‹ Études sur la ventilation (volume 2)Chapitre 33 sur 62 · L’introduction de l’air nouveau aura lieu · texte numérisé non relu

L’introduction de l’air nouveau aura lieu

1° Comme l’avait proposé Darcet, au-dessous des loges, des galeries et des amphithéâtres, par des doubles fonds disposés à cet effet sur tout le pourtour de chaque étage ;

2® Par l’avant-scène et par des ouvertures ménagées dans les parois verticales des murs qui séparent la scène de la salle;

3® Par des ouvertures auxiliaires destinées à la ventilation d’été et ménagées, s’il est possible, sous les planchers des corridors à chaque étage de loges, et prenant l’air à l’extérieur.

4. L’évacuation de l’air vicié de la salle aura lieu par des bouches d’appel placées au niveau et au fond du sol des loges ou des galeries, ou dans les parois verticales des gradins des amphithéâtres.

5. La ventilation aura lieu par appel, en utilisant la chaleur du lustre, et, autant que possible, celle de tous les autres appareils d’éclairage, au moyen de conduits d’évacuation des gaz de la combustion, que l’on mettra en communication avec les cheminées disposées à cet effet.

6. La fumée des calorifères sera, par des tuyaux spéciaux, envoyée dans les mêmes cheminées, et l’air chaud surabon-

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

daiît que les calorifères fourniraient à certains moments sera dirigé dans ces cheminées.

7. Des foyers spéciaux pour la ventilation d’été seront disposés au has des cheminées d’évacuation latérales. Leur fumée y sera isolée.

8. Des becs de gaz auxiliaires seront installés dans ces cheminées pour activer l’appel et le renouvellement de l’air, particulièrement en été.

9. Il pourra être établi, au centre de l’édifice, une cheminée d’évacuation qui sera mise en communication avec les tuyaux d’échappement des gaz, du lustre et d’autres appareils d’éclairage.

10. Le volume d’air à extraire de la salle ne devra pas être inférieur à 30 mètres cubes par heure et par spectateur, soit à 90 000 mètres cubes pour un auditoire de 3000 personnes.

1 1 . Les cheminées d’appel voisines de la scène seront spécialement utilisées pour l’évacuation des gaz de la poudre, dans les combats figurés.

Il sera disposé un certain nombre de becs de gaz d’éclairage auxiliaires, et des orifices spéciaux d’appel pour le même usage.

543. Dispositions exécutées au Théâtre-Lyrique. — Les dispositions exécutées au Théâtre-Lyrique pour y assurer la ventilation ont été dans leur ensemble et dans leurs proportions générales à peu près conformes aux prescriptions du rapport de la Commission et au projet adopté par elle, principalement en ce qui concerne la ventilation d’hiver. Mais il n’en a pas été de même, quant à ce qui avait été plus particulièrement indiqué pour la saison d’été. J’indiquerai plus loin comment l’on s’est écarté de ces prescriptions, et je vais faire connaître d’abord ce qui a été exécuté.

Soubassement ou sous-sol. — La prise d’air est faite dans

le square voisin au moyen d’un puits circulaire et de 3“%50 de diamètre, qui, par un conduit souterrain, d’abord cylindrique de 3“,40 de diamètre, et ensuite de sections variables commandées par les conditions de la construction, mais offrant toujours à très-peu près la même superficie, l’amène dans le soubassement du bâtiment (pl. XIV) et s’épanouit sous toute l’étendue occupée par les calorifères et les chambres à air.

Il alimente, d’une part, les calorifères par leur partie inférieure, et de l’autre, les chambres de mélange d’air chaud et d’air froid A A, qui s’étendent sous toute la largeur de la salle. Le conduit de prise d’air ayant ainsi 9™ ‘î,08 de section, et le volume d’air que l’on désirait introduire pouvant s’élever à 51 000 mètres cubes par heure ou. à 14 mètres cubes en une seconde, la vitesse de passage de l’air eût été jde 1“,42 par seconde, ce qui est un peu trop considérable, et fait regretter que [les dispositions adoptées n’aient pas permis de donner de plus grandes dimensions au conduit d’air nouveau.

L’expérience a montré, en effet, que la vitesse moyenne de passage de l’air dans ce conduit n’était que de 0™,74 à 0™,80 en une seconde, et que par conséquent la section aurait dû être de 16 à 17 mètres carrés.

Au sujet de ces conduits de prise d’air, la Commission a appelé l’attention de M. l’architecte sur la nécessité absolue de rendre les galeries et tous les espaces du sous-sol complètement étanches et à l’abri , non-seulement des inondations, mais encore de toute infiltration. Si cette condition n’avait pu être remplie, il aurait fallu renoncer à l’introduction de l’air par des galeries souterraines.

S 44. Rez-de-chaussée. — ^Ainsi qu’on vient de le dire, une partie de l’air nouveau traverse les calorifères et débouche dans la chambre de mélange. Le reste, en volume variable, selon les besoins du service, afflue dans cette chambre par deux conduits verticaux placés à côté des calorifères et dans les deux coffres de mélange A (pl.XIY), où il prend la tem-

DlSPOSITIOxNS PARTICULIÈRES

pérature convenable à l’introduction dans la salle. Ces deux chambres ont ensemble un volume de 185 mètres cubes environ, ce qui paraît suffisant pour opérer le mélange de l’air à une température uniforme. Des dispositions prises empêchent d’ailleurs qu’il ne s’établisse des températures très-différentes aux diverses hauteurs, ce qui aurait eu l’inconvénient grave de fournir des courants d’air à des températures inégales dans les diverses parties de la circulation.

Les deux calorifères destinés au chauffage de la salle présentent ensemble à l’air une section maximum de 9 mètres carrés, ce qui correspondrait, pour un volume d’air à chauffer de 25 000 mètres cubes au plus par heure et de 6“ “=,95 par seconde , à une vitesse de passage de 0“,77 par seconde, ce qui est acceptable. Ils sont plus que suffisants pour les besoins.

De la chambre à air et de chacun de ses compartiments AA partent six conduits, dont

Deux sont destinés à alimenter les conduits d’air nouveaux aux divers étages;

Deux devaient fournir l’air k faire afQuer sur la scène et dans la salle concentriquement à la rampe;

Deux devaient amener l’air dans les conduits ménagés à l’intérieur de la scène, contre le mur qui la sépare de la salle.

