‹ Études sur la ventilationChapitre 60 sur 131 · EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

EXTÉRIEURE

dans

LE CONDUIT de la

cheminée t.

de

température t — T.

de

\Jt — T.

dans

le conduit de la

cheminée.

ni.

Bois

Houille

Gaz. lre série. . .

Gaz, 2e série. . . . /

216. Représentation graphique générale des résultats des expériences faites dans la cheminée du cabinet de la direction du Conservatoire y en brûlant du bo is , de la houille ou du gaz . —

Si maintenant nous prenons les valeurs de sjt — T pour abscisses, et celles des vitesses U de l’air à la température t dans le conduit de la cheminée pour ordonnées, et que nous désignions par les lettres b , bois, h , houille, g> gaz, les points qui appartiennent à ces diverses séries d’expériences, nous

Fig. 36.

trouverons que tous les points ainsi déterminés, malgré quelques anomalies inévitables dans des phénomènes influencés par les moindres variations de température, sont à très-peu près situés sur une même ligne droite passant par l’origine et dont l’équation serait

U = 0,54 \Jt— T,

tandis que la formule théorique nous donnerait U=0,47 \J~Ï.

Cette comparaison montre donc :

1° L’exactitude complète de cette conséquence de la théorie

que, pour une même température extérieure , les vitesses de Vair dans les cheminées sont proportionnelles aux racines quarrées de V excès de la température moyenne intérieure dans la cheminée sur cette température extérieure ;

2° Que la formule théorique fournit des résultats inférieurs dans le cas actuel de ^ environ à ceux de l’expérience, et que, par conséquent, dans des calculs d’établissement, elle peut être employée sans crainte d’erreurs graves.

217. Des cheminées communes à plusieurs conduits . — On sait que, quand un courant d’air produit par l’aspiration circule dans un conduit, la pression qui s’établit dans ce conduit est inférieure à la pression extérieure, et que, par suite, tout orifice pratiqué dans la paroi, toute ouverture offerte par les joints, donne passage à une certaine quantité d’air qui entre dans le conduit par aspiration. Cet effet physique bien connu a été et est souvent utilisé de diverses manières, mais il convient de distinguer avec soin le but et les circonstances des applications que l’on veut en faire.

Le courant principal étant supposé dû à un foyer ou à une source quelconque de chaleur, les courants latéraux qui y affluent sont déterminés non-seulement par l’appel qu’il produit, mais surtout par l’excès de la température qui y règne sur la température extérieure. Tel est le cas de certaines cheminées qui, tout en servant à assurer la marche d’un foyer, sont aussi employées à ventiler par appel des ateliers où se dégagent des vapeurs nuisibles ; tel est aussi celui d’un système de ventilation appliqué à l’Hôpital militaire du Gros - Caillou et à celui de Vincennes. Il est, comme on le voit, tout à fait distinct de celui où le foyer de chaleur échauffe directement et uniquement l’air appelé.

D’autres fois la cheminée ou le conduit commun sert à évacuer les produits de la combustion de plusieurs foyers séparés, dont les conduits de fumée viennent déboucher dans cette cheminée principale, qui sert alors de régulateur à tous ces foyers. Cette disposition, qui est fréquemment employée

Fig. 37.

dans les forges, dans les fabriques de produits chimiques, peut aussi se combiner avec des appels destinés à enlever les vapeurs qui se développent à l’intérieur des ateliers. Les questions qui s’y rapportent se rattachent plus spécialement aux cheminées d’usines, et, comme nous ne voulons nous occuper ici que de ce qui concerne la ventilation, nous nous bornerons au premier dispositif.

En le réduisant à sa forme la plus simple, on peut le concevoir composé d’un tuyau vertical AB, au bas duquel est disposé un foyer de chaleur, et dans lequel s’embranchent latéralement un ou plusieurs tuyaux latéraux C. On conçoit facilement que l’action du foyer dilatant d’abord l’air qui est immédiatement au-dessus détermine un appel par l’orifice inférieur, et qu’à mesure que tout l’air, qui est contenu dans le tuyau vertical AB, s’échauffe, le mouvement s’y accélère, la pression intérieure y diminue, et des rentrées d’air se produisent par les conduits latéraux G.

