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avait écrit seulement sur ce qui concerne les mathématiques dans les œuvres de Platon. Les stoïciens Panaetius et Posidonius d'Apamée , contemporains de Cieéron , avaient aussi commenté le Timée, ainsi que Proclus* et Sextus Empiricus * nous rapprennent. C'est probablement Posidonius d'Apamée que PlutarqueS a voulu citer.à propos de la naissance de l'âme , à moins que ce ne soit le stoïcien Posidonius d'Alexandrie. Porphyre nous a conservé, des commentaires du platonicien Elien sur le Timée, deux fragments relatifs à la musique , dont un assez étendu , Sur la nature du sou musicaU, et du commentaire du péripatéticien Adraste sûr le même dialogue, un court fragment sur le même sujet». Quant aux nombreux philosophes néoplatoniciens que Proclus , Philoponus et d'autres auteurs nous signalent comme ayant interprété le Timée soit dans des traités spéciaux, soit ça et là dans leurs œuvres , on en trouvera l'indication dans Fabricras6, et d'une manière beaucoup plus complète et plus instructive dans une dissertation récemment publiée 7. Je me contente d'ajouter que Théodoré d'Asiné avait écrit un Examen des objections d'Aristote contre le Timée», et je me hâte d'arriver aux ouvrages qui existent encore.
§ II. Ouvrages, imprimés.
1° Théon de Smyrne, qui vivait vers le commencement du second siècle de notre ère, avait composé un traité
1 Sur le Timée, p. 50.
2 Contre les mat Mm. , VII, p. 154 ; Contre Us log. , I, 19, p. 389, Fabr.
3 De la naiss. de l'âme , c. 22.
h Sur tes Uarm. de PtoL, I, 3, p. 216, 1. 10-p. 218, I. 24; p. 270, ]. 30-33. Cf. p. 271, 1. 6.
5 Ibid. , p. 270 , 1. 24-30.
G Bibliottu gr. , I i v. 3 , c. 3, t. 3, p. 93-98 , Harles.
7 Du Commentaire de Proclus sur te Timée de Platon , par M. J.Simon, Impartie, % 4-9, p. 58-122, Paris, 1836, Jn-8%
8 V. Philoponus, Contre Proclus, de l'éternité du monde, II, 2; IV, 11 , 14; VI, 7, 15, 27, 29 ; VIII, 1 ; IX, 2 ; XIII, ï, 15; XVI, 4, XVIII, 5.
De futilité des mathématiques pour la lecture de Platon. Cet ouvrage, analogue à celui de Théodore de Soles, et destiné surtout à faciliter l'étude du Tintée , était divisé en quatre parties, concernant la géométrie, l'arithmétique, la musique et l'astronomie. La seconde partie et la troisième nous restent seules.
Elles ont été publiées en grec et en latin par Bouillaud, Paris, 16M, in-ft°.
2° Nous avons de Plutarque de Chéronée un commentaire Sur la naissance de Came racontée dans le Timée , c'està-dire sur la triple essence de l'âme du monde , sa division suivant les nombres harmoniques , et sa division géométrique en deux cercles moteurs. Cet ouvrage, où il y a malheureusement de grandes lacunes, n'est pas exempt de diffusion, d'obscurité et d'erreurs, mais contient aussi un grand nombre d'interprétations justes et précieuses, et de renseignements sur celles des premiers Académiciens et de divers autres philosophes. Nous avons en outre un petit résumé de ce commentaire.
3° Parmi les huits Questions platoniques du même Plutarque, quatre se rapportent spécialement au Timée, sa*» voir la seconde , la quatrième , la septième et la huitième.
Voyez plus loin , section 6, n° 6.
A* Galien avait écrit quatre commentaires sur ce quiarapport à ta médecine dans le Timée de Platon. Un fragment de ces commentaires, traduit en latin par Gadaldini, d'après un manuscrit maintenant perdu , parut dans son édition latine de Galien (Venise, 1550, in-folio) : il a été réimprimé dans l'édition grecque- latine d'Hippocrate et de Galien, donnée par Chartier (Paris, 1679).
