‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 110 sur 126 · Scot Ériugène, loc. cit., col · texte numérisé non relu

Scot Ériugène, loc. cit., col

tions des choses corruptibles, provient de ces éléments et retourne à ces éléments. »

On ne saurait trouver aucun corps qui ne soit formé par le concours de ces quatre éléments "'. Ce ne sont pas certains corps qui sont formés par certains éléments, mais tous les corps qui sont formés par tous les éléments ; non quaedam ex quibasdam, sed omnia ex omnibus conftuunt.

Ces élément purs et universels sont doués, chacun, d'une qualité ; aux quatre éléments correspondent ainsi quatre qualités, deux à deux opposées, qui sont le chaud et le froid, le sec et l'humide : « Lors donc qu'on les conçoit isolément 2, qu'on les considère comme purs et séparés les uns des autres, ces éléments semblent être contraires les uns aux autres... Mais lorsqu'ils se mêlent les uns aux autres, par une harmonie admirable et ineffable, ils réalisent les compositions de toutes les choses visibles. »

« Bien que certaines qualités3 soient plus sensibles en certains corps et d'autres moins sensibles, cependant le concours (synodus) des éléments catholiques a, en tous les corps, une mesure commune et uniforme. L'Intelligence divine a équilibré avec une parfaite justesse tous les corps du Monde entre deux extrémités opposées, entre l'extrême pesanteur, veux -je dire, et l'extrême légèreté; c'est entre ces deux extrêmes qu'a été pesée la constitution de tous les corps visibles. Tous les corps reçoivent les qualités terrestres, qui sont la solidité et l'immobilité, dans la mesure où ils participent de la pesanteur; au contraire, en la mesure où ils retiennent de la légèreté, en cette même mesure ils ont part aux qualités célestes, qui sont la rareté et la fluidité. Les corps intermédiaires, ceux dont la pesanteur se balance à égale distance des deux extrêmes, participent également de ces qualités opposées. En ces quatre éléments universels, on trouve le même mouvement, le même repos, la même capacité, la même possession. »

Toutes ces pensées de Jean Scot Ériugène, nous les avons retrouvées en étudiant la Chimie de Nicolas de Cues et, bien souvent, elles y étaient exprimées presque dans les mêmes termes. Raymond Lulle d'abord, l'Évêque de Brixen ensuite, ont assurément subi l'influence du philosophe de Charles le Chauve.

Scot Ériugène admet que les corps célestes sont formés non pas par un corps spécial, mais par une combinaison des quatre éléments. La même pensée, que Nicolas de Cues devait accueillir, se trouve très formellement exprimée dans un traité intitulé De constitutlone mundi caelestis terres tris que liber que l'on attribue, en général, à Bède le

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