‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 52 sur 124 · ES DESCENDANT TEKS LE GOLFE · texte numérisé non relu

ES DESCENDANT TEKS LE GOLFE

Cette vaste région, qui couvre une surface de terrain d'environ 33,060 milles géographiques quarrés, comprend tout le territoire situé sur la rive gauche de là rivière Outaouais et sur une petite partie du fleuve Saint-Laurent, s'étendant de l'Ouest à l'Est, depuis le Lac Témisoamiugue jusque vers le lieu oà se trouve la source de la rivière Gatineau, située à environ 45 milles en deçà de la ligne nord supposée du Bas* Canada, sur une profondeur qui varie, mais que nous pouvons estimer approximativement à 300 ou 350 milles du fleuve Saint-Laurent J'ajouterai que la longueur de cette immense contrée, bornée au sud par l'Ontaouais et le Saint-Laurent, est d'environ 866 milles, que je compte depuis le Lac ci-dessus mentionné jusqu'à la ligne orientale du comté de Berthier, en suivant le cours de ces rivières ; c'est-à-dire que cette partie du territoire bas-canadien est aussi vaste que l'Irlande entière, puisque ce dernier pays ne contient guère plus que 20,500,000 acres, égal à 32,000 milles quarrés.

Comme on voit, cette forêt sans fin peut donner asile à plusieurs millions d'habitants.

Aujourd'hui, le chiffre de la population de cette grande division territoriale ne s'élève encore qu'à 227,366 habitants,

outre 90,323 renfermés dans la ville de Montréal, formant" en tout 317,689 âmes, laquelle population n'occupe encore qu'une très petite lisière de terrain défriché le long du Fleuve et de TOutaouais, divisée en quatorze comtés, dont voici les noms : Pontiac, Outaouais, Argentenil," Beux-Montagnes, Vaudreuil, Boulanges, Jacques-Cartier, Hochelaga, la ville de Montréal, Laval, Terrebonne, Assomption, Montcalm, Joliette et Berthier.

Les principales rivières qui arrosent la contrée qui nous occupe sont: dans l'ordre de leur situation géographique, TOutaouais, la rivière du Moine, la rivière Noire, la rivière Coulonge, la Gatineau, la rivière aux Lièvres, la rivière Blanche, la rivière de là Petite Nation, la rivière Bouge, la rivière du Nord, la rivière de l'Assomption et la rivière Maskinongé, qui, toutes -descendent dans POdtaouais ou directement dans le fleuve Saint-Laurent. Les rivières de TOutaouais et la Gatineau, cependant, sont les plus importantes de là région,

La première de ces -rivières est d'une longueur d'environ 680 milles, et prend sa source principale dans le Lac Témiscamingue. De sa source, cette rivière coule dans une direction sud -ouest, et reçoit les eaux d'un grand nombre de petites rivières. Les nombreux points de vue qui s'y trouvent sont des plus pittoresques et des plus beaux.

Pour surmonter les obstacles qu'offrent à la navigation les rapides que l'on rencontre sur l'Ontaouais et faciliter l'important commerce du bbis, le gouvernement du Canada a fait construire des canaux, écluses et glissoires sur la plupart dés cours d'eau susceptibles- .d'améliorations. Au 1er janvier 1862, la somme dépensée pour cet' objet s'élevait déjà à $628,755, outre une autre somme de $373,191 employée pour la confection dû Canal des Chats, près du Luc de ce nom. Je n'entends parler que les travaux exécutés dans la partie du Bas-Canada, et encore il peut bien arriver qui j'ignorerais la valeur de toute l'étendue de ces travaux.

La rivière Gatineau, longue d'environ 300 milles, égoutte une étendue d'à peu près 10,000 milles quarrés, et s'ouvre activement à la colonisation.