Outre les deux calorifères principaux destinés à la salle, il y en a quatre autres, dont deux pour le chauffage des vestibules, des escaliers, du foyer et autres dépendances, et deux pour le service des loges et des foyers d’artistes, ainsi que pour celui de la scène.

545. Entresol. — Orchestre et parterre. — Arrivée de Vaîr,^ Ainsi qu’on vient de le dire, l’air nouveau devait arriver au parterre en partie par une ouverture GG, concentrique à la rampe et recouverte d’une grille dont le développement était d’environ 12 mètres sur une largeur de 0“,30, présentant ainsi un orifice de 3™ “i,60 dont les 0,75 ou 2”''“i,70 seulement pouvaient être considérés comme libres.

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

Le reste de l’air à fournir à cet étage de places devait déboucher par des orifices grillés, ouverts dans les conduits H placés à l’intérieur de la scène.

D’après le projet, la hauteur de ces orifices correspondant à l’orchestre et au parterre devait être au plus de 2 mètres, et leur largeur de 0"%20, ce qui, pour les deux côtés, aurait donné un débouché de 0”'“î,80, réduit à 0”"-%60 par la présence des grilles.

Par conséquent, la somme des orifices libres d’admission de l’air à l’orchestre et au parterre aurait été

Le volume affluent devant être de 14 100 mètres cubes à l’heure ou de 3“"-*,92 par seconde, cela correspondrait à une vitesse de

-1— = i"'*%20 par seconde,

O joU

ce qui était trop considérable et devait présenter des inconvénients, soit pour les spectateurs, soit au point de vue même de la production du mouvement.

Il nous parut donc nécessaire, d’une part, d’augmenter la largeur de l’orifice d’admission par la rampe, que nous crûmes pouvoir être, sans inconvénients, portée à 0"\60, au lieu de 0*”,30, et d’ouvrir aussi des orifices de surface double dans les conduits verticaux H, non dans les faces perpendiculaires au mur de séparation de la face et de la scène, mais dans les faces qui lui sont parallèles.

Au moyen de cette modification, qui était facile à introduire, la vitesse d’arrivée de l’air au parterre et à l’orchestre, devait être réduite à 0“,60 par seconde, en obtenant de même une admission d’air de 3*"-%92 par seconde, ou de 14 100 mètres cubes par heure.

L’on verra plus loin que l’admission de l’air par l’orifice concentrique à la rampe a présenté des inconvénients et a dû être supprimé. D’une autre part, les conduits H du côté

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

de la scène n’ayant pas reçu la disposition ni le développement demandés, il en est résulté une grande réduction dans les passages prévus pour l’arrivée de l’air nouveau.

546. Évacuation de Vair, — L’air vicié est appelé au-dessous du parterre et de l’orchestre par des orifices EE verticaux disposés sous les sièges, et par d’autres orifices ouverts dans le plancher intérieur des baignoires. Une autre disposition, qui consistait à ménager ces ouvertures sous les pieds des sièges, entre deux parois verticales formant un petit canal d’appel au-dessus du plancher, aurait été préférable. Elle n’a pas été employée.

Toutes les ouvertures d’appel dont on vient de parler débouchent dans une sorte de double fond sous le parterre, et de là, par un conduit transversal (pl. XIV), l’air est amené dans les deux cheminées de ventilation FF, qui reçoivent les tuyaux de fumée des calorifères et dans lesquelles on pourrait aussi envoyer l’air chaud surabondant fourni par ces appareils à certains moments.

Il y a au parterre 101 grilles de 0™,25 sur 0“,25, et 50 de 0“,20 sur 0“,20, offrant ensemble un passage d’appel libre égal à au plus, que les parties pleines des grilles peu-

vent réduire à 6 mètres carrés.

Une murette (pl. XIV) partage le dessous du parterre en deux parties égales, suivant l’axe du bâtiment, pour éviter qu’en cas de négligence dans le service du chauffage, il ne s’établisse des courants en sens contraire ou au moins une inégalité trop grande dans les appels.

Les solives du plancher forment des conduits naturels qui dirigent l’air vicié appelé vers des bouches aa, au nombre de 42, ayant chacune 0“,35 de largeur sur 0“,25 de hauteur, et présentant une section de passage de

au lieu de celle de 11“ "i,08 qui avait été demandée. Le volume d’air évacué par l’ensemble de ces orifices s’étant élevé,

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

comme on le verra, à plus de 15 800 mètres cubes par heure, ou à 4“-®,39 en une seconde, il en résulte que la vitesse d’appel à travers les passages libres des grilles a été alors égale à

4m. c QQ

= 0“,73 et celle avec laquelle l’air a traversé les pas-

sages aa égale en moyenne à = 1“,19. Il eût été à dé-

OjD /

sirer que la somme des aires de ces passages eût été plus grande.

Les deux cheminées F d’évacuation de l’air vicié du parterre ont chacune 2™x l“,35 = 2“*'ï,70, ou ensemble 5“-‘î,40 de section; de sorte que l’évacuation de 4“*®, 39 en une se-

conde correspond à une vitesse de = 0“,81 en une

seconde.

Les orifices qui, dans la coupole, terminent ces cheminées F, ont au débouché une section totale de 4““i,74; ce qui détermine à la sortie une vitesse de 0“,92 en une seconde pour une évacuation de 15 800 mètres cubes par heure.

547. Étage. — Arrivée de Vair. — Les cheminées BB, destinées à conduire l’air nouveau des chambres à air aux différents étages de loges, sont partagées verticalement en quatre compartiments, dont un pour chaque étage; ce qui tend à empêcher les appels irréguliers que certaines circonstances locales ou accidentelles pourraient produire. Chacun de ces compartiments porte sur le plan le numéro de l’étagé auquel il correspond, et s’arrête à cet étage.

Il y a ainsi, pour le premier étage, quatre conduits d’arrivée de l’air; ils offrent ensemble une section de passage de 2 mètres carrés. Les conduits verticaux H peuvent aussi contribuer à amener à ces étages et aux autres des volumes d’air assez importants; mais pour cela il est nécessaire que leur section transversale soit augmentée, et comme leur épaisseur a été limitée par M. l’architecte à 0“,20 dans œuvre, et sur largeur à 2 mètres, leur section n’est pour les

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

deux que de 0"'*‘î,80. Il faudrait leur donner, comme il avait été indiqué par la Commission, toute la largeur disponible dans le sens du mur, ce qui du reste est encore facile.

