si je sens seulement qu'il y
Le moindre espoir.
471 Qui connaît son sourire a connu le i)artait. Elle fait de la grâce avec rien, elle fait Tenir tout le divin dans un geste . .
A ces exemples, nous pouvons en ajouter ({uelques autres où le verbe, bien ({u'il ne soit pas auxiliaire, ne semble pas avoir assez de „corps", au sens comme à la forme, })our porter la rime avec le succès désirable:
1645 Mais je sais
Qu'il y aura ce soir du nouveau. Les Français. Mangeront . . .
(Comparez, par contre 2299 laissés: je sais^)
1889 Qu'avez-vousV II faut
Vous en aller d'ici. — Moi?— Bien vite! — Au plus tôt.
(Comparez, par contre, 353 sot : faut, où le sens permet un arrêt après faut.)
Nous aurions ainsi une vingtaine de rimes faibles à cause du verbe. L'enjambement leur ôte leur poids, pour ainsi dire, et les consonnances finales des vers, malgré la consonne d'appui, se perdent dans le discours. On reconnaît cependant le „bon poète" qu'est M. Rostand au fait suivant: Presque toutes ces rimes^ont été renforcées soit par l'allitération ou Tassonance, soit par la construction rythmique, pareille dans les deux derniers éléments des vers:
2263 (pas) cela : (docteurV) lia- ^- : - -^, — 1445 (Et) tu es: j'oubliais^) ^ ^ ^A : ^ ^ - — 695 il y a : duè^iia- - - : ^ . 471 (ellej fait : (le) parfait, - ^ - : - ^ ^ etc.^)
C) Adjectifs (qualificatifs).
1) a (1 j e c t i f : u o m p r o p r e. Ces rimes ont déjà été comptées et analysées quant au nom propre (v. p. 75 s. 3). Quant à l'adjectif, il n'y arien à remarquer, si ce n'est peut-être 477 diaphane : Roxane. Diaphane est usité (par Cyrano) au sens figuré, superlatif de clair, ce qui est assez rare, croyons-nous : ^)
Sapristi! Je comprends. C'est clair — C'est diaphane.
2) adjectif : n o m commun. Pour le nombre de rimes et le substantif, v. p. 81. Disons tout de suite que M. Rostand s'est gardé des adjectifs en able et ible, qui sont si lourds et si communs. Les seuls cas sont 429 table : épouvantable — 1739 raisonnable : diable — 1839 terrible : l'horrible. Les exemples suivants nous prouvent, une fois de plus, de quelle variété notre poète a su rajeunir ses rimes: 469 (rose) muscade : embuscade — 673 famélique : angéfique (s.) — 1669 rnotjenx : giboyeux — 1749 périyourdins^) : dédains — 2433 opaline : machine, La forme matutinal, pour matinal (1567 cristal : matutinal) est assez rare, ^) le poète l'a choisie pour parfaire le nombre des syllabes de l'alexandrin, peut-être aussi pour caractériser le style pittoresque de Cyrano-.
. . , Fioles de cristal Toutes pleines des pleurs d'un ciel matutinal.
Vexatoire, pour vexant, est la forme savante (terme didactique) : 211 mâchoire : vexatoire. Enfin nous ne voyons pas pourquoi, si ce n'est pour la rime, M.Rostand éarit nuayer SiU lieu de nuayeiix :
^) V. plus haut, p. 28.
^) Ceci confirme ce que nous avons avancé au chap. V de la pre partie de cette étude (p. 50).
^) Ni Sachs ni Littré ni Hatzfeld ne donne ce sens figuré à diaphane* ^) De Périgord, province de la Guyenne, patrie des cadets. ^) Inconnu à Hatzfeld-Darnaesteter.
983 Quand soudain je ne sais (luel soigneux horloger 8'étant mis à passer un coton miaijer Sur le boitier d'argent (/r/ kine) . . .
Sachs semble faire une distinction entre ntmyer et nuageux^ traduisant le premier par: „in den Wolken, luftig", le second par „wolkig". Mais Littré ajoute simi)lcment à ntmfjeux: On trouve dans le XVII« siècle /mnr//6^r". Hatzt'eld-Darmesteter n'ont pas cette forme de nuageux.
3) a d j e et i f : V e r b e. Ces rimes-ci ont aussi déjà été nombrées (v. p. 88). Elles offrent peu d'intérêt. Nous ne citerons que les trois suivantes: 677 dmes : amandines — 723 aigrelets : voulais — 857 prîmes : opimes.
Ce dernier adjectif, qui ne s'emploie que dans la locution „ dépouilles opimes" est tout à fait savant (opimus.) Aigrelet est assez rare en poésie. Quant à amandines,
Comment on fait les tartelettes amandines,
ce mot, comme adjectif, semble aussi être un néologisme. Littré et Hatzfeld ne le connaissent pas et Sachs ne donne que: amandine, s. f. ^Mandelseife".