Ve ÉTUDE. — RÉGION DE L'orTÀOUAI8. 321

Je dois noter ici, en passant, que la cité d'Outaouais, cidevant Bytown, ainsi nommé da nom de son fondateur, capitale future du Canada, est située an sud de la rivière Outaonais, dans le canton Carieton, vis-à-vis du bassin de la Gatineau, à une distance d'environ 100 milles de l'embouchure de la rivière Outaouais, dans le fleuve Saint-Laurent. Un magnifique pont suspendu a été érigé par le gouvernement, qui unit ensemble les territoires du Haut et du Bas-Canada ; la construction de ce pont a nécessité une dépense de $66,448. Le canal Rideau passe au centre de la petite ville d'Ottawa, €t divise la cité en haute et basse- ville, sur lequel est «construit aussi un superbe pont de pierre de taille. La ville de Bytown n'a été érigée en cité dite d'Outaouais, qu'en 1854, en vertu d'un Acte spécial de la Législature. Cependant, pour ne pas laisser perdre la mémoire du Colonel By, ingénieur royal, •chargé de la surveillance des travaux du Canal Rideau, en 1827) on a attaché le nom de cet officier à l'un des quartiers de la ville, pour les fins municipales. La construction des édifices publics destinés au gouvernement et aux Chambres législatives est en voie d'exécution. La cité d'Outaouais est à 126 milles environ de Montréal.

Pour se faire une idée juste de la valeur des terres de l'Outaouais, il convient de considérer les avantages de ses ressources naturelles ; puis la quantité du sol propre à la colonisation. C'est ce que nous allons brièvement faire.

Le sol de la partie Ouest de la rivière des Outaouais, qui «'étend entre la rive nord de cette rivière et les collines situées 5 ou 6 milles plus au nord, formant une vallée de 125 milles en amont de la ville d'Ottawa, est comparativement baa -et uni et d'une assez bonne qualité. Mais en profondeur, derrière ces collines, il devient généralement raboteux et accidenté d'élévations et de montagnes.

A l'exception des rivières du Lièvre et de la Gatineau, le

pays est peu connu au-delà de 70 milles en ligne droite vers le

nord, et môme plusieurs localités situées sur ce dernier

parcours n'ont pas été explorées que très imparfaitement.

Le rapport intéressant de l'hon. Commissaire des Terres,

822 ccrumèATiox bit bas-oaitâdjl,

pour 1856, dit que cette dernière partie du terrain est le pîtra souvent en pentes escarpées, rocailleuses et pierreuses. On ne pourrait pas classer plus d'un quart de son étendue parmi les terres propres à une culture quelconque, et encore ce» bonnes terres ne se présentent-elles que par intervalle» qui varient de quelques lots à un deim canton.

Il n'en est pas ainsi tont-à-fait de la vallée de la rivière Gatinean ; car depuis son confinent, vis-à-vis la ville d'Ottawa, jusqu'au Lac Buskoterag, à 120 milles (dans l'intérieur, cette vallée renferme des terrains qui sont très favorables à la colonisation. Le sol des bas-fonds qui bordent le» nombreux cours d'eau qui courent' à l'Est et à l'Ouest de la Gatinean est généralement d'une grande richesse, et déjà on compte des établissements ouverts à plus de 100 milles dans l'intérieur, sur cette rivière, qui promettent d?keureux résultats.

En effet, quand on considère ce qu'était la rivière Gatinean H y a seulement 20 ans, avec ce qu'elle est anjourcVhui, on ne peut qu'admirer les progrès qui s'y sont accomplis ; car ils •ont incroyables. Il y a vingt ans, on le saity cette vallée était le pays le plus sauvage, le plus inaccessible, le plus solitaire du Bas-Canada ; cependant, aujourd'hui, une population assez considérable cultive sur les botds de cette ririè*e, et de* diligences partent tous- les jour» de la ville située à ses pieds et longent cette charmante rivière jusqu'à N. D. de la Visitation, nouvelle paroisse formée dans- W canton Wright, à 60 milles d'Ottawa.