5* Nous avons du même Galien un commentaire en neuf livres, Sur les opinions d*Hippocrate et de Platon. Cet ouvrage savant et judicieux ne se rapporte pas exclusivement à l'anatomie et à la médecine, mais aussi aux diverses autres parties de la science de l'homme, tant en lui-
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même que dans ses rapports avec la nature, c'est-à-dire à la plupart des questions traitées dans le Timée : les doctrines de Platon y sont comparées, non seulement avec celles d'Hippocrate, mais avec celles des diverses écoles philosophiques.
Voyez plus loin, section 6, n* 7.
6° Chalcidius, que nous avons déjà cité comme auteur d'une traduction latine du Timée, nous a laissé sur cette * même partie du dialogue un commentaire latin, qui, du
moins dans son état actuel, se compose de treize questions, savoir : i°De genitura mundi; V Deortu animœ;Z° De mndàlatione site harmonia; U° De numeris ; h" De stellisratis et errantibus; 6° De cœlo ; 1" De quatuor ' generibus animatium, cœtestium, prœpetum^ nantium* ierrenorum ; 8° De oriu generit humani ; 9° De causa, car homines plerique sint sapientes , alii insipientes; 10° De visu; 11° De imaginibus ; 12' De lande videndi; 13 De syka (de la malière). L'auteur annonce (p. 274, Fabr. ) l'intention de traiter quatorze autres questions , sur lesquelles il ne nous reste rien de lui. Son ouvrage est * -adresse à un certain Osius. Plusieurs passages montrent que l'auteur est chrétien. On connaît le célèbre Osius , evéque de Cordoue au IV e siècle. Dans les extraits, publiés par (kl. Cousin, d'un commentaire du Timée* fait au moyenâge et dont nous parlerons plus loin i, on lit que Chalcidius était archidiacre de l'évêque Osius; que cet évèque, sachant qu'il se trouvait dans ce dialogue beaucoup de choses utiles, pria son archidiacre de le traduire; que Chalcidius en traduisit, par manière d'essai, une partie seulement, en y ajoutant un commentaire, et que c'est ainsi que le Timée a commencé h être connu des Latin?. Le commentaire de Chalcidius n'est pas sans utilité, quoiqu'il ne soit pas d'un profond philosophe et qu'il contienne bien des explications fausses et des divagations insignifiantes. La traduction et le commentaire de Chalcidius ont été
in* partie, McUon a. *~
publiés 1° par Augustinus Justinianus, Paris, 1520, infolio; 2° par J. Meursius, Leyde, 1617; 3° par Fabricius, à la suite des Œuvres de saint Hippolyte, Hambourg, 1718, in-folio. Je me suis servi de l'édition de Meursius.
T Le célèbre philosophe néoplatonicien Proclus avait vingt-huit ans, lorsqu'il publia, en l'année 440 de notre ère, son commentaire sur le Timce. Cet ouvrage, du moins tel que nous l'avons, se compose de cinq livres, et s'arrête à peu près au tiers du dialogue (p. 44 d). L'auteur y fait preuve d'uue érudition très -étendue, mais peu judicieuse, d'une puissance d'esprit très remarquable, mais appliquée à tout autre chose qu'à saisir la vraie pensée de son au*teur. Ce que Proclus croit exposer, ce sont les doctrines de Platon; ce qu'il expose ce sont les opinions qu'elles ont fait naître dans son esprit et dans celui des philosophes de son école. Ce qu'il croit commenter, c'est chacune des phrases du Timce; ce qu'il commente, ce sont presque toujours les commentaires des Néoplatoniciens sur chacune de ces phrases. A moins que l'on ne veuille se faire une idée complètement fausse de la philosophie de Planton , il faut l'étudier d'abord et avant tout dans les œuvres de Platon lui-même; ensuite, mais avec circonspection, dans les jugements et les critiques d'Aristote; puis, avec une réserve toujours croissante, dans ce qui reste des Platoniciens, en suivant l'ordre des temps; enfin dans les divers ouvrages et commentaires de Proclus, mais avec une défiance extrême , et en y cherchant bien moins la doctrine de Platon, que le complément précieux et indispensable de l'histoire du Platonisme dans l'antiquité.
Il n'existe qu'une édition, très incorrecte, du commentaire de Proclus , donnée à Baie en 1534 : on la trouve soit seule, soit annexée à l'édition grecque de Platon, qui parut à Bâle la même année.