4) adjectif: adjectif. Ces rimes ne se rencontrent qu'une vingtaine de fois dans „ Cyrano de Bergerac''. Ce fait suffirait à nous prouver que cette sorte de rimes doit être évitée par les poètes. M. Rostand, s'il les a employées, s'est du moins ingénié à les renouveler, pour ainsi dire: 99 ordinaires : sublunaires^) — 571 nébuleux : bleus — 559 fol : espagnol — 893 sale : dorsale, etc. Les deux rimes 171 certifiée : grillée — 603 vénérés : démembrés sont les seuls cas de participes passés employés adjectivement rimant ensemble.
5) adjectif : adverbe. Il y a 24 rimes de cette sorte, dont 8 en a (389 charmant : tellement) Les adjectifs n'offrent rien de remarquable, en ce qui conserne le sens. Nous
^) «Terme didactique". Hatzfeld s. v.
citerons cependant 1175 (peut-être :) j^^^t^^ — 1229 grognon ( :non) — 2107 grotesque ( : presque).
6) adjectif : adjectif (non (qualificatif). (S cas-, dans tous, l'adjectif rime avec un nom de nombre (2323
neuf : dix-neuf — 2463 inutile : mille — 22(S9 inopportune : une, etc.)
7) adjectif : pronom; 16 cas, où nous remarquons : 431 helliqueux : qu'eux — 1753 eux : gueux.
8) adjectif: conjonction, 2 cas (1621 cependant : prudent, — 1027 (^umi : coi.)
9) adjectif: p r c p o s i t i o n , 2 cas (1561 [fouj sfwant : fwant — 265 selon : long.)
10) adjectif : interjection, 6 cas; v. plus loin s. Interjection.
D) Adverbes.
Nous avons compté dans „ Cyrano de Bergerac" 176 rimes dans lesquelles il y a au moins un adverbe. Etant donné le nombre relativement restreint d'adverbes que possède la langue française, ce fait doit nous étonner. Il semble que ce soit un des caractères du style de M. Rostand que l'usage fréquent de l'adverbe. N'oublions cependant pas à quel genre de pièce de théâtre nous avons à faire; c'est sans aucun doute pour donner plus de naturel, de familiarité au langage de ses héros, que l'auteur leur fait employer si souvent les adverbes, même à la rime. Il est naturel que le même adverbe y revienne plusieurs fois : ainsi, peut-Ure s'y trouve 10 fois, encore de même 10 fois, vite 6 fois, pas (négation) 11 fois, là 13.^)
1) adverbe : nom propre. Rien à remarquer v. p. 76.
2) adverbe : nom commun: Ces rimes ont aussi été comptées déjà (v. p. 83).
*) Pour non , t ouj ou rs, jamais, aujourd'hui, bien, v. chap. III.
Notons 241 eau : secundo — 5;U (/rants : crans \ — Secundo est tout à fait latin et céans est tombé en désuétude. — 1)91 (à r) iniprocisade (: ballade) est une locution adverbiale assez rare^ i)uis(iue Littré n'a (lu'une citation à donner, prise chez Jean-Jacques Rousseau. M. Rostand ne craint i)as d'employer les longs adverbes 1353 inévitablement (: moment) et 15 13 métaphoriquement (: dénient), bien ({u'il évite en g-énéral de se servir de ces lourds vocables en ment. Mais dans le dernier cas, il en fait usage pour ])roduire un eft'et comique: (.yrano atfirrae à de (luiche qu'il tombe de la lune. „J'en tond)e" dit-il,
1513 Et je n'en tombe pas métaphoriiiuement.
Quant au premier cas, c'est pour annoncer qu'il va parler sérieusement que Cyrano quittant le ton des Précieuses, prononce avec lenteur :
1353 Le moment vient d'ailleurs, inévitablement.
Et je plains ceux pour qui ne vient pas ce moment. On nows sentons qu'en wou^ une amom* noble existe ^) Que chaque joli mot que nous disons rend triste.
Enfin la rime pas : repas revient 5 fois et non : nom, 3 fois.
3) adverbe : verbe (v. p. 88) Le seul adverbe intéressant est dans la rime 1489 {sera :) etccetera.
5) adverbe : pronom (v. p. 96). Il y a dans notre drame 14 rimes de cette sorte. L'adverbe là, qui ne joue au fond qu'un rôle secondaire dans la phrase, mais sur lequel la voix peut s'appuyer avec fermeté, se trouve six fois parmi ces rimes, et aujourd'hui : lui (pr.) trois fois.
6) Les rime selon la formule adverbe : adverbe sont plus nombreuses. Il semble que nous touchions ici à un des rares points faibles de la versification de M. Rostand. Des rimes,
1) Ce vers est remarquable, soit dit en passant, par l'assonance profonde ou et les nasales voilées qui rendent bien l'état d'âme, la tristesse de Cyrano.
en effet, comme là : voilà (619 et 2419) aussi : ainsi (879 et 1981), si^) : aussi (2073) contenant les mêmes éléments étymologiques (sur lesquels portent la rime) ne peuvent être considérées comme bonnes, au point de vue de la sémantique. Il en est de même des trois rimes où i)as (nég.) est accouplé à has (959, 1405, 2379) et des 7 rimes où bie7i sonne avec rien (185, 201, 499, 991, 1067, 1289, 2061). Non seulement ces adverbes n'ont guère de „ corps" pour le sens, mais ils forment encore des rimes fort banales.^) Même remarque s'appliquerait à oui : aujourd'hui (1833, 2303), n'était la difficulté de trouver une rime à oui.
