Partie interne du même
Pain.
Ivoire végétal du phytéléphas.
Bois.
Brins de coton.
Sucre candi (bientôt dissous dans la liqueur.;
Intérieur d'une poire (non chauffé).
Fragment d'os.
Albumine sèche.
Fibrine sèche.
Aucune de ces substances n'a déterminé de cristallisation en masse , ni immédiatement, ni après plusieurs mois.
B. Autre méthode plus restreinte.
Avant que je ne fusse en mesure d'employer cette méthode de projection d'un usage général, que je viens de décrire, j'avais eu
recours, pour certains cas particuliers , à un autre procédé beaucoup plus restreint , que je crois devoir indiquer ici , parce que les résultats qu1l fournit sont à l'abri de toute objection.
L*appareil employé [PL I, fig, 10] se compose de deux ballons  etB soudés par le col enC. Perpendiculairement à la direction des cols des ballons sont également soudés, en D et en E, deux tubes de verre qui permettent de faire communiquer Tintérieur des ballons avec l'atmosphère; ces tubes sont légèrement étranglés en G et en F. A Taide de cet appareil , j'ai pu constater facilement que les corps avides d*eau et susceptibles des'hydrater, tels que les sulfates de fer, de cuivre , calcinés , étaient bien réellement sans influence sur la sursaturation, et voici comment: par le tube GE, j'introduisis dans le ballon B une solution concentrée de sulfate de soude , et par le tube FD une solution également concentrée de sulfate de cuivre ou de sulfate de fer ; je portais les deux ballons àTébullition, de manière à chasser tout Tair ;puis, au bout d'un certain temps , je scellai à la lampe le tube DF en F; je maintins l'ébullition en modérant le feu sous le ballon B, puis, continuant de chauffer le ballon A, je déshydratai complètement le sel qu'il renfermait ; quand cette opération fut terminée, je scellai le tube EG en G, et j'abandonnai l'appareil à lui-même pendant quelque temps; après plusieurs jours je transvasai peu à peu lesulfale de soude du ballon B dans le ballon A , en inclinant doucement et agitant de manière à détacher le sel déshydraté et à éviter toute élévation de température sensible dans la liqueur.
Je vis, au bout de quelque temps, le sulfate de cuivre prendre une teinte bleuâtre qui se communiqua au liquide. Dans un autre appareil, le sulfate ferreux anhydre , qui est d'un blanc gris, prenait une teinte d'un vert sale. Il y avait donc bien hydratation lente des deux sels. Pendant quatre jours, à différentes reprises, j'agitai les liqueurs;iln'y eut point decristalhsation, même après plusieurs mois et même plusieurs années. L'hydratation est
excessivement lente ; les liquides et les poudres qui y sont en suspension conservent la même teinte pendant longtemps.
Le même appareil m'avait servi à démontrer le peu de fondement de cette autre assertion de M. Terreil ' : c Tous les corps solubles dans les liqueurs sursaturées y déterminent la cristallisation lorsqu'on les y jette. » Du sulfate de soude en solution fut introduit dans le ballon B , ainsi que du sulfate ferreux ou du sulfate de cuivre dans le ballon A , comme il a été dit plus haut. Je portai à Tébullition et je.scellai à la lampe les deux tubes F et G successivement, mais sans dessécher les sels de fer et de cuivre. Le lendemain, une abondante cristallisation de sulfate ferreux se trouva dans le ballon Â, et également une cristallisation de sulfate de cuivre dans le ballon  d'un appareil semblable au précédent , au-dessous d*une eau mère fort peu abondante de sulfate de fer et de sulfate de cuivre. Les liqueurs restant limpides par l'agitation , et toute strie ayant disparu , le sulfate de soude sursaturé fut mis en contact avec chacun des sels, après avoir décanté d'abord dans le ballon B les petites quantités d'eaux mères des ballons A. Les deux sulfates ne tardèrent pas à se dissoudre en partie , et cependant la liqueur ne cristallisa point comme l'avait annoncé M. Terreil.
Il faut, du reste , procéder avec la plus grande circonspection dans toutes les expériences de ce genre. Souvent des ballons mal pr^arés se prennent au bout de quelque temps , lorsque le liquide est amené en contact avec quelque point de leur paroi , et Ton est exposé à attribuer à un corps étranger un effet qui n'est dû qu'à une mauvaise disposition de l'expérience. J'ai vu cependant les liquides de ballons bien préparés se prendre au bout de quelques jours ; mais en examinant attentivement le point d'où semblait partir la cristallisation, je finissais par reconnaitre une petite fissure en cet endroit ; le liquide avait donc
4 Comptes-rendus , 24 septembre 1860.
pa s'infiltrer par capillarité et veoir cristalliser au dehors, et la cristallisation se propager à Tintérieur. D'autre fois, c'était la pointe trop fine du tube, à Tendroit du scellement, qui s* était cassée , et la rentrée de Tair avait pu déterminer la cristallisation.
C'est pour ces motifs qu'il faut proscrire d'une manière absolue tous les bouchons en liège dans ces sortes d'expérience , ou même les tampons en coton comme les employait M. Schrôder; ils ne préservent que pendant un temps variable les liqueurs sursaturées, comme il le dit lui-môme, lorsqu'il admet que la forc€ inductive de l'air n'est jamais nulle ; il aurait dû ajouter : h force inductive n'Qsi jamm nulle lorsque les ballons ne sont pas bien bouchés ; elle l'est toujours , au contraire; quand ils sont bien préparés et scellés à la lampe.