En 1851 on ne comptait encore que cinq canton» situés sur la rivière Gatinean, dont 'les habitants les plus éloignés- se trouvaient établis près des Chûtes de Puagasfc, à. 86 milles du confluent de cette rivière, lesquels cantons renfermaient une population réunie de 6,380 habitants. Diaprés le recensement de 1861, il appert qu'il y a actuellement dix-sept cantons eu voie d'ouvertnro sur cette même rivière, renfermant un© population de 12,785 âmes, et que les dernières habitations se trouvent situées à plus do 110 milles d'Ottawa, jusque dans le canton Sicotte, quelques milles en deçà du- Lae Busk&tong, dont je viens de parler-

V* ÉTUDE. — RÉGION DE l'oUTAOITÀIS-. 823

Ces faits établissent donc que la population résidante de cette vallée de la Gatineau a augmenté de moitié depuis dix ans, échelonnée sur un parcours de terrain trois fois- plus considérable.

On remarque dans cette région l'influence qu'ont les chantiers à bois sur le progrès de la colonisation qu'ils activent puissamment; voici ce que disait M. Russell, agent des Boulet Forêts, dans son rapport de 1862, au sujet de la doubleorganisation de l'exploitation forestière et agricole.

" Comme les terres de qualités inférieures sont généralement couvertes de bois d'une bonne venue, et que l'établissement de chantiers sur ces terres aurait l'effet de créer un marché où s'écouleraient très facilement les produits do l'agriculture, il est évident que la valeur de la partie du sol propre à la colonisation se trouverait ainsi augmentée de beaucoup. Les grandes régions forestières impropres à la culture pourraient être laissées intactes, tandis que des ligne* coatinues- d'établissements pourraient se former sur les étendue* de terres arables, et les colons ainsi placés profiteraient grandement du commerce de bois, et de cette manière,, les parties do la région de r,Outaouais qui sont impropres à la culture resteraient toujours les plus grandes forêts du mondepour l'exploitation des bois. "

11 faut vouloir et faciliter l'exploitation de nos inépuisable» forêts et rivières. Mais nous devons dès maintenant réclamer dan» les détails et les moyens administratifs des améliorations qui sont devenues nécessaires et que les intérêts généraux du pays commandent. Je veux parler de ce gaspil de nos forêts que le gouvernement permet d'exercer dans les cantons livré» à la colonisation, et dont il annonce même en vente les terres. C'est une pratique très désastreuse, n'offrant qu'tme- misérable recette au trésor, et nuisant considérablement au colon.

Le plus grand bienfait qu'un gouvernement pourrait accorder au pays, ce serait donc de n'octroyer aucune license pour la coupe des bois, excepté dans les forêts éloignées et mises à part pour cela ; et jamais dans les cantons organisés

et destinés à une colonisation actuelle on prochaine, à moins que ces cantons ou une partie d'iecux ne soient jugés impropres à l'agriculture.

Mais revenons au commerce du bois.

Ce négoce, qui s'opère et qui embrasse déjà les parties les j)lus reculées du territoire de l'Outaonais, a commencé vers l'année 1807, paraît-il, et quoique nous ne possédions que très peu de renseignements statistiques sur la première époque de l'histoire de ce commerce, je puis toutefois dire qu'en 1829 cette entreprise industrielle donnait déjà de l'emploi à 2,000 ouvriers pour la préparation du bois, et à 7,743 hommes pour le conduire sur l'Outaonais et ses affluents.

Dix-sept ans plus tard, en 1846, on employa cette année-là 7,200 hommes, 2,880 cheva-ix et 720 paires de bœufs, pour la préparation de 18 millions de pieds cubes de bois. En évaluant ces bois au prix de 15 cts pour le pin rouge et 8 cts pour le pin blanc, et à la moyenne des prix du chêne et de l'orme, leur valeur, rendus à Québec, avait été de $2,000.000. Des susdits 18 millions de pieds, 10 \ millions était de pin blanc, 6J millions de pin rouge, et le reste de chêne, orme, etc. Outre cette quantité, il fut aussi confectionné 9 millions de pieds •cubes (principalement du pin blanc) durant la saison de 1846 .sur FOutaouais et ses tributaires, plus bas que les Chûtes de la Chaudière, près de la ville d'Ottawa ; mais j'ai borni mon tableau au territoire à bois situé plus haut que la ville •d'Ottawa, comme se trouvant plus en rapport avec les glissoires construites par le gouvernement. Les provisions dépensées durant cette môme année de 1846 consistèrent en 19,800 quarts de farine, 18,000 quarts de lard, 1,800 boîtes de thés, 7,200 tonneaux de foin et 300,000 minots d'avoine, outre les vêtements, le tabac, etc.