7) adverbe: adjectif (non qualificatif) 1 cas: 1989 à jeun : un:, à jeun, locution adverbiale.
8) adverbe : conjonction; 2 cas : ce sont les rimes banales mais : jamais (117, 1977).
9) a d V e r b e : i n t e r j e c t i 0 n ; 9 cas. Nous en reparlerons.
E. Pronoms.
Nous analyserons en bloc les 75 rimes dans lesquelles se trouvent au moins un pronom. Remarquons d'abord que les rimes de cette sorte sont, comme celles des adverbes, assez nombreuses. Ceci encore doit être attribué à l'effort de l'auteur voulant rendre la langue de ses héros conforme à celle de tous les jours. La plus grande partie de ces pronoms sont, comme on peut s'y attendre, personnels. Il n'y a que 22 exceptions, et dans celles-ci, 12 ont un pronom démonstratif: 1549 ceci : roussi — 1781 cela : coula — 1357 ceux : deux — 2367 celui : nuit - 1273 celui-ci : ici — 295 éthicelle : celle, etc. Les autres sont 101 musicien : le sien — 381 importun : quelqu'un — 739 parfum : quelqu'un — 1655 la vôtre : autre — • 193 craque : chaque — 1761 (avec) quoi : Buquoi. Ces deux dernières présentent assez d'intérêt:
^) si ■— sic.
^) «V plus loin le chapitre III consacré à cette question.
163 Allez courir tous les cabarets: le ,,Pressoir
D'or", la ,.P()iiniie de Pin", la „Ceinture qui craque",
„Les deux Torclics", „les Trois Entonnoirs" et dans chaque Laissez un petit mot d'écrit . . .
Chaque est mis ici au lieu de chacun et c'est sans doute encore un cas où la grammaire a dit se plier à l'exigence de la rime. Littré dit à ce propos : ^) ^^cJiaque ne doit pas se confondre avec chacim\ chaque doit toujours se mettre avec un substantif au(piel il a rapport". Mais Mat/ner''^) n'est, avec raison semble-t-il, pas aussi absolu que le grand lexicographe. Après avoir fait remarque que cette substitution se rencontre en ancien français et dans le parler populaire de nos jours, il a soin d'ajouter: „Aucli findet man chaque bisvveilen bei guten Scliriftstellern", et il cite Bernardin de St-Pierre. M. Rostand peut donc en appeler à de „bons écrivains", si on le chicane sur cet emploi de chaque. Ce cas est à rapprocher de la faute du vers 239 :
J'ai deux raisons dont chaque est suffisante seule.
Chacun à la place de chaque détruirait l'alexandrin.
C'est une observation du même genre que nous ferons à la rime des vers 1761 et 1762:
Hier, à Bapeaume, on vit la fureur avec quoi J'ai fait lâcher le pied au comte de Buquoi.
Aujourd'hui quoi (précédé d'une préposition) ne peut plus se rapporter au substantif que ce pronom remplace.^) Cette forme, commune encore au temps de Louis XIV, disparaît de plus en plus, remplacée par le lourd „lequel, laquelle, lesquels, lesquelles". M. Rostand ne s'en est-il servi que pour les besoins de la rime? Sa pièce ne nous donne point d'autre exemple de cet emploi.
Passons maintenant aux pronoms personnels. Presque tous se rencontrent: 145 moi : froid — 1893 toi : pourquoi — 1297
1) V. Dictionnaire, s. chaque et chacun.
2) Cf. Mâtzner, Franzôsische Grrammatik, III, Auflage, Berlin 1885, p. 167.
3) ibid. p. 157.
soi : reçoî — 835 fous : nous — 1421 vous : doux — 1758 eux : gg^^x — 1081 telle : elle — 1047 m'en : roman — 2259 lui : réduit — 1381 vertu : commences-tu — 337 Ulton : visite-t-on — 635 péril : remuerait-il — 2113 laissez-les : allais — 1841 la : làj etc.
Nous avons déjà compté les rimes suivant les formules: p r. : n 0 m propre (p. 76)^ p r. : n o m c o m m u n (p. 83), p r. : V e r b e (p. 88), p r. : adjectif qualificatif (p. 94), p r. : adverbe (p. 95).
1) p r 0 n 0 m : p r 0 n 0 m , un seul cas : 819 moi : toi.
2) pronom : adjectif (non qualificatif), 1 cas: 1357 deux : ccax.
3) pronom : conjonction, 3 cas : ijourquoi rimant 535 et 2009 avec moi, 1893 avec toi.
4) pronom : interjection, 2 cas : ma foi ! : moi
(859 et 1757).
Avant d'abandonner ce chapitre, nous roudrions attirer l'attention sur ceci: un pronom personnel conjoint ne peut, à première vue, par sa nature même, former bonne rime, pour le sens. Il est trop intimement lié au verbe pour qu'il puisse en être détaché. Cependant cette règle n'est pas absolue; nous en trouvons une belle preuve dans „ Cyrano" :
1841 Mais. . . ne plus la revoir jamais . . . voilà l'horrible! Car enfin je ne la . . . — nous ne la . . , — tu ne la . . .