En somme , l'antiquité nous a laissé sur le Tintée beaucoup de commentaires partiels, mais aucun commentaire complet et suivi.
NOTICE
SECTION SIXIÈME
INTERPRÉTATIONS ET PARAPHRASES DE DIVERS PASSAGES DU TIMEE, EPAESES DANS LES AUTEURS ANCIENS.
Il est encore plus impossible dans cette section de ma notice, que dans toutes les précédentes , de songer à donner des indications complètes : je me borne aux plus importantes.
1° Aristote, comme je Tait dit plus haut 4, avait écrit un résumé du Tintée : il avait compris toute l'importance de ce dialogue. Dans les ouvrages qui nous restent de lui , surtout dans la. Métaphysique, la Physique , le traité Du ciel, le traité De la génération et de la corruption , les divers traités relatifs à l'histoire naturelle , le traité De l'âme , celui De ta sensation 'et des objets sensibles , dans tous les petits opuscules qui sont la suite des deux précédents , dans les Problèmes, etc., Aristote critique sans cesse les opinions de Platon , soit en le nommant , soit sans le nommer , et la plupart de ses allusions s'appliquent d'une manière spéciale au Titnée, que d'ailleurs il cite bien des fois nominativement; en outre il nous fait connaître divers points des doctrines non écrites du maître. J'ai di\ ailleurs qu'il faut examiner attentivement et avec défiance les jugements d'Aristote sur Platon , mais il n'est pas permis de les négliger.
- Le traité Du monde n'est pas d' Aristote, ni même d'un
vrai péripatéticien. On y trouve beaucoup de doctrines
étrangères au système aristotélique, notamment le dogme
de la providence , ra musique des sphères célestes , dont
Aristote s'est moqué, etc.
La meilleure édition d' Aristote est celle qui paraît sous
les auspices de l'Académie royale de Prusse, in-k" à deux
1 Section *.
BIBLIOGBÀPHIQTJK.
colonnes. Le texte grec, publié par M. Bekker (Berlin, 1831), forme un volume en deux tomes. La traduction latine forme un troisième tome. Les deux derniers tomes , dont le premier a paru, publié par M. Brandis (Berlin 1836), contiendront un choix de commentaires anciens. A l'indication par livres et par chapitres , j'ai ajouté l'indication de la page , de la colonne et presque toujours de la ligne du texte de M. Bekker.
2' Les commentateurs d'Aristote fournissent souvent des renseignements précieux pour la comparaison du Platonisme et de FAristotélismc, et on y trouve çà et là ce que Théodore d'Asiné avait exécuté dans un ouvrage à part, savoir l'examen des objections d'Aristote contre le Timée. Les commentaires qui m'ont semblé le plus précieux sous ce rapport sont ceux de Simplicius, de Themistius et de Philoponus sur la Physique ; ceux de Simplicius et de Themistius sur le traité Du ciel, ceux d'Alexandre d'Aphrodisie sur les cinq premiers livres de la Métap/tysique , ceux du faux Alexandre sur les derniers livres et ceux d'Asclepius sur les six premiers.
Ces commentaires se trouvent en entier ou par extraite dans l'édition de Berlin, citée plus haut : on y trouve également des scholies tirées de divers manuscrits. M. Brandis a admis dans son choix à peu près tout ce qui intéresse l'histoire de la philosophie et en particulier l'étude du Platonisme.
Le commentaire de Simplicius sur te traité du Ciel, avait déjà été imprimé à Venise par les Aide, 1526, in-folio, et le commentaire du même auteur sur la Physique , ibid., la même année. J'ai eu sous les yeux ces deux éditions; mais le texte des extraits de M. Brandis est bien préférable.
Le commentaire de Themistius sur ta Physique avait déjà été imprimé dans l'édition Aldine des œuvres de Themistius, 1534, in-folio. La traduction latine du commentaire de Themistius sur le traité du Ciel, par Moïse Alatin, avait
NOTICE
été publié à Venise en 1 574. C'est là que M. Brandis a pris ses extraits.
Les commentaires de Philoponus sur la Physique et sur le traité De l'âme avaient déjà été publiés par Trincavelli, Venise, 1535, in-folio.
Les commentaires d'Asclepius, d'Alexandre d'Aphrodisie et du faux Alexandre sur la Métaphysique étaient inédits.
