JÉSUS-CHRIST DÉPOSÉ DE LA CROIX. Î
arrangée, quoique très-gracieuse, des figures, me portent à penser que Sguazzella est le véritable auteur de ce tableau, admirable d’ailleurs par la bonne entente de la composition, la sensibilité des expressions, la noblesse du style, et la convenance du rôle assigné, dans cette douloureuse scène, à chacun des personnages. Tous sont agenouillés , à l’exception d’un apôtre qui soutient la sainte Vierge à peu-près évanouie ; et dans toutes ces poses uniformes le peintrç a su introduire une variété pleine de grâce et d’effet. La Madeleine s’est précipitée, la face contre terre, aux pieds de son divin Maître, qu’elle couvre de ses longs cheveux et baigne de ses pleurs. Saint Jean la regarde avec cette émotion recueillie que cause la vue d’une douleur qu’on partage. Dans les têtes de l’apôtre et de la sainte femme qui soutiennent la Vierge, la pitié qu’inspire le spectacle de l’abattement désespéré d’une mère s’unit merveilleusement à leurs propres regrets. Le corps du Christ étendu se développe tout entier, non sans quelque apprêt, mais avec une beauté peu commune ; et les trois têtes de femmes sont des modèles de grâce dans l’expression de la douleur. Les draperies sont larges et bien distribuées, surtout celles qui enveloppent la sainte Vierge.
Ce tableau, peint sur bois , appaidenait, avant la révolution, à l’église de Notre-Dame-de-Villeneuve-sur-Yonne qui l’avait acquis de la famille More-le-Menu, à laquelle
S9i ËCOLE ITALIENNE (ANDRÉ SGUAZZELLA).
il était arriyé dans l’héritage de M. Belostier, colonel du régiment de Picardie. Le gouyernement l’acheta pour le Musée, en donnant en échange une Adoralton des Bergers , de M. Ménageot.
Il a été grayé par Æneas Yicus, ayec quelques changements, sous le nom de Raphaël.
PROPOHTIONS.
Hauteur, t mètre 57 centim. = 4 pieds 9 pouces.
Largeur, 2 — » — — 6 — i —