L'oreille et le sens sont pleinement satisfaits par cette rime la, amenée ainsi. Cette remarque peut se faire aussi à propos de lui pronom conjoint, quand suit un enjambement:
1997 En la voyant tu lui ... — Parle vite ... tu lui , . » As écrit plus souvent . . .
(V. aussi 413, 791, 1221, 2057, 2339.)
F) Adjectifs (non qualificatifs).
Il n'y a, dans „ Cyrano", qu'une vingtaine de rimes oii un adj. (non qualif.) est accouplé à un autre mot. 16 de ces adjectifs
soDt des noms de nombre. Ceci ne doit point étonner, étant donné les fonctions de ces adjectifs (possessifs, démonstratifs, etc). Nous avons déjà vu la manière dont se répartissent ces rimes.*) Il ne nous reste qu'à com])ter 1585 6m/^W«;s' (interjection) : 6-/^^ Ces rimes ne présentent point d'intérêt (piant au sens de l'adjectif. Nous ne citerons que 2389 cette : yazette:
Mais tout à l'heure alors . . . cette faiblesse . . . cette? . . . C'est vrai, je n'avais pas terminé ma i:;-azette.
C'est un cas de plus à rapprocher de ceux dont nous venons de nous occuper. La répétition de cette donne à ce mot une force qui lui permet de porter la rime, malgré son rôle sémantique secondaire. — 473 quelconque : conque et 1823 aucune : rancune, sont les deux autres cas où l'adjectif ne désigne pas un nombre.
G) Conjonctions.
Les rimes où se trouve au moins une conjonction sont au nombre de 16. Mais, comme on peut s'y attendre, se rencontre dans 5 rimes et pourquoi ou quoi dans 7. Nous n'avons point relevé d'exemple diine conjonction accouplée à une coujonction, à une préposition ou à un adverbe. Pour la répartition de ces rimes, nous renvoyons aux paragraphes respectifs. Ici, nous nous contenterons de citer: 357 quart : car — 89 Phédon : donc — 1621 cependant : prudent.
Mais la plus intéressante est sans contredit 413 farce :p)arce.
Le Portier Vous ne dînez donc pas?
- Cyrano
Moi ? . . . Non.
(Le portier se retire.) Le Bret
Parceque ?
Cyrano (fièrement)
Parce . . .
(Changeant de ton, en voyant que le portier est loin) Que je n'ai pas d'argent.
Par sa fonction, 2)arce ne peut se trouver à la rime, si celle-ci doit encore être „rime". Mais M. Rostand, par ce jeu de scène et la répétition du mot, a fort bien réussi à tourner la difficulté et à faire accepter cette rime extraordinaire.
H) Prépositions.
Les rimes où nous trouvons une préposition accouplée à un autre mot ne peuvent pas être nombreuses, vu la nature de la préposition: „mot qui se met devant un autre" i) pour l'unir à celui qui précède. A cause de leurs fonctions adverbiales, nous n'avons pas rangé voici et voilà parmi les prépositions, mais parmi les adverbes. Il n'y a dans „ Cyrano" que 7 cas où une préposition rime avec un verbe, un substantif, ou un adjectif.
265 Mais vous allez quitter la ville? — C'est selon.
Mais le duc de Caudale a le bras long! — Moins long Que n'est le mien ....
1561 .... C'est un fou, — mais c'est un fou savant. Non, je n'imitai rien de ce qu'on fit avant.
795 Vous me direz plus tard. Maintenant, je ne puis.
Cent hommes ! Quel courage ! — Oh ! j^ai fait mieux depuis.
1171 .... On est pour lui? — Non, — contre!
Vous le voyez? — Très peu. — Partout on le rencontre.
Dans ces cas, les prépositions terminant et la phrase et le vers, peuvent porter la voix comme le demande la rime et l'emploi n'en est aucunement répréhensible. En est41 de même dans les vers qui suivent?
Christian 2057 .... Je ne veux pas de cet amour !
Moi, je veux être aimé plus simplement pour . . .
1) Chassang: „QTammaire française", p. t75.
Roxane
Pour
Ce (lu'eii vous elles ont aimé jusqu'à cette heure!
1220 .... Sur quoi, selon rotre coutume,
Comptez-vous aujourd'liui l'interroger?
Eoxane
Sur . . .
Cyrano
Sur?
Il est clair que iwur et sur n'ont pas assez de corps, en eux-mêmes, pour porter la rime, encore moins s'il y a enjambement. Mais nous retrouvons ici le moyen auquel notre poète a recours si souvent dans des cas semblables : la répétition dans le vers, du mot qui sera à la rime. Celle-ci est ainsi préparée, amenée, et satisfait, jusqu'à un certain point du moins, le sens et l'oreille. —Dans la rime 1189 enfin, c'est la suspension du sens qui permet à la voix démarquer la préposition à la rime:
1189 J'ai les ordres sur moi qui vont être transmis
A chaque compagnie, à l'instant même, hormis . . . Celui-ci.
J) Interjections.
