‹ Études sur le terrain houiller de CommentryChapitre 14 sur 23 · TROISIEME PARTIE Par MM. B. RENAULT et R. ZEILLER · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE Par MM. B. RENAULT et R. ZEILLER

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mes cercAES noviii lares be roniiiEiirTiiT

Comme tous les autres dépôts houillers du centre de la France, ceux de Commentry appartiennent, sans contestation possible, au terrain houiller supérieur. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la flore pour y reconnaître, ainsi que l'a déjà fait remarquer M. Payol (i), un ensemble considérable d'espèces caractéristiques de ce terrain : nous citerons entre autres les Sphenopteria cristata., Pecopteris Bioti, Pec. arborescens, Pec. cya* thesLy Pec. hemitelioides, Pec.polymorpha.Pec. unitay Pec. femineBformis , Callipteridium pteridium, Aietkopteris Grandini^ Odontopteris minor^ Dictyopteris Brongniarti, Dict. Schûtzei, Caulopteris peltigera, Megaphyton Mac-Layi, Annularia stellata^ Ann. sphe^ nophylloides, Sphenophyllum oblongi folium ^ Sph, angustifolium^ Sph. longifolium, les divers CaZamodendron, Sigillama Brardi, Sig. lepidodendrifolia, Cordaites lingulatu8, Cord. foliolatus, Poacordailes lineariSj Dicranophyllum striatumet Dicr, gallicum.

(î) Eludes sur le terrain houiller de Commentry, Livre I : Lithologie et Stratigraphie, p. 326.

Aucune de ces espèces n'a encore été reneoenle Houiller moyen, à l'exception de YAlelhapic^ dini et des deux Annulsria, qui appanissit::-! sommet de ce terrain et ont été observés rtezs dans la zone la plus élevée du bassin du Pas-if* mais noyés dans une foule d'eapèces houiUàer nés dont on ne retrouve plus trace à CommeLT n'a en effet recueilli dans ces couches aucun s^ des espèces les plus abondantes dans cette lov^ rieure du Pas-de-Calais, telles que Sphenopls^ tusilobn, Sph. chssrophyltoides , Sph. awii-» Mariopteris muricata,, Pecopteris abbrevi^' thopteris Serli, Nevropterîs rarinerms, hviyi? sub-Brongni&rti, Sphenophy llum emargintt"^ Sigillaires cannelées de toutes sortes.

L'examen do la flore ne peut donc /aisserlesc* doute sur l'attribution au Houiller supérieur d»i ches exploitées à Commentry ; mais il permet M* ser davantage et de fixer plus exactemen' i» * laquelle ces couches se sont formées.

Dans d'autres bassins, comme celui de Vatea*^ ou celui du Gard, où l'on a affaire à des coufi»^ breuses, réparties par faisceaux séparés les ut autres par des intervalles stériles souventcona''^ on a pu, non seulement déterminer avec certila» place à assigner à l'ensemble do la forniaû*"'^ • constater, d'un faisceau à l'autre, des différences**! blés dans la composition de la flore. On esti*^ ainsi à classer chronologiquement des faisceauïfî* rés par de grands eiccidonts et sur les relations'' tuelles desquels on était jusqu'alors resté àas^' certitude.

A Commentry, comme l'a fait remarquer M. f*.^ i

(I) Loc. cit., p. 329.

il n*y a pas à tenter de clausement de ce genre, non que les caractères paléontologiques soient par euxmêmes impuissants à fournir des indications suffisamment sûres, mais parce que les diverses couches du bassin de Commentry. en y comprenant celles de Montvicq, se sont déposées dans un espace de temps trop court pour que la flore ait pu, dans l'intervalle, subir des transformations appréciables : les diverses couches qui, à Commentry, portent les numéros 1 à 6, ne sont, parle fait, que des ramifications de la Grande Couche, et il n'y a pas plus à chercher de difîérences de flore de Tune à Tautre que d'un point à l'autre de la Grande Couche elle-même sur une même verticale ; les bancs stériles qui s'intercalent dans celle-ci, comme le Banc des Roseaux, n'ont dû; d'après les recherches mêmes de M. Fayol, exiger pour leur formation que des temps extrêmement courts (1). Enfin le terrain houiller de Montvicq était déjà à moitié formé lorsque se sont produites les corrosions de la surface supérieure des dépôts de Commentry (2) et les premières éruptions de dioritine. Les diverses couches de houille de la région ne représentent donc qu'un seul et même faisceau, et si la durée de leur dépôt, évaluée en années ou en siècles, semble s'élever à un chifTre considérable, elle n'est assurément pas assez longue pour que la flore ait pu se modifier sensiblement, et elle ne constitue qu'un élément dans la grande période houillère.

