V* ÉTUDE. — VILLE DE MONTREAL
çaise. Cette paroisse possède un Couvent dirigé par les Sœurs de la Providence.
Quatre milles plus bas, est située la paroisse de la Pointeaux-Trembles, placée sous l'invocation de l'Enfant Jésus, et renferme un assez joli village. H y aura bientôt deux cents ans que les Registres de cette paroisse sont ouverts. La population actuelle de la Pointe-anx-Trembles s'élève à 1,362 nabitants dont 1,271 sont canadiens-français.
En remontant la rivière des Prairies, qui passe au nord de l'Isle de Montréal comme chacun sait, on arrive à la paroisse <ie Saint-Joseph qui renferme 1,056 habitants, tous francocanadiens à l'exception de 24 personnes. Les Registres de cette ancienne paroisse sont ouverts depuis le 3 octobre 1687. Cette paroisse n'a augmenté en population que de 32 âmes depuis vingt ans.
Plus loin, en remontant cette même rivière, se trouve la paroisse de la Visitation, mieux connue sous le nom du Saultau-Récolet, laquelle renferme un village assez considérable situé sur le bord de la rivière, vis-à-vis de Saint- Vincent-de- Paul, de Tlsle-Jésns. Cette paroisse, qui n'est éloignée que de 10 milles de Montréal, possède une population de 2,601 âmes dont 2,431 personnes appartiennent à l'origine canadienne-française. La paroisse du Sault-au-Récolet n'a augmenté que de 505 personnes depuis vingt ans. L'ouverture de ses Registres remonte au 8 janvier 1736.
Ville do Montréal.
JLa ville de Montréal, située dans la partie sud de l'Isle de ce nom, sous la latitude 45° 31' degrés nord et la longitude 73* 35' degrés ouest du méridien de Greenwich, possède des avantages de situation qui ne le cèdent à aucune autre ville de l'Amérique Septentrionale.
L'Isle de Montréal, dans laquelle se trouve placée la ville qui nous occupe, fut concédée vers Tannée 1640, et ne taida pas à recevoir la visite de vigoureux colons européens.
En effet, l'année suivante, en 1641, une expédition formée et organisée en France par le vénérable M. Oiier, fut dirigée vers le Canada, ayant pour chef de la colonie future M. de Maisonneuve, dont le nom devait devenir si étroitement lié
arec l'histoire de la fondation de Montréal, et pour aumônier le P. Virnont, Jésuite. Ces courageux pioniers débarquèrent à Québec, et vu l'état avancé de la saison, j passèrent l'iiivor. Cependant, M. de Maisonueuve, accompagné de M. de Montmagny, alors gouverneur de la colonie, et du P. Vimont, se dirigèrent vers Montréal et allèrent explorer l'Isle afin d'y marquer le lieu où devait s'élever la ville future. Cette reconnaissance se fit le 15 octobre de la même année.
Tout étant prêt pour commencer l'établissement de Montréal au printemps de 1642, les colons se rembarquèrent dans de petites embarcations le 8 mai, et dix jours après ils prenaient possession du sol de l'Isle, de Montréal qu'ils commencèrent à défricher, après avoir assisté à la messe du P. Vimont, qui fut la première célébrée sur cette Me. Une petite chapelle fut bientôt construite, et l'Isle elle-même fut consacrée à la Sainte- Vierge le jour de sa triomphante Assomption, le 15 août de la même année, et dès lors la paroisse de Montréal porta le nom de Ville-Marie. La population européenne de tout le pays pouvait s'élever alors à ejiviroji 200 âmes.
Les Jésuites restèrent chargés de cette mission jusqu'en 1657, époque à laquelle la Société de Saint-Sulpice du Canada étant devenue Seigneur de Montréal, suivant que le constate M. de Courcy, dans son ouvrage intitulé : VEyhse au Canada, lea Snlpicicns prirent alors la place des Jésuites, et desservirent la nonvelle paroisse qui se développait assez bien, et qu'il* ont continué à desservir jusqu'à ce jour (1).