Dans 48 rimes, l'un des mots au moins est une interjection. Nous croyons que ce nombre est relativement grand, et il faut sans doute reconnaître ici aussi, la tendance de M. Rostand à rendre son style, et surtout son dialogue, naturel, réaliste. Pour la répartition de ces rimes, nous ne pouvons que renvoyer aux pages précédentes. 11 suffit que nous ajoutions que dans deux cas, une interjection rime avec une autre interjection:
1633 Ventrebieu! qui va làV — Bergerac! — Ventrehieu
Qui va là? — Bergerac, imbécile. — Ah! grand Dieu!
2387 Ah! j'en étais bien sûr! il est là! — Tiens, parbleu! Il s'est tué, Madame, en se levant. — Grand Dieu !
Ces deux rimes laissent d'autant plus h désirer qu'elles sont en réalité formées du même mot, p a r bleu étant un euphémisme pour pardieii (par Dieu) et ventrebieu pour c o r p s D i e u, où Dieu est au génitif, selon un emploi fréquent en ancien français. Le mot Dieu se retrouve dans plusieurs interjections encore, usitées par Cyrano et ses cadets de Gascogne: 1677 pardi (^pardi e u) : grandit — 483 parbleu : bleu — 803 Pocap^dedious ^) : lotis — 1585 cadédis ^) : six — 2287 fou : vertuchou. ^) — Voici les autres cas où nous relevons l'interjection Dieu à la rime : 843 Bichelieu : grand Dieu! — 519 Ah ! mon Dieu ! : peu — 1281 justes dieux! : mieux.
Diable et ses transformations se rencontre moins souvent au contraire : ê^oS^iable : effroyable — 1263, 1631 diantre : rentre — 184o"'-(fIj y entre : diantre.
Les autres interjections sont de nature et de forme très diverses; 129 marié : hé! hé! — 93 oh! oh! : Cyrano — 1501 Ho! ho! '. trop haut — 153 Hein! : main — 2109 là : Ah! — 1493 Hum! : post scripttim — 2335 oh! : Fontainebleau — 699 Hou!^) : chou — 1137 peu : peuh! — 821 Théophraste ' Baste! — 1971 peste! : reste — 1649 Hélas!: Arras — 1457 Holà! : là^) — 181 7 Ahj bien ! : revient — 71 halte! : Eivesalte — 563
*) Ce jurement ne se trouve ni dans Sachs ni dans Littré. D i o u s est sans conteste la forme altérée de Deus; cap vient de c a p u t ; quant à p o serait-ce une transformation de per ou pro? Le mot signifierait ainsi par le chef de Dieu.
2) Cette interjection se compose des mêmes éléments que la précédente, moins par. Dis présente la même transformation de d i o u s en provençal que di (pardi), de dieu en français.
^) Littré: juron de l'ancienne comédie (?) Transformation de vertubleu, pour vertudieu.
*) Cyrano
.... Voici deux sonnets de monsieur Benserade
La Duègne Heu! ...
Que je vous remi^lis de darioles.
La Duègne, changeant de figure
Hou!
^) Holà étant composé de h o + 1 à (adv.) la rime laisse à désirer, en théorie,
Allons! : oioloiis — 1943 terre : tonnerre! — 403 noitoean : bravo! — 175 silence! : coninience — 2120 Feu! : 2)eu — 859 ma foi! : mo/. — Dans la rime 1505, cnc,crac (: Benjerac) doit imiter le bruit que fait la clef dans la serrure, et dans la rime 213 (Cf/rano : ) cocorico contrefait le chant du coq. Bûjre (1009 tigre : bigre !) est le jurement aloiici de boitf/re : (^=:b u l g a r u s).^ Viédaze (1947 clédaze : topaze?) est un ternie provençal formé de) vectis et aze (âne).^) Enfin dans le vers 341
Campagnard: Hé, ardé! O'est-y un nez? Nanain! C'est queuqu' navet géant <ni ben queuqu' melon nain!
Nanain est une transformation de n e n n i (non illud).^)
On le voit, M. Rostand a su tirer un merveilleux parti des interjections si diverses que i)ossède le français. En général, ces mots ont assez de „ corps", aussi bien au point de vue sémantique qu'au phonique, pour porter la rime.
Essayons de résumer ce trop long chapitre. Les rimes où l'un des mots au moins est nom commun sont les plus nombreuses (807—246^), plus viennent les verbes (464—69), les adj. quai. (294 — 20), les adverbes (181 — 17), les noms propres (140—8), les pronoms (75— 1), les interjections (48 — 2), les adjectifs (20—0), les conjonctions (16 — 0) et enfin les prépositions (8 — 0). M. Rostand a donc eu recours, pour former ses rimes, à toutes les espèces de mots que possède lefrançais.^) Le nombre d'adverbes, d'interjections, de pronoms et de noms propres qu'il a employés est remarquable et montre dès l'abord le souci qu'a pris l'auteur de rendre son style naturel et réaliste. M. Rostand, de plus, évite en général de mettre à la rime deux mots de même espèce, et en cela il donne raison à Banville : on s'en convaincra en comparant les chiffres ci-dessus, entre parenthèses. Cette comparaison est d'un extrême intérêt: elle nous démontre que, pour M. Ros-
1) V. Littré à ce mot et Kôrting, 1. c. Ile éd, 1639.
2) V. Littré s. v. M. Korting ne l'a pas recueiUi.
