PAR LANA
La vide e la conobbt; e retlo senza E voce e moto. Alii visla ! alii conotcenza !
a U la vit, il la reconnut, et demeura sans voix et a sans mouvement. Oh ! quelle vue ! quelle reconnais- « sance! » Tancrède vient de découvrir, dans le guerrier auquel il a porté le coup mortel, Clorinde, l’objet de son constant et malheureux amour. Élevée parmi les Infidèles, Clorinde sait seulement depuis quelques heures que, née de parents chrétiens, elle fut destinée
au baptême. Le ciel, qui déjà l’a avertie par des songes, vient de l’éclairer d’une lumière soudaine. Ses der-
nières paroles ont été pour implorer l’eau sainte ijui doit laver toutes ses fautes. Empressé de se rendre à ses vœux, c'esl pour remplir ce pieux devoir que Tancrède vient de détacher le casque qui lui dérobait les traits de celle qu'il aime : Ahi vis lu! ahi conoscrnza !
Son mori gui, che sue virtk rarcolse
Tulle in quel puuto, e in guardia al cor le mite,
E preuiendo il suo affanno u dar ti volse Yita cou V arqua a ch i col ferro accise ■
Mentre egli il sium de' sacri detli sciolse.
Cote i di gioià Iransmulossi, e rise :
E in allô di morir, liela e l'ivarc
Dir parea : s'apre il cielo; io vado in pace.
« Cependant il ne mourut point : il rassembla sur ce « moment unique toutes scs vertus, et leur prescrivit « la garde de son cœur; et comprimant sa douleur, il « s’appliqua tout entier au soin de donner la vie du « baptême à celle dout son épée venait de trancher les « jours. A mesure que s’échappait de ses lèvres le son « des paroles sacrées, comme transformée par la joie, « Clorinde souriait; et, s’élançant dans la mort, ani- « mée et pleine d’allégresse, elle semblait dire :Lcciel « s’ouvre , j’y vais en paix. »
Dans les vers du Tasse se trouve tout entière la description du tableau de Lana. Les yeux de Clorinde se tournent vers le ciel, gliocchi al cielo af/isn. cl à la langueur de la mort s’y mêle un sentiment doux et exalté :