Le Séminaire de Saint-Sulpice a donc rendu à Montréal tous les services que le Séminaire de Québec a rendu à la Capitale du Canada. .
Il n'entre point dans mon plan de faire de l'art, de l'industrie et de l'histoire, autrement que comme devant servir la colonisation, je me bornerai donc à. propos des villes à ne donner que les renseignements statistiques propres à compléter le tableau, que formera ce livrey de la population du pays et de la valeur de la propriété.
Voici, d'abord, un petit tableau qui montre quel a été le
(1) M. de Courcy, cet homme de bien et de haute réputation, rient de descendre dans la tombe, emportant arec lui les regrets des hommes éclairés, qu'il avait su intéresser durant sa vie par ses travaux utiles et bien inspiras dont il a doté le pays. Cet écrivain signait généralement ses œuvres da pseudonyme de C. de Laroche-Héron.
Y* ÉTUDE. — OOMT& DE TEKEfrEBOUSTE. 39$
chiffre de la population de la ville de Montréal, et autres paroisses de Visio, à diverses époques.
Ville. Autres paroisses.. Total de l'Islev
If
14,728 âmes.
37,085 âmes.
La valeur de la propriété foncière de la ville de Montréal s'élève à 30 millions de piastres*
XL VII.— Comté de Terrebonne.
Ce comté est situé en arrière de Plsle- Jésus, et renferme une population de 19,460 habitants dont 18,909 sont canadiensfrançais, lesquels possèdent 217,235 acres de terre dont &3,206 acres sont en état de culture et 124,029 acres encore en forêt.
Outre ces terres encore en bois debout, on compte environ 35,000 acres, appartenant au gouvernement, situes dans les cantons Abcrcromby, Morin et Seresford, à raison de 30 centins l'acre ; l'agent local pour la vente de ces terres, A. JB. Lavallée, écr., demeure à Ste. Adèle.
Les trois cantons eî-dessus mentionnés sont les seuls renfermés dans les limites de ce comté, lequel est étroitement emprisonné par les comtés d'Argentcuil et Montcalm qui se partagent la forêt située à la profondeur du comté qui nous occupe.
Les récoltes de 1860 donnèrent 474,566 minots de grains et 238,294 minots de patates et navets, formant en tout 712,860 minots et 9,340 tonneaux de foin, le tout évalué à $386,815.09.
(1) Durant 76 ans, entre 1739 et 1815, il ne paraît pas exister aucun rapport particulier touchant la population des paroisses de cette Isle ou as* la ville d% Montréal. »
Les produits de l'industrie domestique, comprenant le sucre, le beurre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, se sont élevés à la somme de $98,466.77.
Le revenu des vergers et jardins est estimé à $15,658.
Le bétail, au chiffre de 36,824 têtes, est évalué à $400,340.
Les voitures d'agrément, au nombre de 2,203, valent $56,863.
Les instruments aratoires sont évalués à $127,178 ; et la valeur de la propriété foncière est portée à $3,188,730.
Formant une valeur totale de $4,274,050.86.
Le recensement du comté de Terrebonne vient encore confirmer l'observation que j'ai déjà présentée au lecteur sur la propension de l'origine canadienne-française vis-à-vis des autres populations, qui diminuent même beaucoup dans plusieurs endroits du Bas-Canada, et semblent reculer devant cette expansion progressive des canadiens-français. Voyons plutôt.
En 1851, il y avait dans ce comté de Terrebonne une population de 16,688 habitants dont 14,313 étaient canadiensfrançais. Aujourd'hui, comme nous venons de le voir, nous trouvons 19,460 âmes, dont 18,909 habitants sont canadiensfrançais, formant un excédant sur 1851 en faveur de l'origine canadienne-française de 4,596 âmes. Or, comme il n'y a qu'une augmentation de 2,772 âmes sur la population totale du comté, il s'ensuit que non-seulement tout l'accroissement do la population appartient aux Canadiens, mais qu'ils ont su remplir les vides laissés par les autres origines, qui ont diminues de 1,814 âmes, durant ces dernières dix années. Le même fait se reproduit dans bien d'autres comtés, et il en résulte que l'accroissement de la population franco-canadienne est en réalité plus fort que ne le montre la proportion apparente du recensement général, parce qu'il faudrait lui ajouter dans une foule de cas la diminution subie par les autres origines.
