CINQUIEME LEÇON LA JEUNESSE DE VOLTAIRE
(( Que ces Grecs étaient canailles, mais qu'ils avaient donc de l'esprit ! )) C'est une réflexion dont on ne peut se défendre en reparlant de Voltaire. Il a fait infiniment de mal. Peu de caractères ont été plus méprisables que le sien. Son œuvre même est étrangement mêlée, comme pure valeur littéraire s'entend {Henriade^ tragédies, comédies), — et cependant pouvoir indéniable et incomparable de séduction, dont la légitimité n'est pas douteuse, quand on voit l'action exercée sur des étrangers. Allemands (Strauss) et Anglais (J. Morley). .
On en peut donner bien des raisons, et indépendamment de son esprit. Il a aimé passionnément la vie. Il est représentatif de toute une famille d'esprits, dont on aura dit combien elle est nombreuse, en notant qu'elle va de lui-même à M. Homais. Il a exercé sur son siècle une action à laquelle il n'en est point de comparable.
Je voudrais montrer : 1^ ce qu'il a fait, dans la première période de sa vie (1718-1746), pour s'emparer de l'opinion ; 2^ quelles idées il a
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travaillé à répandre ; 3^ les moyens qu'il a employés pour les faire triompher.