Il n'y a donc pas lieu de s'étonner si les diverses parties du terrain houiller de Commentry renferment à peu près les mêmes espèces végétales, conformément à ce que montre le tableau publié par M. Fayol (3). Nous

(1) Loc. cit., p. 205.

(2) /6id., p, 328.

(3) Ibid., p. 130-131.

devons toutefois faire quelques réserves u^ certaineB indications de ce tableau, daos m ou deux dénominations spécifiques pésultMtÉi minations un peu hâtives, qu'un examen pifi^ a conduit à modifler. C'est ainsi, par eiMM VOdontopteria Reichia.na et le SpheJwphuVjirï fragaefolium ne se sont, finalement, pafi «î" présentés panni les échantillons que nous a™ entre le« mains, et que nous n'avons reconiB" de ces deux espèces, que VOdont. miner etd»* diverses du Sphen. oblongifolium. D'autre p très grande majorité des empreintes recueUIiK'' mentry provenait de la Grande Couche ou de**' fications, ou du moins de bancs de schiste ou» situés à peu de distance au toit ou au mur: i n'avons vu qu'un très petit nombre d'échantiUw' partie inférieure du terrain ho*iiUer, et pem-f^^-' flore de celle-ci eût été plus richement repréa eût-il été possible d'y saisir, par rapport i «"^ partie moyenne, quelques diirérenoes de détau.

M. Grand'Eury a signalé notamment (1) I»'^* d'anthracite du Marais comme pouvant être, «^ les espèces qu'il y a observées, parallélisee » couches du système moyen, sinon même au ^ inférieur de Saint-Elienne, tandis que la L-r» Couche, avec celles des Grès noirs et des Pou qui se réunissent à elle du côté de Longeroux, e pondrait à la partie supérieure du système stépbW' 11 est fort possible, par exemple, que VOdont'^P-' Reichiana et quelques autres espèces du mémeoi' existent effectivement dans la région inféri<^'"'^'' nous ne saurions nous prononcer à cet égard, »" * renseignements suffisants.

Nous ne pouvons avoir en vue ici, en raison de la provenance des matériaux que nous avons étudiés, que la région moyenne et supérieure du bassin, dont la flore est, dans son ensemble, remarquablement uniforme. Il y a lieu, toutefois, de signaler des variations assez importantes, d*un point à un autre, dans la répartition des espèces. C'est ainsi, notamment, que l'on a recueilli dans la tranchée de TOuest, au toit de la Grande Couche, de nombreuses Lépidodendrées, Lepidodendron , Lepidostrobus et Lomatophloîos, tandis que du côté de Test on n'a retrouvé aucun spécimen des mêmes genres. Les Lépidodendrées en général, et plus particulièrement les Lepidodendron , si abondants dans le Houiller moyen, paraissant avoir, à partir du sommet de ce terrain, occupé dans la flore une place de plus en plus réduite pour s'éteindre définitivement dans le Permien, on pouvait se demander si les bancs dans lesquels ces types génériques se trouvaient ainsi localisés n'étaient pas plus anciens que les autres.

Les diverses parties d'une même couche n'ayant, d'après les belles recherches de M. Fayol, pas été déposées simultanément, il se pourrait que les schistes qui recouvrent la Grande Couche renfermassent des formes végétales un peu plus anciennes au voisinage du bord du bassin que dans les régions qui se trouvaient situées plus au large.

Nous ne croyons pas toutefois qu'il faille chercher là lexplication d*une localisation qui n'intéresse pas seulement les Lépidodendrées, mais qui semble affecter, bien qu'à un degré moindre, d'autres types génériques et spécifiques ; c'est ainsi, par exemple, que les troncs de Fougères, sans manquer sur d'autres points, sont plus particulièrement abondants dans cette même tranchée de l'Ouest, notamment dans les schistes inter-