Ces faits, disait une feuille de Montréal, doivent singulièrement encourager nos espérances pour l'avenir. Partout où les Canadiens sont en contact ou en mélange avec la population étrangère, qu'ils aient un juste orgueil et une légitime assurance dans la marche de leur progrès ; toutes ces populations sont appelées peu à peu à disparaître devant eux pour faire place à leurs enfants, sans nul doute ; et le flot croissant de nos compatriotes, que vient grossir le retour de ceux qui travaillaient aux Etats-Unis, se pousse en avant avec une force irrésistible qu'on ne saurait croire, et nous permet d'espérer
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détonnants résultats pour la période nouvelle qui s'ouvre devant nous.
La colonisation s'est assez bien développée durant ces dernières années, dans les limites du comté. Sur dix paroisses qu'il renferme, on porte à cinq le nombre des nouvelles paroisses, que nous allons brièvement examiner.
La paroisse de Sainte-Thérèse, située dans la seigneurie de Blainville, est à une distance d'environ 19 milles de Montréal, et renferme un joli village dans lequel se trouve un beau et magnifique Collège fondé en 1824 par M. Ducliarme. La
aulation de ce village, y compris le collège, s'élève à 1,125 itants, et celle des cultivateurs à 1,S&4 âmes, formant en tout dans la paroisse 2,989 habitants.
Plusieurs courants arrosent le sol de cette paroisse et contribuent beaucoup à sa fertilité, en distribuant leurs eaux de toute part ; des moulins à scie et à moudre le grain sont en opération, et un marché est ouvert chaque semaine pour la vente des denrées.
Le Collège de Sainte-Thérèse, à l'exemple du Collège de Sainte- Anne et de l'Ecole d'Agriculture de Eimouski, vient d'entrer hardiment en lice, en fondant à cet effet une Ecole d'Agriculture spéciale avec ferme expérimentale pour l'effusion des connaissances agricoles.
Les grandes vérités énoncées dans le prospectus de cette nouvelle fondation m'autorisent à l'enregistrer dans ces pages, vu que 6on but est identique à la cause que je m'efforce de faire connaître et aimer :
u lies hommes sérieux qui se préoccupent de l'avenir de notre pays, se prennent souvent à se demander ce que nous allons devenir avec cette nuée de jeunes gens qui 6e précipitent vers les professions libérales, avec cette foule d'hommes déplacés qui nous inonde, et la conclusion est que des jours bien mauvais se préparent pour notre société. Un des meilleurs moyens de remédier à cet état de chose serait, sans contredit, de tourner vers l'agriculture tant d'énergies perdues, tant d'ambition* qui dégénèrent souvent en bassesse. L'agriculture, si on la comprend, est destinée à guérir notre société d'une plaie qui la ronge. Cest une carrière accessible à tous* Nous possédons de grandes étendues de terre, qui ne demandent que des bras intelligents pour répandre la prospérité dans notre pays.1'
La paroisse de Saint-Janvier est située à environ 6 milles en arrière de Sainte-Thérèse, et renferme un petit village formé sur le bord de la rivière Sainte-Marie. La population de cette paroisse s'élève à 1,569 habitants, tous d'origine canadienne-française.
La paroisse de Saint-Jérôme se trouve située au-dessus de la précédente paroisse, et renferme un beau et florissant village assis sur le bord de l'importante rivière du Nord, laquelle paroisse embrasse une partie de la seigneurie de Mille-Isles et partie de l'augmentation de la seigneurie du Lac des Deux-Montagnes. La population du village s'élève à 705 âmes et celle du reste de la paroisse à 3,531 personnes, formant en tout 4,236 habitants.