Les personnes les mieux informées affirment que la quantité de bois qui sort annuellement de l'Outaouais ne subira aucune diminution d'ici à cinquante ans. Pour preuve de cet avancé, ils s'appuient de ce qu'il a été tiré du bois de la Rivière Bonnechôre (un des affluents de l'Outaonais) depuis plus de

V° ÉTUDE. — BÉGION DE LrOUTAOUAI8. 325

cinquante ans, et cependant l'exploitation s'y fait encore sur un pied très considérable. Il y a encore, à l'heure qu'il est, au-dessus de 20 localités louées à cet effet par le gouvernement, sur cette seule rivière.

Un autre fait très important, c'est que les anciennes limites loin d'être épuisées, sont encore exploitées et môme plus que dans les premiers temps. Si quelques-unes de ces limites reculent, surtout sur la rivière Gatineau, c'est dû. au fait que la colonisation prend du développement et que les bonnes terres s'établissent, et non autrement.

D'après le Courrier d'Ottawa, les nombreux chantiers decette partie do FOutaouais donnent aujourd'hui de l'emploi à 20 ou 25 mille hommes, qui reçoivent en moyenne un salaire de $26 par mois, la pension comprise, lesquels sont occupés durant presque toute l'année.

M. AHan Gilmour, de Québec, engagé considérablement dans ce commerce,- exprime à l'hon. Commissaire des Terres, dans une lettre en date du 9 février 18*63, que la quantité moyenne de bois préparé annuellement dans l'Outaonais s'élève de nos jours aux chiffres suivants : Pin blanc, 13,000,000 pieds cubes ; pin rouge 2,250,000 pieds ; madriers de pin, 2,250,000 pièces, et environ 60 millions de pieds superficiels d'autres bois scies, sans compter le tamarac et l'orme* le tout s'élevant à une valeur annuelle de $3,114,166.

Le rapport de Thon. M. Teasier, Commissaire des Travaux Publics, constate que durant l'année 1862 environ 90,000 billots et 526,781 pièces de bois d'équarissage, venant du haut de l'Ontaouais, sont descendus par les glissoires des Chaudières ; 9,251 pièces de boÎ6 carré, et 154,M8 billots, venant de la Rivière Gatineau, sont passés devant la ville d'Ottawa, formant un total de 780,950 pièces.

Il paraîtrait que la conpe des bois, license, péage, etc., de l'Ontaouais, fournirait au gouvernement une somme annuelle d'environ $260,000. Toutefois la valeur annuelle du bois exporté du Canada à l'étranger s'élève en moyenne à la. somme de 89,280,000.

p'après des calculs acceptés comme corrects par des persoi>

326 cotJûxTSÀTiosr Dr bàs-cànàdà..

nés d'expérience, ou affirmé par le rapport du Commissaire des Terres de 1856, et déduction faite des terrains stériles ainsi que des parties ravagées par le feu, on estime qu'il peut y avoir encore sur pied dans les vallées de l'Outaouais et de ses affluents, environ 43 raillions de tonneaux de bois de construetion, des espèees et dimensions telles qu'expédiées aux marchés étrangers, et prés de ISO millions de tonneaux de dimensions plus petites dont on pourrait faire usage ; d'où il résulte que, sans même tenir compte de ce qui poussera dans la 6uite, il y a actuellement dans les forets de cette vallée de quoi alimenter encore pendant plus d'un siècle un commerce de bois aussi considérable que celui de nos jours.

