‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 48 sur 124 · IV* ÉTUDE. — COMTE I>E* CHAMBLY · texte numérisé non relu

IV* ÉTUDE. — COMTE I>E* CHAMBLY

de 530 âmes, et que sur ce chiffre on ne compte que 21 familles occupées a cultiver la terre. Ce florissant village, situé entre Longneil et Laprairie, se trouve en face de Montréal, et sert de terminus à deux chemins de fer. Les rives de St. Lambert servent aussi d'appui à l'extrémité sud du colossal Pont Victoria, duquel je parlerai plus tard. Une belle église en brique a été construite, en 1856, à St. Lambert, et la communication avec Montréal se fait six fois par jour par bateaux-à-vapeur, et trois fois par chemin de fer, lequel tra verse le village pour communiquer avec Bousô Point, dans l'état de New-York.

En arrière, se trouve la paroisse de Chambly, agréablement située sur la rive ouest de la rivière Richelieu, entre les Rapides et le côté Est du Canal Chambly. Ce canal, construit entre Chambly et la ville de Saint-Jean, a 12 milles de longueur. La paroisse est divisée en trois groupes de population : la paroisse proprement dite, renfermant 1,787 habitants ; le village 600 âmes, et le village du Bassin d'environ 779 personnes. Le terrain est à peu près uni .et d'une qualité supérieure, produisant assez abondamment les pois, le sarrazin, l'avoine et les patates. La rivière Richelieu, suivant que le constate Bouchette, qui est navigable dans toute sa longueur, coulant au milieu de la seigneurie de Chambly, ajoute encore aux avantages naturels de cette localité. Dans ces limites se trouve le superbe élargissement de la rivière appelé le Bassin de Clramblv, presque de forme circulaire, et d'environ 2 milles de diamètre, embelli de plusieurs petites îles couvertes d'une belle verdure et aussi agréablement disposées que si l'art y avait employé son pouvoir. Trois de ces Isles sont situées à l'embouchure de la rivière Montréal ; quelques autres plus petites, appelées îlots de St. Jean, sont placées d'une manière très pittoresque à la descente du rapide de Chambly dans le Bassin. A l'ouest du Bassin est le fort Chambly, érigée par les français en 1711, qui, vu d'une certaine distance, ressemble assez à un ancien château. Il fut bâti de pierre par M. de Chambly, et c'est le seul de cette espèce qui reste debout dans la province ; sa forme est à peu près carrée, et il possède tous les moyens nécessaires de défense usités de nos jours. Faute de soins, cette construction tombe en ruine, suivant que le constate une correspondance insérée dans le Courrier au Canada du 8 mai 1863.

Une Société de Secours est établie dans la paroisse, en union avec celle du Bas-Canada, fondée à Montréal.

Il existe plusieurs pouvoirs d'eau d'une grande importance,

.sur Tan desquels fonctionne aujourd'hui la manufacture de drap de M. S. T. Willett, <jui se trouve dan* un état de prospérité qui va toujours croissant D'importantes améliorations ont été faites à cet établissement durant Tannée 1862, et de nouvelles machines y ont été ajoutées, qui viennent d'être mises en opération. Cette manufacture prépare journellement 300 verges de- drap, et le propriétaire est occupé actuellement à préparer 12,000 verges de drap pour les accoutrements militaires des milices volontaires du pays.

Les deux autres paroisses, St. Bruno et St Hubert, renferment : la première 1,719 âmes, et la deuxième l,15flT . La paroisse de Saint-Bruno tient le premier rang pour la production du blé. parmi toutes le» paroisses du comté.

XXXII— Comté de Saint-Jean.

Ce comté est situé sur la rive sud-ouest dfe la rivière Richelieu et va aboutir à la ligne provinciale. Cinq paroiaseseonsti tuent ce comté^ lequel renferme une population de M,853 habitants dont 11,706 sont canadiens-français.

Sur ce chiffre de la population, 1,136 familles sont occupées à la culture de la terre, et possèdent 119,602 acres de terre dont 89,332 acres sont cultivés.

Les récoltes de 1860 ont donné 621,083 minots de grain» et 160,906 miuots de patates et navets, formant en tout 781,989 minots et 8,061 tonneaux de foin, le tout évalué à $471,167.06.

Les produits ordinaires de l'industrie ont fourni pour une valeur de $58,441.32.