La paroisse de Terrebonne, placée sous le patronage de Saint-Louis, est située à l'Est de Sainte-Thérèse, sur la rive nord de la rivière Jésus, et renferme un sol aussi riche et aussi fertile qu'aucun autre endroit du Bas-Canada. Les rivières Àchigan et Mascoflche, avec trois ou quatre ruisseaux, l'arrosent complètement, et font marcher de très bons moulins à grain et à scie. Les terres hautes produisent le frêne, l'érable, le .bouleau et l'orme ; dans les endroits bas et humides se trouvent le cèdre et la pruche blanche.
Les registres de cette paroisse sont ouverts depuis le 1* août 1727. Cette paroisse renferme une population agricole de 1,219 âmes, et un magnifique village agréablement situé sur une pointe de terre, lequel renferme 1,935 personnes, formant une population totale de 3,154 habitants.
D'après une correspondance particulière insérée dans V Ordre de Montréal, au mois d'août 1862, " Terreboune possède de magnifiques établissements, en tète desquels doit figurer le Collège Masson. Cette maison qui compte à peine dix ans d'existence est déjà dans une voie de prospérité étonnante ; il faut avouer que son noble fondateur, M. l'abbé A. Théberge, joint à la sainteté une science très étendue et un rare esprit d'économie. Le nombre des élèves qui fréquentent cette maison annuellement est d'environ 300 ; une grande partie d'entr'eux sont de Montréal, et leur nombre augmente chaque année, ear les communications sont si faciles, la campagne est si belle, la maison si convenable, que tous lès parents qui visitent ces lieux s'empressent d'y ewoyer leurs enfants.
u Nous possédons aussi, — dit la même correspondance, — un Couvent <jui est sous l'habile direction des Dames de la Congrégation ; ces bonnes Sœurs sont assez connues pour que je m abstienne d'en parler. Quant à la maisoa, elle est très convenable ; mais» ce qui la relève, c'est le site ravissant qu'elle occupe : elle est au bord de l'eau, le silence règne
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Î partout, et l'on peut écouter à loîsir le torrent qui gronde sur e roc. ' *
M. Perrault, l'habile rédacteur de la Jievue Agricole, rappelle que dans les premiers temps de la fondation du Collège de Terrebonne on y introduisit dans cet établissement l'instruction de l'enseignement agricole sur le même pied et sous les mêmes conditions de vigueur que tous les autres enseignements.
" On commençait en Mars ou Avril, — dit M. Perrault, — afin d'unir dans la belle saison, les renseignements théoriques des classes aux leçons pratiques de6 champs. Et, chose remarquable, les entants de tout âge et de toute famille, même ceux des villes, même les fils de seigneurs et d'autres étages, se prêtaient à ces travaux et à ces leçons avec un entrain admirable. 11 y avait rivalité entre les classes. C'était à qui d'entre elles seraient appelées la première à ce genre de labeur. Malheureusement', le Collège n'avait point Tes moyens financiers de mettre à profit tant de zèle et de bonne volonté. Impossible alors à cette jeune institution d'organiser une ferme d'hommes, d'instruments et d'animaux tel qu'il aurait fallu. "
Mais, comme l'exprime si bien M. Perrault, tout cela aujourd'hui peut et doit s'effectuer ça et là.- Le pays le veut ; le gouvernement le comprend plus que jamais ; le Clergé y prête son concours tout-puissant ;» les écoles agricoles se fondent et sont accueillies ; les journaux du genre se multiplient ; la routine et la non-6cience commencent à battre en retraite ; le travail pratique de la colonisation ouvre les chemins, abat les forêts, crée partout de nouveaux défrichements et de nouvelles paroisses ; enfin, un ordre religieux, les Révérends Pères Trappistes, sont venus sanctifier et se montrer comme modèles et exemple à toute épreuve de ce qu'on peut faire pour l'humanité par le moyen de l'agriculture.
A propos de l'ordre des Trappistes, M. l'abbé Roy, Curé de St. Alexandre, comté de Kamouraska, m'informait vers le 13 avril 1863 qu'il était sur le point d'assurer à son voisinage les bénéfices d'une semblable colonisation par des Pères Trappistes, qui iraient jeter les fondements d un nouvel établissement de leur ordre dans les alentours du Lac Pohénégamook. Puissent ces fondations se multiplier partout et rencontrer l'accueil et l'appui qu'elles méritent si hautement.
