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Études sur la société française

Les études rassemblées dans ce volume ont été publiées à des dates plus ou moins récentes, dans le Journal des Débats. Sous leur apparente diversité, elles ont ce point commun d'être, ou tout entières ou par quelque côté, des études de mœurs. Elles s'attachent moins à distinguer et à apprécier les formes diverses du talent ou de l'art, qu'à jeter un peu de lumière sur cet éternel fonds de la nature humaine, qui est lubjet attachant par excellence, puisque le talent et l'art qui s'appliquent à l'observer et à le décrire valent surtout par la vérité ou la vraisemblance de leurs peintures. Ce fonds se découvre plus sensiblement dans les œuvres que j'ai étudiées de préférence: Mémoires, Lettres^ Confidences ou Notes intimes; l'auteur y laisse voir un peu plus de l'homme; il y peint non des êtres-

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OU des sentiments imaginaires, mais des personnages qui ont vécu, des joies et des peines qui ont été éprouvées, des passions qui ont jeté de vraies flammes. Ce genre d'œuvres a en propre ce qui manquera toujours à la fiction, l'intérêt et le charme des choses qui sont arrivées ; le génie, quand il s'y rencontre, n'y est que le don d'exprimer la réaUté en traits plus saisissants; s'il y fait défaut, l'accent d'une âme sincère, la simplicité d'un récit fidi'le ont du prix encore et quelquefois uii attrait d'autant plus vif qu'il ne s'y mêle aucune sorte de prestige.

Je ne suis pas sorti de la France, sauf une fois où la comparaison m'a paru instructive entre un pays voisin et le nôtre, mais je ne me suis enfermé ni dans une époque ni dans une classe de la société française. Du siècle du grand roi à celui du peuple roi, en passant par les orages de la Révolution; des vieilles maisons seigneuriales à nos foyers bourgeois ou aux mobiles pénates des artistes de génie échappés de la plèbe ou de la bohème; du pétulant et pétillant châtelain des DcUces et de Ferrioy à l'humble et doux infirme, notre contemporain, qui chante ses souffrances dans un coin perdu des Vosges, j'ai volontiers abordé toutes les formes de la vie. Partout où la vie brille, elle attire, et cet attrait s'accroît de ses nuances, de

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ses contrastes, de ses multiples vicissitudes: elle émeut plus fortement notre imagination, elle fait notre cœur plus large et plus sympathique, en môme temps que notre esprit moins superbe et moins vain, au spectacle et comme au contact de la diversité et de l'instabilité des conditions et des fortunes humaines.

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