Ils pourraient acquérir chacun une longueur de près de 6 mètres, ou pour les deux 12 mètres; et, avec la largeur de 0*",20, fournir 2“'“i,40 de section, qui, partagés entre les quatre étages au moyen de cloisons minces, donneraient pour chacun, dans la partie inférieure, une section de passage de 0"'-i,60, qui s’agrandirait d’étage en étage, à mesure que l’un de ces conduits s’arrêterait à celui qu’il doit desservir. Au moyen de cette modification, et en supposant qu’au rez-dechaussée l’admission de l’air soit pratiquée dans la face du conduit intérieur à la scène sur une hauteur de 2"%50 et une largeur de 1"\50 de chaque côté, l’on aurait un orifice d’admission de 2"', 50 X 1“,50 = 3™’^,25, qui, réduit par les grilles à 0™,75 de son étendue, fournirait un débouché libre de 2”‘*i,44, par lequel l’air affluent entrerait du côté de la scène à faible vitesse. Des dispositions devraient être prises pour qu’il fut possible de régler les ouvertures de ces passages selon les besoins et selon le degré d’énergie des arrivées d’air.

D’après cela, l’aire totale de passage dans les tuyaux verticaux, qui n’est actuellement, pour cet étage :

parles tuyaux B, que de 2““i,00

par la portion des tuyaux H, que de 0"" "ï,20

Total 2"‘“i,20

pourrait être facilement élevée à 2““i,60.

Le nombre des spectateurs à cet étage devant être de 302, ce qui exige un volume d’air de 302 x 30”'*® = 9060"'*° par heure, ou 2*"-%52 par seconde, la vitesse d’ascension de l’air dans les tuyaux, qui l’amèneraient à cet étage, ne serait que de 0™,89, ce qui est encore admissible.

Quant aux orifices de débouché dans la salle, ils se composent des passages par les doubles fonds des loges, qui ont

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

une aire de réduite par les grilles à 2”-%85, et de

3"^-'i,25, que Ton peut obtenir à ces étages par les tuyaux H, ce qui forme un total de e^’^lO pour écouler 2”*-%12 par seconde, et n’exige pas que l’air prenne une vitesse de plus de 0"%4l par seconde. Si cette vitesse s’élevait à 0*”,70, le volume d’air admis pourrait être de 6“-^,10 X 0“,70 X 3600 — 15 372“' ‘= en une heure.

S 48. Évacuation de Vair, — Les conditions et les dispositions existantes déjà lors de la rédaction du projet ont obligé l’auteur à s’écarter de la disposition prescrite par le programme pour l’évacuation de l’air aux différents étages des loges, et, sur les instances de M. l’architecte, nous avons, à regret, été amenés à accepter l’évacuation par les plafonds.

Outre l’inconvénient d’un renouvellement moins complet de l’air autour des spectateurs, il y a celui d’une perle de hauteur de la cheminée d’appel égale à celle de chacun des étages. Néanmoins l’expérience a montré que l’appel avait eu encore assez d’énergie pour que la ventilation fût assurée.

Le nombre des orifices d’appel ainsi ouverts est de 24. Ils ont un débouché supérieur à 0'»,25 sur 0"%25, et fournissent ainsi une section d’écoulement de 1*^" *i,50. La vitesse moyenne s’y est élevée, le 24 septembre, à 2“\01 en 1", et, le 9 décembre, à 1“,80, ou en moyenne à l'",90 en 1", ce qui correspond à un débit d’air évacué de 10 260 mètres cubes. Le chiffre demandé était de 9060 mètres cubes.

Tous les conduits verticaux qui doivent servir à l’évacuation de l’air vicié s’élèvent vers le comble ; ceux du premier étage sont en saillie dans les loges du deuxième, et s’inclinent ensuite pour passer, ainsi que ceux du deuxième et du troisième étage, dans des murs creux qui entourent les amphithéâtres de ces deux derniers étages.

849. 2'^ Étage. — Arrivée de Vair. — A cet étage, il y a 174 places exigeant 174 x 30"'**= = 5220"^*® d’air par heure, ou 1™’%45 par seconde.

234 DISPOSITIONS PARTICULIÈRES I

Les conduits verticaux d’arrivée offrent une section de | passage de l“*i,50. |

La portion des orifices verticaux des conduits H, qui correspond à cet étage, aurait pu fournir par son grillage une aire de passage libre de l"'‘*‘i,20.

La surface totale de passage pour l’air afflpent par ces orifices aurait donc été égale à

Avec une vitesse de passage de 0“,70 en 1'^, ces orifices auraient pu fournir

2“-i,30 X 0«\70 X 3600 = 8790“ ° d’air en 1 heure.

Mais, pour que ces derniers orifices fussent abondamment alimentés d’air, il aurait fallu que, f été, l’on en pût faire arriver par des conduits horizontaux passant sous les planchers et débouchant dans les murs de face, ainsi que cela avait été demandé par la Commission.

Il eût été nécessaire aussi de donner, comme on l’a déjà dit, beaucoup plus de longueur aux tuyaux H dans le sens de la face du mur de séparation de la scène, pour compenser leur peu de largeur, que les exigences de la construction ont obligé à limiter à 0“,20. ’

Au moyen de ces modifications, la section transversale des conduits H aurait pu être divisée entre les quatre étages, et fournir pour chacun une aire de section qui aurait assuré la circulation de l’air affluent à une vitesse très-modérée, qui, en général, n’eût pas dépassé 0“,70 par seconde pour la ventilation ordinaire.

L’air amené par les conduits B débouche d’ailleurs dans la salle par des doubles fonds, comme au premier>étage.

530. Évacuation de Vair, — La sortie de l’air vicié se fait à cet étage comme au premier étage. Il y a 26 orifices au débouché supérieur ayant 0“,25 sur 0“,25 et offrant ensemble une section libre d’évacuation de l“‘i,625. La vitesse moyenne

d’écoulement ayant été trouvée égale à en 1", cela

correspond à Une évacuation de 4275 mètres cubes à l’heure.

