POUR
cernant le pouvoir pathogène des cultures de bacilles filtrées sur bougie Berkefeld. Le résultat des expériences de Fontès a été contesté par presque tous les auteurs qui en ont entrepris le contrôle. Telle est la force des idées préconçues même à une époque où les idées de Claude Bernard font partie de la doctrine officielle. Ainsi jusqu’en 1922 la théorie de la fixité du bacille du Koch est unanimement admise. Les formes ‘ atypiques du germe tuberculeux occupent bien encore quelques chercheurs (Bezançon et Philibert, Vaudremer, etc.), mais ce n’est qu’à la suite des vérifications des travaux de Fontès et de leur réhabilitation que la doctrine du polymorphisme triomphe complètement. Cette vérification a été faite en 1922 par Vaudremer: après lui, de très nombreux auteurs ont constaté la filtrabilité des cultures de bacilles de Koch, des produits tuberculeux provenant de n’importe quel animal et la possibilité de régénération des formes bacillaires au moyen de passage par l’animal. Seule, la culture de l’ultravirus n’a pu être réalisée sauf par Vaudremer dans ses premières recherches. A l'heure actuelle, l’existence de l’ultravirus n’est mise en doute que par un très petit nombre d'auteurs qui prétendent la possibilité de passage de fragments de bacilles à travers les bougies, ces fragments suffisant à régénérer le bacille (Lange et Clauberg).
Nous avons suivi dans ses grandes étapes cette série de recherches qui fut d’abord peu connue, puis arriva à force de patience et par la valeur de ses arguments à être admise dans le courant principal
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des idées. Si la conception d'un bacille de Koch à caractères fixes a pu susciter d'innombrables travaux de grande valeur, nous croyons que la doctrine du polymorphisme, se rapprochant plus encore de la vérité, permettra d'effectuer un progrès considérable en phtisiologie. Depuis huit ans on s'occupe sérieusement de la question et, déjà, presque tous les grands problèmes ont dû être révisés à la lumière des données nouvelles. Nous allons envisager successivement les formes acido-résistantes, les formes visibles, mais non acido-résistantes, et, enfin, les formes fil-
trables du virus tuberculeux.
A) Les formes acido-résistantes du virus tuberculeux.
Le bacille de Koch, sous sa forme classique, semble être une des espèces microbiennes les plus perfectionnées pour le parasitisme en milieu animal. On peut dire que la durée et le succès d’une infection dépend du quotient suivant :
immunité du microbe contre l’anticorps : ie 7 »
immunité de l'organisme contre le microbe.
Or, tout porte à croire que le bacille de Koch est plus
immunisé contre nous que nous ne le sommes contre lui. Cette immunité est le résultat d’une longue adaptation de l'espèce. L'adaptation à la vie parasitaire s'accompagne fréquemment d’une inaptitude à vivre dans tout autre milieu que celui de l'hôte parasité, phénomène qui a été très bien reconnu chez les vers
neo
intestinaux. Il semble encore actuellement que, sous sa forme acido-résistante, le virus tuberculeux est un parasite obligatoire ne pouvant végéter que dans des milieux riches en substances organiques se rapprochant par leur composition de celles de l'organisme animal, On tend à considérer que l’acido-résistance, le parasitisme obligatoire, la production de tuberculine et une partie tout au moins des propriétés pathogènes, sont indissolublement unis et sont peut-être dus aux mêmes modifications chimiques du protoplasma microbien. La composition chimique du microbe et de ses produits de sécrétion solubles a donné lieu à une série de travaux ininterrompus depuis Koch jusqu'à nos jours. Immédiatement après la découverte de la tuberculine on a vu que, d’une part, elle ne représentait pas toutes les toxines du bacille et que, d'autre part, elle ne constituait qu’un produit brut renfermant, en dehors de certaines toxines, une proportion importante d’impuretés, Nous n'insistons pas sur les
divers essais de purification de la tuberculine de Koch
et sur les innombrables produits qui en dérivent par ce moyen. Il nous semble que les découvertes importantes doivent sortir d’une autre série de travaux commencés en 1908 par Auclair et Paris. Ces auteurs, en partant de cultures de bacilles (renfermant donc, comme on le verra, non seulement les bacilles acidorésistants mais de nombreuses autres formes aussi), isolent deux endotoxines de nature lipoïdique : l’une, soluble dans le chloroforme, la chloroformo-bacilline, l’autre soluble dans l'éther. l’éthéro-bacilline. Ces