La paroisse de Sainte-Anne est située au-dessus de Terrebonne, dans la seigneurie des Plaines, à dix milles de la rivière
Jésus, et renferme un sol généralement de la première qualité, mais quelques parties sont montagneuses et le terrain est graveleux ou pierreux. Le blé, les pois, l'avoine et le sarrazin y croissent admirablement bien et donnent d'abondantes récoltes. La population de cette paroisse s'élève à 1,994 habitants, tous d'origine canadienne-française, à l'exception de cinq personnes.
La paroisse de Sainte-Sophie, quoique organisée depuis assez longtemps, n'a ouvert ses registres qu'en 1851, et son érection canonique et civile n'a eût lieu que dernièrement, en 1862. Cette paroisse comprend une partie du fief Lacorne, et les endroits appelés New-Paisley et New-Glasgow ; le premier est à l'Ouest, et le deuxième à l'Est d'une petite rivière qui tombe dans celle de l'Assomption, dans la paroisse de ce nom. La population de Sainte Sophie s'élève à 1,684 habitants dont 1,371 sont canadiens-français, et le reste d'origine irlandaise et écossaise. Le blé est peu cultivé ; il n'y a pour ainsi dire que l'avoine, les patates et le foin, qui soient d'un bon rendement.
La paroisse nouvelle de Saint-Sauveur e3t située dans le canton Abercromby, et n'est érigée que depuis 1854. Elle renferme un petit village assez bien développé assis sur le bord de la* rivière du Nord, comprenant une partie de l'augmentation de la seigneurie de Mille-Isles et des six premiers rangs du canton ci -dessus mentionné. La population de Saint-Sauveur s'élève à 1,821 habitants dont 1,752 sont franco canadiens. Un prêtre réside dans cette paroisse depnis quelques années.
Une autre paroisse nouvelle, Sainte- Adèle, est située à cinq milles plus au nord que la précédente, formée d'une très petite partie de la seigneurie de Mille-Isles et partie des cantons Abercromby, Morin et Wexford (dont une partie de ce dernier canton se trouve située dans les limites du comté de Montcalm, que nous verrons plus tard). La paroisse de Sainte-Adèle renferme un petit village qui se développe sur les bords de la rivière du Nord, dans le canton Abercromby. On compte plusieurs moulins à farine et à scie établis dans l'endroit, et le commerce local du bois, provisions, perlasse, etc., y prend d'heureux développements.
Tout près, au bas du village, se trouve le Lac Eond, belle petite nappe d'eau remplie de poissons. De toute part, l'on voit au milieu des bois, quelques clairières, des champs en pleine verdure et des établissements qui annoncent la marcha de la colonisation et les prodiges de 1 industrie agricole.
Te ÉTUDE. — COMTÉ DE TKEBEBONKE. 399
population de Sainte-Adèle s'élève à 1,633 habitante, 1 origine canadienne-française, à l'exception d'une seule
La tons d1
personne. Un prêtre réside dans cette paroisse depuis quelques années. Les principaux produits de la récolte sont 1 orge, le earrazin, l'avoine et les patates.
TJn autre centre de colonisation se développe aussi dans la partie N. E. du canton Morin, placé sous le patronage de la Circoncision, et qui est desservi par M. l'abbé Desmarais, Curé de Sainte-Adèle, dont le zèle pour la colonisation mérite d'être signalé. Ce dévoué Missionnaire à su entraîner à sa suite, par ses conseils et la sincérité de ses exposés, botf nombre de vigoureux colonisateurs qui ont été s'établir dans le canton Morin.