calte dans la deuxième couohe, sans qu'on pniic de cette looalisation aucune conséquence su p:: vue de l'&ge du dépôt. En ce qui concerne spécâù les Lepidodendron, il est à noter qu'on a afisK en partie au moins, h des types particuliers, le Lep. Beaumonti&num, rencontré déjà sm ques autres pointa dans le Houîller supérieur, m les limites d'extension duquel on ne possède aucun renseignement précis. On en peut dire» du Lep. Jaraczewskii, qui, en dehors de Ccra try, n'a été jusqu'à présent observé que dans U supérieure du terrain houiller du Pas-de-Cal»; se montrent également divers autres types ^ ques, tels que VAleth. Gr&ndini, VAnnularii f*r'^ et VAnn. aphenophylloides, qui montent de }t te Houiller supérieur pour se poursuivre jusque le Permien. Le Lep. G&udryi, qui en parait très et n'a été, lui, signalé encore qu'à Commentr;, 'ï d'être reconnu par l'un de nous dans des d^ôbfi miens do la Corrèze, où il est associé au CaiU^' conferta. Quant au Lep. obovatum, les échanUUoas en ont été recueillis à Gommentry ne laissent piâ' assez nettement leur cicatrice foliaire pour qa^ reste pas un peu d'incertitude sur leur identifios avec l'espèce du Houiller moyen.

Enfin , le Lomatophloîos fnacrolepidctum * rencontré à divers niveaux dans le Houiller supe'*" et le Loma.t. crasailepis, constituant une espèce velle, ne peut fournir, au point de vue de l'éi'slutU de r&ge, aucun renseignement utile.

Nous sommes, par conséquent, portas i éct^ pour ces diverses espèces, l'idée d'un âge antorieuf reste de la formation, nous rappelant, au surplus, M. Orand'Eury a reconnu également diverses Lép><^ dendrées : Lepidodendron, Lepidostrobus et Lej

phloîoSj dans la couche des Pourrats (1), qui est la plus élevée du bassin.

Parmi les autres classes de végétaux, on observe d'ailleurs, ainsi que nous l'avons fait remarquer déjà pour les troncs de Fougères, des localisations analogues, mais d'une importance moindre (2); certains points du bassin sont aussi plus riches que d'autres en débris végétaux de toutes sortes, comme, par exemple, la tranchée de Forét^ dont la flore est Tune des plus variées et où les mêmes espèces ont été souvent trouvées aussi bien au mur qu'au toit de la Orande Couche.

Ces difTérences doivent être attribuées sans doute à ce que les régions parcourues par les divers affluents du lac de Commentry n'étaient pas exactement peuplées par les mêmes espèces, et que quelques-unes de celles-ci étaient cantonnées de préférence sur certains points. Elles peuvent aussi s'expliquer par ce fait que les recherches ont été plus actives dans telle région que dans telle autre, ou encore par un classement mécanique des débris entraînés, par des remous qui auraient rassemblé les troncs d'un même côté, laissant les feuilles et les débris de frondes s'éparpiller sur une aire plus étendue. Enfin la nature de la roche a exercé aussi son influence, et les débris organiques entraînés ne nous ont pas été partout également bien conservés.

Si nous revenons maintenant à l'examen des espèces reconnues, nous pouvons les répartir en trois groupes : les unes, comme les Pecopteris arborescens, Pec. cyathea, Pec. polymorpha, Alethopteris Grandint,

(1) Grand*Eury, Flore carbonifère du département de la Loire, p. 523.

(2) Fayol, toc. cit., p. 132 et 133.

Calamités Suckowi, Cal. Cuti, Annul^rii f. Ann. sphenophylloides , AsterophyUitei e>^'. formU, Lepidophloîos laricirms, Corda-ites lisçîti Dorycordaites palmaeformis, Poacord&ites iirji etc., H rencontrent dans toute la hauteur d-j houiller supérieur, et la plupart d'entre elles p^^u là dans le Pemiien; quelques-unes même s'éSi déjà montrées vers le sommet du Uouilier ai-:frs: n'y a donc, pour la fixation précise de l'â^ des dcù aucun fonds à faire sur elles. D'autres sont entièKSi nouvelles et ne pourront fournir aucun indict qu'on n'aura pas de renseignements plus complets les limites inférieure et supérieure entre lesquelin^: existence a pu être comprise.