3® ÉTAGE.— im’üee de Vair. — Il y a de même pour cet étage quatre conduits d’arrivée de l’air, qui présentent ensemble une section de passage de

Le nombre des spectateurs y doit être de 278, exigeant 278 X 30 = 8340 mètres cubes d’air par heure ou 2“'*®, 32 par seconde, ce qui supposerait une vitesse de 1“,46, s’il n’arrivait pas d’air parles conduits verticaux H. — L’on ne peut se flatter d’obtenir tout au plus que 0“,80 de vitesse à l’introduction, surtout l’été, attendu que l’on n’a pas d’orifices directs ouvrant l’extérieur.

En augmentant la largeur des conduits H, on pourrait compter sur une section d’admission de 1 mètre carré , ce qui donnerait en tout une aire de passage de 2““i,58, et exigerait une vitesse de passage de 0“,90 en 1", que l’on pourrait peut-être obtenir.

Il eût donc été nécessaire encore pour cet étage d’augmenter l’étendue des conduits H, et de les mettre, pour l’été, en communication avec l’air extérieur.

L’air amené par les conduits verticaux débouche dans la salle par des doubles fonds, comme au premier et au deuxième étage.

531. Évacuation de Vair. — La sortie de l’air vicié se fait à cet étage comme aux précédents. Il y a 24 orifices au débouché supérieur, ayant û“,25 sur 0“,25, et offrant ensemble une section d’écoulement de l“*'ï,56. La vitesse moyenne ayant été trouvée égale à 1“,90 en 1”, cela correspond i à une évacuation de 10 260 mètres cubes par heure, comme au premier étage, supérieure au volume demandé, qui était de 8790 mètres cubes.

4® Étage. — Arrivée de Vair. — Les quatre conduits verticaux qui amènent l’air à cet étage présentent ensemble une section transversale de 1“ 'i,02, et dans le haut une section de 2“ %90.

DISPOSITIONS PARTICULIÈHES

11 doit recevoir 418 spectateurs, auxquels il faut allouer 418 X 30= 12 540 mètres cubes d’air par heure, ou 3“*%49 par seconde. Cela correspondrait à une vitesse de 3“,42 par seconde dans le bas, et de 1“,20 dans le haut. La première est beaucoup trop considérable.

L’agrandissement proposé des conduits H permettra d’augmenter la section d’arrivée d’environ 1 mètre carré et réduira la vitesse à 1“,09, ce qui est même un peu grand.

L’air amené par les conduits verticaux B débouche dans la salle par des doubles fonds, comme aux autres étages.

Évacuation de V air. — L’évacuation de l’air à cet étage se fait par 56 orifices d’appel ouverts dans le plafond et se terminant dans ia coupole par autant d’orifices rectangulaires, présentant ensemble une section d’écoulement de 3™*'î,528. La vitesse moyenne à ces orifices a été trouvée le 24 septembre 1862 égale à 1“,45 en 1", et le 9 décembre 1862 égale à 1"',17; en prenant pour sa valeur moyenne 1*”,3I, cela correspondrait à une évacuation d’air vicié de 16 620 mètres cubes par heure. Il n’avait été demandé que

12 540 mètres cubes pour cet étage.

On voit que le nombre des spectateurs croissant d’étage en étage, les conditions mêmes des constructions existantes ont obligé à restreindre un peu trop les sections de passage de l’air affluent par les conduits verticaux. Les modifications que nous avions indiquées auraient permis de réduire assez la vitesse pour que l’affluence de l’air lût assurée. Il est à regretter qu’elles n’aient pas été exécutées.

En effet, en récapitulant les sections de passage de l’air pour l’arrivée et pour la sortie, et les comparant aux volumes qui devaient les traverser, on peut en former le tableau suivant :

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

Il se produit d’ailleurs dans ce théâtre', comme dans tous les autres édifices, des introductions d’air très-notables par les portes et autres orifices accidentellement ouverts, et le volume d’air extrait des salles dépasse très-notablement celui qui est admis par les orifices spéciaux ménagés à cet effet. Mais ce mode d’introduction donne lieu à des courants d’air désagréables, qu’on ne peut atténuer qu’en se ménageant de larges et faciles entrées normales. C’était pour les obtenir en tous temps, et surtout l’été, que la Commission avait insisté sur l’ouverture d’orifices d’admission directe à travers les murs du bâtiment. Il est regrettable qu’on n’ait pas tenu compte de ses observations.

L’on verra plus loin que, si les restrictions apportées malgré les indications de la Commission, aux dimensions qui avaient été fixées pour les passages d’admission de f air neuf ont réduit ce volume à 25 000 mètres cubes au lieu de 51000 mètres cubes, qu’on espérait avoir avec les dispositions adoptées, à l’inverse, l’activité donnée à l’appel par le système d’éclairage qui a été employé et qui est plus puissant que celui sur lequel la Commission avait compté, a, au contraire, élevé le volume d’air évacué à près de 0,20 au-dessus de celui qui était demandé.

Tous les conduits d’évacuation de l’air vicié débouchent circulairement à la base d’une vaste coupole, comme on peut le voir sur le plan de cet étage et sur la coupe transversale de l’édifice (pl. XIV).

Ces conduits sont au nombre de 74 pour les premier, deuxième et troisième étages, offrant ensemble une section totale -de 4“-‘î,625 au débouché, et de 56 pour le quatrième appelé amphithéâtre, ayant au débouché une section totale de 3'“-‘i,528. Les deux conduits de ventilation du parterre arrivent aussi dans la coupole par une section de 4™ ‘i,739. Par conséquent la somme de tous les orifices d’évacuation débouchant dans cette coupole est de 12^'*i,892, ou de Om.q,oo79 par place. La vitesse moyenne observée a été, comme on le verra plus loin, de 1“,90 pour les premiers,

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

de 1“,31 pour les seconds et de 0“,81 pour les derniers. Par conséquent, si la somme des sections de passage avait été de 23“*'ï54 ou de 0“*^,0143 par place, comme la Commission l’avait d’abord indiqué dans son rapport, une vitesse d’un mètre par seconde, qui n’aurait pas exigé un aussi grand développement de chaleur que celui des 1180 becs de gaz installés dans la coupole, aurait été obtenue facilement et aurait suffi pour assurer une évacuation de plus de 85 000 mètres cubes par heure.

