ARTS DÉFENDUS PAR LES LOIS
On a vanté Texcellence des produits lacédémoniens, on a youIu montrer combien ils étaient renommés et répandas dans le reste de la Grèce. En supposant que le mouvement d'exportation ait été aussi considérable et qu'on ne donne pas trop d'importance à des locutions quelquefois ironiques, quelquefois proverbiales, il faut bien remarquer que ces produits sont toujours les plus simples et les plus usuels. Ce sont, par exemple, les tables, les cbaises, les clefs ; c'est le manteau ou le bâton laconien, ce sont les chaussures d'Amycles, ou bien encore les épées, les casques, les haches, tous objets dont le principal mérite était la solidité. Mais les industries d'une nature plus délicate et qui tiennent de plus près à l'art, le législateur les avait chassées de la ville ; celles qui flattent la mollesse paraissaient dangereuses, celles qui créent le superflu, inutiles. Les artisans, forcés de ne produire que les objets de première nécessité, appliquèrent tout leur soin à les faire commodes, durables, et à les donner au plus bas prix possible. Ces conditions peuvent rendre prospère l'industrie d'un pays ; mais lui donnent-elles jamais de l'éclat et de la célébrité ?