Le mouvement et les appels, qui en sont la conséquence, une fois établis, il est clair que le volume d’air qui s’écoule par l’extrémité su- ' périeure A du tuyau, est la somme du volume appelé directement au moyen du foyer par l’ouverture inférieure B, et des volumes fournis par des tuyaux latéraux C.

L’effet utile de ventilation se bornant à ces derniers volumes, il est important d’examiner les conditions les plus favorables pour augmenter ces effets et leurs proportions au volume total, ce qui constitue ce que l’on peut appeler le rendement de l’appareil. Commençons d’abord par cette dernière partie de la question, en discutant quelques résultats d’expériences faites au Conservatoire des arts et méliers, à l’aide d’un dispositif semblable à celui que nous venons d’indiquer.

Le tuyau principal AB avait llm,00 de longueur, 0m,24 de

diamètre et Om q,0452 de section, et le tuyau d’embranchement C, incliné à 45° sur l’autre, avait 0m,20 de diamètre et 0m,q,0314 de section. Quatre becs de gaz étaient disposés au bas du tuyau vertical et placés à 0m,10 de l’entrée; ce qui réduisait la hauteur de la colonne d’air chaud à 10m,90.

Quatre expériences ont été faites en observant successivement les vitesses, et, par suite, les volumes dans le tuyau verlical en B au-dessous des becs de gaz, et en A au sommet. La disposition du tuyau G n’a pas permis d’y faire d’observations, mais on a obtenu le volume d’air qui y passait par la différence de ceux qui s’écoulaient en A et B.

On a aussi fait une expérience spéciale en bouchant le tuyau latéral G.

Les résultats de ces observations et les volumes que l’on en déduit sont consignés dans le tableau suivant.

EXPÉRIENCES FAITES AU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS SUR LE TIRAGE LATÉRAL DES CHEMINÉES.

218. Conséquences des résultats précédents. — Les résultats de ces expériences ne sont pas très-concordants, malgré le soin qui a été mis à leur exécution ; mais on ne doit pas s’en étonner, en remarquant qu’elles n’ont été faites qu’à des températures assez faibles, et surtout en observant que même quand aucun bec de gaz n’était allumé, et alors qu’il était naturel de croire qu’il ne se formerait dans cette cheminée en zinc que des courants insensibles, il s’y engendrait cependant des vitesses qui se sont élevées à 0m,70 et même à lm,ll en 1".

On voit cependant que tous les résultats sont d’accord pour montrer que le volume d’air écoulé par le tuyau latéral G est beaucoup moindre que celui qui est entré par l’orifice inférieur B. Cette infériorité ne peut être évidemment attribuée uniquement à la différence des sections dont le rapport est

En attendant que de nouvelles expériences nous permettent de bien démêler le rôle que joue le rapport de ces sections, celles qui précèdent peuvent nous aider à apprécier les effets d’un pareil dispositif appliqué à un bâtiment de plusieurs étages.

Car si la cheminée verticale doit servir à évacuer, outre le volume d’air qui est entré par l’orifice inférieur et qui s’est échauffé après son admission, les volumes d’air que l’on veut appeler à trois étages différents, il est évident que si les orifices d’appel de ces trois étages ont, par rapport à la section de la cheminée, une section encore moindre que celle de notre appareil d’expérimentation, les volumes d’air appelés à chaque étage seront aussi dans une proportion inférieure à celle que nous avons trouvée ci-dessus.

Il y a plus, dans les expériences, le tuyau latéral C était incliné à 45° sur la cheminée AB, circonstance évidemment bien plus favorable à l’introduction de l’air fourni par ce

tuyau que les dispositions ordinaires et à peu près obligatoires des orifices d’appel des locaux à ventiler qui, presque toujours obligent l’air appelé à pénétrer dans la cheminée d’évacuation perpendiculairement à sa longueur.

L’expérience montre d’ailleurs tous les jours que, quand deux courants d’air se croisent et même sont dirigés à peu près dans le même sens, le plus rapide restreint et souvent annule complètement l’autre. Nous l’avons constaté par des mesures directes dans des expériences faites à l’asile du Vésinet. Or ici le courant vertical d’air échauffé par les becs de gaz avait évidemment une vitesse plus grande que celle qui se produisait en C, ce qui devait rendre ce dernier courant bien inférieur à celui qui pouvait se former en B.