Cette observation rfa pour but que de montrer qu’à l’aide de sections de passage suffisantes, l’on peut, sans employer un aussi grand développement de chaleur que celle qui a lieu dans cette salle, obtenir une évacuation d’air considérable. L’on voit même que l’on pourrait rester au-dessous de la proportion indiquée et limiter la section des conduits verticaux et des orifices de débouchés à 0“ 'ï,01 par place, ce qui, avec la vitesse d’un mètre par seconde, produirait une évacuation de 36 mètres cubes par heure et par place.

S35. Des moyens d' appel, — L’appel dans les cheminées FF est produit par la chaleur perdue par les tuyaux de fumée des calorifères pendant l’hiver, et au besoin pendant l’été à l’aide des foyers spéciaux établis au bas de ces cheminées.

A tous, les autres étages, les becs de gaz d’éclairage des corridors sont pour leur prise d’air et pour l’évacuation des gaz chauds, mis en communication avec les tuyaux d’évacuation des loges.

Il avait été indiqué de diriger vers la cheminée centrale d’évacuation les gaz chauds provenant de la rampe qui devait être enveloppée, afin de profiter de leur chaleur pour activer les appels. Mais l’installation de cette rampe d’éclairage n’ayant pas été satisfaisante dès les premiers jours, l’on s’est empressé de la supprimer, au lieu de chercher à l’améliorer, ce qui eût été possible, puisqu’un système analogue fonctionne à l’Opéra depuis un an.

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

554. Observations sur la description précédente. — En résumé l’on voit qu’une partie des orifices d’introduction de l’air extérieur ont été exécutés selon les prescriptions de la Commission, mais quelques-uns des conduits verticaux d’arrivée d’air n’offrent pas une section suffisante et égale à celle des entrevoux correspondants, ce qui a tenu à la difficulté de coordonner les dispositions convenables pour la ventilation avec la construction , dont les dimensions générales avaient été déjà arrêtées par l’architecte, avant qu’on ne s’occupât de la ventilation, ainsi qu’il arrive malheureusement presque toujours.

Les communications que, pour assurer la ventilation d’été, l’on devait établir directement et à hauteur des divers étages, entre l’air extérieur et les entrevoux, ainsi que dans les gaines verticales du cadre de rideau, n’ont pas été exécutées, malgré une réclamation en date du 7 novembre 1861, c’està-dire en temps utile, transmise à M. l’architecte par le président de la Commission, M. Dumas. Cette altération des dispositions prescrites est très-regrettable, et peut avoir pour la ventilation d’été des inconvénients graves.

C’est, en effet, dans cette saison, alors que la température extérieure ne favorise pas l’introduction de l’air, qu’il importe beaucoup d’ouvrir à son admission les accès les plus faciles, au lieu de l’obliger à monter du soubassement de l’édifice pour atteindre les entrevoux.

555. Effets des prises d'air directes , observés au théâtre du Cirque. — L’utilité de semblables communications directes est évidente d’elle-même, et une expérience faite au théâtre du Cirque, dont on rapportera plus loin les résultats, l’a manifestée d’une manière irrécusable.

Aussi, en signalant à regret la faute que l’on a commise en supprimant ce moyen puissant d’admission de l’air extérieur pour la saison d’été, le rapporteur de la commission ne peut consentir à en accepter la responsabilité.

Quant aux gaines disposées en dedans de la scène et le

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

long du mur qui la sépare de la salle, pour l’arrivée de l’air nouveau, elles n’ont pas reçu non plus le développement demandé et n’ont pas été mises en communication avec l’air extérieur pour la ventilation d’élé, ce qui sera encore pendant cette saison un obstacle à l’introduction de l’air. Après la construction, l’ingénieur, M. d’Hamelincourt, a fait mettre ces gaines en communicalion plus directe d’une part avec les chambres de mélange des calorifères, et de l’autre avec la scène près du cadre du rideau, pour verser immédiatement de l’air dans la salle.

Cette disposition, qui est bonne, a cependant donné lieu à quelques observations : la principale, qui avait été prévue, c’est que les débouchés de l’air dans le voisinage du cadre du rideau ne doivent s’ouvrir qu’à une certaine hauteur, à 5 ou 6 mètres même au-dessus du plancher, afin que les artistes n’en soient pas incommodés.

^5G. Conséquences des observations précédentes. — De ces -réflexions il résulte que des divers moyens de faire arriver l’air dans la salle du Théâtre-Lyrique, le seul qui n’ait donné" lieu à aucun inconvénient, c’est celui qui avait été proposé par Darcet, et qui consiste à le faire affluer par les entrevoux des divers étages de loges. Nous avons regretté de ne pouvoir lui donner plus de puissance par une meilleure proportion des passages.

Ensuite, et comme complément viendraient les orifices ménagés dans le cadre du rideau et dans le tympan, disposés à partir d’une certaine hauteur, mis en communication avec les calorifères d’une part et de l’autre avec l’atmosphère qui, au moyen de registres convenablement disposés et manœuvrés, selon les saisons, peuvent être d’un grand secours pour l’admission de l’air nouveau. Mais l’on devra éviter d’ouvrir ceux qui déboucheront dans les parois verticales du cadre du rideau du côté intérieur de la salle, parce que les spectateurs voisins de l’avant-scène pourraient être incommodés par le courant d’air.

242 DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

Observation relative a V éclairage et à son influence sur V évacuation de Vair vicié. — Les dispositions adoptées pour cette évacuation sont, en général, conformes au programme et au projet adoptés. La plus importante modification qui ait été introduite est relative à l’éclairage de la salle pour lequel on a substitué à la cheminée et au lustre ordinaire prévus, une vaste coupole éclairée par 1180 becs de gaz, dont la lumière traverse un plafond vitré et répand dans la salle une brillante clarté.

Je ne m’occuperai pas ici de l’effet de la lumière un peu jaunâtre, quoique éclatante, que produit ce mode d’éclairage, j’attendrai, pour savoir si la dépense assez considérable qu’il occasionne est compensée par ses avantages, les résultats d’un service plus prolongé et surtout plus régulier que celui qui se fait actuellement, ainsi que l’opinion du public. Je me bornerai à rechercher l’influence qu’exerce sur l’évacuation de l’air vicié, la chaleur développée par la consommation considérable de gaz qui est faite dans cette coupole. C’est ce que je ferai plus loin en discutant les résultats des expéi riences.