8) Littré ne donne pas nanain (première syllabe non nasalisée.) *) Le deuxième chiffre nous donne Me nombre de rimes où les deux mots sont de même espèce.
5) L'article excepté.
tand, les rimes })réj). : prêp., conj. : co/ij., adj. : adj, sont défendues; pron. : pron, (1 sur 75) et intj. : intj. (1 sur 24) sont plus blâmables que n. pr. : n. p)}. (1 sur 17) et adj. q. : adj, q. (1 sur 15). Enfin v. : v. et n. a. : n, c sont admises 1 fois sur 6 et 1 fois sur 3.
3) De la banalité de certaines rimes.
Les rimes que nous avons passé en revue dans les pages précédentes nous ont déjà prouvé que l'excellent versificateur et poète Rostand sait admirablement choisir, renouveler ses rimes. Il est toutefois nécessaire que nous consacrerions un mot aux rimes banales de „ Cyrano", car il y en a, même dans „ Cyrano de Bergerac".
T. de Banville recommande, en son Petit traité „ d'éviter comme la peste les accouplements de rimes avilies par leur banalité".^) Il ne donne cependant qne trois exemples de telles rimes: gloire : victoire, lauriers : gtierriers, jour : amour. Quicherat, qui ne cite pas les rimes de Banville comme banales (nous ne savons pourquoi, si ce n'est par oubli?) en ajoute une quinzaine qu'on „doit éviter, comme trop communes". 2) ^Tous les deux „métriciens" seraient contents de M. Rostand. Bien que son drame „de cape, d'épée et d'amour", lui eusse donné à chaque vers l'occasion de parler de victoire et de gloire,^) de lauriers et d'amour, il n'a pas utilisé une seule fois ces accouplements de rimes usées. Nous avons déjà montré avec quelle grâce, il a su rajeunir la rime Bonjour : Amour. ^) Sauf ce cas, amour ne se trouve à la fin du vers que pour former rime avec des mots autres que jour et toujours. Telles sont 61 cour : amour — 1729 amour : tambour. Pour ce qui conserne jour-. 1653 et 2243 jour : tour, et toujours — 1233 discours : — 1465 tambours : — 1665 secours : toujours -- 2191 toujours : velours.
3) Ce mot ne se trouve qu'une fois à la rime: 2418 n oire : gloire, ^) V. ci-dessus p. 75.
Alarmes : larmes est coïKlaniiicc p;ir Qiiichenit. Cette rime ne
se trouve qu'une t'ois daus notre (euvre:
1427 N'avez-vous i)as . . .
Quittô le badina^e et glisse sans alarmes
Du sourire au soupir, et du soupir aux larmes?
1835 larme rime par eontre avec chimne et 2131 avec armes.
Quand Quicherat rejette la rime illustre : Imire, il entend sans aucun doute /«^s/r^ pris au sens figuré ^) ou de lus t ru m, mais non le „chandelier de cristal, de cuivre ou d'autre substance à plusieurs branches ".2) Et c'est justement dans ce sens-ci que M. Rostand s'en est servi:
27 Vous verrez des acteurs très illustres . . .
Les mouchoirs . . . Montfleury — Allumez donc les lustres!
Notre poète n^emploie qu'une fois la rime lieu : Dieu, (lue Quicherat admet dans la liste des rimes banales. Et encore Dieu est-il pris ici en interjection, ce qui aténue sûrement la faute:
13 Ne se croirait-on pas dans quelque mauvais lieu!
Buveurs ... Bretteurs .. Joueurs ... — Un baiser. — Jour de Dieu !
Voltaire^) s'est déjà élevé contre la rime somm(?.s : hommes. „Le peu de rimes de notre langue fait que, pour rimer à Itommes, on fait venir comme on peut „Le siècle où nous sommes, L'état où nous sommes, Tant que nous sommes". M. Rostand n'a pas cru devoir éviter cette 'rime, mais il n'a pas eu besoin de cheviller. Jugez-en plutôt:
Boxane 793 Cent hommes contre vous? Allons, adieu. Nous sommes De grands amis.
Cyrano Oui, oui . . .
1) „Eclat que l'on compare au brillant des choses lustrées". Littré.
2) Littré, s. V.
^) V. Quicherat, note 1 de la page 45.
UoMtne Qu'il m'écrive! — Cent hommes!
Autres cas: 307 koittiite : (en) .somme — • 989 homme : nomme. Voilà toutes les rimes banales qui, condamnées par Quicherat, se trouvent chez M. Rostand. On le voit, leur nombre est plus (lue minimal. Mais nous aimerions en ajouter quelques autres qui nous font l'impression d'être banales et que Quicherat semble avoir comprises dans Vetc. qu'il met à la iîn de sa liste. Telles sont :
1) viais : jamais. Elle se rencontre deux fois dans „ Cyrano", 117 et 1977. On peut croire que le poète s'est etîbrcé de l'éviter, car dans les autres cas oii un de ces mots est à la lin du vers^ il rime à 1205 permets — 1G25 jjromets — 1821 aimais — 2037 mets ( -.Jamais).
