‹ Études sur les beaux-arts en généralChapitre 53 sur 104 · ÉCOLE ITALIENNE (ANDRE SGUAZZELLA · texte numérisé non relu

ÉCOLE ITALIENNE (ANDRE SGUAZZELLA

malheureux Semblançay, il peignit plusieurs tableaux pour le château de ce nom, prèsde Troyes. On y voyait entre autres une .Manne dans le désert et un Frappement du rocher qui , plus tard, furent transportés dans la maison professe des Jésuites, rue Saint-Antoine. Sa manière avait assez de rapports avec celle de son maître pour que les ouvrages de l’un aient été plus d'une fois attribués à l’autre. Ci Ue incertitude lient encore les connaisseurs en suspens pour le tableau que je décris. Ceux qui ont prétendu reconnaître Florence dans la ville située au fond, sur la droite, s'en s’ont prévalus pour l’attribuer à Sguazzella , dont Florence était la patrie. Mais ce motif est de |>eu de \aleur, car André del Sarto, né au bourg de San- Sepolcro , éloigné de Florence seulement de trois milles, vécut habituellement dans cette ville, et aurait pu, tout aussi bien que Sguazzella, avoir la fantaisie de la placer dans le coin d'un tableau. Un autre connaisseur fort distingué a cru retrouver dans celle composition quelques traces du pinceau d’Otto Venius, maître de Rubens. Mais cette conjecture, qui ne s’appuie sur aucune tradition historique, me paraît peu probable. Le caractère des tètes, le genre des expressions, la disposition et l’attitude des figures, dénotent clairement, à mon avis, 1 école d’André del Sarto. II est plus difficile de décider entre le maître et l'élève. Cependant l’exécution un peu sèche et la pose un peu

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arrangée, quoique très-gracieuse, des figures, me portent à penser que Sguazzella est le véritable auteur de ce tableau, admirable d’ailleurs par la bonne entente de la composition, la sensibilité des expressions, la noblesse du style, et la convenance du rôle assigné, dans cette douloureuse scène, à chacun des personnages. Tous sont agenouillés , à l’exception d’un apôtre qui soutient la sainte Vierge à peu-près évanouie; et dans toutes ces poses uniformes le peintre a su introduire une variété pleine de grâce et d’effet. La Madeleine s’est précipitée, la face contre terre, aux pieds de son divin Maître, qu’elle couvre de ses longs cheveux et baigne de ses pleurs. Saint Jean la regarde avec cette émotion recueillie que cause la vue d’une douleur qu’on partage. Dans les têtes de l’apôtre et de la sainte femme qui soutiennent la Vierge, la pitié qu’inspire le spectacle de l’abattement désespéré d’une mère s’unit merveilleusement à leurs propres regrets. Le corps du Christ étendu se développe tout entier, non sans quelque apprêt, mais avec une beauté peu commune; et les trois têtes de femmes sontdes modèles de grâce dans l'expression de la douleur. Les draperies sont larges et bien distribuées, surtout celles qui enveloppent la sainte Vierge.

Ce tableau, peint sur bois, appartenait, avant la révolution, à l’église de Notrc-Dame-de-Villeneuve-sur-Yonne qui l'avait acquis de la famille More-le-Menu, à laquelle

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il était arrivé dans l'héritage de M. Belostier, colonel du régiment de Picardie. Le gouvernement l’acheta pour le Musée, en donnant en échange une Adora lion des Bergers , de M. Ménageot.

11 a été gravé par Æneas Vicus, avec quelques changements, sous le nom de Raphaël.

PROPORTIONS

Hauteur, 1 mètre 37 ceutim. = 4 pieds 9 pouceslargeur, ï — » — — 6 — 1 —

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