Le revenu des jardins et vergers est estimé à $12,043 ; la valeur du bétail, au chiffre de 31,588 têtes, est évaluée à $409,709 ; et les voitures, au nombre de 2,256, à $66,464.

Les instruments d'agriculture valent $142,276 ; et la valeur de la propriété foncière est estimée à $3,361,840.

Formant une richesse totale de $4,521,940.38.

La paroisse de Saint-Jean compte une population de 1,291 habitants, tous occupés de l'agriculture. La ville, qui est assise sur le bord de la rivière Kichelieu, au pied des eaux navigables du Lac Champlain et à la tète du canal Chambly,.

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renferme^ S*,317 âmes, et sert d'entrepôt aux produits on marchandises qu'apportent les batea»x-à-vapeur ou autre* bâtiments américains. Plusieurs manufactures sont en opérations, et un marché est ouvert tous les jours. Le principal commerce de cette petite ville consiste en bois de construction, bo;s de chauffage, chevaux et grains. Des trains réguliers de chemin de fer arrivent et partent trois fois par iour de St. Jean. La valeur de la* propriété foncière dé la ville est estimée à $410,392. Une Àcaîémie des Frères de la Doctrine Chrétienne et un Couvent des Sœurs de N. D. de la Congrégation instruisent les enfante de cette localité avec un rare succès, La seigneurie de Saint-Jean est composée d'une étendue de terre très unie, et extrêmement fertile, bien habitée et bien cultivée, et baignée par la rivière Richelieu. Un journal est publié dans cette ville, sous le titre de Franco- Canadien.

La paroisse de St. Luc, située dans la même seigneurie profite également biea de cette importante situation et renferme une population de 1,088 habitants.

La paroisse de Sainte-Marguerite ou PAcadie, qui renferme une population de 2,425 âmes, est située dans les seigneuries de Laprairie et de Lérv ,~elle est convenablement arrosée par la petite rivière appelée Montréal. Un petit village d'environ 350 âmes est assis sur le bord de cette rivière, à trois milles de la gaee du chemin de fer dé Champlain et du Saint- Laurent..

Vient ensuite la paroisse de Saint-Valentin, 6ituée vis-à-vis • de l'Isle-aax-Noix, a trois milles du dépôt du chemin de fer susmentionné. Tout ce terrain est bas et couvert en grande • partie de cèdres ; dans les endroits où le terrain est sec, on trouve ordinairement un sol noir et très fertile. La rivière Montréal dont je viens de parler traverse cette seigneurie et plusieurs autres courants d'eau y prennent leur source.

Enfin, la paroisse La Colle, qui renferme une population de ■ 3^689 habitants dont 1,864 seulement sont canadiens-français. Un Joli village de 650 à 700 âmes est établi sur la petite rivière Lacolle, à un mille du chemin de fer et a environ 5 milles de la ligne provinciale ou deHouse Paint Le terrain est bas sur le front de la seigneurie ; mais sur l'arrière il ! devient plus élevé et le sol plus riche. La rivière Lacolle, qui serpente de l'ouest à l'est, traverse la seigneurie pour tomber dans la rivière Richelieu, mais elle n'est pas navigable, pp8 même pour les canots, étant remplie de cascades et de nombreux rapides qui empêchent toute communication.

Erès de l'embouchure aé cette rivière est l'île. anx Têîes, ,

sur laquelle est une redoute qui domine toute la largeur de la rivière Richelieu. Lors de la guerre de 1812 on fit de cette place un endroit très fortifié et il s'y fit d'importantes opérations militaires. Non loin de là, dans la rivière Richelieu, se trouve l'île-aux-Noix, appartenant 1 la Couronne. Cette île est plate et s'élève peu au-dessus du niveau de la riyière ; elle est à 10} milles de la ligne frontière, dans une excellente

Eosition pour arrêter toute communication par eau avec le ac Champlain, suivant que leeonstateBouchette; conséquemment c'est une position militaire très importante qui a été d'ailleurs fortifiée avec soin.

Une Société de Secours ou de Colonisation est établie «dans les limites de ce comté, dans la ville do St. Jean, depuis le 17 Décembre 1860, grâce au zèle et au patriotisme de J. C. Laberge, écr., ci-devant représentant de ce comté en parlement.

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