2) Non : novr.^ nous relevons trois fois cette rime, 2(31, 907 et 2371. Non rime iibourgîiignon{^91) et h groc/non {i22d),
3) Bien : rien est une des rimes les plus communes dans Cyrano. Elle ne revient pas moins de sept fois, mais à des intervalles très espacés: v. p. 96. Dans cinq autres cas, la banalité est évitée: 231 vénitien : bien — 1377 mien : rien — 2167 vient : bien — 2223 rien : main — 2383 rien : sien.
4) Pas (nég.) : bas. Cette rime est usitée trois fois (959 1405, 2379). Mais l'écœurante rime (dirait T. de Banville) trémas: i^as ne se rencontre qu'une seule et unique fois (249), et c'est Cyrano qui, parlant aux Précieuses, l'emploie en imitation de leur manière de langage :
. . . Belles personnes, Rayonnez, fleurissez, soyez les échansonnes De rêve, d'un sourire enchantez un trépas. Inspirez-nous des vers, mais ne les jugez pas.
Un fait qui sui prendra peut-être, c'est que la rime pas : repas ne revient pas moins de cinq fois, et cela à des inter- -V ailes assez rapprochés (411, 507, 639, 1685, 1937).
5) ânic : nhaddinc : fhiiuiuc. : femme. \a\ i)rcniière do ces rimes est représentée trois fois, les deux îuitres, une t'ois seule. Car on ne peut eomi)ter comme rime banale ItJOn^ où ((((me est interjection:
Dame!
Je m'en étais chargé, j'interprétais ta flamme.
Les mots qui peuvent rimer à dame ne sont pas fort nombreux : Sonnner*) n'en donne ({u'une quarantaine. C'est pour([Uoi notre poète n'a pas hésité à s'aider des passés définis, si lourds et si communs: 47 Mesdames : aimâmes — 817 g-ardâmes : dames. Cependant î)01 rames : dames — 1915 Madame : Vidame et 1927 femme : att'ame sont des preuves de [dus de l'habileté du versificateur à trouver de belles rimes.
6) chose : rose : ow. Ces rimes, qui jouent un si g-rand rôle dans la lyrique, sont parmi les plus fades de la langue française. M. Rostand ne les emploie (pie rarement dans son drame. Voyez vous-même s'il a su leur redonner le piquant, la vie qui leur manque:
La Duègne
517 On a des choses à vous dire . . .
Cyrano
Des?
La Duègne
Des choses !
Cyrano Ah ! mon Dieu !
La Duègne L'on ira, demain, aux primes roses D'aurore — ouïr la messe à St-Roch.
Cyrano 1471 Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose Arrachez! il y a malgré vous quelque chose Que j'emporte!
1) „ Petit dictionnaire des rimes ^^ançaises".
Si la rime chose : ose revicut trois fois (737, 1423, 1463), M. Rostand a très bien su dans d'autres cas, y mettre plus de variété 251 Bellerose : chose — 613 chose : prose — 965 chose : cause (v,) — 1049 choses : proposes.
7) aime : même est une des rimes qui revient le plus fréquemment (669, 853, 1127, 1235, 2047). Par contre: 509 même : blême — 1247 aime : thème — 1251 aimes : crèmes — 2071 blême : aime.
8) Encore : adore est i)lutôt du domaine lyrique. Cette rime se rencontre trois fois dans „ Cyrano". Par contre: 2003 aurore : encore — 1829 or : encor — 741, 2249 ignore : encore — 1143 dévore : encore — 1569 encor : essor.
10) blonde : m.onde. Nous entendons cette rime assez banale aux vers 465 et 2185. Autre part, elle ])roduit meilleur effet: 1371 inondes : blondes — 2209 monde : profonde — 2365 seconde : m(mde.
Voilà les cas de rimes banales que nous tenions à énumérer encore dans le „ Cyrano de Bergerac" de M. Rostand. Il est clair que nous n'entendons pas condamner ces rimes. La notion de rime banale ne peut être que toute subjective, et nous avons vu d'ailleurs que les exemples de rimes où l'un des mots seul est banal, sont toujours plus nombreux que ceux où tous les deux font la mauvaise impression produite par une rime usée. Bien : rien, avec sept cas et aime : même avec cinq, sont les plus fréquentes. Avouons que, sur 1238 rimes, c'est un beau résultat. Remarquons que M. Rostand n'a pas utilisé une seule fois la rime cœur : bonheur, „avilie, traînée dans la boue" si souvent. Cœur ne rime qu'une seule fois avec le même mot: 125, 1055 cœur : peur; — 1305 cœur : hauteur — 1329 cœur : pudeur — 11437 fleur : cœur - 1149 cœur : flatteur. —
Nous ne rencontrons non plus qu'une seule fois : chemin : main (2457) — arbre : marbre (2455) — moi : toi^) (819) — ennemis : amis 2) (935) et deux fois soleil : vermeil (1369,
^) Sur 12 cas ; où l'un de ces mots est à la rime, ^) Sur 9 cas.