La comparaison des expériences du 15 janvier montre d’une manière bien évidente que c’est à la différence des densités qu’est dû le mouvement de l’air dans l’appareil expérimenté. En effet, dans l’expérience 12, où quatre becs de gaz étaient allumés et où le tuyau latéral était ouvert, le volume d’air total évacué par l’extrémité supérieure A du tuyau a été trouvé égal à 0m,c, 1 144 par seconde ; et dans l’expérience 14, où le tuyau latéral était bouché et les quatre becs de gaz également allumés, ce volume a étéde 0m*c, 1170. Or, dans la 14e expérience, où il n’y avait pas d’appel latéral, il est bien évident que tout l’effet produit était dû à la chaleur seule ; il ést donc clair qu’il en était de même dans la 12e, et si le volume d’air sorti en A s’est composé de 0m,c,0913 entré par l’orifice inférieur B, et de 0mc,0231 entré par l’orifice latéral C, cela prouve seulement que, par l’effet de la différence des densités extérieure et intérieure, il se faisait un appel simultané par ces deux orifices ; mais il ne se produisait d’ailleurs aucune autre action mécanique que celle développée par la chaleur.

Il est même évident que si le tuyau latéral avait débouché au-dessous des becs de gaz, ou de la source de chaleur, et avait occupé toute l’ouverture inférieure B, il aurait fourni à la sortie en A le même volume total, et aurait produit, par

conséquent, à lui seul l’effet utile total de l’appareil et un Fig. 38. assainissement plus considérable du local qu’il aurait dû ventiler.

La 11e et la 13e expériences, dans lesquelles les becs de gaz n’étaient pas allumés, mais où les autres circonstances étaient du reste les mêmes, ont aussi fourni pour le volume d’air total écoulé en A des valeurs à peu près identiques, 0m*c, 0578 et 0m-c, 0520, et conduisent aux mêmes conséquences.

Elles ont de plus offert ce résultat remarquable que, malgré l’absence de l’action auxiliaire des becs, le volume total d’air écoulé sous l’influence seule du re-

froidissement de l’air extérieur, a été, dans ces expériences, au moins égal à celui des expériences 2, 5, 6, 9 et 10, où les becs de gaz étaient allumés ; ce qui montre combien l’appel d’une simple cheminée est sensible aux moindres variations de température et de pression de l’air.

En résumé, l’explication des résultats des expériences dont nous venons de parler est tout à fait naturelle ; elle découle de la considération suivante, qu’il nous paraît convenable d’exprimer nettement.

Dans ce système d’appel, l’effet utile n’est obtenu que par l’effet de la dilatation et de la légèreté spécifique de l’air qui pénètre dans la cheminée AB, ou, en d’autres termes, que par l’effet de la chaleur dépensée.

Or, en appliquant, cette chaleur à l’air extérieur qui s’introduit en B par le bas de la cheminée et qui ensuite en abandonne une partie seulement à l’air appelé par le tuyau G, on emploie un agent intermédiaire qui, comme tout autre organe mécanique, absorbe une partie de la puissance motrice d’autant plus considérable que ce volume est lui-même plus grand. Comme, en définitive, c’est la chaleur et non cet air auxiliaire qui produit l’effet de l’appareil, il est évident, a priori , que plus on réduira son volume et plus la chaleur

développée sera directement appliquée à l’air que l’on veut appeler, plus le volume de celui-ci croîtra, ainsi que l’effet de l’appareil.

Il suit de cette remarque qu’il y aurait bien plus d’avantage à faire agir directement la chaleur que développe le foyer sur l’air vicié lui-même, que l’on veut appeler et extraire, qu’à employer, pour produire l’appel et ce que l’on nomme l’entraînement, un volume d’air auxiliaire qui absorbe une grande partie du travail moteur.