Je regrette vivement de n'avoir pu me procurer le commentaire de Simplicius sur le traité De l'âme, et celui d'Alexandre sur te traité De la sensation et des choses sensibles , imprimés ensemble à Venise, 1527, in-folio, et quelques autres commentaires imprimés, dont les extraits se trouveront dans le cinquième tome de l'édition d'Aristotc.
3° Théophaste, dans son traité De la sensation et des objets sensibles , examine les doctrines du Timée sur les questions qui se rapportent à ce sujet, et les compare avec celles de divers autres philosophes. Voyez aussi un fragment de Théophraste sur la musique, conservé par Porphyre dans son commentaire sur les Harmoniques de Ptolémée : il y est question de la nature du son musical. Théophraste incline en faveur de ceux qui pensent que la différence des sons graves et aigus, consistant dans la qualité et non dans la quantité, ne peut être appréciée en nombres. Cf. note 23, $2.
L'édition la meilleure et la plus complète des œuvres de Théophraste est celle de Schneider, en 5 t. in-8% Leipzig, 1818. Le premier tome comprend le texte grec de tous les ouvrages principaux. Le tome cinquième contient les fragments, entre autres le fragment sur la musique, p. 188-193. Un fragment de Métaphysique, attribué faussement à Théophraste, admis dans les anciennes éditions de cet auteur, mais rejeté de celle de Schneider, a été réimprimé par M. Brandis à la suite de son édition de la Métaphysique d'Aristote, Berlin, 1823.
4* Celui des ouvrages de Cicéron, où il s'est le plus ins-
piré de la lecture du Timée en même temps que de la République de Platon , c'est le Songe de Sciplon , fragment conservé de sa République , en partie retrouvée de nos jours. Voyez aussi les Tusculanes, le traité De la nature des dieux et les Académiques.
5' Macrobe, dans son commentaire sur le Songe de Scipion, interprète les théories du Timée sur l'astronomie, sur la musique et sur quelques autres points.
6° Plutarque a commenté le Timée , non seulement dans les deux ouvrages cités plus haut, mais aussi çà et là dans les traités De ta musique, Du silence des oracles. De l'inscription de Delphes, S tir 1 sis et Osiris, Du visage dans la lune, Du principe du froid , Du destin, etc. La meilleure édition des Œuvres morales de Plutarque est celle de Wyttenbach (Oxford, 1795). Mais la meilleure sera celle que M. Didot imprime en ce moment, à en juger par le premier volume.
T Sans revenir sur les deux commentaires de Galien relatifs au Timée i, je dois ajouter que dans plusieurs de ses ouvrages anatomiques et médicaux se rencontrent des comparaisons entre les opinions de Platon et celles des autres écoles philosophiques.
Pour les citations de Galien , j'ai suivi habituellement l'édition grecque de Baie, 1538, en 5 vol. in-folio. Pour le fragment latin des commentaires sur le Timée, j'ai suivi l'édition grecque-latine de Charrier, Paris, 1679, en 13 vol. in-folio.
8° Maxime de Tyr a quelquefois paraphrasé des passages du Timée, notamment dans son discours premier.
J'ai suivi l'édition de Daniel Heinsius, Leyde, 1607 , in-8*. *
9° Apulée a donné quelques explications relatives au Timée, non seulement dans le traité dont il a été question plus haut, mais aussi dans son Apologie.
1 V.plus haut, sectioQ 5, $ 2, n- * el 5.
UOU NOTICE
Je clos ici cette liste, qu'il serait aisé d'allonger beaucoup, même sans y comprendre les Pères de l'Eglise et les Néoplatoniciens, moins utiles à consulter pour l'interprétation de la doctrine de Platon, que pour l'histoire du Platonisme. Ce n'est pas ici le lieu d'esquisser cette histoire : j'en ai dit quelques mots dans mes notes 29 et 64 (S 4).
J'ajouterai seulement que les citations littérales du Timée , éparses dans les auteurs que j'ai énumérés, surtout dans Proclus et dans G alicn , et en outre dans Longin , dans S lobée et ailleurs, comme aussi les traductions de Cicéron et de Chalcidius, et celle de Ficin, peuvent être utiles pour la critique du texte, pourvu qu'on se garde bien de leur accorder une autorité exagérée.
SECTION SEPTIÈME