‹ Etudes sur la vie de SénèqueChapitre 36 sur 50 · CHAP. VI. — SÉNÈQUE A DIT VRAI. 2G · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — SÉNÈQUE A DIT VRAI. 2G

amants, nous aurions dû voir, aussitôt sa disparition de la scène, Octavie répudiée et Poppée revêtue du titre d'épouse. Or, Néron paraissait si peu y songer alors, que ce ne fut que quati*e ans plus tard qu'il le réalisa * ; et ce ne fut pas sans difficultés. Il avait fallu répudier Octavie ; cette répudiation souleva l'opinion publique ; il y eut émeute à Rome, émeute assez menaçante pour faire plier Néron et le forcer à garder la fille de Claude; et quand le projet fut repris, Octavie fut accusée d'adultère, exilée. Or, à ce moment. Tacite en convient, " Burrhus était mort, et le parti des gens de bien, ^ réduit en un seul chef non militaire, Sénèque, avait perdu ^ l'autorité qu'il avait possédée jusqu'à ce jour. "

Poppée ne pouvait alors ambitionner d'autre titre que celui de maîtresse. Néanmoins l'influence qu'elle exerçait ainsi sur Néron avait dû surexciter la jalousie d'Agrippine, et par suite une haine implacable ne pouvait manquer d'animer ces deux femmes l'une contre l'autre.

Aussi un motif plus vraisemblable, plus sérieux aurait été le désir impatient de Néi^on, désir entretenu et exploité par Poppée', de s'affranchir de l'autorité et de l'influence que sa mère eût voulu conserver ou reprendre sur lui et sur les affaires de l'État.

Mais alors Agrippine, et cela malgi^é l'esprit conciliant quoique ferme de Sénùque et de Burrhus, avait été privée d'honneurs, renvoyée du Palatin; elle n'avait plus de gardes, elle se trouvait abandonnée, réduite à l'impuissance; des délateurs avaient même cru qu'ils pouvaient sans crainte et avec profit dévoiler ou essayer d'établir qu'elle formait un complot contre la vie de son fils. Burrhus et Sénèque avaient

» Tacite, Ann., XIV, 6(Mi8.

« /d., XIV, 51.

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