CONSERVATOIRE
EXAMEN COMPARATIF
Les résultats de ces expériences faites dans des conditions très-voisines de Tidendilé concordent entre eux autant qu’on peut le désirer, et sont aussi d’accord avec les résultats d’ensemble que nous avons rapportés plus haut. Ils conduisent donc aux mêmes conclusions.
509. Observation relative aux défauts que présente V installation des appareils. — J’ai dit plus haut que le système de ventilation par appel établi par M. L. Duvoir à l’hôpital Lariboisière présentait des imperfections, malgré lesquelles il donnait des résultats encore supérieurs à ceux qui étaient exigés par les conditions des marchés. Parmi ces défauts, le principal est le peu de hauteur de la cheminée placée dans les combles, dont j’ai fait voir l’inconvénient en discutant les conditions théoriques d’établissements des appareils de ce genre.
Mais, outre ce défaut fondamental , le dispositif des récipients établis au bas de cette cheminée en présente plusieurs autres. Au lieu d’un récipient unique offrant à la fois la capacité et les surfaces de chauffe suffisantes, l’on a, sans doute successivement, élevé le nombre des récipients jusqu’à 17, offrant ensemble une surface de chauffe de 87m-c,53, qui n’est certes pas bien utilisée et qui aurait fourni des résultats bien plus satisfaisants, si elle avait été mieux distribuée.
L’on doit en effet remarquer que, dans les expériences du 19 août, au pavillon n° 5, il a été impossible de faire des observations dans la cheminée générale du pavillon, par suite d’une projection abondante de vapeur par la soupape de sûreté de l’appareil. Or, la soupape du récipient du pavillon étant soumise à la même charge que celle des autres, et la température maximum de l’air évacué par les cheminées, n’ayant pas dépassé 44°, il s’ensuivrait qu’avec la surface de chauffe de ces 17 récipients l’onne pourrait, sans donner lieu à une évacuation de vapeur, obtenir une température supérieure à 44°; ce qui ne semble pas un résultat satisfaisant pour une aussi grande surface de chauffe.
Mais ce défaut, particulier aux appareils installés à l’hôpital Lariboisière, et malgré lequel ils ont fourni des résultats suffisants , ne saurait justifier une conclusion contraire au système de l’évacuation de l’air par appel.
Dans les notes qui m’ont été communiquées par M.E. Trélat je trouve des expériences qui n’ont pas été insérées dans le rapport qu’il a adressé à l’administration. Comme leurs résultats sont relatifs à la saison d’été et qu’ils montrent d’une manière évidente les conséquences du défaut de contrôle et de surveillance, je crois utile de les mentionner ici.
Le 25 août 1855, la température extérieure étant de 21 à 22°, celle de l’air dans la cheminée d’appel n’était que de 27°, 5 à 28°, 5 près des réservoirs, et de 25° seulement auprès de l’ouverture par laquelle on introduit l’anémomètre, ce qui prouve que les récipients étaient à peine chauffés, puisque dans les expériences relatées plus haut l’on a obtenu des températures de 40° et jusqu’à 44°.
Dans ces conditions, la température des salles était de 22°, 23°, 24°, quelques fenêtres étant ouvertes.
Malgré ces circonstances défavorables, l’on a trouvé, pour les volumes d’air évacués par les cheminées d’appel dans les pavillons, 58ni-c,64, 43m-c,12et40ra,c,61 par heure et par lit.
Ces volumes, quoiqu’insuffisants, sont encore supérieurs à celui qui a été trouvé dans nos expériences et dans celles de MM. Leblanc et Ser, sur le pavillon n° 4, ventilé par insufflation, qui, dans les conditions plus favorables d’une température extérieure de 16°, et avec la même température dans les salles, n’a fourni que 31m c,52 d’air vicié évacué par heure et par lit.
La comparaison des résultats de ces expériences avec ceux que nous avons obtenus le 31 août 1861 montre l’influence de l’absence de contrôle sur les effets que l’on peut attendre de l’aspiration *.
* Je pourrais citer des exemples plus récents encore et bien plus frap pants de l’absence de moyens commodes de contrôle. (Avril 1863.)
EXAMEN COMPARATIF
510. Ventilation des lieux d’aisances . — Cette partie de la ventilation, lors des visites que j’ai faites à l’hôpital Lariboisière, ne m’a pas paru suffisamment satisfaisante, ni aussi bien réglée qu’à l’hôpital Beaujon. Il y avait quelque odeur dans les cabinets, mais au moins les fenêtres y restaient fermées l’hiver. Il y a lieu de rappeler que ces cabinets sont placés à l’extrémité des bâtiments, et que le conduit d’appel des gaz, qui se rend à une cheminée particulière d’évacuation peu chauffée, est beaucoup plus long que les autres. Il serait facile d’en activer le tirage à l’aide d’un ou deux becs de gaz brûlant jour et nuit.