Les effets du dispositif que nous venons d’examiner ont été comparés à ceux de cette machine soufflante, simple et rustique, que l’on appelle la trompe des forges catalanes , qui produit, par la descente de l’eau dans un tube vertical, l’aspiration de l’air par des orifices latéraux et dont l’effet utile n’est qu’environ le dixième du travail moteur. Mais malgré l’analogie apparente de çes appareils, il y a entre eux cette trèsgrande différence qu’outre l’effet d’appel, assez faible d’ailleurs, que produit le mouvement de l’air extérieur dans le tuyau vertical, la chaleur communiquée à l’air que contient ce tuyau, en diminuant sa densité, produit un appel bien plus énergique. C’est donc à l’action de la chaleur qu’il faut attribuer les effets des appels latéraux, et dans sa bonne utilisation qu’il faut chercher les moyens d’augmenter l’énergie de ces appels.

On verra plus tard, par les résultats des expériences faites par le service du génie pour l’application de ce système de ventilation par appel, que les considérations précédentes, sur son peu d’efficacité comparée à la dépense qu’il occasionne, ont été complètement vérifiées.

219. Outre les expériences d’étude que j’ai fait faire sur les effets de ventilation produits par la combustion du gaz d’éclairage dans des cheminées en zinc ou en tôle, dont les résultats ont été discutés au chapitre iv, et celles du chapitre v, sur la ventilation des cheminées ordinaires chauffées au bois, à la houille ou au gaz, j’en ai fait exécuter d’autres sur l’ac-

croissement d’activité que l’on peut donner à l'évacuation de l’air vicié dans divers édifices publics ou particuliers au moyen de l’action auxiliaire d’un certain nombre de becs de gaz. Je crois utile d’en reproduire ici les résultats, malgré les divergences qu’ont pu y apporter les conditions particulières et complexes des lieux.

220. Expériences sur les effets de ventilation produits par la chaleur développée par les becs de gaz. — Lors de l’examen des questions que soulevaient les projets présentés pour le chauffage et la ventilation des nouveaux bâtiments du palais de justice, je fus amené à me préoccuper des moyens auxiliaires que, pour des circonstances fortuites et parfois urgentes, l’on pourrait ajouter aux appareils de ventilation.

A cette époque (*) j’indiquai l’emploi systématique que l’on pourrait faire de la chaleur développée par les becs de gaz employés à l’éclairage, dont des essais partiels et isolés avaient déjà montré l’efficacité, et j’annonçai le projet de faire sur ces effets des expériences qui permissent de fixer les idées sur le parti que l’on pourrait tirer de ce moyen. Les expériences dont il vient d’être parlé ont été les premières recherches que j’aie entreprises à ce sujet.

221. Expériences faites au palais de justice. — La question qui nous occupait alors concernait les projets relatifs aux bâtiments des salles d’assises du palais de justice, je crus devoir y faire une expérience d’effet général, propre à montrer ce que l’on pouvait espérer, dans des bâtiments de ce genre, de la chaleur développée par des becs d’éclairage. Une observation importante de M. le premier président de la Cour d’appel avait en effet appelé l’attention sur cette circonstance particulière aux salles d’audience, que l’affluence du public y étant excessivement variable, non pas seulement

(23 juillet 1860). Séance de l’Académie des sciences.

d’un jour à l’autre, mais encore dans une même journée, d’une affaire à la suivante, il en résultait la nécessité d’une grande et presque subite facilité de variation dans la puissance de la ventilation. Comme solution de cette difficulté, je proposai d’essayer l’emploi d’un certain nombre de becs de gaz, et la commission obtint de M. le préfet de la Seine l’autorisation d’en faire établir dans la cheminée d’évacuation du bâtiment de la police correctionnelle. Les expériences ont été faites en conséquence les 5, 15 et 16 octobre 1860.

Le chauffage et la ventilation de ces bâtiments sont obtenus à l’aide d’appareils de circulation d’eau chaude établis par M. L. Duvoir-Leblanc et disposés d’après le système connu de ce constructeur.

La cheminée générale d’appel dans laquelle est placé le récipient tubulaire d’eau chaude est à section quarrée dans sa partie prismatique inférieure et elle devient pyramidale à huit faces dans sa partie supérieure, ce qui présentait quelques difficultés pour une bonne installation, et surtout pour la répartition symétrique des becs de gaz à employer.

Les résultats qui ont été obtenus dans ces expériences ne sauraient donc être les plus favorables que l’on puisse espérer.

