Epùt. I, xvm, 41. — 5. De arte poet. v
,J;'-l\^ ^''^■•^'''"^^ explication est celle de M. Hofmr.n Peerlknmp {Bûdioth. cru. nov. p. 143; cf. Bœhr. Gcschichtc derUomisch. Litemt p 79), pour qui Dulorestes est une conuptioii du titre mivte Pij.adoitstei,.
PACUVIUS
là aussi va la fortune. Ils la disent privée de sens, parce qu'elle est violente, .déréglée, jamais en repos ; ils ajoutent qu'elle est aveugle, parce qu'elle ne voit pas où 9« fixer; stupide, parce qu'elle ne saurait distinguer entre le mérite et le démérite. Mais d'autres philosophes nient qu'il existe une fortune ; c'est, ^elon eux, le hnsard qui gouverne toutes ( hoses. Que leur sentiment soit le plus conforme à la vérité, l'expérience l'enseigne. Voyez Oreste : naguère il était roi, et le voilà de venu mendiant.
Fortunam insanam esse, et cœcam, et brutam perhibent philo- Saxoque instare globoso praedicant volubili. [sophi,
[Quia quo id saxum impu'.erit fors, eo cadere fortunam autu-
[mant.
Insanam autem esse aiunt, quia atrox, incerta, instabilisque sit; Caecam ob eam rem esse itérant, quia nihil cernât quo sese
[adplicet; Brutam, quia dignum atque indignum nequeat internoscere. Sunt autem alii philosophi, qui contra fortunam negant Ksse ullam, sed temerilate res régi omnes autumant. Id magis vcri simile esse usus reapse experiundo edocet : Velut Ores! es modo fuit rex, factu'st mendicus modo '.
Ces vers sont à plus d'un titre dignes d'attention. D'abord le poète y distingue, comme après lui Attius^ entre deux expressions souvent associées ou même confondues dans l'usage ordinaire : fors y est dit des accidents fortuits, forluna de la déesse à l'intluence de laquelle on les attribuait. En second lieu il fait dépendre ce qui arrive dans le monde de ce qu'il appelle fors ou encore temeritas, et que nous appelons hasard; il en retire la conduite à la déesse fortune : par 1^, eh même temps qu'il rompt hardiment avec la superstition romaine si asservie à cette divinité, qui Tadorait dans tant de temples, avec tant d'attributs divers, il contredit ses modèles, les tragiques grecs, chez qui les
1. Cic. nhrt. ad Ilerenn. II, 22, 24. 0. Ribheck, p. 104 ; le troisii;rne vers lui semble d'une authenticité douteuse, et, se rangeant à l'opinioM d Hermann, il retranche, comme étant une explication de (luelqup scholiastc, celui par lequel on termine d'ordinaire le morceau et que Bothe rapporte ainsi :
Naufragio res haec contigit nempe : ergo haud fortuna obtigit.
2. Voyez 0. Ribbcck, p. l?r, et 134, VII« fragment de l'Andromède d'Aï tins, X'= fragment de son Astyanax.
ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE
événements humains sont toujours un effet de cette puissance mystérieuse désignée par eux sous bien des noms *, et ■<]U9, d'après le fatum des Latins, nous nommons fatalité; chez qui aussi la déesse fortunej quand ils la font intervenir, n'est pas toujours une simple personnification du hasard, mais semble souvent une des formes de la fatalité, quelque chose comme la fortuna falalis dont a pirlé Gicéron^, comme cette fortune devant laquelle Horace fait marcher la nécessité :
Te semper anteit saeva nécessitas'.
Ainsi la considérait l'illustre contemporain d'Eschyle, Pindare, le premier poëte d ns les vers duquel nous la voyons apparaître : car, pour Homère*, pour Hésiode*, ils n'avaient connu dans Tu/r, qu'une des filles de l'Océan. Pindare en faisait une des Parjues et la plus puissante de toutes*; il adressait à ce ministre de la destinée cette magnifique invocation" :
Je t'invoque, pour la puissante ville d'Himère, fille de Jupiter Hbérateur, Fortune conservatrice. Par toi sont conduits sur la mer les a^^iles vaisseaux, sur la terre les guerres rapides et les délibérations des assemMées publiques. Par toi roulent sans cesse, tantôt montant, tantôt baissant, sur une mer de vains mensonges, les espérances des hommes.
Sans doute on pourrait citer tel passage des tragiques grecs où la déeS?e Fortune redevient simplement la fortune, celui, par exemple, où Jocaste pour arrêter Œdipe dans la poursuite de l'affreuse vérité qu'avant lui elle a pénétrée, lui offre, contre les menaces de la fatalité, en quelque sorte l'asile du hasard, lui disant :
Pourquoi craindre, quand les choses humaines sont sous
1. ïô (xôp(7i[xov, To (j-sT/.ov, [xoTpa, aTcor, xf,p, xpéwv, neTipwtxévr), t'.ii.ap!i.£vr), àviyxn, &aî(X(ov.