Je dois dire cependant, que la construction de cette vaste coupole a permis d’adopter, pour la répartition des orifices d’évacuation de l’air vicié, la disposition très-convenable que l’on trouvera décrite plus loin, et qui est représentée pl. XIV.

Mais il convient, en outre, de faire remarquer que l’intensité de l’éclairage varie beaucoup pendant les représentations et que ces variations influent trop directement sur la ventilation, pour qu’il ne soit pas utile de prendre à ce sujet quelques précautions.

Pendant les actes, quand la toile est levée, il est nécessaire de modérer l’éclairage de la salle, afin de donner aux décorations et aux effets de lumière de la scène toute leur valeur de perspective aérienne. Au moment des entr’actes, au contraire, c’est l’intérieur de la salle qui doit être puissamment éclairé.

Les directeurs de théâtre sont tout naturellement portés à

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

exagérer la réduction de la lumière pendant les actes, et à restreindre son éclat pendant les entr’actes; mais il n’en existe pas moins une très-grande inégalité pendant les deux périodes, dans la consommation de gaz, et par suite, dans la chaleur développée dans la coupole et qui doit contribuer puissamment à l’appel. Et comme, de plus, au moment des entr’actes une partie du public quitte ses places, les couloirs ainsi qu’un grand nombre de passages sont ouverts, il en résulte que l’appel et l’introduction de l’air acquièrent alors une énergie bien supérieure à celle qu’ils ont pendant les actes. Aussi observe-t-on toujours, durant cette dernière période, une élévation, et durant la première une diminution de température très-notables, comme on le verra par plusieurs exemples, et particulièrement pour le théâtre du Cirque.

Il serait cependant possible de faire disparaître ou au moins de diminuer beaucoup cette inégalité, qui conduit le public à ouvrir les portes des loges, en s’exposant à des courants d’air désagréables et même dangereux. Il suffirait pour cela d’établir vers la base de la cheminée générale d’évacuation de l’air vicié un nombre de becs de gaz suffisant pour consommer pendant les actes une partie ou le com[)lément de la quantité totale de gaz affectée à la fois à l’éclairage et à la ventilation. Par des dispositions faciles à réaliser et qu’on pourrait même mettre à l’abri des effets d’une parcimonie intéressée de la part des directeurs, le gaz qui, pendant les actes, ne devrait pas être brûlé dans les appareils d’éclairage, parviendrait forcément à la base de la cheminée d’évacuation, où il serait consommé au profit de la ventilation, et à l’inverse, pendant les entr’actes, toute la consommation serait reportée sur les appareils d’éclairage. De simples robinets à deux voies, suffiraient pour assurer cette répartition alternative.

dispositions à prendre pour éviter le refroidissement de la salle dans les journées d’hiver. — Mais si l’évacuation de

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

Tair vicié est, en général, convenablement assurée au Théâtre-Lyrique, sa réglementation ne l’est pas au même degré, et ce qui est plus important, aucune disposition spéciale n’a été prise pour s’opposer aux rentrées d’air froid dans la salle pendant les intervalles d’une réprésentation à la suivante.

A ce sujet j’ai réclamé, le 2 décembre 1862, par une note adressée à M. le préfet de la Seine, des modifications qui me paraissent indispensables, mais qui n’ont pas encore été exécutées (mai 1863).

Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que si, l’été et même pendant la plus grande partie de l’année, il convient que l’appel ait toute l’énergie possible, attendu qu’alors il n’est pas difficile de donner à l’air nouveau une température telle que celle de la salle se maintienne au degré convenable, il n’en est pas de même l’hiver, quand le thermomètre descend à zéro ou au-dessous. Alors, en effet, la densité de l’air extérieur, devenue plus considérable, tend à imprimer à la ventilation une activité plus grande. La vitesse d’introduction de l’air nouveau s’accroît, ainsi que celle de l’air vicié évacué, et comme on ne peut restreindre sensiblement ni l’une, ni l’autre, il faut au moins se ménager la faculté de régler les orifices des passages.

C’est ce qui a été fait d’une manière à très- peu près suffisante pour les arrivées d’air nouveau, mais non pour les orifices d’évacuation. Il y a bien au débouché des gaines dans la coupole des registres tournants, destinés à régler l’aire de leurs orifices supérieurs, mais ils ne sont pas convenablement établis. Là n’est cependant pas le plus grave inconvénient, il en est un autre plus sérieux.

La cheminée générale d’évacuation qui surmonte la coupole et par laquelle s’échappe, pendant les représentations, tout l’air vicié extrait de la salle, est tout à fait dépourvue de registres, qui permettent de modifier la section du passage et de le fermer complètement.

Or, de semblables registres sont indispensables, non-seu-

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

lernent pour modérer l’évacuation pendant les représentation, ce qui, à la rigueur, pourrait se faire par d’autres moyens, mais encore pour faire cesser entièrement l’évacuation de l’air quand le public est sorti, et surtout pour s’opposer au refroidissement de la coupole, des conduits qui y aboutissent et aux rentrées d’air froid dans la salle, qui en sont la conséquence.

II arrive, en effet, dans l’état actuel des choses, que la cheminée, la coupole et les conduits d’évacuation, qui y débouchent, se refroidissant d’autant plus vite que les deux premières sont entièrement en métal, l’air intérieur y devient de plus en plus dense et que de proche en proche les gaines participant à ce refroidissement, tandis qu’à l’inverse la scène et ses dépendances restant chaudes et étant même chauffées de nouveau dans la journée, il se produit de dehors en dedans des rentrées d’air froid dans les loges et au parterre.

J’ai pu, en décembre 1862, constater ces effets, et j’ai immédiatement demandé, pour remédier à cet inconvénient et à d’autres analogues :

1° La visite et la fermeture, aussi hermétique que possible, de tous les registres d’admission de l’air extérieur dans la salle pour le service de jour.

2° Le remplacement des registres placés aux débouchés des gaines d’appel, par desventelles à coulisses.

3° L’établissement dans la cheminée générale d’évacuation de registres, qui permettent de la fermer après les représentations pendant la saison du chauffage.