Quant aux co mm uni cations avec les pays environnants, elles sont aussi nombreuses que fréquentées. Au nord de l'Outaouais se trouvent les principaux chemins de colonisation de Dalerville, Rivière eu Nord, Wentvorth, Crooks Mills, Templeten, Désert et Calumet. Par eau, il y a la rivière Ou taon ai s qui est navigable pour des bateaux-à-vapenr de moyenne grandeur, depuis les chûtes de la Chaudière jusqu'à la tête du Rapide des Chats, auquel endroit une compagnie spéciale, qui possède tous les moyens possibles de transports sur ce long parcours, a établi un chemin de fer sur un plan économique, que Ton a nommé en badinage cliemin 4e fer aborigène, lequd relie les lacs Chat et «des Chênes* afin d'éviter sur une longueur de trois milles les Rapides qui s'y trouvent. Ces obstacles étant franchis, la navigation redevient libre jusqu'au Portage-du-Fcwt. Un bateau-ài-vapeur, VEmerald, v©yag«- dans la première partie mentionnée de -cette rivière, tandis que Y Origan, autre petit Ibateau-à-vaptur, fait le. trajet dans l'autre partie. Plus loin, la navigation reprend de nouveau son cours jusqu'aux Rapides des .Joachims, au-dessus de la Rivière Creuse.

En bas de la ville. d'Ottawa, en descendant, 6e trouve aussi une autre voie importante de communication par eau qui, rendue à Greenville, communique à Carillon par r*ide d'un ;petit chemin de fer, d'oii une belle navigation 6'étcnd de là jusque sur le majestueux fleuve Saint Laurent»

V* ÉTUDE. — COMTÉ DE rONTTAC, 827

An sud de la#rîvière Outaonais, les communications sont encore plu6 développées : un chemin de fer relie Ottawa avec Prescott, et permet aux habitants do l'Ontaouais de communiquer par la voie du Grand-Tronc dans toutes le3 parties du Haut et du Bas-Canada ; une deuxième voie ferrée est aussi ouverte à Àrnprior, au pied du Lac desOhats, sur 'Outaonais, conduisant à Brockville, sur le fleuve St. Laurent ; le "Canal Ridean, long de 126 railles, relie ensemble lefl eaux de rOutaouais et du Saint-Laurent, et facilite le commerce de la ville naissante de l'Ontaouais avec Kingston, situé à l'entrée du lac Ontario ; cette voie artificielle a coûtée au gouvernement militaire du Canada la somme de «inq millions de piastres.

Bisons, en terminant, que cette immense région de l 'Outaouais et du Nord de Montréal renferme au-dessus de 75 cantons, dont la plus grande partie est arpentée et très propres à la colonisation ; ils peuvent subvenir à un degré considérable aux besoins des populations environnantes, entassées dans les vieilles paroisses des seigneuries, sans aucun doute. Afin «d'encourager Texpansion de la population vers ces terres, ;il a été ouvert un grand nombre de routes, notamment dans les comtés d'Argenteuîl, Otta\va, Terrebonne, Montcalm et Berthier, où pas moins que $37,754 ont été octroyées et dépensées pour cette fin «depuis 1854.

Ceci posé, nous allons entrer dans les développements particuliers de la colonisation des divers comtés qui font le sujet de ectte Etude-

XXXVI II— Comté de Pontlac

Oe*o*mté est situé à l'extrême ouest du Bas-Canada, sur la rive nord de FOntaouais .et au nord du fleuve St. Laurent, et renferme une population de 13,257 habitants dont 2,161 6ont «d'origine canadienne-française. Cependant plus de la oiidiliô 4e cette population est catholique.

328 COLONISATION DU BÀS-CAWADÀ.

On y possède 212,226 acres de terre dont 54,615 sont en état de culture et 157,611 acres encore en bois debout Outre cette quantité, le gouvernement annonce en vente au-dessus de 400,000 acres situés dans les cantons établis ou en voie d'ouverture qui seront l'objet de notre attention tout-à-lTienre.

Les récoltes de 1800 ont donné 493,523 ininots de grains et 339,643 minots de patates et navets, formant en tout 833,16& minote et 10,711 tonneaux de foin, le tout évalué à $511,475.28.

Les produits de l'industrie, consistant en sucre, beurre* laine, étoffe foulée, flanelle, to3e et filasse, sTélèvent à $55,302.42.

Le revenu des jardins fut de $483.

Le bétail, qui compte pour 25,619 têtes, est évalué à $3S0,676 ; et les voitures d'agrément, au nombre de 227, sont estimées à $6,766.

Le3 instruments d'agriculture valent $71,654 ; et la valeur de la propriété foncière est portée à $1,191,400.

