D. — SUR UN PASSAGE EMPRUNTÉ PAR BERNARDINO BALDI A LÉONARD DE VINCI
Nous avons vu (p. io4) que Bernardino Baldi avait exposé quelques considérations sur la formation des tourbillons au sein des eaux courantes; deux circonstances lui paraissaient propres à engendrer ces tourbillons. Nous avons cité également (p. io5) un passage où Léonard décrivait, presque dans les mêmes termes que Baldi, la seconde de ces circonstances, celle à laquelle se rapporte la figure 2 de la page 104. Quant à la première de ces circonstances, à laquelle a trait la figure i de la même page, il n'en était pas question en ce fragment écrit par le Vinci.
Celte circonstance, Léonard en fait mention au Cahier H de ses notes manuscrites, et cela de la manière la plus formelle; nous la trouvons, en effet, décrite à trois reprises, en termes presque identiques :
(( L'eau I qui dépasse la profondeur ou la largeur générale des fleuves se meut en mouvement contraire. »
c( Cette eau 2 se tournera en cours contraire qui dépasse les largeurs et profondeurs générales des fleuves. »
«L'eau 3 qui dépasse en profondeur ou en largeur la largeur et profondeur générale des fleuves se tournera contre son premier cours. »
De ces trois réflexions, on peut encore rapprocher celle-ci^ :
(( Les tournants de l'eau, après la percussion angulaire terrestre, se tournent en mouvement contraire. »
Chacun de ces passages est accompagné d'un dessin très sommairement esquissé. Ces quatre dessins, peu différents les uns des autres, ressemblent fort à la figure i de la page 104. Toutefois, il existe une divergence essentielle entre le croquis de Baldi et ceux de Léonard : La rotation du tourbillon a, dans le premier, un sens opposé à celui qu'elle affecte dans les derniers.
On reconnaît sans peine qu'en la figure 1 de la page io4, Baldi attribue au mouvement tourbillonnaire un sens de rotation qui ne peut être le sien; là où l'eau tourbillonnante est contiguë à l'eau
i. Les manuscrits de Léonard de Vinci. Ms. II de la Bibliothèque de rinslitut, fol. 08 [20], verso.