Il est bon de faire remarquer, que si les rentrées d’air froid pendant la nuit, dont je viens de parler, ont l’hiver l’inconvénient grave de refroidir la salle, et par suite, la scène pendant le jour où se font les répétitions, et d’exiger un surcroît de dépense très-notable en combustible, qu’il est convenable d’éviter; ces mêmes rentrées d’air peuvent avoir l’été l’avantage de rafraîchir un peu l’intérieur de la salie, si l’on

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

a l’attention de ne fermer alors les registres que le matin, à riieure où la chaleur commence à se faire sentir.

359. Effets généraux de la ventilation. -- On ne détermine pas dans des amphithéâtres, dans une salle de spectacle, dans un local quelconque , une évacuation considérable d’air vicié, sans que des rentrées d’air équivalentes ne s’y produisent soit par les oritices ménagés à cet effet, soit par tous ceux que la construction, la disposition des lieux, leurs abords, plus ou moins directs, peuvent permettre. Ces effets se manifestent dans toutes nos habitations, dans les appartements, dans les salons de réception, et ils sont assez familiers à tout le monde pour qu’il soit inutile de les signaler.

Mais ils sont encore plus sensibles et plus désagréables dans les théâtres que partout ailleurs, et il n’est pas hors de propos de faire remarquer que, dans tous les anciens théâtres, qui ne sont ventilés que par le mouvement d’ascension d’air produit dans la salle et de la scène vers la salle par la chaleur du lustre, les rentrées d’air par les couloirs et par l’ouverture des portes de loges, se font par des courants parfois intolérables, qui, à une chaleur de 28 à 30 degrés, font succéder des arrivées d’air relativement très-froid , venant des corridors et des escaliers à une vitesse de 1“,00 à 1“,50 en 1".

Ces effets, très-sensibles dans les loges, ne permettent pas même d’y ouvrir les vasistas des portes ; ils y amènent souvent de l’air froid par les joints de ces orifices, et rendent certaines loges glaciales, tandis qu’en d’autres endroits de la salle il fait beaucoup trop chaud.

Au théâtre des Italiens, à l’Opéra, par exemple, pendant les ^ entr’actes, l’on sent à l’orchestre jusqu’à une grande distance les courants d’air froid que détermine l’ouverture des portes des baignoires et des couloirs. De semblables effets se manifestent aux galeries et aux amphithéâtres.

S’ils sont inévitables avec des ventilations incomplètes et insuffisantes pour modérer la température, l’on ne saurait

AUX. DIFFÉRENTS ÉDIFICES. 2kïï

s’attendre que lorsque, au contraire, le volume d’air évacué sera accru dans une proportion considérable,, on les fera disparaître complètement ; ce serait trop exiger de l’art de la ventilation ; mais il peut cependant les atténuer beaucoup.

II ne faut pas oublier, en effet, que, quelque bien disposées, quelque larges et nombreuses que soient les canalisations et les' ouvertures ménagées pour l’admission de l’air nouveau destiné à remplacer celui qui aura été extrait par l’appel,.toutes les fois qu’un orifice, tel qu’une porte ou un couloir, sera ouvert, l’air des espaces voisins s’y dirigera et y passera avec une certaine vitesse, parce qu’il aura pour les traverser moins de résistances à vaincre que celui qui est amené par des conduits spéciaux moins directs.

Mais il n’en est pas moins certain que plus on aura soin de rendre larges, simples et directs les canaux, les orifices destinés^ à faire affluer l’air nouveau dans le local à ventiler, plus on diminuera l’intensité, des courants accidentels et gênants.

D’une autre part, l’art a d’autres moyens auxiliaires d’atténuer la sensation désagréable que produisent ces courants, en faisant en sorte que l’air qu’ils amènent diffère le moins possible de la température ambiante. C’est à quoi l’on parvient, dans le cas des salles de spectacle, en multipliant les clôtures, les portes battantes des vestibules, des paliers, des couloirs, etc., et surtout en ayant soin de chauffer l’air des intervalles, qui les séparent, à l’aide de bouches de chaleur spéciales, pour y maintenir toujours une température convenable.

S60. Observations sur le mouvement général de V air dans la salle du Théâtre-Lyrique, — Les expériences préalables que nous avions faites pour comparer les divers modes d’introduction de l’air nous avaient montré que son admission par des entrevoux ménagés sous les planchers, et le versant à peu près horizontalement dans l’espace vide, était le moyen à préférer, puisqu’il ne devait causer aucune gêne aux spec-

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

tateiirs. C’est ce que robservalion a complètement coufirmé, et ce résultat important prouve que cette disposition doit constituer le mode normal d’introduction de l’air nouveau, sans exclure toutefois certains autres moyens auxiliaires.

Après son admission dans le sens horizontal, cet air, qui a perdu sa vitesse d’arrivée et qui s’est mêlé à la masse générale, en en modérant la température, est lentement appelé vers les orifices d’évacuation ménagés au fond des loges ou dans le plafond de l’amphithéâtre. C’est ce qu’il est facile de constater par l’expérience suivante :

En prenant un de ces petits ballons de caoutchouc gonflés de gaz hydrogène, et convenablement lesté pour qu’il ne soit pas trop léger, si on l’amène sur le devant d’une loge à une certaine distance du plafond sous l’étage supérieur, et qu’on l’abandonne à lui-même, on le voit peu à peu se diriger lentement vers le fond de la loge en suivant le plafond, atteindre le plan de la draperie qui limite le petit salon, s’abaisser pour en dépasser l’encadrement, puis gagner d’un mouvement un peu plus accéléré Forifice d’appel, contre lequel il reste fixé.

Cet effet se produit exactement de la même manière dans toutes les loges et à tous les étages, et il manifeste de la manière la plus évidente l’effet d’assainissement que détermine dans la salle l’appel exercé vers le fond des loges, puisqu’il montre aux yeux la marche graduelle, mais peu sensible d’ailleurs, du courant d’air qui entraîne vers les orifices d’évacuation l’air échauffé et vicié, auquel se substitue incessamment de l’air nouveau.

Ce mouvement de l’air, quoique fort lent, n’est cependant pas tellement insensiblCj que l’on n’en éprouve l’effet, et les dames en toilette de soirée, ainsi que les hommes atteints de calvitie, peuvent très-facilement ressentir l’impression légère du passage de l’air.