Formant une valeur totale de richesses de $2,217,756.70.

Onaloio. — Le premier centre de colonisation qui s'offre à notre appréciation, sur la Carte, est le canton Onslow, située à la tète du Lac Chaudière, sur la rivière Outaouais, à 30 milles de la cité. On compte une population de 1,645 habitants dont 193 sont canadiens-français. Ce canton a 13: rangs et les terres sont arrosées par plusieurs courants d'eau, ainsi que par le Lac à la Pèche, situé au centre du canton r et d'une étendue d'environ 4 milles. La rivière Quio traverse aussi une partie de ce canton pour aller tomber dan» la rivière Outaouais, sur le lot No. 11 du 3e rang d'Onslow. Près de l'embouchure de cette rivière se trouve un petit village d'environ 125 personnes, où se tiennent les séances du conseil municipal de 1 endroit. Une église en bois de 60 pieds sur 36 est construite sur le lot No. 4, dans le 8e rang d'Onslow, placée sous le titulaire de Saint-Colomban, et un prêtre réside dans cette nouvelle paroisse depuis 1858. La popnlatioa catholique de ce canton s'élève à 1,038 âmes. Outre le chemin de front, qui longe les bords de la rivière, s'ouvre actuellement une autre route qui part du confluent de la rivière Quio et va aboutir an 12e rang, auquel endroit elle 6e relie avec un autre chemin qui se dirige à travers Masham pour aboutir au grand chemin de la rivière Gatineau, dans le comté d'Outaouais.

Bristol. — Ce canton vient ensuite, en remontant la rivière Outaouais, lequel renferme 2,021 âmes, dont 57 habitants seu-

Y* ÊTTOB.— COMTÉ DE FOKTOÀC. S2£

Iement sont canadiens-français. Ce canton a une forme triangulaire et mesure 14 rangs de hauteur. La population catholique, qui s'élève à 716 âmes, est desservie par m. le Curé de Sainte-Brigitte, dans une chapelle en bois de 50 pieds sur 30. Cette mission est placée sons le patronage de Saint- Edouard. Le sol est très favorable à toutes espèces de culture, et parmi les grains récoltés en 1860 se trouve 24,385 nrinots de blé, qui sont le produit de 1,399 acres, formant une recette de 17} minots par acre ; les pois, au chiffre de 11,527 minots. récoltés, ont donné le même résultat par acre, et les patates, plantées sur 392 acres, ont fourni 51,108 minots, formant environ 130} minots par chaque acre ainsi cultivé. Durant la même année il fut aussi récolté dans le même canton 1,643 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncièro est estimée à $232,910 ; les instruments d'agriculture à §15,045, et le bétail à $65,009.

Clarendon. — Ce canton est le plus développé du comté Pontiac, et renferme une population de 2,330 habitants, tous d'origine britannique, à l'exception de 29 personnes qui sont d'origine canadienne-française. Le sol de ce canton est à peu près le même que celui des cantons que nous venons de voir, et il produit très bien le blé, les pois, l'avoine et les patates. La récolte seule du blé à fournie 31,359 minots, en 1860. Pour faciliter l'accès aux terres de l'intérieur où de nouveaux établissements se forment graduellement, un chemin

f>art du débarcadère du bateau-à-vapeur qui voyage sut 'Outaouais et conduit au village formé au centre dii canton, à l'endroit où se croise la route conduisant d'Onslow au chenal nord de l'Isle du Calumet, lequel premier chemin continue de traverser Clarendon jusqu'à ce qu'il tombe dans celui de Bristol LandinÇi qui conduit au lac à la Loutre, dans le canton Leslie. Une autre route part de la rivière Quio^ dans» On6low, et longe la rivière Outaouais pour aller aboutir au Portage-dn-Fort, entre l'île du Calumet et le lac des Chats. La population catholique, qui s'élève à 273 âmes, est desservie par M. le Curé de Sainte-Rosalie, au Portage-du-Fort, nouvelle paroisse qui nous occupera plus tard.