511. Irrégularités dans le service . — Le service du chauffage et de la ventilation est fait par abonnement. Ce mode a certainement des avantages, mais il a aussi ses inconvénients. L’entrepreneur ou ses agents sont naturellement conduits à restreindre le plus possible les dépenses et la consommation de combustible qui assure les effets des appareils.
En hiver, où l’on est obligé de maintenir dans les salles une température fixée et facile à constater à l’aide de thermomètres placés à leur intérieur, il suffit que cette condition soit satisfaite pour que la ventilation soit assurée,^ parce que les appareils sont précisément disposés pour utiliser, à cet effet, la chaleur de l’eau qui y circule. Mais dès le printemps, et surtout en été, où l’on ne chauffe plus les salles et où la température intérieure de ces locaux se rapproche beaucoup, et parfois complètement, de celle de l’air extérieur, le chauffage de la cheminée d’appel doit être conduit avec une attention toute spéciale, pour produire les effets de ventilation, qui ne sont constatés par aucun moyen de vérification ou de contrôle mis à la disposition de l’autorité, ni même du chauffeur.
Il n’est donc pas étonnant que cette partie du service présente des irrégularités et donne lieu quelquefois à des plaintes fondées, quoique les proportions des appareils soient convenables, au moins dans leur ensemble.
Il est cependant facile de remédier à ces inconvénients au moyen d’un anémomètre totalisateur.
312. Conclusions des expériences faites sur les appareils de chauffage et de ventilation par circulation d’eau chaude du système de M. L. Duvoir-Leblanc. — De l’ensemble et de la discussion des résultats d’expériences que je viens de rapporter, nous pouvons d’abord déduire les conclusions suivantes, quant aux appareils auxquels elles se rapportent :
1° Le chauffage des salles pendant l’hiver est régulier et la température y est maintenue au degré convenable et fixé, sans que des irrégularités dans la conduite du feu exercent une influence sensible.
2° Les prises d’air disposées symétriquement sur les deux faces du bâtiment et qui l’amènent directement sous les poêles, en assurent facilement l’arrivée pour ceux du milieu et moins bien pour ceux des extrémités des salles. Leur action est quelquefois troublée par les vents violents d’automne ou de printemps. Pour éviter ces inconvénients, il faudrait recourir aux moyens que nous avons indiqués au n° 2 78,’ ou à l’emploi de ventelles convenablement disposées.
Les sections de passage de l’air à travers les conduits de prise d’air et à travers les poêles sont un peu trop restreintes. Quelques conduits, et particulièrement ceux du pavillon n° 3, sont certainement défectueux et devraient être modifiés.
3° Le volume d’air nouveau admis par les poêles a été trouvé l’hiver de 62 mètres cubes environ par heure et par lit, à une température d’environ 30°. Il pourrait atteindre ce chiffre au printemps et à l’automne, à l’aide d’un chauffage modéré, si les conduits d’arrivée de l’air aux poêles étaient mieux disposés. L’été, il faudrait recourir à des ouvertures auxiliaires qui seraient faciles à établir dans l’imposte des fenêtres.
4° L’ouverture des portes et des fenêtres, loin de troubler la ventilation et de produire des retours d’air vicié dans les salles, active l’appel de l’air, rend l’évacuation par toutes les
EXAMEN COMPARATIF
cheminées plus régulière, et dans la belle saison, pendant le jour, facilite beaucoup le renouvellement général de l’air.
La seule ouverture des portes double le volume d’air évacué des salles.
5° Les lieux d’aisances pourraient être complètement ventilés par les dispositions adoptées, si une surveillance sévère était exercée sur cette partie du service. Il serait cependant utile de recourir à l’action auxiliaire de quelques becs de gaz placés dans les conduits d’appel, qui sont beaucoup trop éloignés des cabinets.
6° Il serait convenable, pour la ventilation d’été pendant la nuit, d’ouvrir des orifices auxiliaires d’introduction de l’air, dans les impostes au-dessus des fenêtres, avec persiennes mobiles dirigeant l’air vers le plafond, comme il a été indiqué précédemment. Une ouverture de 0ni,15 de hauteur sur 0m,50 à 0m,60 de largeur au-dessus de chaque fenêtre serait probablement suffisante. m
7° Il est indispensable , pour assurer la régularité du service de la ventilation, d’établir des moyens de contrôle qui permettent de constater aussi facilement la marche de la ventilation que la température des salles.