STYMPHALE
plus voisine de rArgolide^ Stymphale, Aléa, Mantinée, Tégée. Dans la partie occidentale, Jupiter surtout était révéré. Faut-il voir, dans ce mariage conclu sous les auspices de Télémus, une tentative pour faire pénétrer la divinité argienne dans le reste de l'Arcadie , et dans ce veuvage, le- malheureux succès de cette tentative?
Pausanias ne retrouva aucun des trois temples de Junon, et, sans dire un mot de la ville, il ne cite que le temple de Diane et sa statue de bois doré. Aussi son silence rend-il très-difficile l'exploration des ruines de Stymphale, déjà si embarrassantes par elles-mêmes.
Le lac est dominé du côté du Cyllène par un promontoire peu élevé , mais qui n'est que roche et escarpement. C'était là l'acropole. Le roc, taillé de toutes parts , le prouve suffisamment. La ville s'étendait dans la plaine, comme l'indiquent les pierres et les ruines nombreuses que l'on apercevait, en 1850, sous les eaux.
Ce qui éveille le plus vivement la curiosité , ce sont les rochers de l'acropole, taillés en mille formes différentes, où l'on retrouve des rues, des escaliers, des salles, des gradins de théâtre, des restes de temples, des murs polygonaux , des traces innombrables ; tout cela
épars^ sans plan^ sans liaison ^ sans lumière, comme xm problème que l'antiquité nous aurait laissé à résoudre. A Athènes, au moins , quand on retrouve sur les rochers qui entourent le Pnyx ces traces du travail des hommes, on sait qu'il ne faut y replacer par la pensée que les étroites demeures des Athéniens, asile suffisant pour des citoyens qui ne demandaient qu'un abri la nuit pour leur tête, et vivaient au grand jour des tribunaux, des théâtres, de la place publique. Mais, à Stymphale, on voit que la ville s'étendait dans la plaine ; et sur une acropole indiquée par des ruines de temples et un théâtre, on ne peut guère penser qu'à des édifices publics. Ce mystère en sera toujours un, du reste : car sur le roc vif il n'y a ni fouilles ni découvertes à espérer pour éclairer le passé.
La route la plus courte pour gagner Nonacris et le Styx est celle qui passe entre le mont Sépia et le Cyllène. Mais le Cyllène , de ce côté, est nu, désolé ; à peine quelques arbustes pourraient-ils abriter les merles blancs qu'y a vus Pausanias. La partie qui regarde Phénée est plus belle et se couvre de sapins ou de riches couleurs, comme pour faire parure au lac. Mais c'est du côté du golfe de Corinthe que le Cyllène apparaît dans toute sa beauté, et qu'on re-