Thvme. — En arrière de Clarendon, sur la deuxième rangée des cantons, se trouve celui-ci, qui a cinq rang de haut, et qui renferme une population de 68 familles on 450 habitants dont 14 seulement sont canadiens-français. Cette mission est placée sous le patronage de Saint-Michel. Ltfs défrichements

'30 COLONISATION TfU BAfl-CAXÂDA.

de ce canton s'élèvent à 1,604 acres qui ont produit 2,036 wainots de blé, 27,472 minots d'autres 'grains, 10,850 minots de patates et 4,750 minots de navets, en 1860, formant en tout 45,108 minots outre 274 tonneaux de foin. Il est juste de eonstater iei que le terrain a été très bien employé, puisque la récolte est si abondante sur une espace eultivée si restreinte. Le blé d'automne a rendu 18J minots par acre, et celui dn printemps 15 i minots-; les pois ont aussi donné près de 15 minots par acre. Le bétail, qui s'élève à 594 tètes dont 110 vaches laitières, est estimé à $10,502 ; et les défrichements, bâtisses, etc., à $27,820.

Aldjidd. — Ce canton est sur la même ligne et voisin du précédent, en arrière d'Onslow. Il renferme plusieurs lacs parmi lesquels se trouvent les Lacs Hamilton et McDonald : le premier, situé dans la partie Est du 2e rang ; et la deuxième, dans la ligne Est du canton, embrassant le 7e rang et uno partie des 6e et 8e rangs. On compte dans Aldiield une population de 29 familles on 150 habitants, presque ton* eatholiquos et d'origine britannique, lesquelles familles possèdent 265 acres de terre défrichés qui ont produit 511 minots de blé, 1,394 minots d'autres grains et 2,813 minots do patates et navets, en 1S60, fermant en tout 4,718 minots et 57 tonneaux de foin.

Cawood. — En arrière du eantsn précodent de trouve Cawood, situé sur la troisième rangée des cantons, lequel compte 6 rang de 52 lots chaque. La rivière Kazubaaua le traverse dîagonaJement pour aller tomber dans la Gatineau. Il n'y a encore que 9 familles établies dans l'endroit, qui

Eossèdcnt 50 ocres défrichés qui ont produit 255 minots de lé, 55 minots de pois, 290 minots d'avoine, 75 minots de blé-d'inde et 1,080 minots de patates, formant en tout 1,705 minots et 17 toaneaux de foin, Lee pois sont le produit de deux acres et les jpatates de quatre acres ; résultat magnifique «'il en fût

Zeslie. — Tient «ensuite sur la même ligne le canton Lcslie, qui a la forme d'un triangle, et qui renferme 285 habitants dont 81 sont canadiens^fraaçais ; le» deux âets de cette population sont catholique. On compte 1)9 acres défriches qui ont produit 508 minots de blé, 1,210 minots d'antres grains et 1,945 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 3,663 minots et 10 tonneaux de foin. Les lacs 6Yar£,

T# ÉTUDE. — COMTÉ B9S POOTIÀC. 881

Nouveau et de la Loutre sont formés an centre de Leslio, et donnent naissance à plusieurs rivières, dont la principale est la rivière Pickanock sur laquelle se trouvent le3 chantiers considérables de MM. Gihnour et Cie. Un chemin nouveau est tracé à travers les terres du 5e rang, lequel part du Lac Clark et longe les 1er et 2e rang6 de Cawooa pour aller aboutir aux cnu tes de Pu agan, sur la rivière Ga tin eau. Une autre route, qu'on appelle le chemin des chantiers, est aussi ouverte dans oe canton, suivant plus ou moins le cours de la rivière Pickanock.