Dans cette cheminée et un peu au-dessus du récipient d’eau chaude, dans la partie prismatique à section quarrée et au-dessous de la portion pyramidale, on a établi un tuyau de conduite de gaz de forme quarrée dont les côtés étaient mis en communication, vers le milieu de leur longueur, par quatre autres tuyaux, de même diamètre, formant croisillon et se réunissant au centre de la cheminée. Ce circuit, dont les grands côtés étaient à 0m,20 des murs de la cheminée, portait 48 becs de gaz que l’on pouvait allumer ou éteindre à volonté.

A l’aide de cette disposition fort simple, sur laquelle il est sans doute inutile de donner de plus amples détails, on a pu faire les trois expériences suivantes :

1° Ventilation des salles à l’aide des appareils ordinaires de chauffage à l’eau chaude.

2° Ventilation par l’action simultanée des mêmes appareils et de la chaleur développée par 48 becs de gaz.

3° Ventilation par l’action unique de la chaleur développée par les 48 becs de gaz, aidée cependant des effets de l’aspiration naturelle que la cheminée pouvait exercer sans chauffage.

Pour rendre cette dernière série d’expériences aussi complètement indépendante que possible de réchauffement antérieur produit par la circulation de l’eau chaude, on avait eu le soin d’en fixer le jour au lundi et de faire complètement éteindre le feu des appareils de ce chauffage et vider le récipient supérieur à partir du samedi précédent. On ne peut cependant supposer que les parois de la cheminée n’aient encore conservé aucune partie de la chaleur qui leur avait été antérieurement communiquée, ce qui d’ailleurs est rendu, comme on le verra, assez probable par les résultats obtenus.

La hauteur de cheminée entre l’anémomètre et les becs de gaz n’était que de 3 mètres, et sa forme ainsi que la disposition du tube n’étaient pas, comme on l’a dit, favorables à un échauffement uniforme de l’air; aussi les observations de la vitesse de l’air en divers endroits d’une même section transversale ont-elles présenté des différences assez notables, d’autant plus que, pour opérer à une distance des becs suffisante pour qu’une certaine uniformité se fût établie dans le mouvement général de l’air, il était nécessaire de placer l’anémomètre dans la portion pyramidale de la cheminée.

Quoi qu’il en soit, les résultats s’accordent tous pour manifester d’une manière irrécusable l’influence de la chaleur développée par la combustion du gaz; c’est ce que l’on peut voir par l’examen des résultats des observations consignés dans le tableau suivant.

L’aire de la section transversale de la cheminée dans la-

PRODUITS PAR LA COMBUSTION DU GAZ

quelle l’anémomètre a été placé était de 2m*<q2278. L’anémomètre Combes employé portait le n° 22 et avait pour tare la formule

Nous donnerons d’abord le tableau des résultats immédiats des expériences, et nous en déduirons ensuite les conséquences.

VENT. I

EXPÉRIENCES FAITES AU PALAIS DE JUSTICE SUR LES EFFETS DE LA VENTILATION.

tuiaunage siimiuaiie par les appareils a circulation a eau ei par 40 uecs ue gaz

PRODUITS PAR LA COMBUSTION DU GAZ. 339

222. Conséquences des expériences précédentes. — Il résulte des chiffres consignés dans le tableau précédent.

1° Que l’emploi de 48 becs de gaz consommant, d’après les indications du compteur, 1 mètre cube de gaz ou 9'25" ou 6m,c,37 par heure, a suffi pour porter le volume d’air évacué des salles et des dépendances des bâtiments de la police correctionnelle de 6160 à 11869 mètres cubes.

2° Que l’aclion de ces 48 becs d’éclairage jointe à celle de la ventilation naturelle que continuait à produire la cheminée d appel sans le concours du chauffage, a suffi pour assurer l’évacuation de 7235 mètres cubes par heure.

Sans vouloir déduire de ces expériences, faites dans des conditions assez peu régulières, des conclusions quant au volume d’air dont la consommation d’un mètre cube de gaz peut déterminer l’appel, nous ferons cependant observer que la consommation de 6m-c,37 par heure a élevé la température dans la cheminée de 16°, 85, et le volume d’air évacué par heure de 6160 à 1 1869 mètres cubes. La différence, égale à 5709 mètres cubes, est donc le volume dont la combustion des 6m#c,37 a déterminé l’appel, ce qui revient à

896ra,c

d’air appelé par mètre cube de gaz brûlé; ce qui, eu égard à la température assez modérée à laquelle l’air a été élevé, rentre dans les limites des résultats obtenus précédemment.

