‹ Études sur la philosophie morale, au XIXe siècleChapitre 2 sur 72 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On public sous ce titre neuf conférences qui ont été faites pendant l'hiver 1902-1903 à Y Ecole de morale. Le lecteur n'y trouvera pas une exposition complète des idées morales qui se partagent les esprits de notre temps. Cependant le tableau qu'on lui présente ne manque pas de variété. On y a réuni des philosophes, des économistes et des écrivains moralistes.

Auguste Comte et Renouvicr comptent parmi les philosophes les plus considérables de la France au xixe siècle: Auguste Comte, esprit incomplet mais original, sur qui 1 attention du monde philosophique est ramenée en ce moment, à mesure que le progrès de la science s'accuse davantage et repousse dans l'ombre la philosophie traditionnelle: Renouvicr, qui a renouvelé et maintenu ainsi, en la rajeunissant, cette philosophie traditionnelle : ils s opposent donc l'un à lautre.

Le fait économique est à la base de la vie sociale, et, par conséquent, l'économie politique est une partie capitale de la morale sociale. Aussi a-t-on fait, dans cette galerie, une large place aux théoriciens qui sont placés au point de vue économique: Bastiat, le représentant le plus distingué sans doute, du inoins le plus intéressant de l'économisiiic orthodoxe ; Proudhon, le

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puissant agitateur «I idées, <|m dans ~- « » 1 1 livre sUr la Justice et la Révolution un grand h\ re, quoique défiguré par I esprit de personnalité — ;i jeté quelques traits de feu sur les principes de la morale; enfin, le théoricien • lu Bocialisme contemporain, Karl Marx, qui ;i écrit la Bible iln quatrième Etat .

Viennent, en troisième lieu, les penseurs proprement «lit- donl I influence sur les esprits et les mœurs n'est pas moins grande que celle < 1 « - — philosophes. Ou même, parce que leurs écrits, il une forme populaire, s'adressent h I imagination et aux passions du lecteur autant qu'à su raison, leur action est plus immédiate «■I plus étendue ; lundis que le philosophe pense plutôt pour l'avenir. Ici, Vinel représente la tendance chré tienne dans sa pureté originaire ; Renan, c'est l'intellectualisme avec ses dédains H se- doutes; Nietzsche exalte le courage, la « volonté de puissance et enseigne, dans de- sentences éclatantes ri obscures, un naturalisme profond; Mœterlinck, le dernier, k demipoète, ;i revêtu du prestige d'un style encore imbu de mysticité un rationalisme sévère, >;m< religion.

Dans ces images différentes, ou plutôl contraires, de L vérité, chacun devra chercher celle ijm convienl à ^;i vie et .1 ses aspirations. C'est le lourd privilège de ce temps de voir renaître et fleurir à la fois toutes les i\nctrines qui avaient successivement tenté la curiosité humaine. Tout cequ <>n peut faire pour le jeune esprit, embarrassé de choisir, c'est de l'aider à se reconnaître cl de dresser pour lm la carte de I esprit I un nain.

\. Dahlu.

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