‹ Etudes sur les BeauxArts en généralChapitre 51 sur 89 · ÉCOLE ITALIENNE {ANDRÉ SOLARI · texte numérisé non relu

ÉCOLE ITALIENNE {ANDRÉ SOLARI

Pierre, se demandaient de qui était la Mère de Douleur, placée dans la chapelle de la Vierge; tde notre Gobbo,» répondit l’un d’eux, comme si lui seul eût été capable d’exécuter une si belle œu\Te. Michel-Ange était présent: il ne se nomma point; mais peu de temps après, il revint une nuit inscrire son nom sur la ceinture de la Vierge, ce qu’il n’a jamais fait, dit Vasari, pour aucun autre de ses ouvrages.

André, le peintre, fut l’un des meilleurs élèves de Gaudenzio Ferrari , artiste qui n’a pas, dit Lanzi , hors de l’Italie, toute la réputation qu’il mérite, Vasari, dont les ouvrages sont presque seuls consultés au-delà des monts, ayant négligé de lui rendre justice. Ferrari était un élève de l’ancienne école de Milan, qui commençait alors à se rapprcher de celle de Léonard de Vinci, avec laquelle cependant elle ne s’est jamais entièrement confondue. Il joignit, aux avantages que l’école milanaise avait tirés des exemples ainsi que du commerce aimable et généreux de Léonard , les avantages particuliers du commerce et des instructions de Raphaël. Dans un voyage qu’il fit à Rome, il avait pris les leçons de ce grand peintre, et avait même travaillé à plusieurs de ses tableaux, particulièrement à celui de la Fable de Psyché. 11 rapporta de Rome un plus beau style et un dessin plus large et plus gracieux à la fois que celui de l’ancienne école milanaise; mais ce qu’il eut en propre, ce qu’il étudia, à ce qu’il parait, par-dessus tout.

LA VIERGE ET L’ENFANT JÉSUS

œ fut l'expression ; a il peignit mieux encore, dit Lanzi, « les âmes que les corps. »

Parmi les mérites qu’André Solari avait hérités de son maître, le charmant tableau dont nous donnons ici la description peut faire juger à quel point il possède ceux de l’expression et de la grâce. Une espèce de balcon qui occupe le devant du tableau soutient un coussin d’étoffe verte sur lequel est couché l’Enfant Jésus. La Vierge, penchée vers lui , le soulève de la main droite ; la gauche presse son sein pour en faire sortir le lait. L’enfant, la bouche ouverte, le pied dans sa main, tourne vers sa mère ce regard qu’un enfant n’a jamais eu que pour la mère qui le nourrit ; les yeux de la Vierge y répondent avec l’expression de la tendresse maternelle concentrée dans sa plus douce occupation. Jamais visages n’ont été plus parlants, comme le dit I^anzi de ceux de Ferrari ; jamais un ensemble d’attitudes et d’expressions n’a rien offert de plus gracieux et de plus naïf à la fois. La figure de la Vierge est d’un beau style; celle de l’Enfant Jésus est charmante; la robe rouge, le voile blanc, et le manteau bleu de la Vierge sont richement drapés; la couleur, belle tîneore, surtout dans la partie inférieure du corps de 'enfant, et la perfection des cheveux, justifient l’opinion de Vasari sur André Solari, qu’il représente comme un peintre et un coloriste rempli d’agrément mgo), et ne négligeant rien pour la perfection de son

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