1741). Kéjouissons-noiis eiiliii de la manière dont notre poète
a traité les substantifs abstraits en t('^\ lOC))) coté : beauté
10:^5 bontés : arrêtez — loi 3 été (snbst.) : clarté — 1477 écoutez : volontés — 2?)21 majesté : fébricité — 2041 friDolité : beauté. Cette dernière rime seule laisse a désirer. (V. ]>. 78)
Parvenu à la lin de cette étude, nous aimerions déclarer que c'est avec intention que nous nous sommes, en .i:,'énéral, abstenu de conclure et de généraliser. Pour le faire avec cliance de rester dans la vérité, il faut attendre (^ue les termes de comparaison avec d'autres auteurs soient donnés.
Entin, on trouvera peut-être que nous n'avons pas toujours fait; au cours de ce travail, tous les renvois qu'on jugera nécessaires. Cela tient au peu de caractères dont disposait l'imprimerie, hors d'état d'imprimer plus d'une feuille à la fois.
Index
des principaux mots traités dans la 11^ partie
amandine adj. 93.
angélique s. f. 82.
bougre 103.
bourguignote 80.
cadédis 102.
chaque 97.
choir 68, 86.
citronnée s. f. 83.
courre 86.
désentripailler 87.
diaphane 92.
duègne 81.
échansonnes 77.
éduquer 86.
épouvantement 83.
fébricité 78.
gaster 78.
godron 79.
grimpement 79.
grive 81.
holà 102.
imaginative s. f. 82.
improvisade 95.
litharge 80.
luminaire 81. maître-queux 83.
matutinal 92.
mazette 79.
métaphoriquement 95.
nanain 103.
nasigère s. m. 81.
nuageux 92.
opimes 93.
quoi 97.
parbleu 102.
pétuner 86.
pocapdedious 102.
postère 78.
poupelin 75.
récalcitrer 86.
ridicoculiser 85.
rivesalte 84.
rossoli 82.
Trahoir 76.
trisser 86.
ventrebieu 102.
vertuchou 102.
viédaze 103.
Table.
Introduction 7
Phonétique.
1) De la gamme des rimes employées dans ,, Cyrano de Hergerae" 9
2) Des voyelles de la rime 21
3) De la consonne d'appui 25
4) De l'allitération et de l'assonance dans la rime ... 42
5) De l'élément rythmique portant la rime 50
6) De la succession des rimes 52
7) De la longueur des mots à la rime 59
8) De l'orthographe de certaines rimes 60
9) De la prononciation de certaines rimes 65
(La conclusion aux chap. 8 et 9 se trouve p. 67.)
Sémantique.
1) Des rimes homonymes (et synonymes) 67
2) Quels mots sont employés à la rime? ...... 73
(Substantifs 74 — Verbes 84 — Adjectifs qualificatifs 92 — Adverbes 94 — Pronoms 96 — Adjectifs 98 — Conjonctions 99 — Prépositions 100 — Interjections loi.)
3) De la banalité de certaines rimes 104
Index 110
Thèse a.
Die von F. Bournon neuerdings im „ Paris- Atlas", von Larousse (1. Lieferung) aufgestellte Etymologie von Lowvré? (=row«;r^, V œuvre << opéra [opus]) ist entschieden zu verwerfen.
Morfs Annahme („Geschichte der neueren franz. Litteratnr" Strassburg 1898, S. 35), Castiglione habe seinen „Cortegiano" auf Veranlassung des Konigs Franz L beendet, ist in dieser Fassung unwahrscheinlich.
Die Erdkunde ist auch in den oberen Klassen aller hoheren Lehranstalten beizubehalten.
Lebenslauf.
Icli, Frédéric- Albert Schenk^ wurde ani 14. Aug-ust 1.S73 iu La Heutte (Jura bernois, Schweiz) als Solin des Uhriimcliers Adolphe Schenk (y 1881) und seiner Ehefrau Adeline, i;eb. Landry (f 1885) geboren. Den ersten Unterricht enipfing ich in den Priniarschulen zu Péry und La Heutte. Ini Jahre 1888 trat ich, als Freischiiler, in die École normale von Porrentruy ein, welche ich 1892 mit dem Zeugniss verliess, um eine Lehrerstelle anzunehmen. Zuerst wirkte ich an der École secondaire zu Corgémont, dann am Waisenhaus zu Courtelary. Obgieich nnbemittelt, wollte ich g-erne mich weiter bilden, nahm eine Stelle in Schierensee (bei Kiel) als Hauslehrer an, und entschloss mich, ein halbes Jahr spâter, die Universitât Kiel zu beziehen. Hier habe ich von Michaelis 1893 bis 1898 besonders Franzosisch, Géographie und Philosophie studiert. Im Frlihjahr 189G erwarb ich mir in der Schweiz das Diplôme d'instituteur secondaire (groupe des langues modernes). Seit 1898 bekleide ich die Stelle eines Lectors der franzosischen Sprache an der hiesigenUniversitat. Folgende Herren Professoren und Dozenten waren meine Lehrer : K 0 r t i n g , K r ii m m e 1 , D e u s s e n , f E r d m a n n , f Glogau, Matthaei, Riehl, Haas, Rodenberg, Wo If, Stosch, Unzer und G a u t h e y.
Allen diesen Herren bin ich zu aufrichtigem Danke verpflichtet, besonders aber den Herren Professoren K o r t i n g ^ K r U m m e 1 und D e u s s e n fiir das herzliche Wohlwollen, welches sie mir immer entgegen gebracht haben.
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