Le mètre cube de gaz coûtant à la ville 0f, 15, il s’ensuit qu’un surcroît de ventilation de 1000 mètres cubes par heure

exigerait = lm*c, 116 de gaz et coûterait 0f, 167 à la ville.

Si nous faisions un calcul analogue pour le cas où la chaleur développée par les 48 becs de gaz avait pour seul auxiliaire l’action de l’aspiration naturelle, et où l’on a aussi obtenu l’évacuation de 7235 mètres cubes d’air avec une con-

PRODUITS PAR LA COMBUSTION DU GAZ

sommation de 6m-c,37 par heure, nous trouverions que, dans ces conditions, le volume d’air évacué par mètre cube de gaz brûlé a été égal à

et qu’ainsi l’évacuation de 1 000 mètres cubes n’exigerait que la combustion de 0m*c,881 et ne coûterait à la ville que 0f, 1 32 .

Quoi qu’il en soit de ces estimations, dont les résultats sont, sans doute par suite des dispositions locales, plus favorables que d’autres que nous allons faire connaître, on voit que la difficulté particulière relative aux variations considérables des besoins de ventilation dans les salles d’audience des tribunaux et dans beaucoup d’autres cas analogues, peut être facilement résolue par l’installation d’un nombre assez limité de becs de gaz dans les cheminées générales d’évacuation. Des mesures d’ordre, faciles à indiquer, feraient connaître le moment où l’on devrait recourir à ce moyen auxiliaire de ventilation.

225. Expériences faites à V hôpital Lariboisière. — Les résultats favorables de ces premières expériences m’ayant engagé à les répéter sur un autre établissement, la commission chargée de l’examen des projets de chauffage et de ventilation des théâtres de la place du Châtelet a obtenu, sur ma proposition, de M.le directeur de l’assistance publique, l’installation d’un certain nombre de becs d’éclairage dans les cheminées de deux des pavillons de l’hôpital Lariboisière, dont l’un, le pavillon n° 4 , est chauffé par circulation de vapeur et ventilé par insufflation, et l’autre, n° 3, est chauffé par circulation d’eau et ventilé par aspiration.

Je vais faire connaître les résultats de ces deux séries de recherches.

La cheminée d’évacuation générale de l’air dans le pavillon n° 4 de l’hôpital Lariboisière est en zinc, sans aucun revêtement intérieur ou extérieur en maçonnerie. Elle a ln\30

de diamètre et une hauteur de 2m,20 seulement au-dessus du faîte de la toiture, ce qui n’est pas, àbeaucoup près, suffisant pour utiliser les effets de la chaleur. Cette cheminée en zinc a de plus le grave inconvénient de permettre le refroidissement de l’air qui la traverse l’hiver de sorte qu’à sa sortie l’air y est presque toujours à une température de 7, 8 et ^au-dessous de celle qu’il avait dans les salles, et qu’au lieu de faciliter l’appel elle lui crée ainsi une résistance.

Les becs de gaz y ont été disposés à hauteur du faîte de la toiture, sur quatre conduits circulaires concentriques des diamètres de

0m,20 ; ■ 0ra,46 ; 0m,72; 0m,98;

sur lesquels on a placé respectivement

5, 10, 16, 22 becs; total 53 becs,

que l’on pouvait à volonté allumer ou éteindre en totalité ou en partie.

PRODUITS PAR LA COMBUSTION DU GAZ

224. Conséquences des résultats consignés dans le tableau précèdent. — Les résultats des expériences que l’on vient de rapporter, bien que favorables à l’emploi du gaz, le sont beaucoup moins que ceux des observations faites au palais de justice.

On voit néanmoins qu’alors que le 13 décembre 1860, la machine motrice du ventilateur fonctionnant à 70 tours en r, ou le ventilateur à 280 tours, le volume d’air évacué par la cheminée n’était que dei5512 mètres cubes par heure ou de 54 mètres cubes par heure et par lit, l’emploi de 32 becs de gaz l’a élevé à 6422 mètres cubes par heure, ou à 63 mètres cubes par heure et par lit, et celui de 53 becs à 7066m c par heure, ou à 69mc,27 par heure et par lit, et que le 15 décembre, tandis que la machine motrice fonctionnant à 72 tours et le ventilateur marchant à 288 tours en 1', le volume d’air évacué n’était que de 4835 mètres cubes par heure, ou de 47m c,4 par heure et par lit, l’emploi de 32 becs de gaz l’a élevé à 5781 mètres cubes par heure ou à 56m c,66 par heure et par lit, et celui de 53 becs à 6836 mètres cubes par heure ou à 67m c,02 par heure et par lit.

