‹ Études sur le XVIIIe siècleChapitre 36 sur 45 · III. — INFLUENCE DES MORALISTES ANGLAIS · texte numérisé non relu

III. — INFLUENCE DES MORALISTES ANGLAIS

Qu'on peut négliger dans cet examen de l'influence anglaise celle des free thinkers (CoUins, Tindal, Toland) : 1^ parce qu'ils sont presque entièrement dans Bayle, et 2^ parce qu'ils n'ont agi chez nous que beaucoup plus tard, et après l'Encyclopédie. (Cf. d'ailleurs Tabaraud, le

de ses principales améliorations. Cela est très vrai ; mais c'est poser la thèse d'une façon dangereuse. C'est comme si, pour établir la morale, on se bornait à présenter les avantages qu'elle procure à la société. La science, aussi bien que la morale, a sa valeur en ellemême et indépendamment de tout résultat avantageux. Ces résultats, d'ailleurs, sont presque toujours conçus de la façon la plus mesquine. On n'y voit d'ordinaire que des applications, qui sans doute ont leur prix et servent puissamment par contre-coup le progrès de l'esprit, mais qui n'ont en elles-mêmes que peu ou point de valeur idéale . Les applications morales, en effet, détournent presque toujours la science de sa fm véritable. N'étudier l'histoire que pour les leçons de morale ou de sagesse pra-

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Philosophisme anglais, et Leslie Stephen, la Pensée anglaise au XVI 11^ siècle'^.)

11 en est autrement de Shaftesbury et de Bernard de Mandeville.

La morale de Shaftesbury ou morale du sentiment, fondée sur l'appel à la conscience, a seulement de la beauté -.

La Fable des Abeilles (1706, 1714, 1723, 1729, 1732 ; la traduction française est de 1740). Paradoxe fondamental : la prospérité des Etats fondée sur les ^ices des particuliers. Et, en effet, s'il n'y avait pas de gens cupides, et s'il n'y en avait pas d'amis de leur ventre, dediti pessimx parti corporis ? Le progrès consiste donc à se débarrasser des obstacles que les préjugés, les conventions, et même la morale, ou surtout la morale opposent au développement des instincts, ou, en d'autres termes, le grand intérêt est l'intérêt social, lequel se définit par la prospérité des États. L'état idéal est celui où toutes les formes supérieures de civilisation sont le plus

tique qui en découlent, c'est renouveler la plaisante théorie de ces mauvais interprètes d'Aristote qui donnaient pour but à l'art dramatique de guérir les passions qu'il met en scène. L'esprit que j'attaque ici est celui de la science anglaise, si peu élevé, si peu philosophique. » (Ernest Renan, l. /.)]

1. Faire ici place à Th. Hobbes, et cf. Proud'hon, la Guerre et la Paix, I, p. 140 et suiv.

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