Le troisième groupe, celui qui doit plus particulii ment fixer l'attention, comprend les espèces qui se t: connues qu'à un niveau bien déterminé ou du luâ à partir d'un certain niveau. Parmi les Fongêi» Pecopteris densifolia-, longtemps considéré 0002 exclusivement permien, ne se montre dans le HosSf supérieur qu'au voisinage de son sommet. Oa en ptf dire à peu prës autant du C&llipteridium. gigas,ssn-"i pourtant déjà par M. Grand'Eury dans les coud: moyennes de Saint-Etienne ; mais dans ces couc^on trouve encore en sissez grande abondance VOdtmt^teris Reichiana, tandis que dans la flore de Comtcctry nous n'avons vu que l'Od. minor, rencontré sa également, à l'exclusion de l'Od. Reichiana, dansii série d'Avaize do Saint-Etienne (1). Dans ce miss genre Odontopteris, l'Od. obtusa est presque permiu plutôt que houiller : découvert par Brongniart dans ki couches do Terrasson, qui sont à la limite du HouiIi«t et du Permien, il s'élève dans l'Autunois, comme It

(1) Grand'Bui-y, Flore carb. du dép. de la Loire, p. 537.

Pec. densifolia ctio Callipteridiumgigas y }\xsq}XQ dans les couches de Millery. L© Nevropteris Planc/iardi, observé à Commentry pour la première fois, abonde aux environs d*Autun dans Tétage inférieur et Tétage moyen des schistes bitumineux. Le Dictyopteris Schûtzeij fréquent à Commentry où il a été rencontré sur divers points, est également commun dans le Permien inférieur et ne semble pas descendre bien bas dans le Houiller supérieur.

En dehors des Fougères, le Sphenophyllum Thoni mérite d'étro signalé, comme n'ayant été observé que vers le sommet du Houiller supérieur ou dans le Permien franc.

li'Arthropitys gigsLS fournit, dans le même sens, une précieuse indication, car en dehors de la mention qu'en a faite M. Grand'Ëury dans la région la plus élevée du Houiller supérieur (1), il n'a été rencontré que dans le Permien, dont il est cité souvent comme Tun des fossiles caractéristiques. Il est à noter qu'il a été trouvé précisément dans la même région que les Lépidodendrées dont nous avons parlé plus haut, à savoir dans la tranchée de l'Ouest, sinon au toit de la Grande Couche, du moins dans les bancs stériles intercalés au milieu d'une de ses branches, la deuxième couche.

Les CsLlsunodendroriy sur la prédominance desquels M. Grand'Eury a établi son étage des Calamodendrées, abondent à Commentry dans le Banc des Roseaux, auquel, concurremment avec les ArthropitySy ils ont contribué à donner son nom.

Enfin, sans vouloir attacher trop d'importance à la présence de tel ou tel type générique, il est permis de remarquer que la découverte d'un Pterophyllum et de plusieurs formes spécifiques de Zamites annonce Tavé-

(i) Flore card. du dép. de la, Loire, p. 23, 389.

nement de types nouveaux destinés à constîtiia :f ques-uns des traits essentiels de la Qore de la, ^^l)^ secondaire; on pourrait également signaler I£é.) tum Monyi comme le premier représenta»!! i^ groupe des Prêles géantes qui a joué ua rôle impars dans cette même période. ,

On touche donc ici, tout concorde à le déiDxtttiT. la fin de l'époque houillère, et l'on est sur le ax l'époque permienne. TouteTois le» formes caracn^J ques de celte-ci font encore défaut ; le geftrt •-'■ lipteris notamment, qui apparaît avec le PerTciss presque tous les points de l'hémisphère boréal où.' a reconnu la présence de ce terrain, n'est pas n^ aenté h Commentry.

Nous sommes ainsi conduits à placer les cooeks^ i ce bassin, tout au moins celles de sa région moys? et supérieure, au sommet du terrain faouiller sup«n*.( dans l'étage des Calamodendrées, tel que 1» à^ M. Grand'Eury (1) ; l'abondance relative des Gordaïl» qu'on pourrait mettre en avant contre cette mani^ • voir, ne nous paraît pas de nature k constituer une M jection, cette famille, mentionnée par notre sa^ confrère comme ayant, dans cet étage, perdu be&uNif de terrain, étant, d'après ses constatations mêmes, & largement représentée encore dans la série d'Anii^ au sommet du système de Saint-Etienne. Noua ne ^ sons d'ailleurs, en plaçant èi ce niveau les couches<i! Commentry, que confirmer, en les précisant d'après matériaux beaucoup plus nombreux et plus compi que nous avons eus à notre disposition, les conclusias qu'il avait émises lui-même il y a plus de dix ans et sur lesquelles nous sommes heureux d'être si pv faitement d'accord aveo lui.