Si l’influence de l’emploi du gaz, quoique très-notable, a été aussi faible dans ce pavillon, il y a sans doute lieu de l’attribuer au peu de hauteur de la cheminée et à l’emploi du zinc, sans aucun préservatif contre le refroidissement. La première cause réduisait effectivement à bien peu de chose le surcroît d’activité imprimé au tirage, et la seconde en atténuait encore l’effet, en permettant à l’air de se refroidir rapidement, puisque cet air, qui était à 19° dans les salles, n’avait plus que 13° dans la cheminée.

225. Exemple de Vutilitè des becs de gaz comme moyen auxiliaire de ventilation. — L’installation provisoire des becs de gaz dans la cheminée générale d’évacuation du pavillon n° 4 de l’hôpital Lariboisière nous a fourni une occasion assez remarquable de constater l’utilité de ce moyen auxiliaire pour des cas accidentels, et la nécessité de ne pas abaisser dans les

PRODUITS PAR LA COMBUSTION DU GAZ

hôpitaux le volume d’air à extraire des salles au-dessous du chiffre de 60 mètres cubes par heure et par lit.

Dans le courant du mois de février 1861, le nombre des malades reçus dans cet hôpital s’étant beaucoup augmenté, on a été dans la nécessité d’installer dans quelques-unes des salles, et en particulier dans celles du pavillon n°4, des lits supplémentaires, de sorte que dans celles du premier et du second étage, le nombre des lits a été porté de 32 à 42 ou 44. Dès lors la ventilation habituelle, qui n’est en moyenne que de 60 mètres cubes au plus par heure et par lit, quand

il y en a 32, s’est trouvée réduite à — X60 = 45 mètres cubes, et est devenue tout à fait insuffisante. Une odeur trèsforte et très-désagréable régnait dans cette salle.

Je l’ai constaté à diverses reprises , les malades m’ont adressé à ce sujet plusieurs fois leurs observations, et je l’ai aussi fait observer par MM. Tresca et Barrai, qu’une circonstance accidentelle avait conduits dans le voisinage. Au dire des malades, l’infection était surtout très-forte la nuit. J’ai prié alors M. le directeur de l’hôpital défaire l’essai d’un allumage continu, pendant une nuit, des 53 becs d’éclairage établis dans la cheminée générale d’évacuation, et le lendemain, quand je suis venu pour reconnaître l’influence de ce moyen accessoire de ventilation, j’ai pu, par moi-même et par le témoignage des malades, constater une amélioration très-sensible dans la salubrité de l’air.

Le volume d’air extrait avec le concours des 53 becs de gaz et avec l’action du ventilateur ne s’élevant, comme on l’a vu, qu’à 7250 mètres cubes par heure, et le nombre de malades étant alors de 120 environ dans ce pavillon, on voit que celte ventilation correspondait à 60 mètres cubes d’air vicié extrait par heure et par lit, et que si elle suffisait pour entretenir l’air à un degré acceptable de pureté, le volume de 45 mètres cubes par heure et par lit, correspondant à la ventilation ordinaire et restreint à ce dernier chiffre par l’accroissement du nombre des malades, était tout à fait insuffisant.

Je n’oserais affirmer que le grand nombre d’affections érésipélateuses qu’on a observées en ce moment dans ces pavillons fût dû à l’insuffisance de la ventilation ; mais je ne pourrais m’empêcber de regretter que l’installation provisoire de becs de gaz qui pouvait être utilisée dans ce moment fût supprimée après de pareils essais, qui en montrent toute l’utilité éventuelle.

Fig. 39.

