‹ Etudes sur les BeauxArts en généralChapitre 45 sur 89 · VÉNUS JOUANT AVEC L’AMOUR · texte numérisé non relu

VÉNUS JOUANT AVEC L’AMOUR

iiiorl de Paul Véronèsc et du Tinloref, le goût de la peinture, ré|Kindu chez une foule d’amateurs, manqua d’un point central ca|>able de réunir et de diriger les jugements; et les j>eintres, plus pressés de demandes que stimulés par les critiques, éprouvèrent le besoin de produire plus que celui de se perfectionner. Jacques Palnia(dit le Jeune, pour le distinguer de son grand oncle, Palma le vieux, contem|»orain et élève du Giorgion), fut en partie accusé de ce commencement de décadence.

.\é en 1511, il vécut avec les plus grands peintres de son école; et Lanzi croit pouvoir le regarder également comme le dernier du bon siècle, ou le premier du mauvais. Ses études et ses talents lui permettaient d’aspirer h un rang moins équivoque. Habile dessinateur, bon coloriste, doué d’une rare facilité et d’une grande barsliesse de pinceau, il y joignit, dans le commencement, beaucoup de soins et d’application à bien faire. Gepen- -dant alors Palma était peu employé. Paul Véronèsc et leTintorct, en possession du premier rang, retenaient presque seuls les commissions importantes et lucratives. A force de souplesse, Palma gagna l’affection de Vittoria, architecte et sculpteur très-accrédité, chargé de la plupart des grandes constructions de la ville et du pays, et mécontent du peu d'ég,ards que lui témoignaient Paul Véronèse et le Tintoret. Aidé des conseils «le Vittoria, et soutenu par sa probn linn, Palma enlin

obtint une part dans les travaux ; et, après la mort de ses redoutables concurrents , il en hérita tout-à-fait. Alors, occupé seulement à multiplier le nombre de ses ouvraj$es, il songea peu à leur perfection. Pour en obtenir qui fussent dignes de lui, il fallait se soumettre à des prix exorbitants, en sorte que, dans la multitude des tal)leaux de Palma jeune, un certain nombre seulement a contribué à sa réputation.

Celui dont je donne ici la description est de ce nombre. Sur un fond de draperies destinées sans doute à la dérober aux regards curieux, Vénus vient d’interrompre sa toilette commencée pour jouer avec l’Amour qui voltige au-dessus de sa tête. A demi assise, de sa main droite elle semble vouloir le retenir, tandis que la gauche s’appuie sur une table couverte d’un tapis, et sur laquelle on voit un miroir et un rase de parfums. A ses pieds, sur une riche cassette, est écrit le nom du peintre. Le corps de Vénus est beau et gracieux ; la couleur est chaude et vraie, et les accessoires sont exécutés avec soin.

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