M. l'abbé L. T***, qui a beaucoup contribué à faire connaître certains endroits nouveaux de colonisation par la publication de ses lettres sur la question, rappelait au commencement de Tannée dernière (1862), la généreuse résolution du Dr. Lachaîne, de la paroisse de Sainte-Thérèse, qui avait vendu ses propriétés situées près du Collège, pour acheter et occuper une partie du canton Morin, laquelle démarche n'avait pas peu contribué à faire établir ce canton et celui qui l'avoisine. Il ajoutait que le Révérend M. Deemarais avait élevé de ses mains les deux modestes chapelles de Sainte- Adèle et de Sain te- Agathe, et qu'encouragé par ces succès et par Sa Grandeur Monseigneur rEvêque de Montréal, il était a la veille de jeter les bases d'une troisième paroisse entre les deux Chapelles ci-dessus mentionnées. On parle même d'une quatrième paroisse qui se formerait à environ trois lieues de Sainte- Agathe.
A une petite distance de l'église de Sainte- Adèle, à l'entréo du canton Morin, se trouve la magnifique ferme de l'hjonorabîo M. Morin. Outre une excellente maison,— dit M. Larocqne, , conducteur des travaux du chemin principal de l'endroit, — M. Morin à fait construire sur son immense ferme de 8 à 9 cents acres de vastes granges et autres bâtiments aussi propres que solides ; de plus, ce monsieur a fait construire sur la rivière du Nord, à quelques arpents de sa maison, un moulin à scie et un à farine ; ce dernier érigé en pierre et de dimensions suffisantes pour les besoins actuels, a été construit, à l'intérieur comme à 1 extérieur, avec le plus grand soin.
Voici comment une correspondance particulière célèbre le mérite de cet homme de bien :
" Ce n'est pas le plus petit des nombreux services qu'a
4Ô0 'COLOKIBÀTIOK DU BlS-CJJfrÀML
rendu à son pays son honneur le jnge À. N. Morin, celtd d'avoir été le premier dans ces forêts que l'on regardait comme impraticables et propres uniquement pour la demeure de
l'homme ~
nombre d1 de ses coi
entreprenant et industrieux des avantages rares pour la colonisation. Le sol est des plus fertiles, et le climat, quoique bien plus au nord que lo restant du district de Montréal, n'est pas plus rigoureux et bien moins sujet aux alternations subites* qui le caractérisent ici. La température est des plus égales, et les saisons, si on peut ainsi s exprimer, plus régulières dans leurs phases. Les montagnes des alentours empêchent les vents et haut temps de l'hiver d'être aussi violents que dans les endroits égaux et plus unis. D y a une régularité égale dans le sol, qui est de " terre jaune ; ce aue les anglais appellent *' loam. " Il est facile à travailler, plus avantageux et beaucoup plus riche que le sable, moins compacte que la terre grise, et, par cette raison, moins exposé à la vermine que cette dernière, et résistent plus rigoureusement, soit aux pluies battantes qui font du tort aux terres basses et unies, on aux sécheresses qui les rendent dures et compactes.
" M. Morin a dévoué beaucoup de son temps dans ce3 lieux, et a employé de grandes sommes a défricher ces beaux biens, sur lesquels il pensait, sans doute, passer ses vieux jours dans le bonheur de la vie agricole, éloigné des inquiétudes et des tourments de la vie publique, mais le destin en a voulu autrement, à ce qu'il paraît, et notre compatriotes distingué par ses hautes vertus civiques et 6es talents éminents, jouit actuellement d'une haute position, due à ses grands services et à tous les attributs qui font l'honnête homme «t le chrétien. "
Vient enfin Beresford, dans lequel se développe admirablement bien la nouvelle paroisse de Sainte-Agathe, dont j'ai Jmrlé plus liant, laquelle renferme déjà 62 familles ou 380 îabitants, tous d'origitae canadienne-française. Une Chapelle est construite sur le bord du tac des Sables, et un prêtre réside dans cette paroisse depuis quelques années. On compte dans l'endroit 926 acres défrichés, dont 320 acres sont en pâturage et 603 acres 6ont cultivés, ayant produit 3,979 minots de blé, 7,365 minots d'autres grains et 9,720 minots de patates, en 1860, formant en tout 21,061 minots, outre 48 tonneaux de foin. La valeur desserres est évaluée à $23,720*