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LA MARCHE DE SILENE. DESSIN PAR H. DAUMIER

{Musée de Calais.}

goût et les revirements de la mode ont voués à l'oubli. On sait l'opinion que le meilleur historien de l'école française, Philippe de Chennevières, émettait sur notre sculpture, «qui, pour être expressive, n'a jamais été bien tranquille», et comment la pure tradition nationale s'est transmise de Houdon à Rude, de Rude à Barye, de Barye à Carpeaux et de Carpeaux à Rodin. Les contestations et les disputes dont les créations de Rodin sont l'objet montrent à quel point le sentiment de la tradition est faussé chez nous. Son œuvre est la plus éloquente protestation qui se soit

I. A la suite de l'Exposition, quatre ouvrages ayant figure à la Centennale sont devenus, par un don gracieux, la propriété de nos musées nationaux. Ce sont : la Temme couchée de Trutat. la fresque de Mottcz. le Porirail Je curé d'Henner. et la Sortie de bain de Cabet,

produite contre l'asservissement à l'italianisme, contre une statuaire facie, vide de sens, d'expression et de pensée. On y surprend la nature, rendue dans sa vérité palpitante, comme chez les gothiques, chez Puget et les grands maîtres du xvm' siècle. Des chefs-d'œuvre de Rodin intervenaient à souhait pour confirmer la légitimité de cette filiation. Une fois ce point acquis et l'enchaînement historique établi de façon irréfutable, toute latitude était laissée de poursuivre la tâche entreprise et de viser à la

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