La population catholique des quatre centres ci-dessus mentionnés n'ayant point encore de Chapelles construites dans leurs endroits respectifs, elle est .desservie 'dans des maisons particulières par MM. les Curés d'alentour.

lÀtchfield. — Ce canton est situé en arrière de l'Isle du Calumet, sur la rive nord du chenal, et renferme trois centres de population très développas. Le premier groupe se trouve au Portage-du-Fort, sur la rivière d'Outaouais, éloigné d'environ 64: milles de la ville d'Ottawa. La population de cet important village s'élève au chiffre de 742 âmes, dont 100 habitants appartiennent à l'origine canadienne-française. Près. des deux tiers de cette population est catholique, et 6ont desservis dans une très» jolie église de pierce de 75 pieds sur 40, située sur une hauteur qui domine toutes les bâtisses qui l'entourent, au centre du village ; il y a aussi un beau presbytère en pierre, 4ans lequel réside un prêtre depuis 1854. Cette paroisse est placée sous le patronage de Sainte-Rosalie. Le Portage-du Fort est le readez-vous des hommes engagés dans le commerce du bois, et sert de grenier aux provisions considérables que les bateaiac-à- vapeur qui voyagent sur le Lae des Chats apportent, pour les nombreux chantiers situés dans l'intérieur. Ce poste est sans contredit une place très intéressante et qui a déjà l'allure d'un grand village qui devra, sous peu d'années, faire une des localités les plus importantes de toute la contrée de l'Outaouais.

Le deuxième groupe de Litchficld se trouve situé dans la partie du canton communément appelé Franktoxon, et forme une paroisse nouvelle qui est placée sous la protection de Sainte-Elizabeth. Une chapelle en bois de 50 pieds si» 30 est eoastrnite depuis 1858. La colonisation va rapidement dans ce* endroit, parait-il, et chaque jour voit arriver de nouvelles familles qui vont grossir les rangs de la population.

Le dernier centre de population est situé dans la partie

332 COLONISATION DTT BAB-CANÀDJÊ.

nord du canton et s'occupe presqu'exclusivcment d'agriculture. Une chapelle catholique, en bois, de 40 pieds sur 30, est construite dans l'endroit et la nouvelle paroisse a pour titulaire Sainte-Mélanie. Ces deux derniers centres de population sont desservis dans leurs chapelles respectives par M. le Cure de Sainte-Anne, de l'Isle du Calumet, depuis 185S.

Le chiffre de la population de ces deux dernières paroisses s'élève à 1,044 habitants dont 115 seulement sont canadiensfrançais ; cependant près des deux tiers de la population totale sont catholiques. On compte 4,402 acres de terre mis en état de culture dans le canton Litchfield, qui ont produit 16,951 minots de blé, 33,383 minots d'autres grains et 39,406 minois de patatc3 et navets, en 18G0, formant en tout 94,740 minots et 902 tonneaux de foin. On pourra se former une idée assez exacte sur la valeur de la qualité du sol en apprenant que chaque acre semé en blé a produit un peu plus que 18} minots ; l'orge 26 minots ; et les pois un peu plus que 20è minots par acre. La propriété foncière est estimée à $172,320, et les instruments d'agriculture à $9,766.

Calumet. — L'Isle du Calumet est située entre le Lac Conlonge et le Lac des Chats, sur l'Outaouais, et renferme une paroisse tre3 développée et depuis longtemps habitée. La population de cette Isle s'élève à 1,050 habitants dont- 469 sont canadiens-français ; les catholiques comptent dans ce chiffre total de la population pour 876 âmes, et sont desservis par un prêtre qui y réside depuis 1840. Cette paroisse a Sainte-Anne pour patronne, et renferme une Chapelle en bois de 60 pieds sur 3G, et un presbytère, construits au village du Calumet. Je dois ajouter qu'on devra à la piété des fidèles de cette paroisse, l'érection d'une nouvelle église en pierre,

2ui est commencée. Les terrains mis en culture forment une tendue de 3,967 acres qui ont produit 30,774 minots de grains et 20,675 minots de palates et navets, en 1860, formant en tout 51,449 minots et 719 tonneaux do foin. La valeur de la propriété foncière de Sainte-Anne est évalnée à $103,194. La grande route centrale qui longe la rivière Outaouais jusqu'à cet endroit, s'étend davantage et traverse les cantons Litchfield, Mansfield, Waltham, Chichester et Sheen, situés entre la tète du Calumet et le Fort William, sur la rivière Creuse. Suivant le rapport de M. Poupore, conducteur des travaux de ce chemin, le terrain est en général d'alluvion, mêlé de sable et de graviers, sablonneux, en quelques endroits* avec un sous-sol glaiseux. Il paraîtrait qu'il y a dans

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