C’est ce renouvellement continu qui, enlevant les vapeurs produites par la transpiration, fait éprouver une certaine sensation de fraîcheur et permet de supporter sans gêne ou

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

même rend à peu près nécessaire une température de 22®, que l’on trouverait intolérable dans un espace clos où l’air ne serait pas renouvelé.

Tels sont les effets perceptibles à nos organes de la ventilation telle qu’elle a été organisée dans les nouveaux théâtres.

Mais on conçoit que, pour être utiles, sans produire de sensations désagréables, ces mouvements de l’air doivent être réglés avec quelque soin, et non abandonnés à des caprices intéressés ou inintelligents. Celte régularité est d’ailleurs trèsfacile à obtenir, pour peu qu’on en confie le soin à des agents spéciaux.

Passons maintenant à des résultats plus positifs fournis par des observations et des mesures directes.

361. Résultats d* expériences. — Le 24 septembre 1862, avant que le Théâtre-Lyrique n’eût commencé ses représentations, nous avons fait le soir, par un éclairage complet de la coupole, où l’on brûlait environ 200 à 220 mètres cubes de gaz à l’heure, une série d’expériences dont les résultats peuvent se résumer ainsi qu’il suit :

* Désignation Nombre

des des

places. places.

Orchestre, parterre et baignoires. 470

T et 3* étages 754

Amphithéâtre 416

Volume d’air évacué

par heure. par place.

Totaux 1640 67748“", 5 Moyenne 40“*%80

La température extérieure était, au moment des expériences, de 16®, 8; celle de l’air qui arrivait par les entrevoux, de 22®,3, et celle de la salle, de 22®.

Dans le cours de ces expériences, l’on a cherché à s’assurer si les grilles placées au débouché des entrevoux formaient par leurs parties pleines un obstacle de quelque influence à l’arrivée de l’air dans la salle, et par suite à son évacuation. L’on a trouvé que ces derniers volumes d’air étaient sensiblement les mêmes quand ces grilles étaient ouvertes que quand elles étaient fermées. Gela tient à ce qu’il existe,

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

comme on Ta constaté, dans les conduits des rétrécissements, des étranglements, qui diminuent les sections de passage dans une proportion beaucoup plus grande que les grilles elles-mêmes par leurs parties pleines.

Quoi qu’il en soit, cette première expérience faite par un temps chaud et le maintien de la température de la salle à 22*^ montrent que le volume d’air évacué dépassait de 16 748 mètres cubes celui de 51 000 mètres cubes qui était exigé.

Des observations simultanées ont été faites pour déterminer le volume d’air extérieur que fournissait le conduit souterrain, et elles ont signalé un fait facile *à prévoir, mais sur lequel il est bon d’appeler l’attention des architectes.

Le puits de prise d’air est placé dans le square de la tour Saint-Jacques, au milieu d’un massif qui le dissimule à la vue, et, pour le cacher encore mieux, on avait eu la pensée de le couvrir en partie avec du lierre rampant. Tant que ce lierre a été très-peu développé, sa présence n’a pas paru faire obstacle à l’introduction de l’air, et, par exemple, dans le courant du mois d’août, l’on avait constaté le passage d’un volume de 25 524 mètres cubes d’air par heure; mais à la fin de septembre, le lierre ayant pris plus de développement, l’on n’a plus trouvé qu’une introduction de 19 685 mètres cubes ; tandis que quelques jours après, le lierre ayant été coupé, l’on a, par une température à peu. près la même, constaté de nouveau l’admission d’un volume de 26 000 mètres cubes par heure.

On remarquera que le passage d’un volume de 25 000 à 26 000 mètres cubes d’air par heure à travers une section de 9'"“î,3û8 correspond à une. vitesse moyenne de 0“,75 à 0“,80 seulement.

Cet exemple montre combien il importe de ne pas laisser de végétations quelconques se produire dans de semblables conduits.. On sait d’ailleurs que la présence de simples toiles d’araignées suffit souvent pour créer un obstacle complet au passage de l’air dans les conduits et appareils de chauffage et de ventilation.

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

Le 9 décembre 1862, des expériences analogues ont été répétées pendant une représentation, et comme la consommation de gaz et l’intensité de la lumière sont beaucoup plus considérables pendant les entr’actes que pendant les actes, on a eu soin de distinguer les observations faites à ces différentes périodes.

Les résultats de ces expériences se résument ainsi qu’il suit :

Étages.

Orchestre, parterre et baignoires.

1", 2* et 3« étages

Amphithéâtre

Totaux

Nombre

Volume d’air Volume d’air

de

évacué

évacué

places.

par heure.

par place.

Moyenne 36 ,28

Le total de ces volumes, quoique encore supérieur de près de 0,15 à celui de 51 000 mètres cubes exigés par le marché, est assez notablement inférieur à celui qui a été obtenu le 24 septembre ; mais on remarquera que la différence porte principalement sur la ventilation du parterre, qui est faite par la seule chaleur perdue par les calorifères et qui peut, à volonté et selon les besoins, être activée par les foyers spéciaux disposés à cet effet.

Le volume d’air introduit par la galerie extérieure de prise d’air a été trouvé égal à 30 850 mètres cubes par heure, ce qui dépasse de 5850 mètres cubes ou de 0,20 le volume

prescrit par le marché, et correspond pour la salle supposée , . , 30850

pleine = 18™*%8l par spectateur et par heure. Les

expériences comparatives faites pendant les actes et les entr’actes aux mêmes orifices d’évacuation, avec les mêmes anémomètres, ont montré que pendant les entr’actes les volumes d’air évacués étaient supérieurs à ceux qui s’écoulaient pendant les actes, et égaux en moyenne à 1,17 fois ceux-ci. Les observations ayant eu lieu en très-grande partie et presque toutes pendant les actes, l’on voit que la ventilation moyenne d’une soirée est supérieure aux chiffres que nous avons trouvés.

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

Nous avons d’ailleurs calculé les volumes d’air évacués par place en supposant la salle complètement remplie et contenant 1640 spectateurs, tandis qu’en réalité il n’y en avait, le 9 décembre, que 1029 ; de sorte qu’à raison de 60051*”-% par heure, chacun de ceux-ci était ventilé par un volume de 58™*%36, qui ne paraissait nullement trop considérable dans les loges et surtout à l’amphithéâtre.

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