiquement, la tuberculose rénale secondaire, qui est la
procédés de teinture avec les couleurs de l’aniline. Celle qui nous a le mieux réussi est le violet de méthyl B de Bâle. On place les coupes fines et larges obtenues ou microtome dans une solution aqueuse très concentrée de ce violet pendant 15 à 20 heures à la température ordinaire, ou pendant # heures à la température de 400. On les lave ensuite dans l’eau distillée, puis dans l'alcool absolu. Après un séjour de une ou plusieurs heures dans un verre de montre contenant de l'alcool absolu, on les met dans un verre de montre contenant de l'essence de girofle, où on les laisse une ou plusieurs heures, suivant leur degré de coloration. Pour obtenir une décoloration plus complète, on les met de nouveau dans de l'alcool absolu, puis dans de l'essence de girofle pendant quelques heures où un jour. Après quoi on les monte dans le baume. La safranine, moitié en solution alcoolique, moitié en solution aqueuse concentrée, est aussi un excellent bain colorant. Après un séjour de 45 à 20 heures dans ce liquide, on passe les préparations dans l’eau, puis dans l’alcool absolu et l'essence de girofle, et on les monte dans le baume. Le violet de gentiane en solution alcoolique concentrée, ajouté à de l’eau distillée contenant de l'huile d’aniline de façon à avoir une couleur assez intense, la liqueur d'Ebrlich donnent aussi de bons résultats. Pour décolorer rapidement et complètement, on traite les coupes par la solution d'iodure de potassium iodé.
plus commune, se caractérise surtout par des granulations miliaires grises, un peu opaques à leur centre, siégeant sous la capsule, dans la substance corticale et dans la substance tubuleuse ; les granulations sont isolées ou confluentes. Elles se confondent par leur périphérie avec le tissu normal ou congestionné qui les entoure. Elles sont généralement peu nombreuses. La tuberculose primitive prend dès le début un accroissement plus considérable. Les îlots de tubercules confluents envahissent de grandes masses du rein, s'étendent dans les pyramides, deviennent caséeux, transforment en un tissu de granulations la muqueuse des calices et du bassinet. Ces muqueuses sont atteintes bientôt d’un catarrhe puriforme qui se mêle en flocons à l'urine. Les deux reins sont pris, mais à des degrés différents ou consécutivement.
Par l'examen microscopique des coupes de granulations récentes, on constate que les îlots sont formés par de petites cellules infiltrées dans les cloisons fibreuses intercanaliculaires et dans le tissu qui entoure la capsule des glomérules, que les canalicules présentent des cellules troubles etatrophiées. Bientôt tout le tissu du centre de la granulation est transformé en un amas de petites cellules au milieu desquelles on voit souvent des cellules géantes; comme dans toute granulation tuberculeuse, les vaisseaux sont oblitérés par de la fibrine. Les glomérules de Malpighi sont aussi profondément modifiés, et leur bouquet glomérulaire est imperméable au sang dans le tissu tuberculeux. Nous avons vu quelquefois des amas de cellules lymphatiques situées dans la cavité des glomérules. Les masses plus considérables, formées par la confluence de follicules tuberculeux, présentent les lésions bien connues de la dégénérescence caséeuse.
Les bacilles de Koch existent presque toujours en nombre plus ou moins considérable dans les petits tubercules opaques et jaunâtres peu anciens du parenchyme rénal. Sur les coupes *
4. Pour obtenir des préparations de tubercules du rein on met les coupes minces obtenues au microtome dans l'eau additionnée d'huile d’aniline colorée avec la fuschine ou le chlorhydrate de rosaniline ou dans l’eau d’aniline colorée par le violet de méthyl. Après un séjour de 24 heures, on place ces coupes dans de l’eau distillée, puis on les décolore dans de l'acide nitrique au tiers pendant quelques secondes, jusqu'à une ou deux minutes. On les replonge dans l’eau distillée d'où on les fait passer dans l'alcool absolu et dans l'essence de girofle.
du tissu rénal qui passent à travers ces granulations, les bacilles se montrent disposés comme ils le sont généralement, dans la paroi souvent hyaline des vaisseaux et à leur pourtour, dans le tissu devenu caséeux, dans les fentes ou pertes de substance de ce tissu. Ils sont assez nombreux aussi à la limite de la portion caséifiée, à la circonférence de la granulation, dans le tissu embryonnaire, dans les cellules géantes et quelquefois aussi dans la cavité des tubuli altérés. Les bacilles sont plus rares dans les nodules ou masses caséeuses anciennes de la tuberculose infiltrée. Ils peuvent même manquer complètement. On en trouve cependant d'habitude à leur limite et au niveau des ulcérations du bassinet et des calices.
L'examen de l’urine, dans la tuberculose rénale, comme dans la tuberculose vésicale, permet de faire le diagnostic par la recherche des bacilles ‘. M. Babes a montré à la Société anatomique, dans la séance du 26 janvier 1883, les bacilles de l’urine de deux individus atteints de tuberculose urinaire. Plus tard il en a vu dans d’autres cas, dont deux suivis d’autopsie ?. Le professeur Rosenstein * a communiqué de son côté des faits analogues.
Nous avons plusieurs fois depuis, M. Babes et l’un de nous #, observé les bacilles dans l’urine des phtisiques atteints de tuberculose rénale. Ils se présentent, soit avec les caractères
On les monte ensuite dans le baume. Après avoir décoloré par l'action de l'acide azotique, on peut colorer en bleu les cellules et les fibres du tissu en mettant les coupes dans une solution concentrée de bleu de méthylène pendant dix minutes ou un quart d'heure. On lave ensuite rapidement; on passe les coupes par l'alcool et l'essence de girofle et on monte dans le baume. De cette façon, les bacilles de la tuberculose sont seuls colorés en rouge ou en rouge violet, tandis que les éléments du rein sont colorés en bleu.
4. On opère pour cette recherche comme pour celle des mêmes éléments dans les crachats des tuberculeux. On étale une goutte d'urine sur plusieurs lamelles en choisissant les grumeaux ou les parties puriformes de l'urine. On fait sécher rapidement à l'air; puis on met les lamelles dans la liqueur d’Ehrlich. Au bout de 1 à 2 heures on décolore à l'acide nitrique au tiers, puis on lave à l'alcool et on laisse sécher la lamelle. Après quoi on la monte dans le baume de Canada. Comme les sels et l’urée sont hygrométriques, l'urine ne se sèche pas toujours complètement sur la lamelle. Il faut alors la passer avec précaution dans les divers liquides employés afin de ne pas enlever l’enduit à examiner.