(1} Flore carb. du dép. de (a Loire, p. 490. (2j Ibid., p. 523, 532.

Rappelons en même temps que M. Em. Sauvage, Bans pouvoir comparer la faune de poissons de Commentry avec aucune autre des faunes ichtyologiques connues, y a observé une série de formes de passage marquant des tendances à la fois vers le Houiller et vers le Permien (1), de sorte que les conclusions à tirer de ses études et celles auxquelles nous avons été nousmêmes conduits sont en absolue concordance.

Il nous reste à dire quelques mots des déductions à tirer de Tétude de la flore, en ce qui concerne d'une part les galets de quartz de la zone de Longeroux, rapportés par M. Fayol à Tépoque anthracifère (2), et d'autre parties nappes siliceuses de Tépoque permienne qui, dans la région occidentale du bassin de Commentry et du côté de Montvicq, recouvrent le terrain houiller.

Ces galets quartzeux, provenant d'un dépôt antérieur aux couches de houille qui aurait existé du côté de Merlerie et aurait été ultérieurement détruit par érosion, ont paru à M. Fayol lithologiquement identiques aux roches siliceuses de Château-sur-Cher, que la présence d'un Bomia. lui a permis de reconnaître comme appartenant à l'époque anthracifère. Nous avons nous-mêmes constaté la présence du Bomia radiata et du Cardiopteris polymoiyha, espèces caractéristiques du Culm, tant dans les échantillons de Château-sur-Cher qui nous ont été soumis par M. Fayol que dans ceux que MM. de Grossouvre et de Launay ont recueillis sur les mêmes points (3) ; l'âge de ces dépôts de Château-sur-Cher no saurait donc être contesté. Mais dans les galets de Longeroux so sont

(1) Etudes sur le terrain houiller de Commentry, Livre III : Faune fossile, p. 54.

(2) Fayol, loc, cit., p. 55, 326.

(3) Do Launay, Note sur le terrain anthracifère du Puy-de- Dôme, Bull Soc, géoL, 3» sér., XVI, p. 4084-1085.

trouvées des empreintes vég-étates totalement àxfkr de celles dont Ift présence & Châteaa-sur-Clier»pE d'établir l'existence dans cette localité de la forci anthraoifère : les espèces reconnues par l'un ie comprennent en effet : Asterophyîlitea eçuùetiAr Sphenophyllum oblongifolium, feuilles de SiçiLC SigilUria lepidodendrifolia , feuilles de Dor^ daites, Cord&ites Ungulatus, Diplotesta, etTriv carpus pusillui (t), parmi lesquelles trois an ni Sphenophyllum oblongifolium , SigiU&ria Irp^ dendrifolia et Cordattes lingula.tus, n'ont juais observées que dans le Houiller supérieur oa biv inférieure du Permien.

M. Fayol en conclut que la flore qui peupli: région au moment du dépôt des couches de how^' Commentry y existait déjà à l'époque anthraciiêtt que les caractères paléobotaniques sont impuissa» fixer l'âge de ces grandes divisions de la fèim penno-carboDÎfère .

C'est là une conclusion à laquelle il nous est: sible de souscrire : on pourraittout aussi bien,d'aillec:! renverser les termes du raisonnement et, part»! r&go des galets de Longeroux, déterminé «c* houiller supérieur d'après les plantes qu'ils renfenw: classer dans le Houiller supérieur les couches k Bmn et à Cardiopteris de Château-sur-Cher. En réaDt cotte différence de flore entre des roches identigocei point de vue lithologique domontre simplement, «» fois do plus, que la nature et la composition d'i roche ne peuvent suffire pour en déterminer l'âge; li preuve en a été fournie encore, à CommeQtr7 "^^^ par les arkoses ou roches siliceuses de l'époque pa* mienne auxquelles nous avons fait allusion tout

(I) Fayol, loc. ci/., p. 55, :

rheure. Ces roches ressemblent à tel point à celles du terrain sidérolithique qu'il est impossible de les distinguer minéralogiquement les unes des autres (1) ; aussi avaient-elles été considérées comme tertiaires jusqu'au jour où la découverte de végétaux fossiles de l'époque permo-carbonifère a permis à M. Fayol de rectifier cette attribution (2). Â s*en fier aux seuls caractères lithologiques, il eût fallu persister à classer ces arkoses dans le Tertiaire et en déduire que depuis l'époque anthracifère jusqu'à l'époque éocène ou oligocène la flore de la région de Commentry n'avait subi aucun changement.