226. Emploi des appareils d'éclairage des appartements pour y produire la ventilation. — Les résultats des expériences précédentes montrent tout le parti que l’on peut tirer des appareils d’éclairage pour activer ou produire l’appel et l’évacuation de l’air des lieux qu’on se propose de ventiler, mais il m’a paru utile de constater par une expérience directe, que l’évacuation ainsi produite avait pour conséquence immédiate la rentrée d’air nouveau en remplacement de l’air vicié extrait, pourvu que l’on prît des dispositions convenables.

A cet effet j’ai fait enlever les châssis d’une grande fenêtre d’une salle à manger et j’ai fait remplir l’embrasure de cette fenêtre par un coffre en zinc abcd, partagé par des cloisons verticales eg en trois compartiments; celui du milieu offrait vers le bas et à l’intérieur de la pièce une ouverture t d’appel de l’air à évacuer, et vers le haut, à l’extérieur, un orifice d’évacuation 1 1. Vers le milieu de la hauteur de ce compartiment

Tl

PRODUITS PAR LA COMBUSTION DU GAZ. 347

étaient disposés douze becs de gaz, devant lesquels régnait une enveloppe bombée en verre m m, servant à répandre dans la salle la lumière développée par le gaz.

On conçoit facilement que, par l’effet de la chaleur due à la combustion du gaz, il se faisait par ce compartiment central un appel de l’air intérieur qui s’échappait ensuite au dehors.

Quant à la rentrée de l’air nouveau, elle se faisait par les deux compartiments latéraux, qui avaient à l’extérieur, vers le bas, des ouvertures d’introduction de l’air nn qui permettaient à celui-ci d’arriver à la partie supérieure dans un compartiment oo cintré, selon la forme de la fenêtre, et garni d’une toile métallique sur sa face intérieure, offrant ainsi une ouverture de toute la largeur de la fenêtre et de 0m,20 environ de hauteur, à travers laquelle l’air s’introduisait en filets minces dans le haut de la pièce.

A l’aide de ces dispositions, qui pourraient d’ailleurs être modifiées et rendues d’une installation plus facile, il a été possible de produire une évacuation et une rentrée continue d’air.

Les résultats observés ont présenté d’assez grandes variations, parce que dans la journée la pression du gaz dans les conduits de la ville est faible et variable; mais la moyenne générale a fait voir qu’avec un dispositif de ce genre, qui avait douze becs et développait une assez grande chaleur, la combustion d’un mètre cube de gaz pouvait produire l’évacuation de 390 mètres cubes d’air à une température moyenne de 55° et subsidiairement une rentrée de 400 à 440 mètres cubes d’air frais.

Ces volumes sont bien inférieurs à ceux que nous avons obtenus avec une cheminée droite de 11 mètres de hauteur, et dans la cheminée du cabinet de la direction du Conservatoire; mais on sait que la hauteur des cheminées influe beaucoup sur l’énergie des appels, et de plus nous avons déjà annoncé que les volumes d’air écoulés par appel et par mètre cube de gaz brûlé étaient d’autant plus grands que la température était moindre .

Par tous ces motifs, le volume d’air évacué par mètre cube de gaz brûlé a été, dans ces expériences, très-inférieur à celui qui aurait pu être obtenu si, par exemple, le même nombre de becs avait été réparti soit sur plusieurs conduits, soit dans un conduit d’une plus grande section et d’une matière moins conductrice de la chaleur que le zinc.

Cependant, malgré ces causes d’infériorité, on voit que le cfispositif employé a produit par mètre cube de gaz brûlé :

La sortie 390 à 400 mètres cubes,

La rentrée 400 à 440 mètres cubes.

Or ces volumes, à raison même de 30 mètres cubes par heure et par personne, suffiraient pour une réunion de 12 à 15 personnes, et pour une soirée de 4 à 5 heures ne coûteraient que lf,20 à lf,50.

Si enfin, au lieu d’un simple appareil d’essai, on disposait les becs d’éclairage dans des enveloppes d’une certaine élégance convenablement ornées, on voit que l’on pourrait, sans éprouver les désagréments de l’odeur et en utilisant la chaleur incommode de l’éclairage au gaz, profiter de sa belle lumière et assainir en même temps les lieux de nombreuses réunions.

Il suffira sans doute de faire connaître les résultats des premières expériences que nous avons pu faire pour que des entrepreneurs intelligents d’éclairage s’occupent d’en tirer parti.

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