Une telle déduction eût été manifestement inadmissible ; rhypothèse de l'existence, à l'époque anthracifère, à S5 kilomètres de Ghâteau-sur-Cher, d'une flore entièrement différente de celle de cette localité et renfermant déjà les espèces caractéristiques du Houiller supérieur, ne nous paraît pas plus acceptable.

La flore reconnue dans les galets de Longeroux, bien que ne comprenant qu'un petit nombre d'espèces, est assez nettement caractérisée pour ne pas permettre d'attribuer à ces galets une autre date de formation que répoque houillère supérieure ; ils proviennent de dépôts à peine antérieurs à la formation des couches de houille du bassin ou même contemporains d'une partie d'entre elles ; ils démontrent, comme les galets de houille observés par M. Fayol dans toutes les parties du terrain houiller de Commentry (3), que les matériaux déposés se sont consolidés très rapidement et n'ont pas tardé ensuite à subir, au moins sur certains

(1) De Launay, Etude sur le terrain permien de l'Allier, Bull, Soc, géol, 3« sér., XVI, p. 324.

(2) Fayol, loc. cit., p. 335.

(3) Payol, loccit,, p. 140-143.

points, des remaniements dont l'impoiiaaces^» considérable, puisqu'ils ont été jusqu'à faire dif entièrement la couche à laquelle appartenues nairement les gralets quartzeux dont nous parler.

Quant aux nappes siliceuses de l'époque pcis les actions hydrothermales qui ont contribut i formation étaient évidemment fort peu h\^

la conservation des débris organiques, car on ny» cueilli qu'un petit nombre de formes bien détss blés. Nous y avons reconnu : Pecopteris ùreopf^ et Pecop. polymorphsL en abondance, Dictvjr Schûtzei, AnnularisL stelUia.Ann. sphenophyil^ C&lamites Suckowi et autres tiges calanûitoîdcs,^? nophyllum longifolium, des feuilles de Cordai^ RhabdocaiyiLS mal conservés,et enfin, sur un e^ Ion malheureusement très fragmenteire, les extr^ de trois folioles linéaires parallèles, larges de 3a « limètres, qui ne sont peut-être que des bouts ^ de feuilles de Poacordaites, mais qui P^J^^^^ \^ autant de vraisemblance pour le moins, être rapp à un Pterophyllum. I

Il n'y a en effet là, comme l'a fait rema^^j Fayol (1), aucune espèce caractéristfqu^ ^^ . plutôt que du Houiller supérieur; ^^^^^^^^ \J tion de ces arkoses à l'époque permîenne ne pe contestée, en raison des observations s/tnb^" \ dont elles ont été l'objet et qui ont permis à ^ ^^^ nay de les classer, sous le nom d!Arhoses à un niveau assez élevé déjà dans le Permien» des schistes de Buxière et même des g^^^ "® .^ l'Archambault (2). On peut s'étonner qu'il n; ^ \

(1) Fayol, loc. cit., p. 343. g^.j6

(2) De Launay, DulL Soc. GéoL, 3- sér., XVI, p. ^^^

rencontré aucune forme permienne bien tranchée, mais il ne faut pas oublier que la flore permienne ne possède en propre qu'un nombre fort restreint de types génériques ou spéciûques, tels quo les Csillipteria et quelques Tœniopteris et Walchia particuliers, la masse de la flore restant composée de plantes du Houiller supérieur. Les huit ou dix espèces recueillies à Montvicq ne constituent évidemment qu'une très faible fraction de la flore de ces couches, et il est assez naturel de n'y trouver représentées que des formes appartenant à la majorité.

En tout cas, si les empreintes végétales n'ont pas ici fourni de renseignements suflisants pour arriver à une détermination complète du niveau, elles ont du moins permis de rectifier la grave erreur qui avait fait attribuer ces roches au Sidérolithique, et qui aurait pu persister longtemps encore, les arkoses de Cosne n'étant nulle part recouvertes par autre chose que par des limons pliocènes(l). Le défaut de précision des résultats obtenus ne saurait, au surplus, être imputé qu'à l'insuffisance actuelle des documents recueillis, et peut-être de nouvelles découvertes viendront-elles y suppléer quelque jour.

(1) De Launay, loc, cit., p. 326.

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